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ISBN : 2351220897
Éditeur : Editions Sulliver (18/10/2012)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Claire est psychologue, elle vient de rencontrer un nouveau patient. Antony a dix-neuf ans, l'âge de l enfant qu'elle n a pas eu. Celui-là, Claire a décidé de le sauver, comme on ramasse les morceaux. Mais sur la route, les débris. Les siens. Les leurs. Les nôtres. Autour d Antony, Monsieur Zed, le Cyclope, Fatima et Papillon repeuplent ce désert asilaire de leur forêt mentale, labyrinthe de toutes ces vies qu'on fracasse contre les murs de la nuit sécuritaire. Clai... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
TheWind
05 février 2017
★★★★★
★★★★★
Tu vois, Léo, cela faisait longtemps que je n'avais pas pris la peine de t'écouter. Toi l'anar..
C'est ce livre qui m'a rappelé combien tes mots me bouleversaient, et ce matin, ta voix me rappelle la violence et l'ennui...
«  Nous de l'autre côté de la terre et des phrases
Nous des marges Nous des routes Nous des bordels
intelligents
O ma soeur la Violence nous sommes tes enfants
Les pavés se retournent et poussent en dedans  »
Tu sais, Claire, il faudrait être bien endurci et imperturbable pour ne pas prendre en pleine face, ton dévouement aux fous, tes amours fichues, ta pudeur, cette blessure...
« Cette blessure
Où meurt la mer comme un chagrin de chair
Où va la vie germer dans le désert
Qui fait de sang la blancheur des berceaux
Qui se referme au marbre du tombeau
Cette blessure d'où je viens »
Et toi, Antony, que dire de tes peines, de ces tracas qui te lassent et te fracassent, de ta folie...
« La chaise de van Gogh où tu ne t'assieds pas
Les souliers de Vincent que tu ne chausses pas
L'oreille de ce mec qui ne t'écoute plus
Ces corbeaux dans le blé d'une toile perdue
Je ne m'arrête plus quand je vois la folie
Je fais ses commissions et couche dans son lit »
Et vous, Monsieur Zed, le Cyclope, Fatima et Papillon, comment ne pas être touché par vos aberrations, par votre perdition, par votre désespoir, par votre solitude...
« il est inutile de regarder
devant vous car devant c'est derrière, la nuit c'est le jour. Et...
La solitude... »
Alors, oui, Sandrine, j'ai aimé votre premier livre, j'ai aimé ces mots que vous jetez sur la page blanche comme Van Gogh, au couteau, peignait de gestes saccadés et furieux les près, les champs, le ciel...Et peu importe si vos phrases sont tordues, dédaigneuses de la syntaxe et tellement déroutantes. Elles sont à l'image d'une volonté non-conformiste, d'une révolte qui couve, tout le long du roman. Révolte contre cette loi passée sous le gouvernement Sarkozy, loi « relative aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge. », qui donne bien trop de pouvoir au préfet, amoindrit celui des psychiatres et transforme le milieu psychiatrique en milieu carcéral.
Merci à l'opération Masse Critique, aux éditions Sulliver pour l'envoi de ce roman fort. Et merci bien sûr à Dixie qui par son merveilleux texte m'a donné envie de lire « Quelque part dans la nuit des chiens »
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Dixie39
24 janvier 2016
★★★★★
★★★★★
Tu vois c'est rien que ça
c'est rien que de la folie
enfermer pour sécuriser
soigner contre son gré
alors tu écris
entre en résistance
Outre-noir sans mémoire
fausseté sur les mots
brossés dénaturés
en HP jeté-e-s là
blanches et blasées
Quelque part
dans la nuit
des chiens
Sandrine
Bourguignon
Tu vois c'est rien que ça
c'est rien qu'un boulot
t'es là derrière mon dos
les mains crispées
brûlées par le thé
à faire semblant d'écouter
pendant que je crache
haines et souffrances
tu panses
Fatima
Tu vois c'est rien que ça
c'est rien que des mots
des silences et des non-dits
qui gueulent à chialer
à me faire cramer la peau
le crâne à vif
moitié de cheveux fondus
qui me tuent
Antony
Tu vois c'est rien que ça
c'est rien que l'eau salée
le matin dans la gorge
coulent quarante ans
sans embruns
l'oeil absent aux aguets
veille et vacille
Monsieur Zed
toujours en vie
Cyclope
Tu vois c'est rien que ça
c'est rien qu'un livre offert
pour mon anniversaire
que j'ai pas su lâcher
écorchée par les mots
à distance vouloir rester
c'est sans compter
les yeux rivés s'accrochent
aux pages qui filent
et tissent la vie
de Claire et ceux-nous-autres écorchés
paumés comme des chiens
Quelque part
dans la nuit
Dixie pour dire Ellane Merci
Lien : http://page39.eklablog.com/q..
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Ellane92
15 novembre 2013
★★★★★
★★★★★
C'est difficile de dire en quelques lignes tout le bien que je pense de cet ouvrage. J'ai vraiment adoré, le style, le rythme, l'histoire, les personnages, tout. J'ai replongé le nez dedans pour citer quelques passages, et me suis retrouvée en train de le relire, avec le même plaisir et la même stupeur que la première fois.
Sandrine Bourguignon écrit cette histoire tout en pudeur, en retenue, sans cri, en douceur, dans un style éminemment poétique. L'ouvrage n'est pas structuré en chapitres. Les phrases sont posées, proposées, les unes à la suite des autres, il manque parfois des mots de liaison ou des signes de ponctuation. le résultat en est la connexion entre 2 mots, pour leur sonorité, pour leur sens : « Claire a frémi tremblé failli défaillir ». Les paragraphes forment une suite d'associations avec un fil directeur pas vraiment académique.
Claire laisse, tant qu'elle le peut, de la place à ses patients, du silence, une présence. Et on a l'impression que l'auteure fait la même chose. Au travers de cette écriture, le roman se lit comme on parle, presque à haute voix, et un rythme se crée, comme on psalmodie, laissant la place au lecteur de se projeter sur le texte, avec ses propres idées, associations, connexions. Les mots entrent en résonance avec nos émotions. Ses personnages, Monsieur Zed, le Cyclope, Fatima, Papillon, toutes ces intimités brisées qu'elle croise, sonnent juste (d'après le 4ème de couverture, l'auteure « anime des ateliers d'écritures dans diverses institutions psychiatriques »).
Et au milieu de cette histoire qui nous entraine par son rythme, sa légèreté de style et sa profondeur de propos, des phrases en gras, pleines de démagogie, de chiffres, de mesures, de factuel rationalisant, agressent nos yeux et heurtent la lecture. Ce sont des extrait d'un discours sur « l'asile sécuritaire » dont on saura pour quoi et par qui il a été prononcé à la fin de l'ouvrage. J'ai quand même envie de dire que ce discours a été prononcé à Antony… bien sûr. L'alternance des tons, des propos, agit comme des chocs.
L'ensemble forme un tout sombre et sublime, désespérant mais sobrement révoltant, triste mais si magnifique.
A noter, le titre du livre, qui m'a pas mal intrigué au départ, est tiré d'une chanson de Léo Ferré intitulée « Il n'y a plus rien ».
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Cindel02
31 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Tout d'abord, je remercie les éditions Sulliver et les organisateurs de l'opération Masse Critique de m'avoir permis de faire cette belle découverte littéraire.
En filigrane, un discours : celui prononcé par Nicolas Sarkozy le 2 décembre 2008, après qu'un patient schizophrène ait poignardé un étudiant à Grenoble. Discours qui donna lieu en 2011 à la "Loi relative aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge", loi qui instaure la notion de soins sans consentement.
Ce discours accompagne l'auteure et son personnage, Claire, tout au long du récit, et ce sont deux points de vues qui s'opposent au fil de la lecture : la vision de l'homme politique, son (non) regard sur la psychiatrie, les moyens qu'il entend mettre en œuvre pour améliorer la qualité des soins, un regard totalement décalé de la réalité... Réalité qui nous est dépeinte au travers du regard de Claire qui elle, la vit au quotidien.
Claire est psychologue dans une unité de soins psychiatriques. Professionnelle, profondément sensible et empathique, impliquée dans son travail ; humaine avant tout, avec son histoire, ses problèmes, ses fêlures. On devine une femme à fleur de peau, à la fois forte et vulnérable, bienveillante à l'égard de ces patients qu'elle s'attache à écouter et considérer, simplement, dignement ; une femme touchée par leurs maux, indignée par l'impuissance, l'incompétence, l'incapacité à soigner.
Cette réalité, Sandrine Bourguignon nous la décrit à l'hôpital, dans l'intimité, à travers les ressentis, les mots, c'est aussi la rencontre avec Antony, la frontière entre deux mondes...
Une écriture singulière, subtile et percutante, Quelque part dans la nuit des chiens est un récit fin et poignant dont je recommande la lecture
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samkany
03 février 2017
★★★★★
★★★★★
J'avais choisi ce roman car le sujet me semblait intéressant. Quand j'ai lu la 4eme de couverture nous annonçant l'histoire De Claire, psychologue sensible et humaine qui essaie de sauver son patient, j'ai tout de suite eu très envie de découvrir ce livre. J'étais impatiente de me plonger dans ce monde. Mais dès les premières pages j'ai été surprise et déstabilisée par le style de l'auteur qui a choisi d'adopter une écriture syncopée, télégraphique pour un livre de 153 pages sans aucun chapitre. Cette plume peu commune m'a posé un réel problème de lisibilité et de compréhension. J'ai donc fait une coupure, une grande pause au milieu du roman et demandé quelques conseils à des amis lecteurs afin de pouvoir terminer le livre dans un meilleur état d'esprit. J'ai repris la lecture en faisant abstraction du style, en me concentrant sur l'histoire et les personnages et je l'ai fini d'une traite. D'ailleurs je pense que ce roman doit se lire mieux sans interruption. J'ai apprécié certaines choses : il y a des émotions, de la poésie, les personnages qui sont décrits avec une certaine douceur et beaucoup de sensibilité. Mais attention car en se retrouvant aussi proche de personnages bancals et psychologiquement déséquilibrés le lecteur risque de se retrouver face à son propre côté sombre. Ce roman n'a pas été un coup de coeur pour moi, je reste marquée par la difficulté du style d'écriture et le pessimisme de l'histoire. Pour finir quand même sur une note positive, je relèverais un court passage que j'ai beaucoup aimé : "En débarrassant la table elle se dit que parfois, la vie c'est comme la mousse au chocolat, ça ne prend pas, une chiasse molle, on a pourtant mis tous les ingrédients. Une question de tour de main sans doute. Un savoir-faire, le savoir-vivre."
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie3924 janvier 2016
Moi je m'en suis pris plein la houle, des rincées bien salées sur le pont. Je peux vous dire que ça n'a jamais soigné personne. La déferlante de vos lois comme des vagues scélérates. On nous fout la tête sous l'eau depuis des siècles mais moi je suis fort en apnée, vous ne me noierez pas comme un chaton au fond d'un sac de jute.
Je sais quand ça gîte.
J'avais treize ans la première fois, la mer complètement saoule avec sa gueule ouverte, qui vous crache dessus qui s'engouffre et vous fout des trempes.
La vorace une ogresse.
Si elle ne m'a pas avalé vous n'êtes pas prêt de m'engloutir.
Je viens du déluge et vos torrents de lois qui nous tabassent et nous régurgitent comme des arêtes coincées dans la gorge, c'est pacotille.
Vous ne voyez que mes œuvres mortes mais sous la surface la carène c'est du solide.
+ Lire la suite
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Dixie39Dixie3923 janvier 2016
On ne peut pas toujours les garder on aimerait bien mais on ne peut pas.
Tu comprends, qu'ils disent.
Et Claire ne comprend pas.
Elle n'admettra jamais qu'on les fasse sortir quand ils vont à peine mieux même pas bien. Elle voudrait qu'on les garde qu'on les couve.
S'il faut s'en séparer, qu'on s'en sépare quand ils sont guéris pas avant.
Consolidés, pas branlants chancelants fendus comme des copeaux.
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TheWindTheWind05 février 2017
Les fantômes les vampires partout qui menacent entre mes murs.
S'ils savent où je suis, s'ils ont mon adresse, je n'aurai plus de répit.
Je suis un colis en souffrance en transit dans les non-lieux les no man'sland.
Ma poste restante, c'est vous.
Ma seule adresse, c'est vous.
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Ellane92Ellane9215 novembre 2013
Dans la salle commune, les patients attendent comme des miettes.
Claire aime bien le pain perdu, elle se mettrait volontiers à table mais le Cyclope lui barre la route.
Vous ne passerez pas madame.
Vous n'irez nulle part, où qu'on aille on est encore ici.
L'hospitalisation du Cyclope n'a ni début ni fin.
Il tient debout depuis toutes ces années du haut de ses deux mètres, avec son quintal et ses cheveux blancs filasse de fille dans son catogan toujours sale. Il a un bandeau sur l'œil gauche pour cacher son orbite vide, le trou de la sécu comme il dit puisqu'il n'a pas les moyens de se payer une prothèse oculaire.
Je n'ai peut-être qu'un œil, mais j'ai une longue vue.
Alors je vous le répète, vous n'irez nulle part où qu'on aille on est encore ici.
Le Cyclope a toujours les mots qu'il faut.
Ceux qui coincent et qu'il faut bien avaler.
Claire déglutit.
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Dixie39Dixie3922 janvier 2016
Autrefois quand il partait, elle agonisait pendant des semaines. C'était presque bon, de l'amour comme ça qui saigne, le couteau dans la plaie. Aujourd'hui quand il s'en va, c'est juste un morceau d'amour qui reste coincé dans la porte, la gorge.
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