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ISBN : 2228894060
Éditeur : Payot et Rivages (2001)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Globe-trotter poète, écrivain du voyage, Nicolas Bouvier aura sans doute rempli autant de carnets de notes qu'il aura achevé de paires de chaussures. Le Journal d'Aran et d'autres lieux s'ouvre sur une balade le long des falaises d'îles irlandaises, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 4.00/5
    Par EFar, le 28 juillet 2011

    EFar
    Des trois récits de voyages qui constituent ce journal, j'ai surtout été marqué par la ballade irlandaise. Sans doute parce que ce pays, et surtout sa musique, tient de la place dans ma vie.
    Comme revenant à ses premiers voyages financés par des journaux suisses (Finlande, Maroc,…), Nicolas Bouvier part en reportage pour un magazine dans les années 80. Fidèle à lui-même, il débarque sans plan ni préparation. le voyage devient une petite errance sur cette île d'émigrants. de ses tribulations, il ramène (encore une fois) un récit limpide, un documentaire à la force d'évocation stupéfiante.
    Sur les îles d'Aran, Nicolas Bouvier suit la piste des saints irlandais exaltés et délirants. Il découvre une frugalité qui sans doute le fascine, lui pour qui le voyageur s'allège quand le sédentaire s'alourdit.
    En quelques rencontres de lieux et d'hommes, et à travers des histoires recueillies, de grands thèmes du pays prennent corps. Voici ceux qui me restent en mémoire : la force des paysages, l'âpreté de la nature, la prégnance de l'histoire, la présence en filigrane de l'arrière monde (celui des sidh et des êtres fées), l'émigration, la pauvreté, le goût de la parole, la force de caractères des irlandais.
    J'ai découvert Aran à travers ce livre. Avant cela, ces trois îles étaient de simples taches sur une carte, auxquelles j'associais une réputation de rudesse et de sauvagerie. Bien après avoir lu ce journal, j'ai visité l'Irlande. Mes souvenirs de 6 semaines passées aux portes de l'hiver le long de la côté ouest, et particulièrement quelques journées sur Inismore à Aran à la veille de Noël, me font dire que cette chronique de Nicolas Bouvier est d'une justesse étonnante – sans parler de la beauté du texte.
    Étrangement, je ne garde quasiment aucun souvenir des deux autres récits du livre. Ils parlent de l'Asie, je crois. Comme si les îles Aran et leurs côtes battues par l'Atlantique les avaient englouties. C'est bien ma seule raison de ne pas mettre cinq étoiles à ce livre.
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    • Livres 4.00/5
    Par martineMM, le 27 septembre 2013

    martineMM
    Ça fait trois jours que je m'agrippe à Nicolas pour parcourir de fond en comble quelques îlots pierreux battus par des vents de folie, au large de Galway, côte ouest de l'Irlande. C'est surtout la nuit que la fièvre nous ouvre les lucarnes de toutes les croyances: car un monde parallèle s'agite ici, issu des contrées du dessous, grottes, tombes, sources, d'où, quand bon leur semble, surgissent les créatures du "Side". Simples, directes, elles viennent à vous sous forme éthérée, humaine ou animale, pour vous aimer ou peut-être pour vous tuer. Toutes sortes de récits se tricotent sans retenue au coin du feu, les nuits de vent cinglant. Nicolas et moi nous observons, regardons, écoutons. Et sans doute rencontrons-nous un de ces visiteurs de l'au-delà projeté par une bourrasque dans une encoignure de muret: un cheval blanc , immobile, fantômatique ... Nicolas me souffle à l'âme ses frissons, sa fièvre tenace, dans un récit précis, érudit et sauvage, d'une jubilatoire liberté. Aran d'Irlande et d'autres lieux saupoudrés sur terres et mers d'Asie racontent chacun leur tour l'âme humaine dans toutes ses diversités.
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    • Livres 4.00/5
    Par ignatus-reilly, le 09 mars 2013

    ignatus-reilly
    Nicolas Bouvier a un œil particulier. C'est l'écrivain voyageur dans toute sa splendeur.
    Il va à la rencontre des habitants plus que des lieux.
    Ses récits de voyages sont drôles, vivants. il se débrouille pour toujours ou presque loger chez l'habitant.
    On sent une véritable curiosité et un véritable amour de son prochain chez Bouvier
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    • Livres 1.00/5
    Par compulsif, le 27 mai 2012

    compulsif
    déçu par CE livre de N Bouvier, peut être pas assez lointain par rapport à ceux sur l'Asie, peut être moins de découvertes sur des paysages et des rencontres plus probables.

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Citations et extraits

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  • Par vaoulevent, le 02 mai 2011

    il connait dans l'île des lieux -bien circonscrits : un roc fendu par la foudre, une souche de cornouiller qu'on a toujours vue là et qui ne veut pas mourir - pleins de force, d'efficace et de bonté. c'est là qu'il faut aller se recueillir, demander, remercier. Ailleurs, à l'église qu'on laisse un peu aux femmes, c'est du temps perdu. Il ne dira pas où ni comment les trouver : les découvrir et savoir ce qu'ils nous veulent est l'affaire de chacun. Ils ne se signalent par rien mais restent tapis au sol avec leur charge de cadeaux et de menaces. Que vous les approchiez par la gauche ou par la droite et votre journée sera différente. p.46

    Certains jours on se passerait d'avoir un corps : avant l'aube, la colique et la
    fièvre me laissent quatre heures de sommeil et de répit bienvenus que j'emploie à le séparer de moi. Au réveil, je le retrouve à une bonne longueur de bras. je le bouchonne, je l'étrille à la brosse et à l'eau froide, je le frotte à l'alcool de camphre, le retourne sans façons en m'amusant de le retrouver chaque matin plus émacié et piteux. Je l'enveloppe de laine et de cuir, l'abreuve de thé très sucré -le seul aliment qu'il supporte - puis l'envoie sur la route où il se nourrit de vent atlantique et où je le rejoins un peu plus tard sans qu'on ai échangé un mot. Si mauvaise qu'ai été la nuit, quelques bouffées d'air ont suffit à le remettre d'aplomb. Il est là, revigoré, fin prêt pour les entreprises de la journée. p.48
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  • Par peto, le 19 avril 2011

    Il fallait vraiment monter jusqu'ici pour sentir la solitude, l'indicible splendeur, l'insularité de ce volcan posé dans la mer de Chine comme un caillou du Petit Poucet. Et peigner longtemps cette même mer bleue et bronze, avant d'y trouver deux mortels aussi heureux que nous. J'étais rendu, aux deux sens du terme : fourbu et arrivé là où je voulais être. Ma femme s'est mise à rire :
    - Tu as l'air d'un sherpa agonisant.
    Elle a pris une photo et j'ai l'air d'un sherpa à l'agonie
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  • Par e-Miliko, le 03 novembre 2010

    Ce qui fait la force des histoires qu'on peut entendre ici, c'est leur simplicité. Il est faux de croire que lorsque la vie est faite de peu, on brode. C'est le contraire: avec un vent de quatorze Beauforts qui condamne trois mois sur douze les îliens à un mutisme presque total on n'a pas le temps d'enjoliver, on va à l'essentiel.

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  • Par peto, le 19 avril 2011

    J'étais heureux que cette équipée admirable nous ait marqués. C'était comme une encoche sur un couteau d'assassin. Si on ne laisse pas au voyage le droit de nous détruire un peu, autant rester chez soi.

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Vidéo de Nicolas Bouvier

La reprise de L’Usage du monde mis en scène par Dorian Rossel, du 8 au 13 mars au Théâtre Vidy-Lausanne (complet), s’enrichit d’une soirée spéciale consacrée à Nicolas Bouvier à la Cinémathèque suisse, le vendredi 4 mars.











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