ISBN : 2258088593
Éditeur : Les Presses De La Cite (2011)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres

9 mai 1920, Lyon. A l'aube d'une journée qui s'annonçait radieuse, le cadavre putréfié d'une vieille femme est découvert dans un pré, non loin du centre de la ville et de l'hippodrome. Le visage de la victime est tellement ab... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 12 mai 2011

    Onclepaul
    Le titre à lui seul est énigmatique. La solution nous est révélée dans le prologue. Il s'agit du surnom donné par les canuts à une machine à tisser au XIXème siècle, à cause des sons, bis – tan – clac, émis par la machine lors des trois étapes consistant à former la trame du tissu. Et c'est dans un atelier de la Croix-Rousse, en cette année 1920 à Lyon, qu'une vieille ouvrière, qui préfère travailler de nuit ou de bon matin étant quasi aveugle, est retrouvée assassinée, violentée, ayant subi une agression anale, emberlificotée dans son métier à tisser. Si l'identité de la victime est rapidement établie, ce n'est pas le cas pour le cadavre défiguré, putréfié, retrouvé enfermé dans un sac de jute, dans un ruisseau au lieu dit le Pré aux moines. Pourtant quelques similitudes existent entre ces deux meurtres et elles sont relevées par le professeur Hugo Salacan et ses adjoints, du laboratoire de recherches scientifiques, division policière nouvellement créée sous l'impulsion du Professeur Edmond Locard et dirigée par le commissaire Victor Kolvair. Par exemple les victimes sont septuagénaires et un fil a été passé dans leur larynx à l'aide d'une force, un outil utilisé par les canuts. Même si ce n'est pas encore la guerre des polices, la Brigade du Tigre lyonnaise est chargée de l'enquête en la personne de l'inspecteur Legone, un personnage plutôt antipathique qui raisonne à l'ancienne, tandis que la police scientifique, comme son nom l'indique, prélève des indices afin de démasquer le coupable. Un troisième meurtre est annoncé, la femme d'un tisseur, mais s'il existe des ressemblances entre tous ces assassinats, il semble bien qu'il ne s'agit dans le dernier cas que d'un duplicata grossier perpétré selon la méthode dévoilée par le journal le Progrès. Bianca, une aliéniste, est chargée d'étudier le comportement de supposés coupables, et de ceux qui se dénoncent alors que preuve est faite qu'ils ne pouvaient être à l'origine de ces meurtres.
    Une enquête complexe et qui pose de nombreux problèmes à Kolvair et Salacan. D'autant que Kolvair est handicapé et est affublé d'une prothèse suite à un feu nourri de la part des Allemands durant la première guerre mondiale, occasionnant l'amputation d'une jambe. D'ailleurs il profite d'un creux de sa jambe artificielle pour y cacher quelques grammes de cocaïne, poudre qu'il mélange à son tabac lorsqu'il se roule une cigarette. Legone n'est pas mieux loti, complètement défiguré durant le conflit dont la France se relève péniblement et possédant un passé qu'il cache soigneusement. Dans un contexte historique tous ces personnages évoluent dans un milieu huppé, celui des soyeux. La guerre a laissé des traces morales et physiques, et outre ce nouveau service de police scientifique, d'autres institutions sont en pleine mutation. Les Prud'hommes, les revendications des ouvriers, les méthodes de travail, leur durée légale. Seuls la morale bourgeoise, les cachotteries familiales perdurent, au détriment des rejetons. A noter qu'il était de bon ton que les personnages importants de la cité fréquentassent le lupanar « Chez Lili », afin de déjouer les suppositions malveillantes concernant leur possible homosexualité. Odile Bouhier délivre ses révélations, dévoile ses indices, impose ses personnages par petits touches, et la complexité psychologique des personnages, qui semblent arriver comme un cheveu dans la soupe, est dévoilée peu à peu. Et lorsque le lecteur est en présence de tous les éléments, il lui semble que l'intrigue était cousue de fil blanc. Toutefois tout n'est pas écrit sur l'avenir de certains des protagonistes, et il me parait évident qu'Odile Bouhier doit se remettre à l'ouvrage, tisser une nouvelle intrigue, afin de mieux développer les caractères, et donner une suite aux aventures de Kolvair, Salacan, Bianca et surtout Legone qui ne peut être abandonné comme ça. Enfin, on ne m'ôtera pas de l'idée que les procureurs en général sont des personnages profondément antipathiques, et celui incarné par Rocher le démontre. Et comme tout n'est pas fictif dans ce roman, un hommage est rendu au juge Puzin, personnage du roman et grand-père maternel de l'auteure. Un autre hommage est rendu aux frères Lumières et leur invention du cinéma qui à l'époque, grâce ou à cause d'opportunistes, n'était déjà pas forcément destiné à tout public. Toute petite fausse note, en 1920 la société Velux n'existait pas encore et donc on peut pas nommer une fenêtre de toit par cette appellation (page 89). Il eut mieux valu donc écrire tabatière.


    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Bigmammy, le 13 novembre 2011

    Bigmammy
    En achetant ce rapide polar, j'espérais retrouver l'ambiance des romans de Jean Contrucci et des Nouveaux mystères de Marseille. On promettait en effet, en 4° de couverture, une plongée dans le Lyon des années 20, avec les enquêtes du premier laboratoire de police scientifique fondé en France, avant Paris même …
    C'est un livre très vite lu, pas trop mal écrit, avec des personnages bien typés qui pourraient annoncer une suite. le héros principal est le commissaire Victor Kolvair, amateur de musique classique et revenu de la Grande guerre avec une jambe en moins. Célibataire, il a un chien, Néron. Kolvair travaille en collaboration avec le professeur Hugo Salacan, patron du laboratoire de police scientifique. Lui est un père de famille nombreuse et cultive un jardin secret : il écrit des romans policiers. Son assistant est un athlète monte-en-l'air tout à fait efficace, qui rêve de participer à une expédition au Pérou pour mesurer les effets du mal des montagnes sur les alpinistes. Ils fréquentent naturellement la morgue, toute nouvellement installée à Lyon, où officie Damien Badou, légiste homosexuel. Il y a aussi un procureur particulièrement antipathique et d'Action française, et un commissaire de police à la gueule cassée et au passé plus que douteux. Enfin, personnage solaire, la belle Bianca Serraggio, aliéniste adepte des méthodes de Sigmund Freud
    Un cadre pour une énigme policière sordide : les meurtres de trois femmes, dont deux atrocement torturées avant d'être étranglées. Pour la troisième, l'équipe conclut rapidement à un imitateur …
    L'écriture est alerte, les développements historiques un peu pesants, les situations totalement inédites (pour ne pas dire invraisemblables). L'intrigue est finement menée. En revanche, l'écriture de l'auteure – scénariste pour la télévision – manque de rigueur. Elle laisse passer deux « cuirs » phénoménaux : l'utilisation du terme « velux » pour une tabatière, et la qualification d'homme politique pour un Préfet. Bref, on attendra avec intérêt le second opus de ce qui s'annonce comme une série, avant de porter un jugement définitif. Mais c'est loin de valoir les romans de Jean Contrucci.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Charlye, le 11 octobre 2011

    Charlye
    Gros coup de cœur pour ce grand polar que j'ai adoré !
    Odile Bouhier, dont c'est le premier roman, nous entraîne à Lyon, en 1920 dans le milieu des "soyeux" (fabricants et tisseurs de soie).
    Dès les premières pages, le lecteur est pris au piège en devenant le témoin d'un crime abominable visant une vieille femme.
    Dès lors, l'enquête et ses rebondissement savamment disséminés vous tiennent en haleine jusqu'au dénouement final complètement inattendu.
    Cette enquête menée par le commissaire Kolvair, nous fait découvrir les débuts de la médecine légale : On apprend que les « Experts » ne sont pas nés à Las Vegas mais bien en France, à cette époque et l'on découvre les méthodes employées, avec des descriptions et des détails très bien documentés.
    L'auteur va nous faire rencontrer des personnages ayant tous un caractère fort et tous des secrets plus ou moins avouables.
    Certains d'entre eux, comme le commissaire Kolvair ou l'inspecteur Legone, membre des Brigades du Tigre venu en renfort, ont été marqués dans leur chair par la Grande Guerre, le premier ayant perdu sa jambe et le second faisant partie de ce qu'on appelait à l'époque les « gueules cassées ».
    On va rencontrer au cours de ce roman très bien écrit, des politiciens carriéristes et ambitieux ; un policier véreux, se livrant au premier trafic de films pornographiques et faisant chanter ses « indics »; une aliéniste, sorte de profileuse, qui va tenter de faire le portrait psychologique de ce tueur en série qui assassine les vielles dames ; un assassin qui va copier le mode opératoire du tueur en série pour masquer son propre crime etc.
    On va découvrir comment et pourquoi un jeune garçon va devenir un tueur en série.
    C'est un roman que l'on a du mal à reposer, en tout cas pour ce qui me concerne, un des meilleurs polars que j'ai lu depuis longtemps.
    Je vous recommande vraiment de lire ce polar historique terriblement efficace, passionnant qui n'est jamais glauque ou sanguinolent.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par yv1, le 21 avril 2011

    yv1
    Historiquement vrai, le premier laboratoire de la police scientifique vit le jour à Lyon en 1910 bien avant celui de Paris qui naquit en 1943 (merci Laura pour tous ces renseignements). Odile Bouhier, par ailleurs scénariste pour la télé -et notamment pour un épisode de la série Empreintes criminelles passé très récemment sur France 2, s'attelle donc à nous faire découvrir la nouvelle police à laquelle s'oppose les tenants de la police de Clémenceau, les brigades du Tigre. "Si Kolvair ne se faisait pas d'illusions -la création de ce laboratoire scientifique, le premier au service de la police française, n'empêcherait pas, jusqu'à la fin des temps, les amoureux de s'aimer, les cambrioleurs de cambrioler, ni les assassins d'assassiner-, il restait indéniable que le génie de Salacan offrait à ses contemporains la sensation de participer à une nouvelle ère de l'humanité. Grâce à lui, la science acquérait ses lettres de noblesse." (p.34)
    Plutôt bien réussi, malgré des maladresses et quelques lourdeurs, ce roman policier se lit très vite. D'abord parce qu'il n'est pas très épais, 276 pages en caractères assez gros et ensuite, parce que l'intérêt du lecteur -au moins le mien- est piqué à vif et que l'envie de connaître le dénouement et l'évolution des personnages est réelle. Commençons par les personnages : Kolvair est un rescapé de la Grande Guerre, amputé d'une jambe, qui marche avec une prothèse en bois et qui a été réintégré dans la police grâce à ses excellents états de service dans les années d'avant guerre. Hugo Salacan est un professeur éminent, père de famille nombreuse qui invente sans cesse de nouvelles méthodes pour trouver des indices, aidé en cela par un jeune scientifique, Jacques Durieux. N'oublions pas l'indispensable médecin légiste, Damien Badou et la très belle psychopathologiste Bianca Serraggio qui apparaît en milieu d'enquête. Voilà l'équipe du laboratoire au complet qui va pouvoir traquer le tueur des vieilles dames.
    Odile Bouhier a inventé des personnages attachants, maladroits pour certains, prévisibles sûrement, mais qu'il est très agréable de suivre dans leur cheminement.
    Poursuivons par l'enquête qui est un peu plan-plan dans la première moitié du bouquin et qui prend de l'ampleur par la suite, notamment lorsque le lecteur découvre -ou devine facilement- qui est le tueur alors que les policiers ne le savent pas encore.
    Finissons par le contexte, l'arrière-plan : l'auteure nous promène littéralement dans la ville de Lyon. On a le droit à une description en règle des inévitables traboules bien sûr mais aussi des nouvelles -pour l'époque- constructions. Elle pousse parfois même le vice jusqu'à nous expliquer comment historiquement est né tel ou tel quartier. Gonflé et intéressant, même pour moi qui n'ai jamais mis les pieds dans cette ville. Grâce à ses digressions architecturales ou urbanistes, Odile Bouhier enracine son roman dans Lyon et dans le début du vingtième siècle. Bien vu, même si parfois la description a du mal à s'intégrer au récit.

    Lien : http://lyvres.over-blog.com/article-le-sang-des-bistanclaques-710329..
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    • Livres 4.00/5
    Par beeshop, le 14 décembre 2011

    beeshop
    Le bistanclaque est le nom donné par les canuts à leur métier à tisser, Bis – Tan – Claque, le bruit de la navette entre les fils de soie et du métier à tisser à l'œuvre.
    Lyon, au sortir de la première guerre mondiale, le corps putréfié et atrocement mutilé d'une vieille femme est découvert. le procureur de la République confie l'affaire au professeur Hugo Salacan et au commissaire Victor Kolvair, vétéran des tranchées où il a perdu une jambe. Bientôt de nouveaux corps sont découverts, il semble y avoir un sanguinaire tueur en série dans le monde des tisserands et soyeux.L'intrigue policière, assez simple et prévisible au demeurant, n'est ici que prétexte à nous entrainer dans le Lyon des Années folles afin de découvrir la naissance de la police scientifique. Paris a ses célèbre Brigades du Tigre, Lyon est le berceau de la police scientifique prémices de la guerre des polices et des méthodes ?
    Autopsies, analyses scientifiques, introduction de la psychologie et prémisse du profilage, tiennent le pavé haut de ce roman extrêmement documenté et précis. Une grande part du récit s'attarde également sur les séquelles physiques et morales des gueules casés de la guerre ainsi que leurs réinsertions dans un monde en paix.

    Lien : http://mespetitesidees.wordpress.com/2011/11/17/le-sang-des-bistancl..
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Citations et extraits

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  • Par Bigmammy, le 13 novembre 2011

    La machine s'ébroua, le tapis de soie fit quelques vagues, puis le choc continu des pédales de bois souleva les fils de la chaîne, émettant le son bis. Aussitôt, Madeleine repoussa agilement le battant, un tan lointain et doux se faisant alors entendre.
    La vieille femme sourit - celui qu'elle préférait restait à venir -, elle ferma brièvement les yeux, histoire d'écouter, sans la regarder, la navette passer puis buter sur le bord. Clac. Enfin, le battant frappa la dernière trame sur les rouleaux de tissu.
    Bis-tan-clac... Elle trouvait joli et pertinent ce terme donné par les canuts au métier à tisser le siècle dernier." (p.10)
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  • Par yv1, le 12 mai 2011

    Si Kolvair ne se faisait pas d'illusions -la création de ce laboratoire scientifique, le premier au service de la police française, n'empêcherait pas, jusqu'à la fin des temps, les amoureux de s'aimer, les cambrioleurs de cambrioler, ni les assassins d'assassiner-, il restait indéniable que le génie de Salacan offrait à ses contemporains la sensation de participer à une nouvelle ère de l'humanité. Grâce à lui, la science acquérait ses lettres de noblesse.(p.34)
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De mal à personne, un roman d'Odile Bouhier
Interview vidéo d'Odile Bouhier à l'occasion de la parution de son roman De mal à personne, aux éditions Presses de la cité dans la collection Terres de France. Deuxième opus des aventures du duo d'experts lyonnais : le commissaire Kolvair et le professeur Salacan allient leur savoir et leur science du crime pour résoudre une affaire qui les confronte à la délinquance des mineurs et à la peine de mort.








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