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> Claude Ligny (Traducteur)

ISBN : 2221103785
Éditeur : Robert Laffont (2005)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Moscou, vers 1925... Obscur journaliste, Maksoudov a écrit un roman mais il est persuadé que personne ne l'a lu. On lui demande pourtant de l'adapter pour le théâtre ; la pièce serait montée par le célèbre Ivan Vassiliévitch - en qui l'on reconnaîtra Stanislavski. Aussi... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 5.00/5
    Par steka, le 19 novembre 2012

    steka
    On pourrait dire du "Roman théâtral" qu'il est "Le château" de Boulgakov; l'univers kafkaïen étant ici transposé dans les coulisses labyrinthiques d'un grand théâtre moscovite qui symbolise à lui tout seul la situation du monde culturel russe à l'époque stalinienne. Boulgakov fait ici une éblouissante démonstration de la manière dont une bureaucratie peut réussir à paralyser toute créativité. Comment il est possible de faire s'activer fébrilement toute une population, dans le seul but de dissimuler l'effroyable néant qui l'accompagne.
    L'humour (noir) de Boulgakov brille ici de tout son éclat désespéré; car l'aspect autobiographique du récit est ici évident et de même que son personnage qui voit sa pièce disparaitre aux oubliettes, à chaque page qu'il rajoutait à son livre, il ne pouvait qu'être davantage conscient de l'impossibilité croissante de sa publication. Pour vraiment connaitre ce prodigieux écrivain qu'est Boulgakov, ne vous arrêtez pas à l'excellent Maitre et Marguerite car ce " Roman théâtral" tient également du chef-d'oeuvre.
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  • Par QuelsCaracteres, le 06 mai 2015

    QuelsCaracteres
    En 3 mots…Ombre, lumière, scène
    Extrait de mes impressions de lecture… Plusieurs semaines après ma lecture du Roman Théâtral, il me reste un souvenir un peu confus, nébuleux et recouvert d'une fine couche de neige comme les paysages et les rues de Russie que ses écrivains capturent sur le papier avec brio. Leurs livres m'envoient au visage des bouffées d'air glacé. Ce froid omniprésent dans les romans slaves, qui fait du « manteau » un mythème récurrent et ô combien important. Ce froid mortel qui accentue les contrastes. Contrastes de températures, de couleurs, de lumières, entre la beauté menaçante de l'extérieur et les replis inquiétants des intérieurs : les petites chambres minables, les bureaux austères, les salons qui accueillent alcool, banquets et mondanités ou, comme c'est le cas dans ce roman de Mikhaïl Boulgakov, les théâtres.
    L'auteur fait ici une déclaration d'amour poignante au Théâtre. Lieu mystérieux où la lumière et l'ombre cohabitent. Espace merveilleux où prennent vie et s'épanouissent les fantasmagories. Territoire de création et de magie, où comédiens et spectateurs sont invités à vivre une expérience puissante et tout à fait singulière.
    Dans ce livre, inachevé, et hautement autobiographique, Mikhaïl Boulgakov nous conte l'histoire d'un petit journaliste du nom de Maksoudov qui a écrit un roman qu'on lui propose d'adapter au théâtre. Il met en scène le sort de l'écrivain qui tente de survivre et d'évoluer sur les voies escarpées du monde éditorial et de l'univers théâtral et qui se heurte à la censure (économique ou politique, Mikhaïl Boulgakov a vécu à une époque où le Parti Communiste régentait la vie théâtrale). L'écrivain qui se voit dépossédé de son oeuvre, par des intermédiaires peu scrupuleux, par d'autres artistes ou des administrateurs qui lui imposent coupes et modifications afin de servir leur propre vision. le lecteur reconnaitra entre ces pages la silhouette d'un Stanislavski despotique (dans le personnage d'Ivan Vassiliévitch) et arpentera les couloirs labyrinthiques du théâtre sur les pas du héros, visitant ainsi chaque recoin de ce lieu fascinant.
    Pour lire la suite rdv sur http://quelscaracteres.eklablog.com/le-roman-theatral-de-mikhail-boulgakov-a117554358

    Lien : http://quelscaracteres.eklablog.com/
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Citations et extraits

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  • Par Renod, le 02 février 2015

    Je posai le canon sur ma tempe, et cherchai la détente d'un doigt tremblant. A ce moment me parvint des étages inférieurs un bruit familier : le son criard d'un orchestre transmis par un phonographe enroué, puis la voix aiguë d'un ténor qui chantait :
    "Mais Dieu me rendra-t'il ce que j'ai perdu?"
    Mes aïeux ! m'écriai-je intérieurement. Faust ! Vraiment, le moment ne pouvait pas être mieux choisi. ! Bon, je vais attendre jusqu'à l'apparition de Méphistophélès. (...)
    Le ténor jeta un cri de désespoir, et l'orchestre gronda.
    Mon doigt tremblant était appuyé sur la détente. En cet instant, le grondement de l'orchestre m'assourdit, le cœur me manqua, je crus voir les flammes de la lampe monter jusqu'au plafond, et je lâchai le pistolet.
    Un nouveau roulement de tonnerre. Puis une voix de basse épouvantable monta vers moi :
    - Me voici !
    Et je me tournai vers la porte.
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  • Par Didisha, le 17 janvier 2015

    Et voilà que chaque soir, je crus voir apparaître sur la page blanche des couleurs et des formes indécises. Je clignai des yeux et, redoublant d'attention, je finis par distinguer une sorte de petit tableau. De plus, ce tableau n'était pas plan, mais à trois dimensions - comme une boîte dont on eût vu le fond à travers les lignes devenues transparentes - une lumière y brûlait et j'y voyais se mouvoir les personnages mêmes que j'avais décrits dans mon roman.
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  • Par steka, le 19 novembre 2012

    L'essentiel, cependant, était peut-être le fait, de plus en plus évident, qu'un énorme quiproquo était en train de se nouer. L'affiche où ma pièce était déjà inscrite surgit devant mes yeux, je sentis dans ma poche le froissement du dernier billet de dix roubles que j'avais touché - les autres étaient déjà mangés- et j'entendis Thomas Sttij affirmer que la pièce sortirait dans deux mois, - alors qu'il était désormais parfaitement clair qu'il n'y avait plus de pièce, qu'il fallait en récrire une du commencement jusqu'à la fin.
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  • Par Renod, le 02 février 2015

    "Je me rends compte maintenant, pensai-je, du nombre d'amateurs qui vont au théâtre gratuitement à Moscou. Mais il y a une chose bizarre : apparemment, aucun d'entre eux n'essaye de voyager gratuitement en tramway. De même, je n'en ai jamais vu aller dans un magasin demander une boîte d'anchois gratuite. Pourquoi pensent-ils donc qu'au théâtre, il n'est pas nécessaire de payer?"

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