Note moyenne : 2.93/5 (sur 14 notes)
La femme sur la plage avec un chien2Ajouter à mes livres
"J'ai écrit 8 romans mais je ne peux m'empêcher d'écrire des nouvelles. Quelque chose dans la forme brève me séduit et m'attire inlassablement." Tels sont les propos de William Boyd dont le présent recueil est la démonstration éclatante.
Voici le 4ème recueil de nouvelles de l'auteur d'"Un Anglais sous les tropiques", "L'après-midi bleu" ou encore "Armadillo" (mon chouchou, je suis secrètement amoureuse de Lorimer Black, le anti-héro). 8 histoires courtes et singulières, sans unité de style ni d'époque mais cependant réunies par l'ironie désabusée de ses personnages, au bord de la folie plus qu'amers. On y croise un homme et une femme mariés qui se reconnaissent dans leurs solitudes réciproques et vont essayer de s'aimer, un jeune soldat amnésique dont les seuls souvenirs sont ceux d'une fiction qu'il a écrite, un gringalet souffreuteux observateur ambivalent du milieu du culturisme de haut niveau, un écrivain russe amouraché d'une jeunesse qui se moque de lui... et bien d'autres personnages qui tentent souvent maladroitement de trouver l'amour ou de le retenir. Les nouvelles s'avalent avec un plaisir mêlé d'insatisfaction... C'est vraiment trop court! Et on s'en veut de laisser tomber des gens si perdus... http://jeromfan.over-blog.com/article-3523321.html
Je ne les ai pas toutes appréciées de la même façon. J'ai bien aimé la nouvelle Beulah Berlin de A à Z, dont chaque paragraphe commence par une lettre de l'alphabet, dans l'ordre, et le plus souvent sur le mode du jeu Marabout… Bout de ficelle… Selle de cheval… Il y fait en plus référence, à la lettre S, à la Sextine, que vous pouvez par exemple découvrir sur le deuxième blog de mon père, consacré uniquement à la sextine... Vous pouvez, vous aussi, utiliser le programme de dessin ou lire la célèbre sextine "Ongle et oncle" d'Arnaut Daniel. Il présentait il y a déjà longtemps ce travail de Sextine graphique sur son site perso. Sinon, ce type de poésie a été beaucoup utilisé par certains Oulipiens (membres de l'ouvroir de littérature potentielle), et en particulier Jacques Roubaud... Bien sûr, Poézibao présente aussi les sextines...
"La femme sur la plage avec un chien" (aventure extraconjugale, entraînée par le chien Euclide)
"Fascination" (un poète/journaliste replonge dans ses souvenirs d'étudiant - on suit en parallèle sa fascination de l'époque pour sa voisine du dessus et celle du moment pour une jeune athlète)
"Carnet de notes n°9" (réflexions d'un cinéaste)
"Beulah Berlin, de A à Z" (une artiste relate sa vie par paragraphes : les lettres commençant chaque paragraphe se suivent par ordre alphabétique, et le mot terminant un paragraphe est repris dans le début du suivant)
"Incandescence" (nouvelle presque policière)
"Le problème esprit / corps" (dans le domaine du bodybuilding)
"Yves Hill" (un vieil homme, ancien écrivain à succès, un peu perdu à Londres)
"Le fantôme d'un oiseau" (l'histoire d'un soldat amnésique après une bataille, le "patient n°39")
"Le pigeon" ("les affres d'un gentilhomme russe", commencés par une citation de Tchekhov : "Vous me demandez : qu'est-ce que la vie ? C'est comme demander : qu'est-ce qu'une carotte ? Une carotte est une carotte, et voilà tout.")
Utiles les demi-tours, les virages à 180°. Il me semble qu'ils définissent le progrès de la vie mieux que la vieille image de la croisée des chemins. Combien de fois dans notre existence des évènements significatifs ont-ils pu être décrits comme un virage à 180° ? Tomber en désamour, par exemple, est un demi-tour affectif majeur plutôt qu'une bifurcation sur la route de la vie.