Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Hugues Leroy (Traducteur)

ISBN : 2253119849
Éditeur : Le Livre de Poche (2008)


Note moyenne : 4.42/5 (sur 263 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d'Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre.

A sa grande surprise, l'homme qui descend du train est son neveu Xavier qu'elle croyait mort, ou plutôt son ombre, m... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (67)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par latina, le 02 septembre 2012

    latina
    J'ai accompagné Xavier à la lisière du chemin des âmes... Je les ai entendues murmurer leur ravage à son oreille, j'ai tremblé avec lui dans le fracas des armes, tellement fort qu'il en est devenu sourd. J'ai souffert avec lui. J'ai été dévastée devant la folie meurtrière d'Elijah, son ami. J'ai regretté le Canada, ses forêts sombres et ses animaux sauvages, la liberté de Niska, sa tante qui l'avait pris sous son aile.
    Et Niska, justement, je l'ai admirée pour sa façon de vivre, libre et sauvage ; pour son refus de la Mort. Force de vie, elle est l'incarnation de la Déesse-mère qui fait fructifier ses petits et leur donne le courage de continuer.
    La guerre des tranchées, en Belgique et dans la Somme, couplée à la chasse à l'orignal et à la magie de la religion des Indiens, forme un mélange détonant, hymne à la vie et à la mort.
    Mais cessons d'évoquer cette histoire, car « évoquer sa mémoire ne ferait qu'inviter la tristesse et la tristesse, par ici, monte aussi vite que la pluie dans les tranchées, jusqu'à tout noyer. »
    Ce roman, je l'ai donc aimé, mais pour ma survie, je suis contente de l'avoir refermé, il m'emportait trop loin et trop longtemps à la lisière de l'enfer.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          7 51         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Eric75, le 11 novembre 2012

    Eric75
    Prenez deux univers fictionnels que rien a priori ne semblait pouvoir rapprocher. Deux univers dont le potentiel romanesque reste immense malgré la profusion d'œuvres déjà produites. Prenez, par exemple… la guerre de 14-18 (une énorme boucherie qui a taillé dans le gras de la pyramide des âges de la population française comme dans un vulgaire morceau de kebab, en tout cas, c'est de cette façon édulcorée qu'on nous l'avait présentée dans les petites classes), et prenez, tiens, pourquoi pas… les indiens d'Amérique (un peuple décimé et spolié de ses terres ancestrales par un autre, prétendument censé représenter la civilisation). Dans les deux cas, ces sujets charrient beaucoup de bagarres, de drames et de morts inutiles, et dans les deux cas, ils ont inspiré (chacun de leur côté) pléthore de récits, romans, films, bédés, qui font désormais partie de notre imaginaire. Ces univers en apparence disjoints n'ont aucun point d'intersection. Enfin, si… maintenant, il y en a un. Ce point commun s'appelle Le chemin des âmes de Joseph Boyden.
    En 1916, deux indiens Cree, Xavier Bird et Elijah Whiskeyjack, font la guerre dans les environs de Saint-Eloi et d'Ypres, en Belgique. Enrôlés comme tireurs d'élite, ils se cachent dans les recoins improbables laissés par la dévastation des combats. Ils observent et déciment les tireurs à découvert du camp d'en face qui paient de leur vie un instant d'inattention. Ils participent également aux assauts dans les tranchées, aux corps-à-corps à la baïonnette, à la reconquête des collines et des cratères investis par l'ennemi.
    Le lecteur est à leur côté, rentrant la tête dans les épaules au miaulement des balles et des éclats d'obus, éclaboussé par la boue, le sang et les morceaux de cervelle des camarades.
    Mais ce livre est beaucoup plus que ça. Une histoire complexe entre Xavier et Elijah, qui sont amis d'enfance, se développe progressivement, mêlant admiration réciproque, jalousie et compétition. Leur histoire finira en tragédie indienne ressuscitant le mythe du windigo, qui n'a rien à envier à la tragédie grecque.
    On sait dès les premières pages que Xavier, accueilli par sa tante Niska à sa descente du train, rentrera au pays. Xavier et Niska sont tour à tour les deux narrateurs du récit. Sur la route du retour en canoë qui durera plusieurs jours, la guerre est racontée à travers les souvenirs de Xavier, anéanti, qui semble se laisser mourir. Niska rappelle comment a évolué le destin de sa famille confrontée à l'arrivée des wemistikoshiw, des hommes blancs, et raconte à travers son parcours personnel celui des indiens de l'Ontario. Ses vieux trucs de sorcière parviendront-ils à faire revenir Xavier parmi les vivants ?
    A travers tout ce qu'il évoque et dévoile sur cette période, Le chemin des âmes est un immense et exceptionnel roman, mais c'est aussi un premier roman, qui l'eût Cree ? A lire d'urgence.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 42         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par MachaLoubrun, le 17 septembre 2013

    MachaLoubrun
    En 1919, au nord de l'Ontario, la vieille Niska ramène son neveu, chez eux dans la forêt, en canoë. Après quatre ans de guerre en France, il ressemble à un vieillard infirme et perclus de douleurs. Les horreurs de la guerre le hantent et le torturent tout autant, il est le fantôme de lui-même. C'était un grand chasseur depuis l'âge de cinq ans, un amoureux de la nature devenu un tireur d'élite au sein de l'armée canadienne. Il s'est engagé pour l'aventure et l'argent avec la fougue et l'innocence de ses vingt ans accompagné d'Elijah, son ami d'enfance, son frère de cœur. Pendant la guerre on l'appelait X, pour symboliser une cible, sa tante lui dit Neveu mais son prénom c'est Xavier.
    Avec Elijah, ils se sont connus dans le pensionnat inhumain dans lequel ils étaient destinés à grandir, loin de la culture indienne. Et c'est Niska qui leur a tout appris de la forêt mais rien de la guerre.
    Niska la guérisseuse n'a pas la médecine pour soulager Xavier alors durant trois jours, pour ramener Neveu à la vie elle lui raconte l'histoire de la tribu, sa vie et les moments merveilleux qu'ils ont partagés ensemble. Saura-t-elle apaiser le combat intérieur que mène Xavier face aux évènements qui ont brisés son âme. On passe du silence feutré des montagnes enneigées aux bruits terrifiants des tirs, de la vision d'un original sorti de la forêt au spectacle effroyable de visages aux yeux vitreux, troués d'une balle.
    « Le chemin des âmes » est un conte aux notes sombres et lumineuses à la fois qui n'offrent guère de répit au lecteur, mais la nature et la guerre n'en laissent aucun aux personnages. C'est poétique et barbare à la fois, si atrocement cruel qu'il faut parfois faire de courtes pauses au cours de la lecture. C'est aussi une ode à la nature et aux grands espaces, une plongée dans la culture indienne malmenée par les blancs.
    C'est insoutenable, bouleversant et Joseph Boyden signe un premier roman magnifique d'authenticité et de force.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          4 43         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par belette2911, le 02 décembre 2012

    belette2911
    La Grande Guerre racontée par un survivant où par les mémoires d'un qui l'a fait, c'est assez courant dans la littérature.
    D'accord, mais par un indien Cree, ça l'est moins, non ? Ah, je sens que je viens d'éveiller une étincelle de curiosité dans vos yeux blasés.
    Ce roman - dont les qualificatifs me manquent pour vous dire à quel point je l'ai aimé - fut un véritable page turner dans mon cas.
    Attention, pas une frénésie qui vous fait tourner les pages dans le but de savoir la fin. Non ! Les pages se tournent lentement afin de se laisser déguster et que l'on puisse s'imprégner de l'atmosphère assez dense de ce roman.
    En fait, à un moment donné, vu le temps que j'avais passé à lire d'une traite, je me croyais bien plus loin dans la lecture. Et non, c'était tellement concentré que j'en avais lu moins que je ne le pensais.
    Oh, ne me faite pas dire ce que je n'ai pas écrit : le livre n'est pas touffu et indigeste ! Mais il est tellement prenant qu'on oublie tout.
    D'un côté, nous avons Xavier Bird (Neveu ou X), un jeune Amérindien qui rentre au Canada après avoir passé quatre années dans l'enfer des tranchées de celle que nous avons nommé "La Grande Guerre" .
    La tête basse, l'âme en peine, écorchée, le cœur broyé, une jambe en moins, ce jeune homme rentre seul : son ami d'enfance, Elijah, avec lequel il s'était engagé comme tireur d'élite est mort.

    Pourtant, une surprise de taille l'attend à la gare de Toronto : Niska, sa tante, vieille indienne Cree, se trouve sur le quai de la gare, afin de le ramener en canoë.
    Xavier la croyait morte, quand à elle, elle attendait Elijah car on lui avait dit que son neveu était mort.
    Entre nous, vu son état, il est quasi mort au sens "imagé" du terme car Xavier erre entre le monde des vivants et celui des morts, ayant goûté la médecine de l'homme blanc nommée "morphine" et qui fit des ravages parmi les soldats, dont Xavier et avant, Elijah.
    C'est cette putain de guerre qui a détruit son amitié avec Elijah et broyé leurs destinées. On sent bien que la morphine est plus un substitut à sa douleur "mentale" qu'à sa douleur "physique". Cela l'empêche de penser à ce qu'il s'est passé là-bas.

    Ce roman nous raconte donc (entre autre) la remontée du fleuve de Niska et son neveu, jusqu'au Nord de l'Ontario.
    Le voyage durera trois jours, trois jours au cours desquels sa tante cherchera à maintenir Xavier en vie afin de le sauver. Ces trois jours seront son voyage sur « Le chemin des âmes ».
    Ce que j'ai aimé dans cette lecture addictive, c'est le croisement de deux récits : celui de Xavier, quand il repense à la guerre, à son ami, à leur rencontre à l'orphelinat, à leur jeunesse insouciante... et le récit de Niska qui nous conte une partie de sa vie et des problèmes que rencontreront son peuple avec l'Homme Blanc !
    Pour ce qui est de la partie "dans les tranchées", j'ai courbé l'échine afin de ne pas me faire descendre, les balles sifflaient à mes oreilles, la boue collait à mes basques, les poux me dévoraient et les rats qui grouillaient autour de moi me dégoutaient (pourtant, je n'ai rien contre les rats).
    Récit flamboyant de la bêtise humaine (certains étaient heureux d'aller botter le cul des Fritz), des officiers qui donnent des ordres à la con puisqu'ils ne sont pas en première ligne, du fait que l'on apprend à des hommes à tuer, à s'entretuer et que l'on récompense ceux qui le font bien. Terrible.
    La descente aux Enfers de nos deux amis est tout aussi terrible et j'ai souffert en voyant Elijah s'enfoncer dans sa douce folie, laissant son ami désemparé, lui qui n'avait pas son éloquence, lui qui le voyait s'éloigner de lui au sens propre comme au figuré.
    Elijah aime la guerre, il aime tuer, Xavier pas...
    Pour ce qui est du récit de sa tante Niska... Ah, là, nous ne pouvons que saluer l'arrivée de l'Homme Blanc et de ses bienfaits rangés dans sa musette.
    Arrivant afin de "civiliser" tous ces païens, l'Homme Blanc les instruit, envoyant de force les enfants dans des écoles tenues pas des bonnes sœurs qui leurs inculqueront à grands coups de verge ou de cravache ce qu'est un Dieu, un vrai, et pas un Manitou de pacotille. Seul notre Dieu est le Vrai !
    Pour le même prix, l'Homme Blanc vous offre même le Fils de Dieu et le Saint-Esprit, ainsi qu'un calendrier avec 365 saints ! Non, pas les seins auxquels vous pensez, messieurs les sauvages.
    Vos enfants seront renommés et se verront offrir une vie merveilleuse au sein de l'internat, leur faisant oublier tous vos rituels de malade, faisant d'eux de futurs consommateurs capitalistes et de grands consommateurs d'alcool.
    En plus, ayant fait de votre "chez vous" son "chez lui", l'Homme Blanc vous dictera votre conduite afin de mieux vous aider.
    Ah, les bienfaits de la civilisation apportée par l'Homme Blanc !
    Pour ceux qui ne disposeraient pas du second degré, je précise que c'était de l'ironie, mon discours sur "les bienfaits de la civilisation apportée par l'Homme Blanc" !
    Ce genre d'horreur, commises par les colons sur les enfants indiens envoyés dans des orphelinats avec conversion à notre merveilleuse religion, j'en avais entendu parler dans une émission télévisée (Thalassa ? Envoyé Spécial ? Je ne sais plus) et j'avais été horrifiée par le traitement de barbare réservé à ses enfants, arraché de leur culture.
    C'est ainsi que l'on détruit un peuple, en détruisant sa culture...
    Tenez, voici un extrait de Niska sur la roublardise de l'Homme Blanc :
    "A l'époque où je suis née, les wemistikoshiw (les blancs) dépendaient encore de nous. Ils venaient à nous comme de petits enfants au potlatch.
    Quand l'hiver se faisait trop rude, nous leur donnions des fourrures à porter, de la viande séchée d'orignal pour leurs ventres vides. Au printemps, quand les mouches noires menaçaient de les rendre fous, nous leur apprenions à jeter dans leur feu le bois vert de l'épinette.
    Nous leur montrions où se cachaient les poissons dans la rivière, quand l'été devenait chaud ; comment piéger les nombreux castors sans mettre en fuite toute la colonie.
    Les Crees sont un peuple généreux. Comme les tiques des bois, les wemistikoshiw se collaient à nous, engraissant de saison en saison, jusqu'au jour où ce fut à nous de nous justifier devant eux."
    Et voilà ! Avec des mots simples mais forts, Niska nous livre une critique amère de ce que furent les colonisateurs de son peuple : des tiques !
    Son récit s'entremêle à celui de Xavier et on plonge tout entier dans ce roman, frémissant et frissonnant pour nos deux copains : Xavier et Elijah, livrés à cette grande boucherie humaine.
    Que furent leurs vies et leur enfance, comment en-est-on arrivé là... Petit à petit l'histoire se dévoile.
    Sans tomber dans le pathos, on a les larmes aux yeux sur la fin et c'est avec regret que j'ai refermé ce livre.
    C'est pour tout cela que ce livre m'a séduite directement et que je le conseille.

    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/12-romans-de-guerre/#2
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          3 32         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 02 décembre 2012

    litolff
    C'est, je crois, le livre qui m'a le plus marquée au cours de l'année 2009 : une magnifique écriture et une histoire extraordinaire !
    Un thème méconnu d'abord, celui des ces indiens Cree, partis avec les canadiens dans les tranchées en 14-18, "utilisés" pour leurs talents de chasseurs silencieux et de tireurs d'élite (histoire inspirée d'ailleurs de la vie d'Ojibwa Francis Pagahmagabow, héros indien de la Première Guerre Mondiale, dont il se dit qu'il aurait tué à lui seul plus de 300 soldats allemands) et parallèlement, l'histoire de ces mêmes indiens qui peu à peu perdent leur mode de vie millénaire pour échouer dans les villes ou dans les réserves.
    Un magnifique hymne à la nature, à la vie en forêt, aux traditions des indiens et une puissante réflexion sur la guerre . Joseph Boyden est un conteur hors-pair.
    A LIRE ABSOLUMENT !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 45         Page de la critique


Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 01 juillet 2014
    Après la lecture du chemin des âmes, cette maudite guerre revêt âprement son caractère mondial, se déleste entièrement de la rivalité franco-allemande à laquelle elle est souvent et maladroitement encore réduite, ouvre notre horizon de lecteur français, modifie un peu notre devoir de mémoire. Et c'est très bien.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

> voir toutes (51)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par latina, le 01 septembre 2012

    Il pleut sans discontinuer depuis des semaines : devant nous s'étend un champ de boue que dévastent des cratères pleins d'eau et de cadavres. Plus un arbre ou un buisson debout. (...)
    Pour quelle raison nous envoie-t-on ici? J'en arrive au stade où je ne m'explique plus rien, surtout pas les mobiles de ceux qui promènent les troupes d'un endroit à un autre, leur commandant de courir à leur mort.
    Je les hais pour ce qu'ils me font faire, mais je n'en parle pas; je laisse ma haine suppurer. (...)
    Il paraît que les blessés qu'on ne ramasse pas tout de suite se noient dans la boue.(...)
    Et toujours, la pluie qui tombe, les obus qui pilonnent, retournent le bourbier; c'est ma hantise : me retrouver blessé, agonisant, m'enfoncer là-dedans à jamais. Englouti. Porté disparu; et toi, Niska, qui m'attendrais des années.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 25         Page de la citation

  • Par Zazette97, le 24 mai 2011

    Je dirai aux anciens les choses étranges que j'ai vues, les aéroplanes qui montent très haut dans le ciel pour se mitrailler l'un l'autre, et les cadavres, tant de cadavres autour de nous qu'on ne les voit même plus gonfler sous la pluie, et cette rumeur à propos de petites bombes, pleines d'un gaz empoisonné qui brûle la gorge et les poumons, si bien qu'on s'étrangle et qu'on meurt dans de terribles souffrances, et les patrouilles, la nuit, quand on se faufile comme un renard pour aller réparer des fils de fer et nettoyer les cratères ennemis, et les obus, qui arrivent en sifflant de nulle part, un beau matin, pour arracher les bras, la tête, les jambes de l'homme auquel vous parliez la veille.
    Mais surtout, je dirai aux anciens comment, après un bombardement, la vie reprend son cours ordinaire, presque aussitôt, comment l'esprit ne tolère pas qu'on s'attarde sur l'horreur de la mort violente, car sinon l'on deviendrait fou.
    Et c'est pour ça qu'ils sont là, debout par petits groupes, à bavarder tout nus sans se soucier des filles de ferme belges qui les regardent de loin en gloussant, je dirai comment ils allument une cigarette les doigts encore sanglants du soldat qu'ils viennent d'enterrer, comment ils peuvent exulter quand un homme, dans son aéroplane, plonge à sa mort après avoir été criblé de balles.
    Comment ils peuvent accepter, sans ciller, l'exécution d'un des leurs, pour s'être assoupi durant le guet.
    Moi, je garde la tête sur les épaules en faisant des choses simples, les choses que mon corps sait faire. p.114
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la citation

  • Par latina, le 27 août 2012

    On nous faisait coucher dans de longues salles, sur des rangées de paillasses; et comme j'étais la plus grande et que je ne parlais qu'à peine leur langue, les soeurs me surveillaient de très près. Elles me tenaient à l'écart de ma soeur; elles ne voulaient pas que je touche à ce qu'elles avaient inculqué à Rabbit, que désormais elles appelaient Anne.
    Elles me tiraient du lit en pleine nuit pour me traîner dans une pièce aux lumières aveuglantes, où l'on me faisait répéter sans cesse les mêmes paroles jusqu'à les prononcer comme il falllait. Si j'étais surprise à parler ma langue, elles me frottaient l'intérieur de la bouche au savon et ne me donnaient rien à manger pendant des jours.
    Les petits, elles les corrigeaient à coups de verge, ou bien elles les forçaient à manger par terre, comme des chiens; mais quelque chose, dans mon regard, les retenait de s'y risquer avec moi.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 19         Page de la citation

  • Par Eric75, le 26 novembre 2012

    A l'époque où je suis née, les wemistikoshiw dépendaient encore de nous. Ils venaient à nous comme de petits enfants au potlatch. Quand l'hiver se faisait trop rude, nous leur donnions des fourrures à porter, de la viande séchée d'orignal pour leurs ventres vides. Au printemps, quand les mouches noires menaçaient de les rendre fous, nous leur apprenions à jeter dans leur feu le bois vert de l'épinette. Nous leur montrions où se cachaient les poissons dans la rivière, quand l'été devenait chaud ; comment piéger les nombreux castors sans mettre en fuite toute la colonie. Les Crees sont un peuple généreux. Comme les tiques des bois, les wemistikoshiw se collaient à nous, engraissant de saison en saison, jusqu'au jour où ce fut à nous de nous justifier devant eux.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la citation

  • Par kathy, le 24 février 2012

    Nous regardions les yeux de notre mère, au milieu de sa face hâlée, se plisser dans un rire; regardions notre père lui répondre d'un sourire. Il était le dernier grand conteur de notre clan. Mon père contait à voix basse : il fallait venir tout près pour entendre, si près que l'on sentait, dans ses cheveux, l'odeur fumée des lacets avec lesquels ma mère lui nouait ses nattes; L'odeur de son cou était comme le vent qui souffle au large de la Grande Baie Salée. Moi, j'imaginais qu'il tressait des histoires tout l'été, formant avec ses mots d'invisibles filets qu'il jetterait sur nous les longues nuits d'hiver, pour nous attraper, nous rassembler au fond de sa nasse, où l'on se tiendrait chaud. Et parfois, il n'y avait que ses histoires pour nous rattacher à la vie.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

> voir toutes (5)

Videos de Joseph Boyden

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Joseph Boyden


Dans le grand cercle du monde - Joseph Boyden
Après "Le chemin des âmes" et "Les saisons de la solitude" qui l'ont imposé parmi les grands écrivains canadiens contemporains, Joseph Boyden poursuit une œuvre ambitieuse. Situé dans...








Sur Amazon
à partir de :
6,59 € (neuf)
5,50 € (occasion)

   

Faire découvrir Le chemin des âmes par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (507)

> voir plus

Quiz