ISBN : 2234057981
Éditeur : Stock (2005)


Note moyenne : 2.97/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
"Pendant trois ans, je me suis rendue une fois par semaine chez le docteur C. À chaque séance, j’avais l’impression de lui donner un livre, il s’agissait toujours de liens, de séparations, de rencontres, à chaque séance, je construisais et déconstruisais un édifice amou... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 04 décembre 2011

    brigittelascombe
    Qui dit mauvaises pensées chez Lou, jeune auteur angoissée, dit phobies d'impulsion, cette peur de passer à l'acte, de tuer l'autre, qui en psychologie reste le plus souvent au stade de névrose.
    Une Lou, donc, que l'on dit "tendre" mais qui se sent mauvaise aux mauvaises pensées vis à vis du père (référent et absent à la fois) ou de M. (soignée par la même psy) se confiant à sa thérapeute " élégante", "jolie et douce", idéalisée. Une Lou qui porte le symptome de sa famille.
    "J'ai peur de devenir un assassin".
    Long monologue-confession, remontée dans l'enfance et les souvenirs d'Algérie, épluchage des couches successives jusqu'au pépin central(le moi dans l'autre, les "romans dans le roman","les phobies dans les phobies"), démultiplication de ses propres facettes dans le miroir imposé par les différentes figures féminines de l'entourage et surtout de la mère dont elle reste dans le désir.
    Les mauvaises pensées (prix Renaudot 2005) semble expulsé et non écrit. Débit très rapide d'une Lou narcissique qui joue du je, plus que de raison.
    J'avais chroniqué Poing mort, très poétique mais trop psychotique (le personnage bien sûr) à mon goût. J'ai par contre apprécié la capacité de Nina Bouraoui d'écrire dans des styles différents. Ici, le lecteur, positionné en voyeur, assiste à une séance sur le divan, dans laquelle la patiente vide son sac de violence contenue pour retrouver sa propre identité, d'où l'intéret psychologique.
    Sont abordés également les fragiles limites du réel et l'imaginaire, l'écriture en tant que "sexualité" et "exposition de l'intimité"; le livre enfanté dans le transfert par rapport au thérapeute, "les livres buvards" de la famille,les livres "forteresse" érigée autour de la mère, la perte de l'écriture qui s'en vient parfois sans avertir et dont le vide se comble dans la lecture, la "haute jouissance" des mots.
    Bref, un livre éclairant dans lequel chaque manieur de mots peut piocher son bonheur.
    Nina Bouraoui, née de père Algérien, enrichie de deux cultures opposées, est l'auteur de nombreux romans dont La Voyeuse interdite( qui a été couronné par le prix Livre Inter 1991).
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par playgirl, le 15 avril 2012

    playgirl
    Lire un livre de Nina Bouraoui n'est pas une distraction mais une expérience. Son écriture introspective nous amène secrètement à explorer nos propres rapports au réel d'une manière saisissante. Il y a l'Amie, la Chanteuse, Diane de Zurich que l'on connaissait déjà, le père, la mère, la sœur, les grands-parents, et surtout la France et l'Algérie en toile de fond du déchirement de ceux qui sont des deux, sans être réellement ni de l'une ou de l'autre. N'était-ce d'ailleurs pas le même pays à une époque pas si lointaine ? La psy n'est que la destinataire des mauvaises pensées, fruits du manque d'amour et de l'indifférence dont nous souffrons tous à différents degrés. L'amour et l'écriture arrivent si bien à reconstruire l'enfance perdue et celle où elle s'est perdue, dans ces mauvaises pensées justement. C'est peut-être moi, le fait d'avoir eu un parcours un peu similaire (vie à l'étranger, la meilleure amie désirée dans les premières années de l'adolesence, une famille de marbre) mais ce livre m'a beaucoup touchée, plus que n'importe lequel depuis bien longtemps.
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  • Par liliba, le 27 décembre 2008

    liliba
    4ème de couverture : " Avez-vous des grains de beauté ? Des cheveux blancs que vous teignez ? Pratiquez-vous un sport ? Prenez-vous des coups de soleil ? Faites-vous l'amour la veille ou le matin de nos séances ? En gardez-vous une trace ? Est-ce que je suis jalouse ? Avez-vous eu des relations sexuelles avec une autre femme ? Avez-vous peur de la nuit ? De l'amour ? Comment se prénomment vos enfants ? Êtes-vous une mère douce ? Combien de baisers par jour ? Quels sont vos mots sur moi ? Quel est mon dossier ? Me trouvez-vous jolie ? Intelligente ? Perdue ? Avez-vous fixé ma voix sur une bande magnétique ? Dois-je vous avouer qu'il m'arrive de rêver de vous ? "
    Dans un ample et fluide, Nina Bouraoui restitue cette parole propre à la thérapie, cet abandon qui reste tenu, contrôlé, dans une frénésie de vitesse, et révèle la géographie intime, physique et amoureuse d'une " déracinée ". Un " roman-confession " d'une grande maîtrise.
    Ce qu'en dit l'auteur : "Pendant trois ans, je me suis rendue une fois par semaine chez le docteur C. A chaque séance,j'avais l'impression de lui donner un livre, il s'agissait toujours de liens, de séparations, de rencontres, à chaque séance, je construisais et déconstruisais un édifice amoureux. "Mes mauvaises pensées" est le récit de cette confession,j'ai voulu raconter le métier de vivre et le métier d'aimer. Ce n'est pas le récit d'une thérapie, ce n'est pas une légende, c'est un roman, parce que c'est une histoire rapportée ; c'est l'Histoire de ma famille, de l'Amie, de la Chanteuse, d'Hervé Guibert, c'est l'histoire de mes deux pays..."
    J'ai stoppé la lecture de ce livre page 46... très difficile à lire, car il n'y a pas de paragraphes, tout est enchainé, à la suite et sans transitions dans les idées. Cela reflète sans doute très bien le cheminement des pensées en analyse, mais c'est vraiment usant à lire... De plus, j'ai trouvé cela parfaitement rasoir...
    Prix Renaudot 2005.


    Lien : http://liliba.canalblog.com
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Citations et extraits

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  • Par brigittelascombe, le 04 décembre 2011

    Avant, j'écrivais dans ma tête,puis j'ai eu les mots,des spirales de mots,je m'en étouffais,je m'en nourrissais;ma personnalité s'est formée à partir de ce langage,à partir du langage qui possède.
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  • Par She_Night, le 19 octobre 2010

    On ne se remet jamais de ses morts, je crois. On fait semblant de s'en détacher.
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  • Par brigittelascombe, le 04 décembre 2011

    J'ai failli me noyer et je ne l'ai jamais dit à personne,mon enfance repose sur ce secret,je n'ai rien dit parce que ma mère aurait pleuré,je n'ai rien dit parce que je pense qu'il est important d'avoir des zones d'ombre dans sa vie,c'est de là que prend l'écriture.
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  • Par line70, le 19 mars 2011

    Elle est dans son livre, comme on est absorbé par le corps de quelqu'un. Les livres ont ce pouvoir d'annuler le monde, d'étouffer les cris; ce sont des livres-murailles, il y a plusieurs façons de quitter la vie, les livres sont de cette drogue.
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  • Par playgirl, le 15 avril 2012

    Je sais que ma vie est d'un trait, mes émotions ne changent pas selon mon âge, et quand je regarde ma soeur qui fume sur le balcon de notre appartement, je sais qu'elle est triste d'avoir bientôt dix-huit ans, qu'elle attendait ce moment depuis si longtemps et que ce moment n'est rien, que la vie se tient sur une ligne, et qu'il n'y a pas d'âge, qu'il n'y a que des ruptures ou des silences, que tout se répète, qu'il y a quelque chose d'infini dans la vie, qu'on ne peut capturer.
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