> Nestor Ibarra (Préfacier, etc.)
> Paul Verdevoye (Traducteur)

ISBN : 2070366146
Éditeur : Gallimard (1974)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 190 notes) Ajouter à mes livres
Sans doute y a-t-il du dilettantisme dans ces Fictions, jeux de l'esprit et exercices de style fort ingénieux. Pourtant, le pluriel signale d'emblée qu'il s'agit d'une réflexion sur la richesse foisonnante de l'imagination. Au nombre de dix-huit, ces cont... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    Je suis assez perplexe quant à ce que je pense de ce recueil de nouvelles. Mon impression est très mitigée: au coeur, des idées philosophiques captivantes, mais autour, du bla-bla parfois soporifique.
    Tout d'abord, les points négatifs: des nouvelles tantôt bizarres, tantôt ésotériques, tantôt limpides, tantôt policières, bref une sorte de fatras hétérogène. Ensuite, j'ai été assez déçue par le style dont la lecture ne m'a procuré aucun plaisir purement littéraire, au sens de la jubilation d'une formule ou de la beauté du verbe. En effet, les nouvelles ne couvrent, bien souvent, que quelques pages et pourtant, Borges trouve parfois le moyen d'être barbant, verbeux ou pédant, voire, les trois à la fois. Je vais donner un exemple de ce que j'avance à l'aide d'un court extrait de 2 phrases, pris au hasard (j'aurais pu en choisir bien d'autres):
    "En Asie mineure ou à Alexandrie, au second siècle de notre foi, quand Basilide proclamait que le cosmos était une improvisation téméraire ou mal intentionnée d'anges déficients, Nils Runeberg aurait dirigé avec une singulière passion intellectuelle un des petits couvents gnostiques. Dante lui aurait destiné, peut-être, un sépulcre de feu; son nom grossirait les catalogues des hérésiarques mineurs, entre Satornile et Carpocrate; quelque fragment de ses prédications, agrémenté d'injures, resterait dans l'apocryphe Liber adversus omnes haeres ou aurait péri quand l'incendie d'une bibliothèque monastique dévora le dernier exemplaire du Syntagma."
    Je ne sais pas si je vous ai convaincu, mais pour moi, c'était un ressenti très dommageable car j'aurais aimé me pencher avec plus de plaisir et d'entrain sur ce qui constitue le fond des nouvelles, à savoir, des réflexions philosophiques ou des amorces d'essai de très grand intérêt.
    Ainsi, le recueil est organisé en deux ensembles intitulés "Le jardin aux sentiers qui bifurquent" et "Artifices" et compte 17 nouvelles. de mon point de vue, certaines nouvelles sortent vraiment du lot et ont su impressionner mon esprit de manière positive, non pas par le plaisir qu'elles procurent à la lecture, mais par ce qu'elles impriment de durable chez le lecteur. N'oublions pas que notre cerveau a tendance à ne retenir que les meilleures parts d'un souvenir composite.
    Dans "Pierre Ménard, auteur du Quichotte", Borges aborde avec humour et ironie le cas des écrivains qui se font des noeuds au cerveau et qui essaient, par des processus alambiqués de réinventer la poudre coûte que coûte. Cette réflexion pourrait être élargie à bien d'autres corps de métiers qui comptent en leurs rangs de pleines bordées de magnifiques phraseurs, qui se révèlent être d'authentiques branleurs de mouches dès qu'on creuse un peu dans leur spécialité.
    "La bibliothèque de Babel" est plus symboliste et plus complexe. L'auteur se penche sur plusieurs notions imbriquées. D'une part notre position de maillon anonyme dans une chaîne sans fin, au sein de laquelle nous puisons nos influences (chaînons antérieurs) et dans laquelle nous injectons la notre aux chaînons à venir. de la sorte, il évoque le fait que tout peut faire sens, pas nécessairement consciemment, ni partout, ni tout le temps, mais que rien n'est à négliger. D'autre part, il milite, ce qui n'est pas si fréquent, dans le sens de minimiser l'impact des grandes catastrophes culturelles que sont les autodafés, où les pertes sont souvent, après coup, élevées au rang des merveilles du monde englouties. Il raisonne de par leur nombre (faible par rapport à ce qui reste) et de par leur genèse (les œuvres détruites ont bénéficié des mêmes influences que celles qui demeurent) et de par leur position dans la chaîne, à savoir que même si elles ont aujourd'hui disparu, elles (les œuvres) ont tout de même exercé leur influence sur d'autres œuvres, qui elles continuent d'exister et d'apporter leur richesse au reste de l'édifice. On peut lire encore bien d'autres considérations dans cette nouvelle (la ruche avec ses hexagones, l'aspect visionnaire de Borges quand il décrit avant l'heure l'analogie entre la somme d'écrits apparemment inutiles d'une bibliothèque et notre ADN non codant pouvant s'exprimer un jour ou l'autre, etc.) mais qu'il serait long de développer ici.
    "La loterie de Babylone" est probablement celle qui m'a le plus intéressée. Borges, avec un sens mathématique indéniable (comme dans plusieurs autres nouvelles), bâtit une sorte de modèle humain théorique et probabiliste qu'il laisse tourner pour en chercher le développement ultime. Ainsi, en introduisant dans son modèle une variable a priori anodine, il en vient à donner une forme d'explication théorique à la mainmise du pouvoir et de l'économie, aux rapports de force sociaux, et en somme, à comment une société quelle qu'elle soit s'auto-organise en combinant hasard et nécessité. le plus stupéfiant, c'est que l'auteur, avec sa façon de nous présenter les choses nous invite fatalement à comparer l'organisation sociale réelle à sa petite machinerie théorique et à y trouver force points communs.
    "Le jardin aux sentiers qui bifurquent", de part son personnage principal asiatique, mais surtout par son tour particulier, sa lenteur étudiée m'a rappelé de grands écrivains esthètes extrême-orientaux comme Kawabata.
    Enfin, il n'est probablement pas inutile de mentionner que les nouvelles "La bibliothèque de Babel" (voir aussi le nom du site internet) et "Le miracle secret" inspirèrent à Umberto Eco son fameux roman Le Nom de la rose.
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    • Livres 3.00/5
    Par zohar, le 08 avril 2011

    zohar
    L'écrivain est comme un médium dont le rôle (à travers le langage) est de rendre compte de la complexité du monde dans lequel il vit, et d'essayer de permettre sa lecture…
    Dès lors, les nouvelles qui sont dans ce recueil s'y prêtent tout naturellement : à la fois fantastiques et philosophiques et débordant de thèmes qui sont chers à l'écrivain argentin.
    La dimension politique et sociale est à peu près totalement absente de son œuvre, y compris dans ce livre.
    Bien au contraire, Borges évoque, ici, sa soif inextinguible de savoir.
    Cette quête se trouve dans la nouvelle intitulée « La bibliothèque de Babel », où il évoque une bibliothèque où sont conservés les livres de tous les temps et de tous les pays.
    C'est là l'expression d'un désir absolu de connaissance, d'une recherche de la globalité qui se trouve confirmée dans l'idée de l'existence du livre des livres, synthèse de la totalité des livres. Cet engouement prend symboliquement corps dans un mythe qui lui est propre, celui de l'univers-bibliothèque.
    Mais, cette soif d'unité et de savoir n'est pas sans peine !
    Une autre image est fréquemment utilisée par Borges pour rendre compte des difficultés qui découlent de cette recherche : c'est celle du labyrinthe.
    On retrouve ce thème là dans « Les Ruines circulaires » et « le Jardin aux sentiers qui bifurquent ». le concept symbolise un espace fermé et indéchiffrable qui contient la destinée humaine, le labyrinthe révèle au lecteur la complexité du monde sur laquelle bute inexorablement la connaissance (dès lors, et comme nous l'avons dit plus haut, Borges conçoit l'écrivain comme appelé à tenter de rendre compte de cet univers complexe, à essayer de permettre sa lecture).
    Le problème du Temps, revers de l'éternité, revêt également une grande importance dans ce recueil : on retrouve ce thème, par exemple, dans « l'Approche d'Almotassim » et « le Miracle secret ».
    Enfin, « Tlön Uqbar, Orbis Tertius » est une nouvelle particulièrement frappante qui est à souligner : si le langage est le miroir du monde. Pour Borges, il en est tout autre chose : le langage se doit être au-delà, il doit déborder le réel. Ici, ce n'est pas le réel qui exerce une influence sur le langage mais l'inverse : c'est parce que Borges parle d'un pays, que celui-ci se met à exister ! le langage crée la fiction : Borges ne narre pas le monde tel qu'il est, mais le recréer, et c'est à l'intersection de ce remaniement que se niche la fiction.
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    • Livres 2.00/5
    Par Yantchik, le 15 mai 2011

    Yantchik
    Fictions est un recueil de dix-sept nouvelles de Jorge Luis Borges.
    Personnellement je trouve ces écrits de Borges un peu surévalués dans le sens où ils sont trop facilement "mathématiques", la veine fantastique se résume pour la plupart d'entre elles à l'utilisation de la mise en abyme ou de la notion d'infini, ce qui est un peu répétitif à la longue, d'autant plus qu'il n'a pas vraiment inventé ces procédés (on retrouve d'ailleurs le même défaut chez le scénariste Charlie Kaufman).
    L'autre facette qui me plaît moins est le côté auteur "érudit" de Jorge Luis Borges. Comme chez Umberto Eco il y a un peu d'esbroufe dans sa manière d'aborder le monde littéraire, ce qui me paraît plus nuisible qu'autre chose. Pour ma part je n'ai jamais aimé la notion ou la revendication du mot "érudit", lui préférant simplement l'adjectif "cultivé" qui lui n'a pas la connotation de prétention (ça marche aussi avec "intellectuel" et "intelligent"). Bref, je n'irai pas jusqu'à dire que Borges est un charlatan mais il y a, il me semble, des auteurs notamment dans le domaine du fantastique, beaucoup plus méritants que lui.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 04 mai 2011

    cicou45
    Ce livre est assez complexe tout es étant fascinant.Dans les 17 nouvelles qui se trouvent recueillies ici, Borges s'amuse à faire douter le lecteur. Auteur et narrateur se confondent, meurtrier et la victime également, le chasseur et la proie tout autant... L'auteur nous emmène ici dans un monde imaginaire tout en nous faisant croire que celui-ci est concert. Il analyse par exemple le livre Don Quichotte mais dans un monde irréel. Aloes que nous savons parfaitement sue le livre est concert, comment peut-on en arriver à faire entièrement confiance en l'auteur sur le reste de ses propos ? Livre un peu difficile d'accès mais fascinant à la fois.
    Dans la nouvelle "La bibliothèque de Babel", qui est incontestablement ma préférée, l'auteur compare le monde à une bibliothèque où sur chaque étagère se trouveraient des milliers de livres écrits dans toutes les langues possibles et imaginables et dont tous ne peuvent pas avoir accès en raison de l'incompréhension de la langue. Est-ce que cela ne serait-il pas une métaphore du monde d'aujourd'hui ? Nous vivons tous les uns à côté des autres mais pourtant, nous continuons à nous détruire, à nous faire la guerre...
    Le problème ne serait-il pas en partie un manque de compréhension ?
    A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par Darwin, le 07 mai 2010

    Darwin
    Ce livre, à chaque lecture, repousse les limites de notre propre intelligence, force, de manière pernicieuse, la réflexion à la limite de notre compréhension.
    Borges, toujours dans le doute et dans les vapeurs de la mémoire, fixe une réalité intangible, voire intimidante, et contraint le lecteur à s'accrocher.
    Le plus grand de tous les livres porte parfaitement son nom ,car tout y est fiction.
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Citations et extraits

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  • Par papillon_livres30, le 01 mai 2010

    (...) mais je soupçonne que l'espèce humaine - la seule qui soit - est près de s'éteindre, tandis que la Bibliothèque se perpétuera: éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète.
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  • Par diborde, le 27 décembre 2011

    L'histoire, mère de la vérité; l'idée est stupéfiante. Ménard, contemporain de William James, ne définit pas l'histoire comme une recherche de la réalité mais comme son origine. La vérité historique, pour lui, n'est pas ce qui s'est passé; c'est ce que nous pensons qui s'est passé. Les termes de la fin - exemple et connaissance du présent, avertissement de l'avenir - sont effrontément pragmatiques. (Pierre Ménard, auteur du Quichotte)
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  • Par mandarine43, le 28 juillet 2011

    [ Incipit ]

    TLON UQBAR ORBIS TERTIUS

    C'est à la conjonction d'un miroir et d'une encyclopédie que je dois la découverte d'Uqbar. Le miroir inquiétait le fond d'un couloir d'une villa de la rue Gaona, à Ramos Mejia ; l'encyclopédie s'appelle trompeusement "The Anglo-American Cyclopœdia" (New York, 1917). C'est une réimpression littérale, mais également fastidieuse, de l'Encyclopaedia Britannica de 1902. Le fait se produisit il y a environ cinq ans. Bioy Casares avait dîné avec moi ce soir-là et nous avait exposé une vaste polémique portant sur l’exécution d’un roman à la première personne, dont le narrateur omettrait ou défigurerait les faits et tomberait dans plusieurs contradictions, qui permettraient à un petit nombre de lecteurs - à un très petit nombre de lecteurs - de deviner une réalité atroce ou banale.
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  • Par gaillard1, le 01 octobre 2010

    Penser, analyser, inventer ne sont pas des actes anormaux, ils constituent la respiration normale de l'intelligence. Glorifier l'accomplissement occasionnel de cette fonction, thésauriser des pensées anciennes appartenant à autrui, se rappeler avec une stupeur incrédule que le doctor universalis a pensé, c'est confesser notre langueur ou notre barbarie. Tout homme doit être capable de toutes les idées et je suppose qu'il le sera dans le futur.
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  • Par gaillard1, le 01 octobre 2010

    Ce que fait un homme c'est comme si tous les hommes le faisaient. Il n'est donc pas injuste qu'une désobéissance dans un jardin ait pu contaminer l'humanité; il n'est donc pas injuste que le crucifiement d'un seul juif ait suffi à la sauver.
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Gilles Pellerin, conseiller littéraire pour le nouveau festival Québec en toutes lettres, parle de Jorge Luis Borges, auteur choisi pour la première thématique du festival du 14 au 24 octobre 2010 dans la ville de Québec.











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