> Hugues Leroy (Traducteur)

ISBN : 2253119849
Éditeur : Le Livre de Poche (2008)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 96 notes) Ajouter à mes livres
1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d'Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre. A sa grande surprise, l'homme qui descend du train est son neveu Xavier qu'elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. P... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LUKE59, le 14 mai 2012

    LUKE59
    C'est probablement le roman le plus marquant parmi mes cinquante derniers lus! L' auteur nous livre une évocation inhabituelle de la " Grande Guerre " à travers les yeux de ces indiens du grand nord canadien qui , à l'instar des "Coloniaux ", Tirailleurs Sénégalais ou Spahis , ont été projetés sur un continent qui n' était pas le leur pour prendre part à un conflit qui n' était pas le leur.Ce fut un récit captivant, remarquablement documenté, avec des passages d' un réalisme et d' une cruauté parfois insoutenables, rappel, si besoin en était, que cette guerre fut une boucherie sans nom.
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 27 février 2012

    kathy
    1919. Xavier Bird, jeune Amérindien, rentre au Canada, après avoir passé quatre années dans l'enfer des tranchées de la Somme. Il rentre seul : son ami d'enfance, Elijah, avec lequel il s'était engagé comme tireur d'élite est mort.
    Niska, sa tante, vieille indienne Cree, l'attend à Toronto, sur le quai de la gare, afin de le ramener, en canoë.
    La remontée du fleuve, jusqu'au Nord de l'Ontario, durera trois jours : trois jours au cours desquels Xavier, malade, infirme et dépendant de la morphine, erre entre le monde des vivants et celui des morts. Trois jours au cours desquels Niska cherchera à maintenir Xavier en vie afin de le sauver – car la guerre a lacéré son amitié avec Elijah et broyé leurs destinées - pour le ramener sur « Le chemin des âmes ».
    Récit à deux voix : deux voix qui s'entrecroisent : - celle de Xavier, de retour de la guerre, qui nous confie son incompréhension, son impuissance, sa peur, devant l'horreur des combats et la folie des hommes ;
    - celle de Niska qui nous révèle les croyances et coutumes ancestrales d'une nation amérindienne chasseresse, et nomade ; nation, dont le refus d'une assimilation et d'une sédentarisation dans des réserves, est perçu avec dédain, curiosité, peur…
    Bref, une histoire poignante qui nous montre à la fois la fragilité et la force des hommes capables du Pire comme du Meilleur.
    Une réflexion sur notre propre humanité, ce qui la menace, ce qui peut nous la faire perdre.
    Une réflexion aussi sur la Renaissance Cree et la conduite vers le Chemin des Âmes ; car, sinon, comment guérir de l'Enfer quand on n'est plus qu'un fantôme brisé dans son âme ?
    Enfin, une réflexion sur l'engagement des amérindiens, de l'ethnie Cree, aux côtés des britanniques et des français dans les tranchées de la Grande Guerre et l'utilisation de leurs qualités de chasseurs et de guetteurs pour frapper dans le camp ennemi.
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 27 mars 2011

    lehane-fan
    L'on savait que la guerre tuait , si , si , mais pas que...
    Elle possede également la faculté de laminer les amitiés les plus profondes.
    Lorsque Niska , une vieille indienne , attend sur le quai d'une gare le retour d'Elijah , soldat "rescapé" de la guerre de 14 , c'est avec étonnement qu'elle voit apparaitre à sa place Xavier , son neveu qu'elle croyait disparu . Neveu méconnaissable , amputé d'une jambe et pas loin de lacher prise mais qu'elle se fait fort de ramener chez eux en canoé , periple de trois jours prenant des lors la forme d'un veritable recit initiatique pour Neveu et d'une veritable declaration d'amour empreinte de pudeur et de retenue pour Niska .
    Je pourrai facilement trouver une quantité d'adjectifs pour qualifier ce superbe roman mais le premier qui me vient à l'esprit est beau , tout simplement beau .
    A travers ces deux récits croisés , l'on va découvrir les parcours de ces trois indiens Cree , ballotés par la vie , convoités par la mort .
    Deux récits antagonistes puisque celui de Niska est empreint de lumiere , de vie , son but etant de souffler sur le peu de braises contenues en Neveu afin de raviver ce dernier , de purifier son ame de toutes ces exactions guerrieres . En un mot comme en cent : le faire renaitre ! Les souvenirs de Xavier (X , Neveu ) ne sont que regrets , desespoir , mort . Tout ce que peut charrier une guerre digne de ce nom .
    Si les souvenirs de Neveu constituent a juste titre un véritable plaidoyer anti-militariste , ceux de Niska sont une véritable ode a la nature , a un certain mode de vie en voie de disparition sous pretexte d'integration forcée !
    Xavier et Elijah , deux orphelins , se sont tres vite trouvés et ont grandi sous les yeux bienveillants de Niska qui finira par les recueillir . La vie n'est alors que douceur , le temps passé a chasser , s'amuser comme le font tous les indiens de leur age . le tournant décisif de ces trois existences : l'enrolement volontaire de ces deux graines de soldat dans l'armée Canadienne afin d'aller décimer du teuton en Europe , France et Belgique plus précisement . Niska sera desormais vouée a une vie d'ermite ponctuée çà et là de rencontres plus ou moins heureuses . Quand aux deux amis inséparables , ils feront l'apprentissage de la guerre et de son tombereau inhérent d'horreurs ...Leur spécialité : éclaireur et tireur d'élite ! Ils se livreront au départ a une rivalité bon enfant jusqu'à ce que l'un d'entre eux ne devienne morphinomane , élément déclencheur de cette amitié fusionnelle qui se délitera peu à peu , de ce sentiment d'amour se muant au rythme de ces prises de morphine en jalousie puis en haine .
    Autre point fort , cette incroyable faculté qu'a l'auteur de nous immerger dans le quotidien de ces soldats déracinés. Avec eux , l'on decouvre la guerre et son quotidien fait d'attente , de faim , de peur , de disparitions aussi soudaines que douloureuses...
    La couverture de ce déchirant recit est tout a fait evocatrice : ce canoé a moitié englouti , cet homme , desormais seul , n'ayant pour horizon que la grisaille , peut-etre nu , symbole de cette perte d'identité culturelle et sociale .Perdu a jamais ? A vous de le découvrir...
    Le chemin des ames saura toucher la votre...
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par steppe, le 26 février 2012

    steppe
    Déjà beaucoup de critiques pour ce livre.... Je ne vais donc pas m'étendre, juste dire à quel point cette plongée dans la guerre, les tranchées, les soldats sacrifiés, leur quotidien fait de boue et de sang sont ici dépeints avec un réalisme à couper le souffle... Un quotidien rouge et meurtrier des hommes, des illusions et d'une amitié.... Pas fan des romans de guerre,
    j'ai plongé tête et coeur tout entiers dans ce récit à deux voix (celles de Niska et Xavier), l'histoire de deux Indiens déracinés volontairement et jetés dans l'horreur des batailles...
    Le voyage de retour vers son foyer en compagnie de Niska, sa tante, qui raconte son enfance et son peuple, le souvenir de la guerre et sa blessure profonde : C'est Xavier, héros bouleversant, déchiré par son passé, ruiné par la guerre...
    Avec des mots simple mais une écriture qui va droit au coeur, Joseph Boyden nous embarque dans un voyage hallucinant, obsédant...
    A noter, la connaissance de l'auteur des mœurs et légendes Indiennes. On a souvent droit à des choses très fantaisistes et inexactes en la matière... Là, Boyden, connaît son sujet et nous emmène avec Xavier sur les traces des Crees, de leur histoire et de leur mode de vie... Toujours avec force et émotion.
    J'ai commencé cette lecture en avalant page après page, en galopant, puis, arrivée aux deux tiers, j'ai ralenti, sentant la fin venir sans toutefois m'y résoudre... J'ai dégusté les dernières phrases, me suis imprégnée des derniers pas de ce voyage, et me suis accordé, une fois arrivée à la fin, le temps de souffler un peu avant de choisir une autre lecture...
    Car oui, comme beaucoup le disent ici, on ne sort pas indemne d'un tel parcours, on s'attarde longtemps après avoir tourné la dernière page et on se surprends à en relire quelques lignes par ci par là, tant a été dur l'adieu à Niska et Neveu...
    Joseph Boyden me fait encore de l'œil du haut de ma PAL avec "Les saisons de la solitude" mais si le voyage est aussi dévorant, et poignant et douloureux que celui du "Chemin des Âmes", alors, je vais attendre un peu... le temps de me remettre de cette plongée traumatisante dans l'âme de la guerre et de ses soldats, le temps d'oublier un peu ce vide effrayant laissé par Niska et Neveu et Elijah.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ellcrys, le 18 mai 2010

    Ellcrys
    J'ai terminé cette lecture il y a deux jours, mais le roman m'a tellement ému et habité, que je n'ai pas pu écrire mon avis, ou même lire un autre livre avant aujourd'hui. Tout d'abord, je tiens à dire que ce livre est mon premier coup de coeur de l'année 2010. Dès les premières lignes j'ai pénétré un monde que je ne connaissais pas : celui des indiens Crees et celui des canadiens pendant la première gerre mondiale en France. La plume, magnifique, intense de l'auteur, Joseph Boyden m'a tout simplement ému au plus au point. Je tremblais, j'avais peur, je pleurais, je rêvais...
    Parlons d'abord des moments se déroulant au Canada, en compagnie de Niska, la tante de Xavier, Elijah et Xavier lui-même. J'ai été éblouïe par la manière de vivre de Niska, par son courage, sa force, sa gentillesse. Niska vit comme le faisait ses ancêtres, au contact de la nature, en totale respect avec elle. Beaucoup de scène m'ont touchées et certaines m'ont mise mal à l'aise, notament le racisme des "blancs" envers les amérindiens... Je n'arrive pas à comprendre le mépris de ces personnes urbanisées, pour un peuple passionnant. Ensuite vint les épisodes se passant en France, en compagnie de Xavier et d'Elijah. Ces passages sont horriblement difficile car l'auteur colle au plus près de l'horreur que vivaient les soldats dans les tranchées. J'entendais dans mes oreilles siffler les balles, les obus, je sentais l'odeur de la mort, de la souffrance, la morsure des poux. J'ai découvert que beaucoup de soldat, pour supporter l'enfer dans lequel ils étaient plongés, étaient devenus morphinomane. Certains malgré cela, ne pouvait échapper à une certaine folie, qui nous guette, nous aussi, dans ces pages.
    Ce qui m'a beaucoup intéressé dans ce roman magnifique, c'est le fait de voir, de sentir, de vivre la première guerre mondiale, les tranchées du regard d'amériendiens et aussi de connaitre un peu plus la culture de ce peuple passionnant. J'ai été émue par la vie de Niska. Et la scène dans l'internat, quand elle est jeune fille, avec le moment où elle se coupe les cheveux m'a vraiment touchée, j'en ai pleuré, j'ai été écoeuré de la manière dont ces femmes, traitaient les jeunes amérindiens... Joseph Boyden nous montre effectivement les choses, sans montrer de jugement, c'est important. Son roman est tout simplement passionnant.
    Le chemin des âmes est donc un livre difficile mais magnifiquement écrit. Passionnant pour ce qu'il nous montre ou nous apprend. Je peux vous assurer que ce livre est beau, très beau. Je vous en supplie, lisez-le, vous ne regretterez pas !
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Citations et extraits

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  • Par LUKE59, le 15 mai 2012

    La folie, c' est d' abord de nous envoyer aux tranchées. La folie, c' est de nous apprendre à tuer ; c' est de récompenser ceux qui le font bien.(p361)
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  • Par LUKE59, le 14 mai 2012

    Chacun se bat sur deux fronts à la fois, l' un contre l' ennemi, l' autre contre ce que nous faisons à l' ennemi.(p338)
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  • Par LUKE59, le 14 mai 2012

    Couchés à l' affût, des jours entiers, nous guettons nos cibles. Nous sommes après des officiers.../...Thomson nous a dit un jour qu' on a pas de mal à les repérer : ce sont les seuls qui ne fassent rien pendant que les autres bossent.
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  • Par Zazette97, le 24 mai 2011

    Je dirai aux anciens les choses étranges que j'ai vues, les aéroplanes qui montent très haut dans le ciel pour se mitrailler l'un l'autre, et les cadavres, tant de cadavres autour de nous qu'on ne les voit même plus gonfler sous la pluie, et cette rumeur à propos de petites bombes, pleines d'un gaz empoisonné qui brûle la gorge et les poumons, si bien qu'on s'étrangle et qu'on meurt dans de terribles souffrances, et les patrouilles, la nuit, quand on se faufile comme un renard pour aller réparer des fils de fer et nettoyer les cratères ennemis, et les obus, qui arrivent en sifflant de nulle part, un beau matin, pour arracher les bras, la tête, les jambes de l'homme auquel vous parliez la veille.
    Mais surtout, je dirai aux anciens comment, après un bombardement, la vie reprend son cours ordinaire, presque aussitôt, comment l'esprit ne tolère pas qu'on s'attarde sur l'horreur de la mort violente, car sinon l'on deviendrait fou.
    Et c'est pour ça qu'ils sont là, debout par petits groupes, à bavarder tout nus sans se soucier des filles de ferme belges qui les regardent de loin en gloussant, je dirai comment ils allument une cigarette les doigts encore sanglants du soldat qu'ils viennent d'enterrer, comment ils peuvent exulter quand un homme, dans son aéroplane, plonge à sa mort après avoir été criblé de balles.
    Comment ils peuvent accepter, sans ciller, l'exécution d'un des leurs, pour s'être assoupi durant le guet.
    Moi, je garde la tête sur les épaules en faisant des choses simples, les choses que mon corps sait faire. p.114
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  • Par kathy, le 24 février 2012

    Nous regardions les yeux de notre mère, au milieu de sa face hâlée, se plisser dans un rire; regardions notre père lui répondre d'un sourire. Il était le dernier grand conteur de notre clan. Mon père contait à voix basse : il fallait venir tout près pour entendre, si près que l'on sentait, dans ses cheveux, l'odeur fumée des lacets avec lesquels ma mère lui nouait ses nattes; L'odeur de son cou était comme le vent qui souffle au large de la Grande Baie Salée. Moi, j'imaginais qu'il tressait des histoires tout l'été, formant avec ses mots d'invisibles filets qu'il jetterait sur nous les longues nuits d'hiver, pour nous attraper, nous rassembler au fond de sa nasse, où l'on se tiendrait chaud. Et parfois, il n'y avait que ses histoires pour nous rattacher à la vie.
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Le chemin des âmes de Joseph Boyden au Livre de Poche .
Ce n'est pas un livre qui vous laisse indemme, c'est un livre qui parle de la guerre, du déchirement et malgré cela, c'est un livre suffisamment universel pour toucher un public très hétérogène.http://www.livredepoche.com/livre-de-poche-3119849-joseph-boyden-le-chemin-des-ames.html








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