ISBN : 2070389367
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 3.46/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres

Sous les saules pleureurs, des chats s'accouplent, griffent la terre et hurlent d'impuissance. Une femme garde les morts. Le cimetière s'agence en allées, en sections, en divisions. La nuit, munie d'une lampe, la femme parcourt les travées et s... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 26 juillet 2011

    brigittelascombe
    "La mort m'appartient, j'en ai fait mon unique souci, mon unique préoccupation." "Voici mes murs, voici ma demeure, je vis dans le temple de la mort".
    Des mots durs et doux à la fois, ceux d'une étrange prose qui déroulerait son chapelet satanique. Un livre viscéral qui vous dérange, vous remue, vous choque, vous prend aux tripes, vous cisaille et vous torture avec délectation, vous pervertit pour éventrer sous vos yeux les chairs pourpre de quelque oisillon blessé, pour étouffer définitivement quelque plainte furtive, pour arracher quelques ailes, cils, poils ou plumes et mettre à nu la révolte d' une enfant blessée par une "femme en habit d'os", celle qui éduquait sans vraiment aimer.
    Mystérieuse messe vaudou, chant sacrificiel, scarifications et mutilations d'une méchante petite fille aux doigts souillés de sang. Extase et jouissance morbides qui planent au fil des phrases.
    Un "J'irai cracher sur vos tombes" à la Boris Vian, cri primal d'une visiteuse de cimetière, d'une déméleuse de secrets, qui a choisi le camp des allongés pour ne pas être jugée, qui ne se contente pas de cracher mais qui tue pour de vrai en enfreignant la loi.
    Voyage en solo d'une solitaire, mélancolique "aux rires voraces" et désobéissante, dont l'imaginaire a pris le pas sur la réalité, dont on fuit la mauvaise compagnie mais que nous lecteurs suivons, hypnotisés dans son antre de folie pure.
    Nina Bouraoui en virtuose, affute ses mots, puis les enrobe de douceur pour mieux planter ses griffes au coeur de l'indicible.
    Est ce sa double culture entre l'Algérie du père et la Bretagne de la mère, son désir d'identité, ou son propre déracinement qui lui permettent de combler ses propres fissures en ouvrant celles de son personnage ébréché puis scindé petit à petit face aux suppliques d' Ada dernière suppliciée?
    Qu'importe! Seul compte le résultat, paradoxal qui glace et brûle à la fois.
    Cet écrivain chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres, née en 1967, nostalgique de l'enfance et l'adolescence et très réservée a été remarquée en 1991 avec un prix du livre Inter attribué à La voyageuse interdite, puis le Renaudot pour Les mauvaises pensées en 2005.
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Citations et extraits

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  • Par gizmo, le 19 juillet 2008

    Mon affinité avec la mort a commencé dès mon plus jeune âge ; non pas par excès de morbidité mais par conscience de la finitude et plus exactement de Ma finitude. Mon corps d’enfant contenait à lui seul tous les signes infaillibles d’un défaut d’infini.
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  • Par brigittelascombe, le 26 juillet 2011

    J'avais dix ans et emprisonnais quelques bribes de réconfort dans le bas de mon ventre.Je récitais, je comptais, je traçais, je soulignais, je gommais, je coloriais, mais je ne savais rien!mon existence tenait dans une boulette de papier, dans un cartable d'écolière, dans un goûter, et un bout de pâte salissait mes doigts.
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  • Par DreamCatcher, le 29 avril 2012

    Le cœur file, la raison déraisonne, la tristesse se mue en désespoir. Je retombe sur la pierre, incapable de lutter. Tapie dans l'ombre de mon ombre, je reste coulée au sol, le front bas, les genoux couverts de bosses, la gorge serrées par les premières convulsions de la honte, ne pouvant me recroqueviller que dans l'antre de ma propre solitude. Sous mes paumes, le rien s'est arrêté de battre.
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  • Par brigittelascombe, le 26 juillet 2011

    Je priais selon mes mots, mêlant la haine à l'amour, le regret à la vengeance, la tristesse à la jouissance.Ma voix retentissait dans ma bouche fermée puis me prenait toute entière à bras- le- corps. Un corps de voix.
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  • Par brigittelascombe, le 26 juillet 2011

    Aujourd'hui, j'ai perdu mon âge réel, je suis un paquet d'années ramassé dans l'habit et ma peau n'a pas gardé le souvenir des temps.
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