ISBN : 2207101568
Éditeur : Denoël (2010)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Elisheva, musicienne connue dans le monde entier, et Rachel, son élève violoncelliste, arrivent de New York pour un concert à Jérusalem, en 1990, un matin de khamsin. Tandis que Rachel retrouve sa famille, ses amis et un amour perdu, Elisheva prépare une très secrète en... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Petitebijou, le 05 mars 2012

    Petitebijou
    Chronique effectuée dans le cadre de MASSE CRITIQUE. Merci à Babelio et aux Editions Denoël.
    Pour qu'une rencontre soit réussie, que ce soit entre deux êtres humains ou entre un lecteur et un livre, il faut en attendre le moins possible pour laisser la place à la plus grande surprise, mais aussi que cette rencontre ait lieu au bon moment.
    J'ai raté ma rencontre avec "Le troisième jour" de Chochana Boukhobza, roman pétri de qualités mais qui pêche à mon avis par le fait d'une trop grande ambition non aboutie. Je m'explique : voilà une histoire qui se présente telle une grande saga : de nombreux personnages, de nombreuses histoires enchevêtrées, des destins parallèles qui se croisent et s'affrontent dans un lieu mythique, Israël et plus précisément Jérusalem, le tout dans un peu moins de quatre cent pages. Arrivée au terme du roman, je suis restée sur ma faim.
    Deux options auraient me semble-t-il pu être envisagées : soit un roman plus long, avec des caractères et des situations plus fouillées, soit l'auteur aurait dû davantage hiérarchiser ses personnages, faire plus clairement apparaître ses priorités. Ici, à force de tout vouloir embrasser, histoire, géographie, politique, relations amoureuses, familiales, tout et chacun est au même niveau, et, ce qui me semble le plus dommageable, les personnages en sont réduits à n'être que des archétypes, représentants d'une idée ou d'une situation : le sabra (personne née en Israël), le séfarade, l'ashkénaze, le rescapé des camps voulant se venger, le nazi planqué, l'arabe israélien, le jeune israélien paumé après son long service militaire, la jeune israélienne exilée à New-York en proie à la culpabilité, etc...
    En apparence, deux femmes sont le point central de l'intrigue : la jeune Rachel, qui est d'ailleurs la seule à s'exprimer par le "je" et Elisheva, son professeur, rescapée de la Shoah, toutes deux violoncellistes.
    Rachel est pour moi la faiblesse principale du roman : narratrice, sa psychologie est la plus caricaturale. Ses relations conflictuelles avec sa famille sont très intéressantes et donnent les pages les plus réussies du roman, mais seulement au début, pour disparaître ou presque ensuite. Rachel semble ne vivre que par deux éléments : la musique, et son amour pour Ethan. Là encore, la musique est effleurée pour prendre une dimension démesurée, presque ridicule, (et pourtant, je suis la première à comprendre la dimension irrationnelle que peut prendre la musique...) vers la fin du roman. Quant à son amour pour Ethan, j'avoue avoir été déroutée par la façon dont l'auteur traite le sujet : Rachel nous est présentée tout d'abord comme une jeune femme menant une Vie amoureuse et sexuelle très libre, affranchie de son éducation, et le vocabulaire choisi à l'évocation de ses péripéties sentimentales est dans un premier temps assez cru, on pourrait dire masculin, et puis, sans que l'on s'y attende, dès qu'apparaît le personnage d'Ethan, objet de l'amour passionnel de Rachel, nous voici dans une imagerie à l'eau de rose. Je veux bien admettre que dans chaque femme sommeille une midinette, mais tout à coup nous frôlons la psychologie des magazines féminins faussement subversifs. Rachel est censée ne pouvoir résister à l'attirance sexuelle qu'elle éprouve pour Ethan. Soit. Mais, quand enfin après de nombreuses pages qui nous y préparent avec de grosses ficelles, les deux personnages se retrouvent pour une nuit à l'hôtel qui devrait justifier la tension du roman, l'auteur, comme dans les pires séries télé, nous décrit un zoom pudique sur une fenêtre... et la ligne suivante le matin se lève, sans que l'on sache comment s'est déroulée leur étreinte qui devrait être déterminante pour leur avenir commun, tout ceci en lieu et place d'une scène sexuelle qui aurait été justifiée et aurait fait évoluer les personnages avec vraisemblance, sans n'avoir rien de gratuit. Pour moi, ici, l'auteur a manqué d'audace, et, pire encore, de crédibilité. le fond et la forme présentent une dichotomie trop importante pour ne pas nuire au roman.
    Je ne voudrais pas passer en revue ainsi tous les personnages, qui, dans l'ensemble, sont plus réussis, ni être plus sévère que je ne le souhaite.
    Pourtant, je me dois de signaler une autre maladresse que j'ai relevée dans cette entreprise encore une fois plus qu'honorable : dans sa volonté de tout envisager, tout représenter, par exemple lorsqu'il s'agit de décrire les lieux oh combien symboliques que sont Jérusalem, la mer morte, Tel-Aviv, etc..., l'auteur use d'un style qui s'apparente à un guide touristique. Les lieux sont décrits joliment, avec force détails, mais "détachés" des personnages, or, y-a-t-il un pays où les lieux et les habitants sont aussi inextricablement mêlés, intimement, irrationnellement, qu'Israël, si petit pays où tout est symbole, tension, fragile et mouvant ? Ici, peut-être plus qu'ailleurs, les lieux habitent les résidents plus que le contraire, influent sur leurs actes et leurs pensées, et cela ne nous est pas montré. Chaque élément se superpose dans la construction du roman sans sembler s'influencer.
    Dans le même ordre d'idée, lorsque Rachel s'apprête à jouer le concerto pour violoncelle de Dvorak, un paragraphe suit, relatif au compositeur, semblant émerger de Wikipédia ou autre encyclopédie : Dvorak, né en telle année, a écrit ce concerto dans de telles circonstances, etc... Il y a un manque évident d'unité dans le style, nous voici dans la manifestation la plus évidente de la volonté didactique de l'auteur, j'oserais même employer le terme de "scolaire". On retrouve ce même défaut à chaque fois qu'une évocation historique est mise en mots, que ce soit celle des premiers kibboutz, des camps de concentrations et leurs horreurs : le personnage concerné est gommé au profit de données historiques détaillées, beaucoup trop peut-être pour ne pas nuire à la fluidité du récit. Encore une fois, soit eut-il fallu emprunter ce chemin-là à fond et le livre en aurait été plus long, mais nous n'aurions pas se sentiment que personnages et contextes vivent leur vie séparément.
    Tout ceci ne constitue que des exemples choisis parmi un récit qui n'est pas désagréable à suivre, somme toute, mais que je n'ai pas pu apprécier. Il y a sans doute une autre raison pour cela, et j'en reviens à la notion de rencontre ratée, à savoir que je suis familière depuis de nombreuses années de la littérature israélienne qui brasse tous ces thèmes, que ce soit au travers d'écrivains talentueux comme David Grossman, Abraham B. Yehoshua, Amos Oz, ou, pour évoquer une figure féminine, Zeruya Shalev qui par exemple dans "Mari et femme" trace un des plus beaux portraits de femme de la littérature israélienne.
    Et je voudrais terminer cette chronique par une piste que je vous soumets comme l'une des explications à cette rencontre ratée. Les écrivains israéliens, c'est une évidence, écrivent en hébreu moderne, que nous lisons à notre tour dans sa traduction française. Chochana Boukhobza, bien qu'ayant vécu en Israël, a écrit "Le troisième jour" en français. Elle évoque d'ailleurs un élément qu'elle aurait dû davantage creuser selon moi : la multiplicité des langues en usage dans ce pays constitué de tant de nationalités et d'origines : l'hébreu, l'arabe, le yiddish, le français, le yéménite, etc..., qui se côtoient et se répondent au quotidien, et expriment tour à tour la pensée et les sentiments des habitants.
    La langue hébraïque porte en elle une dimension poétique et irrationnelle que je retrouve dans cette littérature israélienne foisonnante et imaginative. le français est davantage cartésien. Il faut vraiment une volonté d'écrivain pour lui imprimer une aura lyrique et poétique qui lui est moins naturelle. Pour moi, Chochana Boukhobza n'a pas eu cette envie, ou alors elle trop superficiellement : elle m'a laissée à la porte de son rêve.
    Je n'étais sans doute pas la bonne lectrice pour ce roman, et inversement.
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 14 octobre 2010

    mimipinson
    Pourquoi choisi t-on un livre plutôt qu'un autre, pourquoi Ce livre, alors que je ne connais pas, au départ son auteur ?
    Son sujet, le mot de l'éditeur appelle à l'ouvrir, la jaquette, immédiatement, invite au voyage, en l'occurrence Jérusalem. Mais il y a la rencontre irremplaçable entre un auteur et son lecteur déjà conquis .Madame Boukhabza aura les mots pour faire de son livre un coup de cœur avant même de l'avoir lu.
    Le troisième jour, jour où tout se dénoue ; Le troisième jour, celui où j'ai refermé mon livre, la tête encore à Jérusalem, Fauré et l'élégie pour violoncelle que je fredonne encore et encore, et tous ces personnages si présents, si vivants, si humains avec leurs blessures, leurs espérances. Je referme ce livre avec encore bien ancrée cette ambiance tendue tellement palpable qui règne à Jérusalem.
    "La vie, la mort dans ce pays sont en perpétuel contrepoids" p 352
    Le troisième jour est superbement écrit ; le rythme des phrases y est soutenu, et le sera d'autant plus que le dénouement approche.
    La musique, bien que discrète dans son évocation formelle, est omniprésente dans l'écriture, et dans la structure même du roman. Les chapitres, au nombre de trois sont dénommés cantiques ; évocation à la fois musicale et sacrée.
    Trois jours, durant lesquels Rachel, Elishéva, Eytan, Daniel,Carlos, sont à Jérusalem pour y accomplir leur destin ; Quatre personnages unis par une même culture. Quatre personnages dont la vie est marquée, par les tourments de l'histoire. Chacun d'eux aura à cœur d'affronter ce qui les hante. Est-ce la solution ? Vont-ils trouver l'apaisement une fois accomplie leur " mission" ?
    Tous les personnages sont attachants, et en particulier Rachel et Elishéva.
    Elisheva, rescapée des camps, meurtrie, animée d'une vengeance destructrice, mais tellement compréhensible. Elle porte en elle, et sur elle les stigmates d'un passé lourd et obsédant.
    Rachel, d'une autre génération, jeune, dont le parcours est radicalement différent, mais elle aussi meurtrie, rejetée, tiraillée entre un amour de jeunesse, sa passion, sa culture et ses convictions.
    Tout se tient, tout s'enchaine. Tout est clair. Madame Boukhobza a réussi, dans sa présentation, à ne pas perdre le lecteur dans les méandres de la mémoire des personnages qui se mélangent intimement avec leur présent. J'y suis particulièrement sensible.





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    • Livres 2.00/5
    Par kathel, le 26 mai 2012

    kathel
    Ce roman de Chochana Boukhobza intéressera tous ceux qui ont envie de mieux connaître Jérusalem. Malheureusement, je ne vous en parlerai pas avec enthousiasme, je n'ai pas trop accroché à cette histoire où les destins de plusieurs personnages forts s'entrecroisent sur trois jours. Deux violoncellistes, Elisheva et Rachel, reviennent dans leur ville pour un concert. La plus âgée essaye de monter un traquenard pour tuer un ancien nazi, la plus jeune qui avait fui un amour compliqué, retrouve son ancien ami. Elle doit aussi affronter un père tourmenté et une mère dépassée, qu'elle n'a pas vus depuis cinq ans.
    D'autres personnages gravitent autour des deux femmes, mais cette construction allant de l'un à l'autre que j'aime bien d'habitude, m'a paru inutile ici. J'aurais aimé me concentrer sur le personnage très fort et digne d'Elisheva. La musique comme fil conducteur et arrière-plan de cette histoire avait tout pour me plaire... Et les passages qui décrivent les rues de Jérusalem, les cafés, les places écrasées de soleil, ainsi que les paragraphes sur le parcours des personnages avant ces trois jours ont retenu mon attention. Mais l'écriture sans beaucoup de relief, l'histoire d'amour agaçante, et inutile à mon avis, de Rachel, n'ont pas réussi à me passionner et j'ai fini ce livre comme pour m'en débarrasser.
    Si je devais vous recommander des livres pour découvrir Jérusalem, ce seraient donc Les Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle ou Adieu Jérusalem d'Alexandra Schwartbrod.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-chochana-boukhobza-le-tr..
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    • Livres 5.00/5
    Par Sando, le 10 février 2012

    Sando
    Pour Elisheva et son élève Rachel, deux violoncellistes de talent, ces trois jours passés à Jérusalem dans le cadre d'un concert, sont l'occasion de renouer avec leurs racines, leurs amis, leurs familles et leurs amours… Les deux femmes, si soudées au quotidien par leur passion commune pour la musique, vont durant ces quelques jours, suivre leur propre voie et se confronter à tout ce qu'elles ont fui pendant de nombreuses années.
    Pour Elisheva, rescapée des camps de concentration, ce retour à Jérusalem est l'occasion d'exercer sa vengeance. le concert lui offre la seule possibilité de retrouver celui qu'elle appelle « le bourreau » et qui a tué tant des siens pour finalement fuir vers l'Argentine et vivre dans l'impunité. Son passage dans la ville sacrée, va donner à la vieille musicienne l'occasion de faire justice elle-même.
    Rachel, quant à elle, n'a qu'une idée en tête : reconquérir son grand amour, abandonné il y a cinq ans au profit de sa carrière à New York. Mais la situation de celui-ci, marié et bientôt père pose des difficultés d'ordre moral, certes, mais aussi et surtout religieux. Ce retour à Jérusalem fera prendre conscience à Rachel de son éloignement irréversible par rapport à ses racines, sa culture et ses proches.
    Chochana Boukhobza nous offre un roman sublime, bouleversant, porté par une écriture tout en finesse et en musicalité. Elle nous plonge au cœur même de Jérusalem, une ville aux multiples facettes, tantôt maternelle et protectrice, fière et rayonnante, tantôt le terrain de haines et de drames nés de désaccords religieux et culturels. Chaque personnage est riche de sa propre histoire, de ses croyances et de ses tolérances et anime ce roman plein de vie et d'humanité. L'écriture est lumineuse, chantante et nous entraîne avec elle dans une danse effrénée. Difficile de lâcher ce roman une fois la lecture commencée ! Les petites histoires des uns et des autres sont passionnantes et se mêlent avec justesse à la grande Histoire, celle d'un peuple martyr, en quête de la terre promise dont il a été dépossédé. Ce roman est une magnifique découverte !
    Je tiens à remercier vivement Livraddict et les éditions Folio pour m'avoir permis d'enrichir mes lectures avec ce très beau texte !
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    • Livres 5.00/5
    Par simae, le 15 février 2012

    simae
    Il y a longtemps que ce livre est dans ma liste et je remercie mille fois Babelio de m'avoir sélectionnée dans le cadre de Masse Critique.
    Mon intuition ne m'avait pas trompée, ce livre est un petit bijou, un vrai coup de cœur!
    L'écriture de Chochana Boukhobza est douce, chantante, lumineuse. En bon chef d'orchestre, elle a pesé chaque mot, chaque détail, rien n'est laissé au hasard pour nous offrir un magnifique concerto.
    En ouvrant ce livre, préparez-vous à sentir la chaleur brulante de Jérusalem (même quand il fait -15 depuis une semaine!) et laissez-vous guider dans les ruelles de la Vieille Ville.

    Avant tout, Chochana Boukhobza nous présente une ville où se croisent des parcours, des destins et des peuples.
    "J'ai senti la peau douce de Jérusalem apparaître derrière les pierres blanches, puissantes et râpeuses des murailles. Une peau douce derrière l'os de la ville. Des centaines d'hommes sont morts pour ce sanctuaire. Des milliers de jeunes gens de vingt ans y ont été blessés. Mais rien n'a changé dans la cité. Incroyable paradoxe, territoire paradoxe d'une civilisation qui s'interdit de déplacer une pierre de la ville, mais qui accepte qu'on meure pour elle."
    Les histoires de chaque personnage se mêlent à L Histoire :
    - Rachel dont les parents ont quitté la Tunisie lorsqu'elle avait 6 mois. le passage sur leur départ est poignant.
    - Elisheva qui a été sauvée des camps de la mort par sa musique et en garde un puissant désir de vengeance,
    - Carlos, le juif marrane qui travaille avec le Vatican,
    - Daniel qui travaille en secret pour retrouver les responsables des crimes commis contre les juifs.
    Je ne vais pas tous les citer mais chacun prend sa place dans ce récit pour nous dévoiler les milles et une facettes d'Israël et des peuples qui la composent. Ils sont tous attachants. Leurs blessures, leurs amours, leurs espoirs sont très bien traduits et les rendent très réels.
    Le troisième jour, c'est aussi le retour au pays de Rachel et Elisheva. La découverte d'une ville qui a changé en leur absence, les retrouvailles avec des amis qui ont appris à vivre sans elles.
    "J'ai compris que mes amis formaient un cercle auquel je n'appartenais plus. J'en étais sortie depuis longtemps, et je m'étais refusé à l'admettre. Ils me toléraient encore, mais la distance entre eux et moi ne cessait de se creuser. Un jour ma compagnie ne leur serait plus indispensable. Un jour, nous n'aurions plus rien à nous dire; nos modes de vie seraient totalement inconciliables."
    C'est également le choc des cultures entre la jeune génération résolument tournée vers un mode de vie moderne, et les traditions de leurs parents dont ils ont du mal à se départir.
    Pendant les trois jours qu'elles vont passer sur leur Terre, elles vont chacune renouer avec leur passé. Rachel retrouve son grand amour brutalement interrompu lors de son départ à New York, pendant qu'Elisheva mène un projet plus sombre pour venger les Juifs disparus dans les camps.
    Un livre tiraillé entre Histoire, racines, traditions, passions et modernité...mais brillamment écrit!

    Lien : http://lebacalivres.blogspot.com/2012/02/le-troisieme-jour-de-chocha..
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 26 mai 2012

    Je l'ai regardée réchauffer la graine dans une poêle au revêtement adhésif rayé. Elle a pris une assiette ébréchée dans le vaisselier, l'a posée sur la table couverte de miettes, elle est partie vers l'évier, elle s'est emparée de l'éponge, a soulevé l'assiette et nettoyé la table.
    J'observais tous ses gestes avec un intérêt considérable car je comprenais pourquoi je fais, moi aussi, tout à l'envers : je commence par peindre un mur avant de me décider à protéger le sol, je me présente à un concert sans répéter, mais les salutations achevées, je saute sur mes partitions et je travaille comme une forcenée.
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  • Par MissAlfie, le 14 octobre 2010

    J'ai senti la peau douce de Jérusalem apparaître derrière les pierres blanches, puissantes et râpeuses des murailles. Une peau douce derrière l'os de la ville. Des centaines d'hommes sont morts pour ce sanctuaire. Des milliers de jeunes gens de vingt ans y ont été blessés. Mais rien n'a changé dans la cité. Incroyable paradoxe, territoire paradoxe d'une civilisation qui s'interdit de déplacer une pierre de la ville, mais qui accepte qu'on meure pour elle.
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  • Par Sando, le 08 février 2012

    Et un déclic s'est produit. J'ai soudain compris que j'étais à Jérusalem, que je me présentais devant Jérusalem. Dans cette ville qui m'avait connue enfant, cette ville où j'avais perdu mes dents de lait, senti mes seins pousser et où les premiers baisers de mon amant m'ont embrasée. [...] Et la mélancolie du concerto s'est dévoilée, envoûtante, trop tardive. J'ai entendu la voix secrète du compositeur, son dernier adieu à la femme qu'il avait aimée. C'était une musique sans cadres, sans structure, une musique d'exilé qui parlait de la fragilité des êtres, de la durée trop courte du bonheur.
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  • Par MissAlfie, le 14 octobre 2010

    J'avais oublié qu'en principe nous étions ennemies. Qu'il y a entre nous le manque de paix, les pneus brûlés des enfants de Gaza, les tirs de nos soldats à Hébron, à Jénine et Ramallah, les jets de caillasse des adolescents masqués sur tout ce qui porte l'uniforme de Tsahal, sur toutes les voitures, civiles ou militaires, des Israëliens. J'avais oublié. Je suis partie trop longtemps. Pour moi, cette terre, c'est seulement celle que j'appelle Eretz, Terre.
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  • Par MissAlfie, le 14 octobre 2010

    Notre groupe est uni par l'enfance, le jeu et les balades dans le pays, mais hétérogène politiquement : Elena et Michaël militent à La Paix Maintenant, Gabriel et Nourit sont partisans d'un Israël fort, Tamar s'en fout. Dans dix ans sans doute, nos conviction politiques nous auront séparés. Mais pour l'instant, notre amitié survit à tout.
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