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ISBN : 2228894001
Éditeur : Payot et Rivages (2001)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 104 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Le voyageur, écrit Nicolas Bouvier, est une source continuelle de perplexités. Sa place est partout et nulle part. Il vit d'instants volés, de reflets, de menus présents, d'aubaines et de miettes.Voici ces miettes. "
Autant de textes d'une précision, d'une lég... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Dosamuse, le 14 décembre 2013

    Dosamuse
    Livre très riche et très émouvant. On traverse les siècles et les campagnes japonaises à un rythme très zen, on s'arrête sur les détails au gré des envies.
    Je ne suis pas très portée sur les récits de voyage mais celui-ci a quelque chose de remarquable : le respect. L'auteur s'efface souvent au cours de son récit, revient sur les faits historiques qui ont marqué le Japon pour expliquer des comportements ou des traits de caractère des gens qu'il rencontre. On est loin de l'observation ethnologique qui vire au voyeurisme. Des instants de vie nous sont livrés et à nous lecteurs d'en faire ce que nous voulons.
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    • Livres 5.00/5
    Par dbreit, le 06 février 2013

    dbreit
    Trés beau livre qui nous présente le périple de Nicolas Bouvier dans le Japon des années 50/60. On apprend beaucoup à travers cet homme dont l'écriture est d'une poésie inspirée. Ce que j'en retiens aussi c'est cette immense amour qu'il avait pour les japonais et....pour l'humain en général....curieux et respectueux de l'autre et de ses différences.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 24 août 2011

    brigittelascombe
    "Somnolant sur mon bourrin
    Rêvasseries
    La lune au loin
    Fumée du thé"
    Une incursion au XVII° siècle, un haïku de Basho invite le lecteur, voyageur impénitent, à pénétrer dans Chronique japonaise au parfum toujours vivace d'antan s'harmonisant avec les traditions actuelles du Japon. Car c'est bien entre passé et présent, histoire et vécu qu'oscillent ces historiettes finement ciselées.
    Tour à tour, tinte "le grelottement de la musique japonaise" de Kyoto, éclate "Kigon-Setsu" la fête des origines sur les îles de Wa celle de "la fondation de l'état par un empereur d'ascendance divine", s'insuffle le précepte du VII° siècle "Toute vie est souffrance" mais s'instaure en même temps l'école de la vie qui diffuse sa vingtaine d'idéogrammes chinois chaque jour, fleurissent les pruniers,les iris,les passe-roses, les azalées tandis que l'automne rougeoie sous la houlette des érables, s'établit la géomancie chinoise quelques mille ans après Jésus Christ, se ravinent de rides les visages empreints de sérénité, se prêche la vertu à la manière des bonzes par Saint François Xavier vite persécuté,s'impose l'ambitieux shogunat, se sacrifient les kamikazes investis de mission durant la deuxième guerre mondiale, mais surtout se glanent, page après page, des pensées comme celle de Lao Tseu:" Un voyage, fut-il de mille lieues,débute sous votre chaussure".
    Des souvenirs piochés sur la trame de la mémoire de Nicolas Bouvier(écrivain,photographe, éternel voyageur suisse mort en 1998), une écriture née de la contemplation, de belles images,quelques phrases zen,une leçon de vie, des tranches de vies éparpillées de ci de là, faites de tout et de petits riens comme des haïkus aux notes cristallines pour nous charmer et nous entrainer vers des contrées inconnues ayu charme surranné!
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    • Livres 5.00/5
    Par Pchabannes, le 11 octobre 2011

    Pchabannes
    Acteur, Observateur, Voyageur attentif, éternel étonné, Nicolas Bouvier entrouvre la porte du Japon à celui qui, comme lui, dialogue avec son cœur avant sa raison comprenant l'indicible sans avoir nul besoin de juger, de comparer, de classer en catégories ; en un mot d'être Socrate avant d'être Descartes.
    Prose souvent poétique et toujours juste, cette magnifique plume sert une fresque vivante introduisant à un questionnement sur l'âme japonaise au-delà de son insularité et des préjugés.
    En une centaine de pages, la première partie nous emmène dans cette cosmogonie bizarre expliquant comment les Japonais sont descendus sur terre, s'octroyant au passage une origine divine, et comment le 11 Février de l'an 660 (avant JC) Jimmu Tenno, le premier empereur de la lignée humaine acheva la conquête du Yamato et fondit l'État Japonais. C'est avec un plaisir non dissimulé que nous suivrons les péripéties de l'histoire et des légendes qui firent des Japonais ce qu'ils sont en passant par les relations tumultueuses avec la Chine qui exporta entre autres choses son écriture et Bouddha les adaptant aux Kami et au Shinto. Puis Portugais, Hollandais, Jésuites et Franciscains, commerce et religion, eurent tous leur part d'histoire avant le repli de l'Île sur elle-même au début du XVIIème avec la Pax Tokugawa. le 11 février 1853, date symbolique s'il en est, les canons des navires américains mouillés dans la baie d'Edo (Tokyo) ouvrent le pays emmenant à sa suite Russes et Européens. L'Empereur Matsuhito ouvre l'ère Meiji (gouvernement éclairé). En un tournemain les édits rétrogrades sont abolis, les fiefs féodaux remis à la couronne et la Restauration commence. Une incroyable épopée pendant laquelle les Japonais vont rechercher le savoir, le recopier et l'appliquer. La guerre, la bombe…La fin de l'ère Meiji.
    Une nouvelle ère s'ouvre par le travail commandé par l'administration américaine à une anthropologue Ruth Benedict : Qui sont les Japonais. Le Chrysanthème et le sabre fera autorité et apporta beaucoup aux deux nations.
    La deuxième partie est plus personnelle. Nicolas Bouvier nous emmène au Japon intime avec les pieds et parfois le train. 1956, l'année du Singe, il vit de rien au cœur du quartier Araki-Cho à six stations de train du Palais Impérial. "En attendant que la chance tourne, je m'en tire avec soixante yens (un francs français) par jour : dix de blanchisserie (important), vingt-trois pour le bain public (indispensable), dix de pain, dix de lait et un œuf (pesé) à sept yens lorsque j'en trouve un suffisamment petit". Je commençais à savoir manger à la japonaise. Ces quelques pages de rencontres improbables nées du dénouement partagé marquent le lecteur plus que bien des livres de philosophie.
    1964, l'année du Dragon, Nicolas Bouvier s'établi à Tokyo son Japon a été modernisé, ses plaies effacées. le voyageur à l'œil de faucon reprend sa marche. Et nous voilà partis sur la piste du ZEN, de Bouddha, du TAO bref de cet Orient qui attire toujours et encore. Loin de moi l'idée d'expliquer quoi que ce soit car il est de tradition de préférer, pour succéder au maître, le jardinier qui ne savait rien au prieur qui en savait trop. Puis Hokkaïdo, le chemin du Nord, Aïnous et Giliak auraient fait le bonheur de Jean Raspail après des Alakalufs. L'on pourra relire avantageusement Techkov et son Ile de Sakhaline


    Lien : http://quidhodieagisti.kazeo.com/lectures-diverses-critiques-et-comm..
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    • Livres 5.00/5
    Par som, le 16 mars 2014

    som
    Nicolas Bouvier, écrivain voyageur emblématique, a séjourné et même vécu à plusieurs reprises au Japon. Loin d'être un récit picaresque linéaire, ce recueil de chroniques s'attache à nous faire ressentir en profondeur la psyché nippone. Des chapitres courts, émaillés de vers poétiques, font alterner l'histoire ancienne et la société contemporaine de l'archipel. Mine de rien, Nicolas Bouvier analyse subtilement les lignes fortes qui ont construit et constituent aujourd'hui encore le Japon : le zen, l'hésitation entre le bouddhisme et shinto, un sens poussé de l'esthétisme qui tourne parfois au dépouillement, une curiosité sans faille vis-à-vis de la technique, mais aussi une tendance au renfermement sur soi, une valorisation de violence (les samouraïs, les yakuzas), l'importance de l'honneur et une attirance pour le chaos. L'auteur évoque, par touches impressionnistes, les relations entre notre Occident et cet Extrême-Orient, marquées par une incompréhension et une attirance réciproque, tout en évitant le cliché de l'orientalisme et le piège d'ethnocentrisme.
    Son regard distancé, souvent acéré, teinté d'ironie mais toujours bienveillant, sur ces paradoxes constitue à n'en pas douter une clé de compréhension d'un pays qui reste pour beaucoup une énigme bien séduisante. L'écriture légère et musicale fait de ces chroniques un véritable poème en prose et un grand plaisir de lecture.
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Citations et extraits

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  • Par Magaud82, le 23 septembre 2014

    Avec leurs perspectives de lanternes et leurs néons, la plupart des villes japonaises se donnent la nuit l'air de métropoles. Le jour venu ce ne sont plus que des agglomérations poussées trop vite sous un feston de lignes électriques, d'isolateurs et d'enseignes éteintes. Le visiteur a l'impression qu'on l'a trompé.
    Pas à Kyoto.

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  • Par GabySensei, le 11 juillet 2011

    Le 15 août 1549, le jésuite François-Xavier arrive au Japon sans savoir que le Christ l'y a précédé de trois siècles. Les Bouddhistes chinois du moyen-âge ont en effet entendu parler de ce "Sage" d'Occident et l'on transformé en un bodhisattva qui pénètre au Japon sous le nom d'Inro Bosatsu et se noie dans l'immense panthéon national avec son message et son origine.

    Au même moment, la chrétienté, qui a eu vent des mérites de Cakya-Muni, se l'est attribué sous le nom de saint Josephat (corruption de Bodhisat), qui, en compagnie de son convertisseur, saint Balaam, va se perdre presque aussi vite dans la foule des saints du calendrier (27 novembre). Mais d'un côté comme de l'autre, on a oublié cet échange de politesse. Tout est à reprendre.

    [...] Mais François-Xavier ignore encore cet art du compromis [...] Il est chez les païens, il flaire l'idolâtre partout. Égaré dans une société dont il ne soupçonne encore ni les forts ni les faibles, il joue seul sa partie, tranche, embarrasse, brusque son monde, accumule les erreurs.

    Quand les bonzes Zen qui l'on accueilli en ami l'entendent déclarer que les satori (illuminations) de leurs illustres devanciers chinois ne sont qu'impostures et sornettes, ils lui ferment leur temple au nez.
    Quand le Daimyo de Satsuma apprend qu'aux dires du docteur étranger, ces ancêtres -qu'il faut vénérer- brûlent en enfer faute d'avoir été baptisés, il fronce le sourcil et le prie d'aller prêcher ailleurs.
    Quand un seigneur voisin qui reçoit l'expulsé à bras ouverts -comptant lui acheter de la poudre à canon- l'entend assurer que la sodomie met l'homme en dessous du porc, le Daimyo, qui s'autorise ce passe-temps alors fort répandu chez les militaires, blêmit et le met à la porte. Les lettrés qui l'invitent courtoisement pour qu'il expose sa doctrine ne lui cachent pas combien l'idée d'un dieu parfaitement bon créant un diable très puissant pour tourmenter les créatures qu'il aime leur paraît singulière et même divertissante. Quand enfin il s'efforce, avec l'aide d’interprètes insuffisants, de rendre dans une des langues les plus difficiles du monde les rudiments de la doctrine chrétienne, il traduit Dieu par Kami (on sait l’ambiguïté du terme), pêché par tsumi (une "pollution" sans connotations morales), emprunte le reste du vocabulaire à la terminologie bouddhique et s'engage ainsi dans un maquis de quiproquos dont on n'est pas encore sorti.

    C'est délicat d'apporter une morale nouvelle à des gens qui ont depuis si longtemps et si prudemment choisi celle qui leur convient.

    Sans se laisser abattre, il visite encore plusieurs royaumes et, le cœur déchiré, quitte le Japon en 1551, n'ayant converti qu'une poignée de plébéiens et qu’un seul seigneur d'importance, dont la syphilis n'avait pas résisté au baptême.

    (P 64)
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  • Par mariecesttout, le 16 mars 2014

    Il y a des bergères qui épousent le fils du roi, et il y a aussi des gens dont le karma était de vivre - et quoi qu'ils aient pu tenter avant- un torchon à la main. J'y pense en observant le patron de ce petit café " ouvert la nuit" sur la grand-route de Nagasaki. Son visage gris ressemble exactement à un torchon ou à un mouchoir qui aurait écrasé bien des larmes, connu bien des fonds de poche et des lessives. Il est plein d'une bonté chiffonnée. Je trouve aussi dans ses gestes les traces de cette hésitation continuelle que l'instruction vous donne, et cette distinction fourbue. Il vient d'une autre vie, c'est évident, et rien dans son enfance ne devait sentir le percolateur ni le gas-oil. Ses parents ou ses maîtres n'avaient jamais prévu qu'il finirait ici, passant le torchon sur ce petit comptoir en parlant d'une voix sourde. Peu importent les débuts, étudiant recalé ou instituteur resté en rade après une querelle avec le syndicat.
    L'essentiel c'est que ce torchon qu'il tient comme un sceptre était dans ses étoiles et que la vie les a désormais réunis. Il semble le savoir et s'en trouver très bien. Certain d'être à sa place, sorti de la mêlée des coudes et des épaules, il est tout au spectacle de son café et écoute ses clients avec une attention que, même dans l'amour, on rencontre rarement. Les gens ne sont pas accoutumés à ce qu'on leur prête autant d'existence, au bout de cinq minutes, les voilà déjà aux confidences. Lui, la tête penchée, il enregistre, opinant parfois du torchon; et je me demande quels sentiments il collectionne ainsi, à quelle passion, à quelle maladie, à quelle insuffisance de l'âme il s'intéresse aussi fort?
    p 249-250
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  • Par GabySensei, le 11 juillet 2011

    Au XVIII éme, le voyageur Allemand Kaempfer (qui visite le Japon) conclut "que le système tout entier des Dieux du Shinto est un tissu si ridicule de fables monstrueuses et inacceptables que ceux-là même dont l'affaire est de les étudier ont vergogne de révéler ces inepties à leurs propres sectateurs et encore bien plus aux bouddhistes ou aux membres de quelques autre religion". Et je vous devine bien près de lui donner raison.

    Question d'habitude et de latitude. Après tout, un Homme-Dieu né d'une vierge dans une étable, réchauffée par un âne et un bœuf, et cloué sur deux poutres entre deux voleurs par la volonté d'un père miséricordieux... Mettez-vous à la place du premier japonais qui a entendu cette histoire pour nous si familière!

    (P 20)
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  • Par Piling, le 08 avril 2011

    Au Seibo Hospital, Tokyo, décembre 1964-mars 1965.

    Même à la lanterne magique, il ne faut pas se faire de cinéma : la plupart des liens solides se nouent au-delà de l'intellect et ne s'expriment que rarement dans les livres, mais dans les tatouages qu'on peut voir à la plage ou à la morgue, dans deux mains qui serrent une épaule sur un quai de gare et garderont – trop longtemps peut-être – cette chaleur et cette élasticité dans les doigts, dans des cartes écrites par des militaires et si mal adressées qu'elles arrivent par erreur chez de vieilles folles auxquelles ont n'avait jamais dit des choses si tendres, dans le silence de deux visages qui s'enfoncent au tréfonds de l'oreiller comme s'ils y voulaient disparaître, dans ce désir si rarement comblé qu'ont les mourants de trouver le bout de l'écheveau et quelque chose à dire, dans la fenêtre qu'on ouvre ensuite, dans la tête d'un enfant qui fond en larmes, perdu dans la rumeur d'une langue étrangère.

    Courage, on est bien mieux relié qu'on ne le croit, mais on oublie de s'en souvenir.
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Vidéo de Nicolas Bouvier

La reprise de L’Usage du monde mis en scène par Dorian Rossel, du 8 au 13 mars au Théâtre Vidy-Lausanne (complet), s’enrichit d’une soirée spéciale consacrée à Nicolas Bouvier à la Cinémathèque suisse, le vendredi 4 mars.











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