ISBN : 2848140348
Éditeur : Pascal Petiot (Editions) (2006)


Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Christian Ranucci a-t-il enlevé puis assassiné la petite Marie-Dolores Rambla le 4 juin 1974 à Marseille ? À cette question, la justice a répondu oui et prononcé un verdict de mort. Christian Ranucci a été exécuté le 28 juillet 1976, il avait 21 ans. Loin de refermer le... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 02 mai 2009

    Woland
    Ce qui reste comme "L'Affaire Ranucci" aura donc fait un grand nombre de victimes : Marie-Dolores tout d'abord, morte à huit ans d'une quinzaine de coups de couteau ; ses parents ; son jeune frère qui mènera une vie chaotique et, plus tard, tuera à son tour (son employeur) ; Ranucci dont le profil psy aurait dû être beaucoup plus fouillé ; sa mère qui s'évertua à prouver son innocence (mais peut-on l'en blâmer en conscience ?) ; les gendarmes et policiers qui menèrent l'enquête et sur lesquels Perrault et ses séides ont tout fait pour jeter un discrédit qu'ils ne méritaient pas, le premier tout d'abord dans "Le Pull-over rouge" puis, plus récemment dans "L'Ombre du Pull-Over rouge" (dans ce dernier procès, M. Perrault a d'ailleurs été condamné pour diffamation).
    Seuls "gagnants" - on ose à peine l'écrire mais c'est indubitable - de l'affaire : les partisans de l'abolition de la peine de mort et Patrick Henry. Il est vrai que ce dernier eut l'intelligence de manifester quelque remords lors de son procès, chose que Ranucci, replié sur lui-même et dans l'univers qu'il s'était créé - à l'aube de son exécution, il écrivait à sa mère en lui détaillant les dommages et intérêts que lui verserait la présidence de la République et la vie merveilleuse qui serait la leur quand ils iraient vivre en Amérique latine - n'a pas faite.
    Enfant élevé par une mère qui fuyait un mari extrêmement violent, le jeune Ranucci n'avait jamais mené et ne mena jamais une vie sociale dans les normes. Cela certes ne suffit pas à faire un assassin mais démontre toujours une fêlure dans la personnalité, fêlure qui, en fonction de critères qui nous demeurent malheureusement mystérieux, est susceptible de dégénérer ou au contraire, de se stabiliser, voire de se cicatriser. Il n'est tout de même pas normal qu'un jeune homme de vingt-deux ans, pas trop mal de sa personne et pas trop sot, n'envisage comme seul avenir, après avoir échappé à la guillotine, que de s'expatrier en Amérique du Sud pour y vivre avec sa mère !
    Tout cet aspect de la personnalité de Ranucci n'a malheureusement pas été suffisamment étudié, ni par les psychiatres, ni par ceux-là mêmes qui prétendaient le défendre (des avocats qui, le 26 juin 1974, bien qu'ayant été convoqués à l'audition de leur client par L.R.A.R., ne se déplacèrent même pas !)
    Et cela, quand on lit "Autopsie d'une Imposture", vous laisse vraiment un goût amer dans la bouche. Même si l'on est - comme moi - partisan du rétablissement de la peine de mort dans des cas bien précis tels que l'assassinat d'enfants.
    Christian Ranucci, le drame qui fut le sien et dans lequel il a entraîné tant de personnes ont été instrumentalisés aux seules fins de discréditer l'institution judiciaire et le gouvernement (de droite, à l'époque) français et de préparer le terrain pour l'abolition définitive de la peine de mort. En ce sens, Ranucci aurait pu s'appeler Paul Durand que, pour entre autres Gilles Perrault, c'eût été du pareil au même : Ranucci n'a été qu'un moyen.
    Le premier livre consacré par M. Perrault à l'affaire Ranucci s'intitule, nul ne le niera, "Le Pull-over rouge", ce qui permet d'obtenir l'excellente couverture où l'on voit le pull-over en question passer sous la lame de la Veuve. M. Perrault présente ce vêtement comme la pièce décisive ayant prouvé l'implication de Ranucci dans l'assassinat (ce qui est faux) et il s'empresse d'ajouter (ce qui est vrai) que le pull-over était trop grand pour le jeune homme.
    Or, il faut savoir que la pièce décisive qui emporta la conviction du juge d'instruction, c'est le couteau, taché de sang*, retrouvé par les gendarmes, sur les indications précises de l'inculpé, enterré à la sortie de la champignonnière près de laquelle fut tuée Marie-Dolores. le fameux pull-over rouge, lui, fut mis sous scellé tout simplement parce qu'on l'avait retrouvé dans la champignonnière et qu'il pouvait faire partie des indices. Mais il n'a jamais servi de preuve accablante.
    Pourquoi prétendre le contraire ? Pourquoi également affirmer que Ranucci déclara, avant de monter à l'échafaud : "Réhabilitez-moi !" alors que, en fait, ses dernières paroles furent un "Négatif !" adressé à l'aumônier ? Et ce ne sont là que quelques unes des "erreurs" présentées comme vérités d'Evangile qui composent "Le Pull-over rouge."
    Pareille accumulation ne peut que nuire à la thèse défendue, à savoir "Christian Ranucci était innocent et on l'a assassiné en toute légalité."
    Je conseillerai donc de lire aussi "Autopsie d'une Imposture" dont le mérite indubitable est de ne pas se prononcer pour ou contre le bien-fondé de la peine de mort et qui s'attache avant tout à resituer l'affaire dans son contexte.
    * : il se trouve que Christian Ranucci et Marie-Dolores Rambla étaient du même groupe sanguin, le groupe A. Ranucci eut donc beau jeu de soutenir, quand il se rétracta, qu'il s'était blessé et que les taches découvertes sur un pantalon saisi dans sa voiture provenaient d'une blessure qu'il s'était faite. Mais le médecin qui l'examina le 6 juin ne trouva aucune trace de cette supposée blessure. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 02 mai 2009

    Woland
    Le 3 juin 1974, à Marseille, au coeur de la cité Sainte-Agnès, la petite Marie-Dolores Rambla, âgée de 8 ans, joue au pied de son immeuble avec son petit frère, Jean, de deux ans plus jeune qu'elle. A 11 heures environ, un inconnu descend d'une voiture grise et les aborde en leur demandant de l'aider à retrouver son chien, qui s'est enfui. L'inconnu et Marie-Dolores prennent à gauche, le petit Jean s'en va à droite. Quand celui-ci revient à son point de départ, il ne retrouve ni l'inconnu, ni Marie-Dolores. Les parents préviennent la police mais il n'y a pas grand chose à faire. le 3 juin au soir, Marie-Dolores n'a toujours pas reparu.
    Ce même 3 juin 1974, à midi et quart environ, au carrefour de la Pomme, à vingt-cinq kilomètres de Marseille, un coupé Peugeot 304 de couleur grise roule à grande allure et ne respecte pas le panneau "Stop." Au même moment, la Renault 16 de M. Vincent Martinez, ayant à son bord celui-ci et sa fiancée, franchit le carrefour : M. Martinez est prioritaire.
    Sous la violence du choc, le coupé Peugeot 304 effectue un tête-à-queue mais son conducteur ne s'arrête pas. Il fait demi-tour et repart, toujours à vive allure, dans la direction même d'où il venait. M. Martinez qui, lui, s'est arrêté, demande à un couple d'automobilistes qui venait derrière eux, M. et Mme Aubert, de prendre en chasse le fuyard et de tenter au moins d'avoir son numéro d'immatriculation. Les Aubert s'engagent donc sur la RN 8.
    Au bout d'un kilomètre, ils repèrent le coupé Peugeot, immobilisé sur le bord de la route. Ils voient également un jeune homme en sortir, tirer un enfant à bout de bras, le plaquer contre lui et disparaître dans les broussailles. Mme Aubert dira que, pour elle, l'enfant avait entre 7 et 10 ans et portait un short blanc. Elle ajoutera qu'il ne paraissait pas effrayé.
    M. Aubert descend de voiture, interpelle le fuyard et lui demande de ne pas ajouter le délit de fuite à l'infraction commise. L'inconnu, de la broussaille, lance : "D'accord ! Partez et je reviendrai !" mais il est clair qu'il n'a pas la moindre intention de faire ce qu'il dit. M. Aubert se contente donc de faire la seule chose possible : il note le numéro de la plaque d'immatriculation.
    1369 SG 06.
    A ce jour, les plus hardis défenseurs de Christian Ranucci n'ont toujours pas réussi à expliquer comment la voiture de leur protégé (ou plus exactement de sa mère, Mme Mathon) a été vue - et plus tard signalée à la gendarmerie - dès le 3 juin 1974.
    Mais ce numéro n'est pas le seul détail choquant de l'histoire. Il y en a bien d'autres, que Gérard Bouladou met ici en évidence en soulignant en parallèle les partis pris - et les mensonges - du livre de Gilles Perrault.
    Bouladou écrit certes avec maladresse et il n'a pas ce métier qui fait le style de Perrault. Mais cette "Autopsie d'une Imposture" s'en lit avec d'autant plus d'intérêt car, contrairement à ce que l'on pourrait croire, son auteur ne se pose pas en champion de la peine de mort. A ses côtés, on en arrive même à la conclusion que, si Christian Ranucci était bel et bien coupable du meurtre de la petite Marie-Dolorès - dont le corps devait être retrouvé un peu plus haut dans les broussailles, non loin de l'endroit où M. et Mme Aubert avaient interpellé l'inconnu de la Peugeot grise - jamais en revanche il n'aurait dû être reconnu responsable de ses actes, en tous cas au moment où il perpétra l'assassinat.
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 02 mai 2009

    Ranucci se leva :

    - "Oui, j'ai été torturé ! D'abord on m'a frappé à coups de matraque. On m'a fait subir la torture vietcong : des petits coups de matraque sur la tête, sans arrêt, pendant une éternité. J'ai cru que mon cerveau se liquéfiait. Et puis, on m'a versé de l'acide sur le sexe. C'était insupportable ! Et la matraque, ne vous avisez pas de dire le contraire, c'est vous qui la teniez !"

    Le commissaire répondit :

    - "C'est faux ! Vous le savez !

    - Vous avez un drôle du culot !" s'exclama Christian Ranucci.

    Le public réagit bruyamment.

    - "Et vous, vous êtres un monstre !" reprit M. Alessandra.

    M° Lombard [avocat de la défense] bondit :

    - "Vous n'avez pas à insulter mon client !"

    Ranucci hurle :

    - "Je briserai votre carrière !"

    L'effet fut désastreux. Ses avocats ne maîtrisaient plus la situation. (...)

    Cette accusation de sévices policiers était d'autant plus inattendue que jamais auparavant Ranucci n'en avait fait état, ni devant le juge d'instruction, ni devant le Dr Vuillet, ni devant les psychologues qui lui rendirent visite le 7 juin à la prison des Baumettes, ni devant les psychiatres qui l'examinèrent par la suite. Pendant les vingt-et-un mois de sa détention, il n'en avait pas parlé une seule fois.

    Il ignorait en outre que, tout le temps de sa garde-à-vue, les journalistes qui couvraient l'affaire avaient attendu dans les couloirs de l'Evêché [le commissariat] et que seule une porte de bois les séparait du bureau où il était interrogé. Ils pouvaient donc tout entendre. Outrés par les déclarations de l'accusé, certains proposèrent même de témoigner. ... [...]
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  • Par Woland, le 02 mai 2009

    [...] ... L'affaire Ranucci, si tragique qu'elle soit dans ses conséquences, est, sur le plan des faits, du point de vue policier, une affaire simple : les preuves ne cessent de s'accumuler contre le suspect et en outre il passe des aveux complets, qu'il réitère. Quoi qu'en disent les partisans de l'innocence de Ranucci, leurs arguments buteront toujours sur ce fait objectif et têtu que l'arme du crime lui appartenait et qu'il a désigné verbalement - et physiquement lors de la reconstitution - l'endroit précis où elle était cachée. Mais la conclusion de cette affaire (la décapitation de Ranucci) a faussé totalement le regard qu'on avait sur elle. Ce n'était pas la culpabilité de Ranucci qu'il fallait contester, mais sa condamnation à mort : les partisans de Ranucci se sont trompés de combat. Ranucci ne méritait sans doute pas la mort : au regard de son passé, il aurait du bénéficier de circonstances atténuantes. Et ce n'était pas un assassin : son meurtre n'était pas prémédité. Si l'ombre d'un doute pèse - et pèsera toujours - dans cette affaire, c'est bien sur les conditions du meurtre : était-il conscient ou non de son acte au moment où il l'a accompli ? Mais dans ce cas-là, on plaide la démence, pas l'innocence.
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AFFAIRE RANUCCI AUTOPSIE D'UNE IMPOSTURE LE LIVRE VERITE Ce livre décrit en détail l'enquête effectuée par l'ex commandant de police Gérard Bouladou sur cette affaire présentée comme une erreur judiciaire par l'écrivain Gilles Perrault dans son ouvrage : "le pull-over rouge". Dénonçant les erreurs d'interprétation de la procédure procédure pénale, les erreurs de dates, les nombreuses omissions de l'auteur, ce livre est riche en révélations, interviews inédites.











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