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ISBN : 2912107008
Éditeur : Liber


Note moyenne : 3.83/5 (sur 150 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"La télévision fait courir un danger très grand aux différentes sphères de la production culturelle, art, littérature (...), un danger non moins grand à la vie politique et à la démocratie". Le ton est donné, celui d'un ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 01 mai 2015

    colimasson
    Tout et beaucoup trop a déjà été écrit Sur la télévision. Dénonciation des calomnies, des manipulations, de l'asservissement, le politiquement correct rejoint la désignation de la télévision comme nouvel ennemi à abattre pour préserver une indépendance d'esprit hypothétique.

    Pierre Bourdieu se situe dans un mouvement similaire. Dans une perspective sociologique, il démontre que la télévision ne peut et ne pourra jamais être le lieu d'exposition de débats constructifs à cause de son format, à cause de ses dirigeants, et à cause de sa volonté de plaire. Et pourtant, Pierre Bourdieu se distingue de la critique classique en définissant des concepts primordiaux.

    Le premier : la domination des dominés.
    « Mieux on comprend comment [un système] fonctionne, plus on comprend aussi que les gens qui en participent sont manipulés autant que manipulateurs. Ils manipulent même d'autant mieux, bien souvent, qu'ils sont eux-mêmes plus manipulés et plus inconscients de l'être. »

    Le deuxième : la violence symbolique.
    « La violence symbolique est une violence qui s'exerce avec la complicité tacite de ceux qui la subissent et aussi, souvent, de ceux qui l'exercent dans la mesure où les uns et les autres sont inconscients de l'exercer ou de la subir. »

    Donner des noms à des phénomènes constitue la première étape qui permet de s'en détacher. Pierre Bourdieu ne se contente donc pas seulement de tirer une analyse de la télévision, il donne également à son lecteur les moyens de former sa propre critique. La perspective s'élargit, d'autant plus que ces concepts offrent la possibilité d'être transposés dans d'autres domaines comme la psychologie, de la psychanalyse et de la philosophie.

    Pour le reste, ce pamphlet de Pierre Bourdieu n'est pas plus original qu'un autre : la télévision ne cherche pas (d'abord) à nous instruire, nous le savions déjà, mais peut-être faut-il le rappeler souvent ?
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 16 juillet 2013

    Luniver
    Court essai d'une centaine de pages dans lequel Bourdieu présente rapidement les différents mécanismes qui mènent la télévision à piétiner de plus en plus la liberté de pensée : le passage à la télévision devient le seul « gage de qualité » des personnalités, la course à l'audimat mène à présenter des sujets qui ne dérangeront personne (faits divers qui suscitent l'indignation générale, résultats sportifs, voyages politiques à l'étranger sans conséquence), la course contre la montre pour être le premier à présenter un « scoop », quel que soit son intérêt réel (je me rappellerai toujours cet « envoyé spécial » lors de l'affaire DSK qui avait annoncé fièrement « c'est la première fois depuis son arrestation que DSK porte de nouveau une cravate ». Super !), les « débats » entre amis de longue date, ...
    En cent pages, les idées présentées sont forcément compressées. C'est toutefois une bonne introduction sur le sujet et le livre permet de poser les bases pour une réflexion plus approfondie.
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    • Livres 4.00/5
    Par Colonel, le 29 octobre 2010

    Colonel
    Synthétique, concis, percutant.
    Ce court texte issu d'un cours de sociologie tenu par l'auteur déconstruit les mécanismes sociaux, comme notamment le jeu de la concurrence, qui sous-tendent le fonctionnement du "champ journalistique", de la presse papier à la télévision.
    On y comprend pourquoi la course à l'audimat (au sein du jeu de la concurrence qui ne laisse pas vraiment le choix) mène à la course au médiocre : recherche de contenus vendeurs c'est à dire spectaculaire, les scoops, consensuels de manière à intéresser tout le monde et in fine personne vraiment... en foulant au pied toute déontologie du métier de journaliste qui voudrait la recherche d'une information "pure" et non pas bassement soumises aux intérêts économiques de l'audimat et du marché publicitaire.
    On voit aussi comment la télévision, en s'imposant comme média prédominant, tire l'ensemble du champ journalistique, et au delà bien des champs culturels (art, sociologie... et même science) vers le bas.
    Une arme d'autodéfense intellectuelle indispensable dans le monde de l'information (et paradoxalement donc de la désinformation).

    Lien : http://www.amazon.fr/review/R1DUM1YW3BME6M/ref=cm_cr_rdp_perm
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    • Livres 3.00/5
    Par ildibad, le 04 juillet 2011

    ildibad
    Bourdieu dans une version simplifiée de son style habituel.
    Ce texte, paru en 96, est intéressant à lire maintenant en 2011 et notamment à la lumière des nombreuses télé-réalité dont nous sommes abreuvés.
    L'affaire DSK doit le ravir tant elle colle à son analyse. Procureur qui court après l'audience, médiatisation des acteurs, micro-trottoirs, audimat, ...
    Pour le reste, Bourdieu, reste Bourdieu, à savoir que son analyse sociologique est basée sur le pouvoir et sa conquête à l'intérieur d'un champ social.
    un champ social est un groupe social quis se définit par rapport à lui même : il peut être autonome (une communauté religieuse fermée, des scientifiques très spécialisés) ou non, suivant qu'il subit peu ou prou l'influence d'autres champs sociaux.
    Chaque membre de ce champ s'exprime en fonction de la position du groupe/organisme auquel il appartient et en fonction de sa position à l'intérieur de ce groupe/organisme.
    La télévision vient chambouler tout cela car elle intervient à l'intérieur des champs sociaux et modifie les rapports à l'intérieurs de ceux-ci.
    La recherche de l'audimat pousse la télévision à transformer l'ordinaire en extraordinaire, à mettre en exergue l'anecdote au détriment de l'analyse, à jouer sur le sentiment plus que sur la raison.
    l'intrusion de la TV dans les champs sociaux pousse les acteurs de ceux-ci à chercher à exister au travers de la télévision pour modifier le rapport de force et améliorer leur position.
    Bourdieu s'étend egalement longuement sur l'organisation de débats (faussement vrais vs vraiment faux) les mécanismes d'auto-censure et de masquage ainsi que sur les différents biais.
    Un livre court, abordable. Un moment de réflexion utile dans un monde où la TV est omniprésente.
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    • Livres 3.00/5
    Par Walktapus, le 17 janvier 2011

    Walktapus
    Le livre est un pamphlet, court et non technique. Il s'intéresse aux journaux télévisés et aux émissions de débat. Il a été publié en 1996 suite à une expérience de l'auteur à la télé à Arrêt sur Image, pourtant sensée être une émission critique à l'égard de la télévision. Voir aussi http://www.youtube.com/watch?v=yx5mWcgtVp4
    Ce n'est pas une introduction à la sociologie de Bourdieu, et si certains termes de vocabulaire y sont empruntés, ça ne nuira pas à la compréhension du livre par un profane.
    Dans la première partie, il prône l'étude des relations, de la concurrence et des rapports de force internes entre les acteurs du milieu journalistique (ce qu'il appelle un champ) comme cause profonde de la censure et de l'invention dans le discours journalistique télévisuel, et en démonte certains mécanismes. Il dénonce également l'influence de la télévision sur les journaux écrits.
    Dans la seconde, il s'intéresse à la manière dont le "champ" de la télévision influence les autres "champs" : socologie, philosophie, etc. le phénomène des spécialistes communicants reconnus comme autorité par la télé, mais pas forcément par leurs pairs est évoqué. L'impression générale est assez élitiste, l'univers pur de la science et du savant (la sociologie) contre le monde télévision où des communicants non sociologues s'exprimeraient sur la sociologie.
    Bref, rien de nouveau sous le soleil, mais ça ne fait jamais de mal d'en parler, parce que ce n'est pas à la télévision qu'on le fera.
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 20 mai 2015

    Dans cet univers qui se caractérise par un haut degré de cynisme, on parle beaucoup de morale. En tant que sociologique, je sais que la morale n’est efficace que si elle s’appuie sur des structures, des mécanismes qui font que les gens ont un intérêt à la morale. Et pour que quelque chose comme une inquiétude morale apparaisse, il faudrait qu’elle trouve des supports et des renforts, des récompenses, dans cette structure.
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  • Par colimasson, le 18 mai 2015

    C’est une loi qu’on connaît très bien : plus un organe de presse ou un moyen d’expression quelconque veut atteindre un public étendu, plus il doit perdre ses aspérités, tout ce qui peut diviser, exclure […], plus il doit s’attacher à ne « choquer personne », comme on dit, à ne jamais soulever de problèmes ou seulement des problèmes sans histoire.

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  • Par colimasson, le 14 mai 2015

    Le monde du journalisme est un microcosme qui a ses lois propres et qui est défini par sa position dans le monde global, et par les attractions, les répulsions qu’il subit de la part des autres microcosmes. Dire qu’il est autonome, qu’il a sa propre loi, c’est dire que ce qui s’y passe ne peut pas être compris de manière directe à partir des facteurs extérieurs. C’était là le présupposé de l’objection que je faisais à l’explication par des facteurs économiques de ce qui se passe dans le journalisme. […] Il est évident qu’une explication qui ne prendrait pas en compte ce fait serait insuffisante mais celle qui ne prendrait en compte que cela ne serait pas moins insuffisante. Et elle le serait peut-être encore plus parce qu’elle aurait l’air d’être suffisante.
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  • Par colimasson, le 12 mai 2015

    L’échange de lieux communs est une communication sans autre contenu que le fait même de la communication.

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  • Par colimasson, le 10 mai 2015

    Il y a simplement une trentaine d’années, et ça depuis le milieu du XIXe siècle, depuis Baudelaire, Flaubert, etc., dans le milieu des écrivains d’avant-garde, des écrivains pour écrivains, reconnus par les écrivains, ou, de même, parmi les artistes reconnus par les artistes, le succès commercial immédiat était suspect : on y voyait un signe de compromission avec le siècle, avec l’argent…

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