> Georges Globa (Traducteur)

ISBN : 2752903464
Éditeur : Phébus (2008)


Note moyenne : 2.71/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Deux femmes en quête d’amour, deux destins contraires.

Londres, 1930. Emmeline, 25 ans, travaille dans une agence de voyage et partage son toit, dans une agréable banlieue, avec sa belle-sœur Cécilia, à peine plus âgée qu’elle, mais déjà veuve. Emmeline, ... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 02 mars 2009

    Titine75
    Emmeline Summers est une jeune femme de 25 ans, grande, mince et à l'air angélique. Elle est copropriétaire d'une agence de voyage à Londres pour laquelle elle travaille beaucoup. Elle vit dans un maison dans Oudenarde Road avec sa belle-sœur Cecilia. le frère d'Emmeline, Henry, est mort d'une pneumonie un an après son mariage avec Cecilia. Cette dernière vit encore douloureusement cette soudaine disparition et elle sent « (…) avec impatience ce vide créé par Henry comme s'il était sorti pour revenir et restait trop longtemps parti. » Cecilia est une jeune veuve de 29 ans, charmante, pétillante et pleine d'humour. Elle aime la compagnie, sort et invite beaucoup mais ne pense pas à se remarier. Cecilia reste sur la défensive, la mort d'henry reste bien présente et sa vie ne connaît plus que les plaisirs immédiats.
    Lady Waters, qui par ses deux mariages est à la fois la tante de Cecilia et la cousine d'Emmeline, ne peut tolérer de laisser ces deux jeunes filles sans mari. Elle s'emploie donc à inviter Cecilia et Emmeline dans sa demeure afin de leur faire rencontrer de jeunes hommes. En réalité les deux femmes n'ont pas besoin de l'entremise de Lady Waters pour avoir des soupirants. Chacune d'elle a un courtisan dévoué auprès d'elle. Julian Towers est un jeune homme fortuné qui ne rêve que d'épouser Cecilia. Celle-ci, dans son refus de souffrir à nouveau, ne voit en Julian qu'un ami. Il va jusqu'à la demander en mariage mais Cecilia refuse.
    La situation est fort différente pour Emmeline. Elle fréquente un jeune avocat à l'avenir brillant, Mark Linkwater. Emmeline est totalement sous le charme de Markie, elle en tombe rapidement amoureuse. Ils passent beaucoup de temps ensemble, partent à Paris où Emmeline doit passer un accord avec une agence de voyage en vue d'un partenariat. La question du mariage est abordée entre eux mais vite mise de côté. Emmeline n'est pas une femme que l'on envisage d'épouser, elle est trop exaltée, trop exigeante pour faire une bonne épouse. Elle s'investit follement dans son agence de voyage et Markie ne comprend pas cette volonté de carrière. Bientôt il s'éloigne d'elle à regrets ; « elle aurait pu exploiter son charme plus avant ; si elle avait tenu bon jusqu'à ce qu'il fût fou d'elle, il l'aurait certainement épousée ; qu'elle n'eût pas mis le mariage en marché lui semblait incroyable. » Emmeline voit son monde vaciller peu à peu. Son amour ne souhaite plus la voir, son agence de voyage souffre de nouvelles concurrences et Cecilia ne semble plus si réfractaire au mariage. Que peut devenir Emmeline seule ? Son destin ne semble pouvoir se terminer que dans le drame. Elizabeth Bowen écrit « Emmeline » en 1932, les femmes commençaient à être plus indépendantes notamment grâce à un travail. Emmeline est pourtant allée trop loin dans sa libération. Elle est copropriétaire de son agence de voyage, donne beaucoup de temps pour que cela marche, elle conduit et ne se voit pas comme une épouse. Elle espère pouvoir continuer à vivre dans sa maison avec sa belle-sœur tout en fréquentant Markie. Mais Emmeline est trop en avance sur son temps. Cecilia ne voit finalement son avenir que dans le mariage et a toutes les qualités pour cela. « L'aspect de Cecilia, les yeux baissés, l'air doux et soumis exacerbait en Julian un désir violent et conjugal d'abattre les barrières et d'oublier tout souci. La sollicitude, la tendresse sont des sentiments sincères et étroits, ce sont ceux qui font la sécurité du foyer. »
    Markie, qui se veut moderne, préfère renoncer à Emmeline s'il ne peut l'épouser. Lady Waters ne supporte quant à elle pas qu'Emmeline sorte des conventions de son milieu, elle ne peut fréquenter un homme sans son accord et seulement dans le but de s'unir avec lui. Tout pousse Emmeline au désespoir dans cette société où les sentiments ne sont rien au regard des bonnes mœurs.
    Elizabeth Bowen donne une grande importance aux lieux, aux paysages qu'elle décrit avec une extrême délicatesse. « le ciel emplissait l'arche de lumière, la haie, avec ses jeunes feuilles ardentes, était la brûlante verdeur de mai. Elle courba vers elle une feuille dentelée, délicatement veinée et au travers regarda le soleil. le bout de ses doigts était translucide : dans ses veines et dans celles de la feuille coulait le printemps. » Ou bien encore : « Ce brouillard transparent sur le jardin était un délice. le jour, tel un magnolia, semblait dormir encore dans ses pétales repliés. » Ces descriptions donnent une tonalité très poétique au roman. Elizabeth Bowen se sert de cette écriture ciselée également pour décrire les sentiments de ses personnages qui sont décryptés dans leur moindre mouvement.
    « Emmeline » est un joli roman plein d'amertume sur les femmes en ce début de XXème siècle : celles qui suivent le modèle de leurs aînées, celles qui sont en avance sur leur temps et qui doivent se sacrifier sur l'autel des conventions sociales.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2008/09/02/emmeline-delizabeth/
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    • Livres 2.00/5
    Par yoshi73, le 09 juillet 2011

    yoshi73
    En refermant ce livre, j'ai eu le sentiment d'avoir lu un livre assez différent de ce que le quatrième de couverture annonçait. Après réflexion, je dois bien dire que ce quatrième de couverture est très trompeur. Je m'attendais à lire un livre de Vengeance (vous noterez l'utilisation du V majuscule). Finalement, cette pseudo vengeance occupe les dernières pages du livre et n'a rien à voir avec une vengeance machiavélique qui aurait été préparée dans ses moindres détails.
    Passé ce petit désagrément, ce livre ne m'a pas enchantée. Emmeline vit avec la veuve de son frère, Cécilia. Les deux jeunes femmes ont des tempéraments assez différents. Cécilia, femme extravertie, un rien manipulatrice met tout en oeuvre pour parvenir à ses fins. A l'inverse, Emmeline est une jeune fille discrète, souvent perdue dans ses pensées empreinte d'une grande naïveté. Cécilia, qui souhaite se remarier, porte son dévolu sur Julian, qui est éperdument amoureux d'elle. Elle va prendre un malin plaisir à le faire mariner. Quant à Emmeline, elle s'amourache de Markie, un homme d'affaire d'un égoïsme rare qui va se jouer d'elle et de sa naïveté.
    J'ai trouvé ce livre très lent et très mou. Finalement, il ne se passe pas grand chose au cours des 322 pages qui composent ce livre. Il faut vraiment attendre la toute fin du roman (le dernier chapitre) pour que les choses se mettent en place. Dommage, car j'avais commencé cette lecture dans de bonnes dispositions!
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    • Livres 3.00/5
    Par ignatus-reilly, le 11 mars 2012

    ignatus-reilly
    Un roman féministe où l'héroïne, Emmeline, 25 ans, jeune fille de lla bonne société, vit en colocation avec sa belle-soeur, travaille et conduit.
    Ce roman se passe dans les années 30 et Emmeline, non contente de travailler, est en fait copropriétaire de son agence de voyage.
    Elle va rencontrer Markie, avocat arriviste et égocentrique.
    Elle va tomber amoureuse de lui, ils vont devenir amant. Mais, il est difficile à une jeune femme de 25 ans, dans cette société, de faire selon ses désirs et cette aventure aura malheureusement une issue dramatique.
    Emmeline est un personnage attachant et navigue au milieu de personnes que font tous passer leurs intérêts avant elle. Elle est vraiment très mal entourée et elle est, en définitive, bien seule.
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    • Livres 3.00/5
    Par maevedefrance, le 13 août 2010

    maevedefrance
    Elizabeth Bowen offre avec Emmeline (titre VO : To the North) écrit en 1932, un roman so british. Un univers feutré mais où tous les coups bas sont permis pour obliger les réfractaires à rester dans les rails. J'ai détesté la tante Lady Waters ("Georgina, pour les intimes), la commère qui ferait bien de s'occuper de ses oignons. Je n'ai pas davantage apprécié Markie, qui n'a pas vraiment le courage de ses opinions. J'ai trouvé que Cecilia était plus perfide et plus influençable qu'elle n'en avait l'air. Et qu'en fin de compte, la vraie femme forte dans cette histoire c'est bien Emmeline. Une vraie femme en avance sur son temps, à la tête d'une agence de voyage, qui se frotte au monde des affaires et du travail. A côté d'elles, Cecilia et Lady Waters paraissent d'un autre temps, la seule chose qui leur importe, c'est le mariage et surtout le "qu'en dira-t-on" ...
    Le récit s'échappe parfois hors du salon pour donner à voir au lecteur un tout petit peu du monde extérieur. J'ai bien aimé l'épisode de la révolte de la secrétaire à l'agence, qui, débordée de travail et en mal de reconnaissance, n'hésite pas à critiquer ses employeurs et à balancer à Emmeline : "Ce qu'il y a, c'est simplement que je suis humaine (...) si on mourait sur sa chaise ou si on s'évanouissait, simplement il se pourrait bien que vous le remarquiez! " Et les taxis parisiens, à cette époque déjà, avait la réputation de mal conduire, c'est ce que témoigne le voyage d'Emmeline et de Markie dans la capitale... Un cliché qui m'a fait sourire, un petit coup de dent britannique envers les froggies...
    Elizabeth Bowen joue à merveille avec ses personnages et les apparences au fil du roman, ce qui invite le lecteur à s'interroger sur leur nature réelle. le tout dans style fluide et poétique. J'ai regretté la fin tragique de l'histoire mais elle démontre à quel point les femmes étaient encore prisonnières des carcans d'une certaine société, en ce début de XXe siècle...


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
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    • Livres 1.00/5
    Par neferet59, le 20 août 2010

    neferet59
    Je ne parlerai pas de l'histoire, fan du style anglais, "so british" j'ai emprunté ce livre, mais je n'ai pas adhéré au style, je n'ai lu que 100 pages. L'histoire paraît telle que je m'y attendait mais les gouts et les couleurs ... Bref je m'accroche pas au style de l'auteure.
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Citations et extraits

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  • Par ignatus-reilly, le 11 mars 2012

    Les invités de Cecilia, ayant entendu à travers la porte ouverte la première phrase de la conversation, avaient à peine échangé un regard et, élevant tous la voix, avaient maintenu jusqu'à son retour un feu roulant de conversation. Ils n'étaient pas anglais pour rien.
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  • Par ignatus-reilly, le 11 mars 2012

    Plus probablement c'était une veuve, car à la façon triste et décisive dont elle avait commandé son vin, on devinait la femme contrainte depuis des années à tout faire par elle-même, et sans plaisir.
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