ISBN : 2228894001
Éditeur : Payot et Rivages (2001)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
" Le voyageur, écrit Nicolas Bouvier, est une source continuelle de perplexités. Sa place est partout et nulle part. Il vit d'instants volés, de reflets, de menus présents, d'aubaines et de miettes.Voici ces miettes. "
Autant de textes d'une précision, d'une lég... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 24 août 2011

    brigittelascombe
    "Somnolant sur mon bourrin
    Rêvasseries
    La lune au loin
    Fumée du thé"
    Une incursion au XVII° siècle, un haïku de Basho invite le lecteur, voyageur impénitent, à pénétrer dans Chronique japonaise au parfum toujours vivace d'antan s'harmonisant avec les traditions actuelles du Japon. Car c'est bien entre passé et présent, histoire et vécu qu'oscillent ces historiettes finement ciselées.
    Tour à tour, tinte "le grelottement de la musique japonaise" de Kyoto, éclate "Kigon-Setsu" la fête des origines sur les îles de Wa celle de "la fondation de l'état par un empereur d'ascendance divine", s'insuffle le précepte du VII° siècle "Toute vie est souffrance" mais s'instaure en même temps l'école de la vie qui diffuse sa vingtaine d'idéogrammes chinois chaque jour, fleurissent les pruniers,les iris,les passe-roses, les azalées tandis que l'automne rougeoie sous la houlette des érables, s'établit la géomancie chinoise quelques mille ans après Jésus Christ, se ravinent de rides les visages empreints de sérénité, se prêche la vertu à la manière des bonzes par Saint François Xavier vite persécuté,s'impose l'ambitieux shogunat, se sacrifient les kamikazes investis de mission durant la deuxième guerre mondiale, mais surtout se glanent, page après page, des pensées comme celle de Lao Tseu:" Un voyage, fut-il de mille lieues,débute sous votre chaussure".
    Des souvenirs piochés sur la trame de la mémoire de Nicolas Bouvier(écrivain,photographe, éternel voyageur suisse mort en 1998), une écriture née de la contemplation, de belles images,quelques phrases zen,une leçon de vie, des tranches de vies éparpillées de ci de là, faites de tout et de petits riens comme des haïkus aux notes cristallines pour nous charmer et nous entrainer vers des contrées inconnues ayu charme surranné!
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    • Livres 5.00/5
    Par Pchabannes, le 11 octobre 2011

    Pchabannes
    Acteur, Observateur, Voyageur attentif, éternel étonné, Nicolas Bouvier entrouvre la porte du Japon à celui qui, comme lui, dialogue avec son cœur avant sa raison comprenant l'indicible sans avoir nul besoin de juger, de comparer, de classer en catégories ; en un mot d'être Socrate avant d'être Descartes.
    Prose souvent poétique et toujours juste, cette magnifique plume sert une fresque vivante introduisant à un questionnement sur l'âme japonaise au-delà de son insularité et des préjugés.
    En une centaine de pages, la première partie nous emmène dans cette cosmogonie bizarre expliquant comment les Japonais sont descendus sur terre, s'octroyant au passage une origine divine, et comment le 11 Février de l'an 660 (avant JC) Jimmu Tenno, le premier empereur de la lignée humaine acheva la conquête du Yamato et fondit l'État Japonais. C'est avec un plaisir non dissimulé que nous suivrons les péripéties de l'histoire et des légendes qui firent des Japonais ce qu'ils sont en passant par les relations tumultueuses avec la Chine qui exporta entre autres choses son écriture et Bouddha les adaptant aux Kami et au Shinto. Puis Portugais, Hollandais, Jésuites et Franciscains, commerce et religion, eurent tous leur part d'histoire avant le repli de l'Île sur elle-même au début du XVIIème avec la Pax Tokugawa. le 11 février 1853, date symbolique s'il en est, les canons des navires américains mouillés dans la baie d'Edo (Tokyo) ouvrent le pays emmenant à sa suite Russes et Européens. L'Empereur Matsuhito ouvre l'ère Meiji (gouvernement éclairé). En un tournemain les édits rétrogrades sont abolis, les fiefs féodaux remis à la couronne et la Restauration commence. Une incroyable épopée pendant laquelle les Japonais vont rechercher le savoir, le recopier et l'appliquer. La guerre, la bombe…La fin de l'ère Meiji.
    Une nouvelle ère s'ouvre par le travail commandé par l'administration américaine à une anthropologue Ruth Benedict : Qui sont les Japonais. Le Chrysanthème et le sabre fera autorité et apporta beaucoup aux deux nations.
    La deuxième partie est plus personnelle. Nicolas Bouvier nous emmène au Japon intime avec les pieds et parfois le train. 1956, l'année du Singe, il vit de rien au cœur du quartier Araki-Cho à six stations de train du Palais Impérial. "En attendant que la chance tourne, je m'en tire avec soixante yens (un francs français) par jour : dix de blanchisserie (important), vingt-trois pour le bain public (indispensable), dix de pain, dix de lait et un œuf (pesé) à sept yens lorsque j'en trouve un suffisamment petit". Je commençais à savoir manger à la japonaise. Ces quelques pages de rencontres improbables nées du dénouement partagé marquent le lecteur plus que bien des livres de philosophie.
    1964, l'année du Dragon, Nicolas Bouvier s'établi à Tokyo son Japon a été modernisé, ses plaies effacées. le voyageur à l'œil de faucon reprend sa marche. Et nous voilà partis sur la piste du ZEN, de Bouddha, du TAO bref de cet Orient qui attire toujours et encore. Loin de moi l'idée d'expliquer quoi que ce soit car il est de tradition de préférer, pour succéder au maître, le jardinier qui ne savait rien au prieur qui en savait trop. Puis Hokkaïdo, le chemin du Nord, Aïnous et Giliak auraient fait le bonheur de Jean Raspail après des Alakalufs. L'on pourra relire avantageusement Techkov et son Ile de Sakhaline


    Lien : http://quidhodieagisti.kazeo.com/lectures-diverses-critiques-et-comm..
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    • Livres 4.00/5
    Par EFar, le 27 juillet 2011

    EFar
    Ce livre de Nicolas Bouvier a rendu à mon petit Japon imaginaire plus d'humanité. Je connais ce pays qu'à travers les livres. Quelques romans me laissaient penser que les japonais étaient finalement proches de nous, mais en kimono. Puis un carnet de voyage, "Un barbare en Asie", d'Henri Michaux, a pris mon idée à contrepied. Michaux m'a laissé avec des images d'un théâtre japonais brassant un vide hurlant ; des images d'un pays énigmatique et incompréhensible, abstrait et intense comme un ballet Buto.
    Avec les chroniques japonaises, mon Japon imaginaire a trouvé un juste milieu. Plongé dans la population du Japon de l'après guerre, Nicolas Bouvier rapporte un récit sensible et précis sur ses (més)aventures, sur ce pays et sur ses habitants. Ici, hommes et femmes sont de nouveau proches par leurs préoccupations. L'incompréhension surgit à l'improviste, car lA distance est là aussi, imposée par la singularité culturelle que les japonais se sont forgés. Au terme du récit, le gouffre qui nous sépare me semble moins infranchissable qu'après avoir lu Michaux.
    Comme toujours avec cet auteur, je suis frappé par la force d'évocation de son écriture. Dommage que mon édition (poche) ne propose aucune des photos qu'il a prises là-bas...
    Note pour plus tard : trouver une édition avec les photos.
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 28 mai 2011

    maltese
    Nicolas Bouvier fut un écrivain-voyageur parmi les plus célèbres, s'interrogeant sur l'acte de voyager en même temps que sur les voyages qu'il effectuait.
    L'auteur fait preuve d'une grande curiosité et d'un profond respect pour les cultures qu'il rencontre, les êtres qu'il croise.
    Dans ce récit, il nous fait part de plusieurs séjours qu'il effectua au Japon au milieu des années 50, 60 et en 1970. A ses réflexions, ses impressions... sur les lieux traversés..., Nicolas Bouvier mêle des informations sur l'histoire du pays. Il souligne notamment les différences notées d'un séjour à l'autre, ce qu'il comprend de la civilisation japonaise, des règles et des façons de vivre...
    L'auteur disait livrer dans ce livre quelques "miettes" amassées lors de son voyage, il est incontestable que ces miettes sont une nourriture d'une grande richesse.
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    • Livres 4.00/5
    Par les-bibliotheques-valentinoises, le 22 avril 2009

    les-bibliotheques-valentinoises
    Ce récit d'un séjour au Japon est le livre qui fit connaître l'auteur, unanimement considéré comme l'un des plus grands écrivains voyageurs du XX° siècle. La première partie intitulée « La lanterne magique » est une chronique, le récit bref mais suffisant de l'histoire et de la culture de ce pays. Comment est né le Japon, quelles sont ses valeurs, d'où viennent ses coutumes, ses traditions, le comportement actuel de ses habitants.
    « 1956, l'année du singe » est le titre de la deuxième partie. Bouvier réside au Japon. Quand il débarque à Tokyo, il se décrit comme «un quidam embarqué à Ceylan, qui s'acquittait de basses besognes dans les entrailles du navire pour compléter le prix de son passage »
    «J'ai débarqué, consigné mon bagage à "Tokyo Central" et suis parti au hasard dans cette ville interminable, une brosse à dent dans la poche.»
    Tout l'art de voyager de Nicolas Bouvier, sa maîtrise du récit et surtout la culture japonaise, intacte et fascinante.
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Citations et extraits

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  • Par GabySensei, le 11 juillet 2011

    Le 15 août 1549, le jésuite François-Xavier arrive au Japon sans savoir que le Christ l'y a précédé de trois siècles. Les Bouddhistes chinois du moyen-âge ont en effet entendu parler de ce "Sage" d'Occident et l'on transformé en un bodhisattva qui pénètre au Japon sous le nom d'Inro Bosatsu et se noie dans l'immense panthéon national avec son message et son origine.

    Au même moment, la chrétienté, qui a eu vent des mérites de Cakya-Muni, se l'est attribué sous le nom de saint Josephat (corruption de Bodhisat), qui, en compagnie de son convertisseur, saint Balaam, va se perdre presque aussi vite dans la foule des saints du calendrier (27 novembre). Mais d'un côté comme de l'autre, on a oublié cet échange de politesse. Tout est à reprendre.

    [...] Mais François-Xavier ignore encore cet art du compromis [...] Il est chez les païens, il flaire l'idolâtre partout. Égaré dans une société dont il ne soupçonne encore ni les forts ni les faibles, il joue seul sa partie, tranche, embarrasse, brusque son monde, accumule les erreurs.

    Quand les bonzes Zen qui l'on accueilli en ami l'entendent déclarer que les satori (illuminations) de leurs illustres devanciers chinois ne sont qu'impostures et sornettes, ils lui ferment leur temple au nez.
    Quand le Daimyo de Satsuma apprend qu'aux dires du docteur étranger, ces ancêtres -qu'il faut vénérer- brûlent en enfer faute d'avoir été baptisés, il fronce le sourcil et le prie d'aller prêcher ailleurs.
    Quand un seigneur voisin qui reçoit l'expulsé à bras ouverts -comptant lui acheter de la poudre à canon- l'entend assurer que la sodomie met l'homme en dessous du porc, le Daimyo, qui s'autorise ce passe-temps alors fort répandu chez les militaires, blêmit et le met à la porte. Les lettrés qui l'invitent courtoisement pour qu'il expose sa doctrine ne lui cachent pas combien l'idée d'un dieu parfaitement bon créant un diable très puissant pour tourmenter les créatures qu'il aime leur paraît singulière et même divertissante. Quand enfin il s'efforce, avec l'aide d’interprètes insuffisants, de rendre dans une des langues les plus difficiles du monde les rudiments de la doctrine chrétienne, il traduit Dieu par Kami (on sait l’ambiguïté du terme), pêché par tsumi (une "pollution" sans connotations morales), emprunte le reste du vocabulaire à la terminologie bouddhique et s'engage ainsi dans un maquis de quiproquos dont on n'est pas encore sorti.

    C'est délicat d'apporter une morale nouvelle à des gens qui ont depuis si longtemps et si prudemment choisi celle qui leur convient.

    Sans se laisser abattre, il visite encore plusieurs royaumes et, le cœur déchiré, quitte le Japon en 1551, n'ayant converti qu'une poignée de plébéiens et qu’un seul seigneur d'importance, dont la syphilis n'avait pas résisté au baptême.

    (P 64)
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  • Par GabySensei, le 11 juillet 2011

    Au XVIII éme, le voyageur Allemand Kaempfer (qui visite le Japon) conclut "que le système tout entier des Dieux du Shinto est un tissu si ridicule de fables monstrueuses et inacceptables que ceux-là même dont l'affaire est de les étudier ont vergogne de révéler ces inepties à leurs propres sectateurs et encore bien plus aux bouddhistes ou aux membres de quelques autre religion". Et je vous devine bien près de lui donner raison.

    Question d'habitude et de latitude. Après tout, un Homme-Dieu né d'une vierge dans une étable, réchauffée par un âne et un bœuf, et cloué sur deux poutres entre deux voleurs par la volonté d'un père miséricordieux... Mettez-vous à la place du premier japonais qui a entendu cette histoire pour nous si familière!

    (P 20)
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  • Par Piling, le 08 avril 2011

    Au Seibo Hospital, Tokyo, décembre 1964-mars 1965.

    Même à la lanterne magique, il ne faut pas se faire de cinéma : la plupart des liens solides se nouent au-delà de l'intellect et ne s'expriment que rarement dans les livres, mais dans les tatouages qu'on peut voir à la plage ou à la morgue, dans deux mains qui serrent une épaule sur un quai de gare et garderont – trop longtemps peut-être – cette chaleur et cette élasticité dans les doigts, dans des cartes écrites par des militaires et si mal adressées qu'elles arrivent par erreur chez de vieilles folles auxquelles ont n'avait jamais dit des choses si tendres, dans le silence de deux visages qui s'enfoncent au tréfonds de l'oreiller comme s'ils y voulaient disparaître, dans ce désir si rarement comblé qu'ont les mourants de trouver le bout de l'écheveau et quelque chose à dire, dans la fenêtre qu'on ouvre ensuite, dans la tête d'un enfant qui fond en larmes, perdu dans la rumeur d'une langue étrangère.

    Courage, on est bien mieux relié qu'on ne le croit, mais on oublie de s'en souvenir.
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  • Par peto, le 29 mars 2010

    Je n'ai pas été bien studieux : ce que je sais du Zen aujourd'hui me permet tout juste de mesure à quel point j'en manque, et combien ce manque est douloureux. Je me console en me disant que, dans le vieux Zen chinois, c'était la tradition de préférer, pour succéder au maître, le jardinier qui ne savait rien au prieur qui en savait trop.
    J'ai conservé mes chances intactes.
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  • Par Piling, le 08 avril 2011

    En quinze ans de persécutions massives, la chrétienté japonaise est détruite. On renie Dieu ou on meurt sur la croix, dans l'huile bouillante, dans la lave des volcans du Kyushu… cela avec un empressement, un courage, un mépris de ce bas monde qui édifient et médusent l'Occident. C'est que, dans l'éthique japonaise, mourir pour son seigneur est dans l'ordre des choses : même un vaurien connaît cette règle-là. À plus forte raison quand le Seigneur est déjà mort pour vous.
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Vidéo de Nicolas Bouvier

La reprise de L’Usage du monde mis en scène par Dorian Rossel, du 8 au 13 mars au Théâtre Vidy-Lausanne (complet), s’enrichit d’une soirée spéciale consacrée à Nicolas Bouvier à la Cinémathèque suisse, le vendredi 4 mars.











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