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Hugues Leroy (Traducteur)
ISBN : 2253119849
Éditeur : Le Livre de Poche (2008)

Note moyenne : 4.37/5 (sur 445 notes)
Résumé :
1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d'Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre.

A sa grande surprise, l'homme qui descend du train est son neveu Xavier qu'elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable.

Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l'enga... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
andman
andman06 septembre 2015
  • Livres 5.00/5
Sur le Chemin des dames nombreux ils succombaient, “Le chemin des âmes” alors ils empruntaient...
Publié en 2004, le roman de Joseph Boyden est un mélange de barbarie et de spiritualité, guidé par deux voix qui tour à tour lui donne vie.
“Le chemin des âmes” c’est l’enfer du nord de la France raconté par un amérindien, Xavier, enrôlé avec son ami d’enfance Elijah dans un bataillon canadien vite embourbé dans les tranchées durant des mois interminables face à l’envahisseur allemand ; c’est une immersion au cœur de ”la Der des Ders” ; c’est le quotidien de soldats terrés dans des trous à rats avec la peur, la boue, les poux chevillés au corps ; ce sont les assauts répétés de ces pauvres bougres sous la mitraille, les obus et les gaz qui fauchent aveuglément.
“Le chemin des âmes” c’est aussi l’histoire de la tribu Cree en voie d’extinction, racontée par la tante de Xavier qui récupère celui-ci en piteux état dans une gare de l’Ontario un jour de 1919.
Chamane pour les uns, sorcière pour les autres, c’est elle qui a recueilli Xavier et Elijah encore enfants, qui leur a appris à survivre en milieu hostile au cœur de la forêt.
Arrivera-t-elle par ses remèdes ancestraux, par ses incantations, par son amour, à sauver une fois de plus son neveu maintenant à l’agonie au fond du canoë qui lentement glisse vers "son chez elle” ?
L’infinie tristesse qui hante “Le chemin des âmes” longtemps me poursuivra ; la personnalité hors norme de ses trois personnages principaux longtemps me fascinera ; la plume incisive de Joseph Boyden longtemps m’appellera !
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Eric75
Eric7511 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
Prenez deux univers fictionnels que rien a priori ne semblait pouvoir rapprocher. Deux univers dont le potentiel romanesque reste immense malgré la profusion d'oeuvres déjà produites. Prenez, par exemple… la guerre de 14-18 (une énorme boucherie qui a taillé dans le gras de la pyramide des âges de la population française comme dans un vulgaire morceau de kebab, en tout cas, c'est de cette façon édulcorée qu'on nous l'avait présentée dans les petites classes), et prenez, tiens, pourquoi pas… les indiens d'Amérique (un peuple décimé et spolié de ses terres ancestrales par un autre, prétendument censé représenter la civilisation). Dans les deux cas, ces sujets charrient beaucoup de bagarres, de drames et de morts inutiles, et dans les deux cas, ils ont inspiré (chacun de leur côté) pléthore de récits, romans, films, bédés, qui font désormais partie de notre imaginaire. Ces univers en apparence disjoints n'ont aucun point d'intersection. Enfin, si… maintenant, il y en a un. Ce point commun s'appelle le Chemin des âmes de Joseph Boyden.
En 1916, deux indiens Cree, Xavier Bird et Elijah Whiskeyjack, font la guerre dans les environs de Saint-Eloi et d'Ypres, en Belgique. Enrôlés comme tireurs d'élite, ils se cachent dans les recoins improbables laissés par la dévastation des combats. Ils observent et déciment les tireurs à découvert du camp d'en face qui paient de leur vie un instant d'inattention. Ils participent également aux assauts dans les tranchées, aux corps-à-corps à la baïonnette, à la reconquête des collines et des cratères investis par l'ennemi.
Le lecteur est à leur côté, rentrant la tête dans les épaules au miaulement des balles et des éclats d'obus, éclaboussé par la boue, le sang et les morceaux de cervelle des camarades.
Mais ce livre est beaucoup plus que ça. Une histoire complexe entre Xavier et Elijah, qui sont amis d'enfance, se développe progressivement, mêlant admiration réciproque, jalousie et compétition. Leur histoire finira en tragédie indienne ressuscitant le mythe du windigo, qui n'a rien à envier à la tragédie grecque.
On sait dès les premières pages que Xavier, accueilli par sa tante Niska à sa descente du train, rentrera au pays. Xavier et Niska sont tour à tour les deux narrateurs du récit. Sur la route du retour en canoë qui durera plusieurs jours, la guerre est racontée à travers les souvenirs de Xavier, anéanti, qui semble se laisser mourir. Niska rappelle comment a évolué le destin de sa famille confrontée à l'arrivée des wemistikoshiw, des hommes blancs, et raconte à travers son parcours personnel celui des indiens de l'Ontario. Ses vieux trucs de sorcière parviendront-ils à faire revenir Xavier parmi les vivants ?
A travers tout ce qu'il évoque et dévoile sur cette période, le chemin des âmes est un immense et exceptionnel roman, mais c'est aussi un premier roman, qui l'eût Cree ? A lire d'urgence.
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Sachenka
Sachenka04 septembre 2016
  • Livres 5.00/5
1919. Niska, une vieille Amérindienne du nord du Canada vient chercher son neveu Xavier à la gare. Elle le ramène chez lui après des années passées à faire la guerre en Europe. de là à leur campement, ils ont trois jours de voyage à faire en canot. Ce long chemin est l'occasion pour Xavier de faire le point sur sa vie, de faire la paix avec lui-même. Et pareillement pour sa tante. C'est ce que nous propose Joseph Boyden avec son roman « le chemin des âmes », un voyage vers l'intérieur, spirituel mais pas dans le genre psychologie pop. Dans tous les cas, moi, j'ai apprécié. C'est un de mes coups de coeur de l'année.
Dans les tranchées de France et de Belgique, Xavier a vécu l'horreur de la Grande Guerre. Boyden (pourtant à son premier roman !) a réussi à dépeindre admirablement bien ce conflit. Avec réalisme, parfois la barbarie, d'autres fois l'ennui du quotidien, souvent la peur, à l'occasion l'héroïsme. La bataille de Vimy, les escarmouches à Passchendaele, etc. Mais surtout la vie dans les tranchées et les petites excursions. C'est que Xavier et son meilleur ami Elijah, son frère d'adoption, sont tellement bons à atteindre la cible qu'ils sont devenus des tireurs d'élite. Ils étaient souvent envoyés en avant des lignes. Là, embusqués, ils devaient éliminer les ennemis dangereux. Si Xavier ressent une réticence à tuer, Elijah y excelle rapidement. Peut-être même y prend-il goût ?
J'aime bien cette façon de Boyden de dépeindre la guerre. Ça me fait beaucoup penser aux romans de l'Allemand Erich Maria Remarque ou d'un autre Canadien, Timothy Findley. Oui, on y retrouve quelques hauts faits d'armes, mais l'accent est mis sur l'aspect humain de cet enfer. Comment les soldats l'ont vécu au jour le jour. Leurs craintes. Leur peine quand ils perdent l'un des leurs. Leur solitude.
Mais Xavier n'est plus seul. de retour au pays, il devrait pouvoir compter sur Niska, qui l'accompagne dans son parcours. Alors que le jeune homme reste muré sans son silence et ses souvenirs douloureux, sa tante ressent le besoin de parler, de raconter l'histoire de son peuple, les Crees. Comment ils vivaient avant. Avant l'arrivée des Blancs, de leur commerce des fourrures, de leur alcool ravageur, leurs écoles où ils ont amené de force les petits Amérindiens et les ont coupés de leur culture plusieurs fois millénaire. Puis elle lui parle de son père, de sa soeur, des raisons qui l'ont poussées à récupérer ce neveu. Chacun doit mener ses propres combats mais, parfois, certains sont trop lourds à porter…
Le roman va et vient entre les souvenirs de Xavier et l'histoire que raconte Niska. Cette alternance permet de bien digérer toutes les scènes de violence de la guerre. Il permet aussi de comprendre leur solitude. Leurs deux solitudes, qui se croisent sans vraiment se rencontrer. Et où peut-on vraiment en prendre conscience que dans les grands espaces canadiens ? Là où on ne retrouve que des rivières à fort débit et des forêts vierges à perte de vue. Là où la solitude de l'âme rencontre celle de la nature. La puissance d'évocation de Boyden est forte à un point tel que, en lisant ce roman, je me suis senti envahi par une nostalgie pour une époque que je n'ai pas connue. Malgré la longueur du bouquin, jamais je n'ai senti des chapitres inutiles ou ennuyeux, ni même des passages. Je me suis laissé porté par cette lecture qui m'encourage à lire d'autres roman de cet auteur canadien talentueux.
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latina
latina02 septembre 2012
  • Livres 3.00/5
J'ai accompagné Xavier à la lisière du chemin des âmes... Je les ai entendues murmurer leur ravage à son oreille, j'ai tremblé avec lui dans le fracas des armes, tellement fort qu'il en est devenu sourd. J'ai souffert avec lui. J'ai été dévastée devant la folie meurtrière d'Elijah, son ami. J'ai regretté le Canada, ses forêts sombres et ses animaux sauvages, la liberté de Niska, sa tante qui l'avait pris sous son aile.
Et Niska, justement, je l'ai admirée pour sa façon de vivre, libre et sauvage ; pour son refus de la Mort. Force de vie, elle est l'incarnation de la Déesse-mère qui fait fructifier ses petits et leur donne le courage de continuer.
La guerre des tranchées, en Belgique et dans la Somme, couplée à la chasse à l'orignal et à la magie de la religion des Indiens, forme un mélange détonant, hymne à la vie et à la mort.
Mais cessons d'évoquer cette histoire, car « évoquer sa mémoire ne ferait qu'inviter la tristesse et la tristesse, par ici, monte aussi vite que la pluie dans les tranchées, jusqu'à tout noyer. »
Ce roman, je l'ai donc aimé, mais pour ma survie, je suis contente de l'avoir refermé, il m'emportait trop loin et trop longtemps à la lisière de l'enfer.
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gouelan
gouelan23 septembre 2016
  • Livres 5.00/5
Xavier et Elijah, deux Amérindiens propulsés dans la l'enfer de la guerre des tranchées, survivent grâce à leur don de chasseur. Silencieux, agiles et doués d'une vue perçante, ils sauvent leur peau en prenant la vie des soldats ennemis. De cette gadoue humaine sortent parfois des monstres, presque des mangeurs d'hommes.
Xavier, que l'on surnomme « Bird », survole parfois ces âmes perdues, comme il a vu faire sa tante Niska, une vieille femme chamane qui communique avec les esprits. Comment cet homme des bois, habitué à chasser seulement pour se nourrir, va-t-il sortir de cette drôle de guerre ?
Un roman très noir et puissant qui relate à la fois la vie de ces hommes englués dans cette guerre insensée, et la vie d'une tribu indienne qui tente de survivre en dehors de la réserve, continuant à perpétuer leurs rituels, refusant le monde moderne et sa barbarie.
La guerre fait prendre aux hommes un chemin qui n'a plus rien d'humain et ne les délivrera que pour les emmener vers le chemin des âmes.
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Les critiques presse (1)
Actualitte01 juillet 2014
Après la lecture du chemin des âmes, cette maudite guerre revêt âprement son caractère mondial, se déleste entièrement de la rivalité franco-allemande à laquelle elle est souvent et maladroitement encore réduite, ouvre notre horizon de lecteur français, modifie un peu notre devoir de mémoire. Et c'est très bien.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations & extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan23 septembre 2016
Je tâche d'écarter cette pensée, la peur d'arriver là où nous n'étions jamais allés, mais elle continue de me tourmenter, comme une sale gosse qui nous lancerait des pierres depuis la rive.
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gouelangouelan22 septembre 2016
C'est vers ce moment, devais-je découvrir bien après, que les rumeurs commencèrent à mon propos, de ces discours qu'on tient le ventre plein, de ces demi-vérités qui, à peine murmurées, déploient leurs ailes et tournoient comme une volée de moineaux, pour se poser où bon leur semble...
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SachenkaSachenka13 août 2016
J'ai remarqué que les wemistikoshiw [les Blancs, les Occidentaux] font toujours les choses par trois. Ils sont obsédés par ce nombre : ligne de front, de renfort, de réserve n'en sont qu'un exemple parmi tant d'autres. Leurs équipes de travail comptent toujours trois membres : d'ailleurs, ils les appellent en les numérotant. Le soldat un fait le guet pendant que les soldats deux et trois opèrent. Même leurs armées se divisent en trois corps, l'infanterie, l'artillerie, la cavalerie, et ces trois corps sont soumis aux trois rituels de l'entrainement, du combat et du repos.
Cette passion du nombre trois se communique de ceux qui donnent les ordres à ceux qui les reçoivent. Dès que nous partons en repos, nous nous comportons au même rythme : manger, dormir, les femmes. [...] Parfois, j'assiste aux prières où les wemistikoshiw se rassemblent et dans lesquelles ils invoquent leurs trois manitous, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. C'est peut-être la raison pour laquelle ils font tant de choses par trois.
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Zazette97Zazette9724 mai 2011
Je dirai aux anciens les choses étranges que j'ai vues, les aéroplanes qui montent très haut dans le ciel pour se mitrailler l'un l'autre, et les cadavres, tant de cadavres autour de nous qu'on ne les voit même plus gonfler sous la pluie, et cette rumeur à propos de petites bombes, pleines d'un gaz empoisonné qui brûle la gorge et les poumons, si bien qu'on s'étrangle et qu'on meurt dans de terribles souffrances, et les patrouilles, la nuit, quand on se faufile comme un renard pour aller réparer des fils de fer et nettoyer les cratères ennemis, et les obus, qui arrivent en sifflant de nulle part, un beau matin, pour arracher les bras, la tête, les jambes de l'homme auquel vous parliez la veille.
Mais surtout, je dirai aux anciens comment, après un bombardement, la vie reprend son cours ordinaire, presque aussitôt, comment l'esprit ne tolère pas qu'on s'attarde sur l'horreur de la mort violente, car sinon l'on deviendrait fou.
Et c'est pour ça qu'ils sont là, debout par petits groupes, à bavarder tout nus sans se soucier des filles de ferme belges qui les regardent de loin en gloussant, je dirai comment ils allument une cigarette les doigts encore sanglants du soldat qu'ils viennent d'enterrer, comment ils peuvent exulter quand un homme, dans son aéroplane, plonge à sa mort après avoir été criblé de balles.
Comment ils peuvent accepter, sans ciller, l'exécution d'un des leurs, pour s'être assoupi durant le guet.
Moi, je garde la tête sur les épaules en faisant des choses simples, les choses que mon corps sait faire. p.114
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latinalatina01 septembre 2012
Il pleut sans discontinuer depuis des semaines : devant nous s'étend un champ de boue que dévastent des cratères pleins d'eau et de cadavres. Plus un arbre ou un buisson debout. (...)
Pour quelle raison nous envoie-t-on ici? J'en arrive au stade où je ne m'explique plus rien, surtout pas les mobiles de ceux qui promènent les troupes d'un endroit à un autre, leur commandant de courir à leur mort.
Je les hais pour ce qu'ils me font faire, mais je n'en parle pas; je laisse ma haine suppurer. (...)
Il paraît que les blessés qu'on ne ramasse pas tout de suite se noient dans la boue.(...)
Et toujours, la pluie qui tombe, les obus qui pilonnent, retournent le bourbier; c'est ma hantise : me retrouver blessé, agonisant, m'enfoncer là-dedans à jamais. Englouti. Porté disparu; et toi, Niska, qui m'attendrais des années.
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Vidéo de Joseph Boyden
Joseph Boyden souhaite un bon anniversaire à Terres d'Amérique .1996-2016 : la collection Terres d'Amérique fête ses 20 ans aux éditions Albin Michel. Depuis 1996, Terres d?Amérique a pour ambition de faire découvrir aux lecteurs français la richesse et la diversité des littératures nord-américaines, de publier des écrivains aux voix et aux univers singuliers. Si des écrivains confirmés y ont été publiés tels que James Welch ou Louise Erdrich, nombre de jeunes auteurs y ont fait leurs débuts, tels que Sherman Alexie, Joseph Boyden, Dinaw Mengestu ou encore Anthony Doerr. le collection fait la part belle à la découverte et la publication de recueils de nouvelles avec des auteurs tels que Charles D?Ambrosio, David James Poissant (?Le paradis des animaux) ou encore Tom Barbash, sans oublier ?Un goût de rouille et d?os? du Canadien Craig Davidson adapté à l?écran par Jacques Audiard. A travers ces livres, c?est toute une géographie littéraire forte et sensible qui se dessine, à rebours des images toutes faites et des idées reçues sur l?Amérique. http://www.albin-michel.fr/la-collection-terres-d-amerique?=1
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