> Michel Pétris (Traducteur)

ISBN : 2070385957
Éditeur : Gallimard (1993)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 43 notes) Ajouter à mes livres
"Une accoucheuse qui avait appris son art à la maternité de l'Hôtel-Dieu de Paris sous la direction de la fameuse Louise Bourgeois délivra le 13 janvier 1622 la très aimable madame Poquelin, née Cressé, d'un premier enfant prématuré de sexe masculin. Je peux dire sans c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Deuzenn, le 31 mars 2012

    Deuzenn
    Passionné de théâtre, Mikhaïl Boulgakov rend hommage à travers ce roman à la vie de l'un des plus grands dramaturges français : Molière.
    Et je dis roman car il ne s'agit pas d'une biographie relatant des faits arides, mais d'un récit vivant et riche de la vie de Jean-Baptiste Poquelin, que l'on croirait héros d'une fiction. Et pourtant tout est vrai! Depuis son enfance auprès d'un père tapissier du Roi jusqu'à ses pièces jouées devant Louis XIV, en passant par sa découverte de la Commedia Dell'Arte, sa vie méritait bien d'être racontée avec passion!
    Bien éloigné du Maître et Marguerite, considéré comme son chef-d'oeuvre, Boulgakov surprend avec ce livre au ton plus léger. Mais est-ce si sûr? Comme Boulgakov quelques siècles plus tard face à la dictature soviétique, Molière a subi la censure pour sa pièce Tartuffe, et a du composer avec la rigueur d'un régime politique.
    Avec son Roman de Monsieur de Molière, l'auteur russe livre une biographie habile où le lecteur est invité à lire entre les lignes pour y découvrir, à travers une histoire passée, une critique du régime en place. Subtil et brillant!
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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 14 février 2010

    sentinelle
    Aujourd'hui considéré comme un des plus grands écrivains de la littérature contemporaine russe, l'auteur Mikhaïl Boulgakov - né en 1891 et plus connu pour son roman Le Maître et Marguerite - publie en 1936 Le roman de monsieur de Molière.
    Ce passionné de théâtre ne pouvait que rendre hommage au grand dramaturge Jean Baptiste Pocquelin, dit Molière. En lui consacrant une biographie romancée très éloignée du ton neutre d'un biographe quelconque mais au contraire en s'immisçant dans le récit par l'entremise d'un narrateur omniscient, Mikhaïl Boulgakov nous livre là un récit dynamique et très vivant en retraçant toutes les étapes importantes de la vie de Molière, de sa naissance à la fin de sa vie, non sans humour et à-propos.
    Mikhaïl Boulgakov prend d'autant moins de distance par rapport à Molière qu'il éprouve lui-même tous les affres de la création en étant brimé et censuré : tout comme Molière avant lui qui écrivit des missives au roi Louis XIV pour le protéger des dévots outragés, des médecins offensés et des précieux irrités, Mikhaïl Boulgakov ne cessera d'écrire plusieurs lettres à Staline afin de lui demander protection et soutien.
    Outre l'hommage rendu au dramaturge Molière, cette biographie romancée permet donc également à Mikhaïl Boulgakov de témoigner des relations difficiles entre l'artiste et le pouvoir, quelle que soit l'époque. A titre d'illustration, Le roman de monsieur de Molière sera lui-même expurgé de plusieurs passages et devra attendre l'année 1989 pour être publié dans son intégralité en Russie. Cette présente édition n'est malheureusement que la traduction de la version censurée de l'œuvre sous Staline et nous attendons toujours la version intégrale traduite en français…

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-le-roman-de-monsie..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par johaylex, le 11 avril 2012

    johaylex
    Quand on parle de Boulgakov, on entend vite "Le Maître et Marguerite", prodige d'écriture. Pourtant , le malheureux auteur russe était surtout connu de son vivant pour avoir écrit pour le théâtre, avec les boires et déboires de la censure soviétique.
    En homme de théâtre confronté à une fortune parfois contraire, le personnage de Molière ne pouvait sans doute que plaire à Boulgakov, et son "roman de monsieur de Molière" semble recevoir toutes ses inquiétudes. En effet, cette biographie fictive de Molière écrite dans un style détaché, de l'ordre de la chronique, permet au russe de mettre à froid ses échecs, son parcours chaotique dans ses rapports avec les pièces censurées: la combat de Molière pour sauver Dom juan et Le Tartuffe a certainement rencontré un écho chez Boulgakov et une mise en parallèle avec les couleuvres avalées durant sa carrière de dramaturge.
    Toutefois, si l'effet peut être plus que touchant, il ne peut opérer que si l'on connaît la vie de Boulgakov.
    Dans tous les cas, un roman plus qu'agréable, même s'il n'atteint pas le sublime du "Maître et Marguerite".
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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 14 juillet 2011

    Couperine
    Dès le titre, le ton est donné. En effet, il ne s'agit pas là d'une simple biographie. Boulgakov, que je ne connaissais pas (honte à moi ! Oui, oh, ça va, je sais bien que c'est celui qui a écrit Le Maître et Marguerite.... On ne peut pas avoir tout lu non plus, hein ?! ), met en scène la vie du sieur Molière, la romançant pour le plus grand bonheur des lecteurs qui dévorent ce livre à la vitesse de la lumière. Car s'il s'est basé sur des éléments réels - et je puis vous assurer que j'ai appris des choses - il ne pouvait pas rentrer à un tel point dans la peau et les pensées du personnage. Et pour que ce texte soit fluide, rien de tel que d'ajouter de-ci de-là quelques touches personnelles, fictives. Tiens, mais voilà qui me rappelle quelqu'un que j'aime beaucoup: Jean Teulé. Attention, je ne parle pas du style bien sûr, les deux étant radicalement différents. Mais le procédé est bel et bien le même. de ce fait, je suis allée faire des recherches pour démêler le vrai du faux. Et moi qui croyais connaître Molière.... je me trompais lourdement ! Vous découvrirez la vie de cet homme qui, finalement, s'est toujours battu, ou plutôt débattu, tant dans sa vie privée, avec les sœurs Béjart (et l'accusation d'inceste), que dans sa vie professionnelle, notamment avec les comédiens de l'Hôtel de Bourgogne.
    Je vous conseille vivement ce livre qui se lit vraiment très facilement. Il permet également une immersion dans ce monde du XVIIe siècle où pouvoir et culture ne faisaient pas forcément bon ménage.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 15 mai 2012

    ATOS
    Et si Molière vous était conté ?... Roman, mais surtout déclaration d'amour. BOUGAKOV aime Molière, aime ses mots.
    De son premier cri jusqu'à son dernier souffle vous assisterez aux plus grands moments de la vie du père de l'Illustre Théâtre.
    Avec retenue, et respect BOULGAKOV vous invitera à vous retirer lorsque L Histoire vous fera comprendre qu'elle ne vous appartient pas.
    Un magnifique hommage au génie, et à la ténacité et au courage d'un créateur face au pouvoir(quel qu'il soit).

    Astrid SHRIQUI GARAIN
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 14 juillet 2011

    Le Bourgeois fut joué pour la première fois à Chambord le 14 octobre 1670, et, à l'issue de la représentation, Molière fut saisi d'une sourde angoisse : le roi n'avait pas dit un mot sur la pièce. Tandis qu'en sa qualité de valet de chambre, il servait le roi au repas solennel qui suivait le spectacle, Molière était à demi mort. Le silence du monarque n'avait pas tardé à donner de brillants résultats. Il n'y avait plus une seule personne qui n'eût déversé sa ration de critiques sur la pièce de Molière (naturellement, pas en face du roi).

    - Expliquez-moi, pour l'amour de Dieu, messieurs, s'exclamait un courtisan, ce que signifie tout ce galimatias, tous ces "galaba, babalalou, et balaba" que crient les Turcs ? Qu'est-ce que cela ?

    - Ce sont des billevesées, lui répondait-on, votre Molière est complètement à court d'inspiration, il serait temps de lui reprendre son théâtre.

    Hélas ! Il faut reconnaître que ces "balaba" ne signifient rien et n'ont rien de joyeux.

    Le 16 octobre, eut lieu une deuxième représentation, à laquelle le roi était à nouveau présent. A la fin du spectacle, il appela Molière.

    - Je voulais vous parler de votre pièce, Molière, commença le roi.

    "Vas-y, achève-moi ! " purent lire dans les yeux de Molière toutes les personnes présentes.

    - Je ne vous ai rien dit après la première, parce que je n'avais pu encore arrêter un jugement. Vos acteurs jouent trop bien. Mais je vois maintenant que vous avez écrit une pièce admirable, et aucune de vos comédies ne m'a procuré autant de plaisir que celle-ci.

    A peine le roi eut-il libéré Molière que tous les courtisans l'entourèrent et couvrirent la pièce d'éloges.
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  • Par sbrodj, le 17 juin 2011

    Pour les amoureux du théâtre et de Molière, une très belle biographie romancée écrite par le grand romancier et dramaturge russe: Le premier chapitre est magnifique. Si vous ne lisez pas l'intégralité de l'oeuvre, lisez au moins ce chapitre!
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  • Par Adrienne, le 12 novembre 2011

    A l'issue d'une de ces soirées, Cressé et son petit-fils rentrèrent chez eux très échauffés et, comme à l'accoutumée, quelque peu mystérieux. Assis dans un fauteuil, le père Poquelin se reposait de sa journée de travail. Il s'enquit de l'endroit où le grand-père avait emmené son enfant préféré. Evidemment, ils étaient allés au spectacle, à l'Hôtel de Bourgogne.
    Poquelin voulut savoir:
    - Qu'est-ce qui vous a pris de l'emmener tout le temps au théâtre? Vous ne voulez tout de même pas en faire un comédien?
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  • Par Adrienne, le 12 novembre 2011

    Donc, vers le 13 janvier 1622 à Paris, un premier-né fragile fit son apparition chez monsieur Jean-Baptiste Poquelin et son épouse Marie Poquelin-Cressé. Le 15 janvier, il fut baptisé à l'église Saint-Eustache et prénommé en l'honneur de son père Jean-Baptiste. Les voisins félicitèrent Poquelin et la corporation des tapissiers sut qu'un nouveau tapissier et marchand de meubles était venu au monde.
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