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> Michel Lederer (Traducteur)

ISBN : 2226193995
Éditeur : Albin Michel (2009)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 133 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Salué par Jim Harrison, Le Chemin des âmes, premier roman aussi ambitieux qu'obsédant, a révélé Joseph Boyden comme l'un des meilleurs écrivains canadiens.

Les Saisons de la solitude reprennent la trame de cette oeuvre puissante, entremêlant deux voix et ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 05 mai 2012

    nadejda
    Dans «Le chemin des âmes», précédent roman de Joseph Boyden, c'est Niska la tante qui ramène à la vie son neveu Xavier, revenu de l'enfer de la guerre de 14-18 sans Elijah, l'ami avec lequel il s'est engagé pour participer aux combats en France, où ils se trouveront sur la terrible Crête de Vimy près de Lens, où périrent 60.000 canadiens.
    «Les saisons de la solitude» nous fait partager l'échange silencieux entre Annie, nièce de Will Bird, qui parle à son oncle pour le sortir du coma dans lequel il demeure depuis une agression. Will Bird est le fils de Xavier du chemin des âmes.
    Et tous deux, nièce et oncle, remontent les pistes qui les ont menés là où ils en sont. Tous les deux sont des chasseurs, des trappeurs qui aiment la vie solitaire dans la nature. Ils en connaissent les codes. Quand ils sont confrontés à la vie dans les villes, dans notre monde ils perdent leur identité. 
Annie part sur les traces de sa soeur Suzanne qui a quitté sa famille pour être mannequin et dont elle et sa mère sont sans nouvelles. La piste suivie par Annie qui va la mener de Toronto à Manhattan, dans un milieu trouble, rejoindra celle de son oncle Will Bird confronté lui-aussi à la violence.
    Violence de Gus Netmaker ami de Suzanne et de son frère Marius, «un être malfaisant qui a introduit le mal au sein de notre communauté, une illusion qui s'oppose à notre spiritualité et à nos traditions, une illusion qui promet une liberté inatteignable» p 167
    Ce roman est celui du choc entre deux mondes, deux civilisations l'indienne tout en intuition et qui a conservé, ou tente de le faire, ce lien des âmes, entre hommes, plantes et animaux, attentifs au moindre mouvement, glissement entre intérieur et extérieur et le monde des blancs. Les indiens vivent encore, pour certains d'entre eux, en symbiose avec leur milieu contrairement aux blancs qui, eux, ont perdu ces contacts subtils ou préfèrent les ignorer. Quand ils entrent en contact avec «notre monde» ils se trouvent désemparés, souffrent et l'alcool et la drogue prennent le relais de leurs traditions. 
Perdant pied, ils croient retrouver, par l'usage de ces deux succédanés, leur pouvoir magique, leur vol à travers l'espace et le temps, dans le monde des esprits de leurs ancêtres. Mais c'est en retrouvant une vie simple proche de la nature au sein de leur clan qu'ils peuvent tenter de préserver un équilibre harmonieux.
    «La vie dans la forêt est simple. Répétitive. Mon père savait qu'il n'y avait que trois choses indispensables dans les bois. du feu, un abri et de la nourriture. On consacre chaque instant à les rechercher, ou à y penser.» p 245
    «Je marquais le passage des jours par des encoches dans une souche, mais comme tant d'autres choses, cela ne satisfaisait guère mon imagination, et j'ai fini par me lasser. Qui a besoin du calendrier de l'homme blanc quand on a le soleil, la lune et les étoiles ?» p 252
    Ce roman tout en étant très prenant n'atteint pas la force du «Chemin des âmes» mais cela reste une lecture que l'on n'oublie pas. Il faut lire les deux.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 23 janvier 2012

    lehane-fan
    Un Boyden , ça va ! Deux Boyden , le manque se fait déjà sentir ! Ça commence à ressembler à de l'addiction profonde là ! le Chemin Des Ames m'avait enthousiasmé , Les saisons de la solitude vient conforter une premiere impression deja flatteuse...
    Jeune ecrivain Canadien né en 1966 , Boyden d'origine Irlandaise , Ecossaise et Indienne signera coup sur coup trois romans magistraux , véritables hommages au peuple Cree et témoignages du rapport à la nature qui se délite au contact " bienfaisant " de l'homme blanc...
    Moonsonee , petite ville du Canada . Will git sur un lit d'hopital , victime d'une énieme agression , plongé dans un coma profond . A ses cotés , Annie , sa niece , de retour de la grande ville afin de veiller sur cet oncle qui les a élevé elle et sa soeur Suzanne , et de maintenir tant bien que mal ce lien ténu qui le raccroche à la vie .
    De ce postulat de départ , l'auteur nous délivre un somptueux roman à deux voix . Deux confessions étourdissantes de la part de Will ( et son subconscient ) et d'Annie visant à exorciser un passé qui les poursuit et les hante viscéralement . Annie , sur les conseils de sa meilleure amie Eva , infirmiere de son état , instaurera avec son oncle un rituel journalier consistant à lui narrer oralement par le menu ses diverses et infructueuses tentatives pour retrouver Suzanne , sa jeune soeur ayant fui la communauté Cree avec Gus pour répondre aux appels tentateurs de la grande ville , promesses d'un avenir forcément meilleur ! La famille de Gus nourrira , des lors , un ressentiment proche de la haine aupres de la famille d'Annie en général et de Will en particulier ! Marius , véritable cauchemar ambulant , ne manquera jamais une occasion de le harceler , de le meurtrir . L'acrimonie suinte , le drame est désormais inévitable .
    Annie , assistée de son ange gardien Gordon , SDF muet et mystique rencontré en chemin , aura le meme parcours météorique que sa soeur cadette . Fraichement débarquée à New-York , elle se lancera également dans le mannequinat et se noiera dans ces fausses amitiés , ces faux semblants , cet alcool et cette drogue omniprésents , signes factices d'une réussite non moins illusoire . Boyden , par ce biais , opposera deux modes de vie que tout sépare . Une ville aseptisée déifiant l'argent à une nature sauvage glorifiant les valeurs ancestrales ! le choc est frontal et violent mais loin d'etre ininteressant !
    Parallement à ce récit , Will se dévoilera comme jamais . Affirmant son amour immodéré pour sa famille , ses racines et hélas un alcool omniprésent , source d'autant de drames irréparables ! Lui et ses deux potes passent alors leur temps à chasser , boire , contempler une nature qui ne cesse de les émerveiller , boire , faire face aux exactions toujours plus blessantes de Marius , boire...On l'aura compris , si la piccole était un sport olympique , nul doute que ces trois rigolos décrocheraient les trois premieres places , haut la pinte ! Un alcool destructeur , autant sur le plan familial qu'identitaire . Devenu sédentaire , le Cree semble désormais s'éloigner de ce qui fut son héritage familial , son rapport à la nature et ses bienfaits . Un évenement que je ne peux que taire poussera Will à s'éxiler quelques mois , renouant ainsi avec le mode de vie de ses aieuls et offrant alors au lecteur quelques chapitres d'une beauté saisissante ! Boyden écrit simplement mais tel un Cyrano de la plume , à la fin , il touche au coeur ! le lecteur en prend plein l'affect ! le récit sonne juste . L'émotion , sans verser dans le lacrymal , est de tous les instants !
    Deux personnages centraux , deux récits poignants et épiques au service d'une saga familiale intimiste et touchante . Des sujets forts tels que la vengeance , la rédemption , la recherche d'un ailleurs prometteur mais totalement chimérique . Une nature magnifiée qui vous donne envie de prendre illico presto votre billet pour le Canada ! Mais pas avec Costa Croisiere étonnament ; ) .
    Les saisons de la solitude ont soufflé le chaud et le froid , il ne me reste plus qu'à me rendre Là-haut vers le Nord...Il se dégage de ce périple un souffle puissant , unique...Ouvrez-vous à ces grands espaces sublimés dont Boyden en est désormais un des narrateurs incontournable !
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    • Livres 5.00/5
    Par LUKE59, le 11 mars 2012

    LUKE59
    A travers ce destin familial étalé sur trois générations, l'auteur nous fait découvrir le triste sort réservé à ce peuple amérindien oublié du grand nord canadien.Ce récit poignant à deux voix fait subir au lecteur une véritable douche écossaise, du fait de ce va-et-vient incessant entre deux univers diamétralement opposés; à savoir, d' un côté , la vie au temps ralenti, simple et rude des lointaines forêts canadiennes, et de l' autre, le rythme trépidant des grandes métropoles telles que Toronto ou New-York - la nature sauvage et l' isolement propice à l' introspection face au vacarme des boîtes de nuit, à la futilité du milieu branché de la mode.Seuls points communs entre ces deux mondes: la violence, l' alcool et la drogue.J' ai totalement adhéré à ce récit engagé, ces personnages forts et attachants, avec une préférence pour les très beaux passages dans lesquels Will Bird se retrouve seul face à une nature hostile , des moments qui m' ont rappelé des scènes de Into the wild ou du documentaire: le dernier trappeur .Je compte naturellement incrire à mon pense-bête d' autres titres de cet auteur remarquable et découvert grâce aux lecteurs de Babelio.
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    • Livres 4.00/5
    Par spleen, le 14 mars 2013

    spleen
    C'est avec une petite appréhension que j'ai abordé ce deuxième roman de Joseph Boyden: comme un rendez-vous amoureux après l'éblouissement de la première rencontre, le coup de cœur allait -il se renouveler ?
    Le canevas est du même type, monologue à deux voix entre un ancien l'Oncle Will, le fils de Xavier Bird dont nous avions suivi le retour au pays après l'enfer des tranchées dans Le chemin des âmes et Annie, la nièce , jeune femme à la recherche de sa sœur Suzanne.
    Moins poignant que le roman précèdent car il manque la dimension douloureuse et épique du vécu d'un conflit mondial , celui-ci rentre peut-être plus profondément dans l'ambiguïté de la vie de ces indiens, arrachés à leur tradition par l'irruption de la civilisation moderne mais plongés dans ce que cette même civilisation peut apporter de plus pervers , la dépendance à l'alcool pour Will et la superficialité d'une vie pseudo-mondaine dans le milieu de la mode avec la drogue, l'argent facile , la réussite fulgurante qui précède la chute inattendue et brutale, tout cela mêlé aux milieux louches et aux trafics en tout genre .
    Avec brio, Joseph Boyden arrive à montrer imperceptiblement ,l'incroyable capacité de ce peuple alors que tout contribue à leur faire perdre leur âme à se ressourcer en retrouvant les gestes ancestraux: il est étonnant de voir Annie passer des feux des projecteurs et des flashs des photos à la traque des castors en hiver,et de suivre le combat de Will plongé dans le coma pour survivre; qui peut réaliser de tels exploits en dehors d'humains au caractère forgé par des générations d'hommes vaillants ?
    Les personnages, principaux comme secondaires sont une nouvelle fois attachants , sauf les méchants qui le sont vraiment !
    Tout cela avec tact et pudeur dans un style fluide et élégant.
    Donc j'applaudis l'artiste et réclame un bis (en fait plutôt un ter )...
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    • Livres 4.00/5
    Par indira95, le 24 septembre 2013

    indira95
    Avides de dépaysement, vous recherchez un échappatoire à votre morne quotidien ? Courrez de ce pas auprès de votre libraire et plongez-vous dans Les saisons de la solitude de Joseph Boyden. Il est ici question de grands espaces sauvages, d'une bouffée d'air pur qui ne pourront que vous enchanter.
    Les saisons de la solitude est le récit à deux voix d'un oncle et de sa nièce, Indiens Crees d'une petite ville perdue aux confins du nord canadien. Will, pilote et chasseur, vieux loup alcoolique et solitaire dans le coma suite à une agression, entame une introspection de sa vie et des événements ayant conduit au drame. A son chevet Annie, sa nièce, tente de le maintenir à la surface en lui contant le récit de sa fuite vers la grande ville, à la recherche de sa sœur Suzanne ayant elle-aussi succombé aux attraits de la "civilisation". Ce dialogue entre deux générations si différentes suit la trame d'une longue confession mutuelle qui brasse secrets et regrets.
    Joseph Boyden entremêle, d'une écrire simple et poétique, sans fard ni détour, les thèmes du fossé des générations et de la pérennité d'un mode de vie ancestral, celui des indiens Crees. de manière plus générale, son roman aborde la lourde question de la difficile intégration des Indiens du Canada. Isolés, souvent rejetés, ils sont sujets aux fléaux que sont l'alcoolisme et la drogue, abandonnés à leur sort dans la lente décrépitude d'un habitat, en perte de repères. Annie, jeune femme rebelle, à l'instar de sa sœur Suzanne, incarne cette génération qui aspire aux mirages d'une vie trépidante et intense, quitte à s'y brûler les ailes. Will quant à lui, incarne cette vieille génération souvent désabusée, qui essaye de maintenir en l'état un semblant de mode de vie et de tradition, la vie simple en communion avec les richesses qu'offre la nature.
    Joseph Boyden est un incroyable conteur que j'avais déjà eu l'occasion de découvrir avec Le chemin des âmes. Son texte déborde d'une humanité et d'une empathie qui ne cèdent jamais à la mièvrerie ni à la facilité. D'origine indienne, l'auteur nous livre avec beaucoup d'émotion et de finesse, sa déclaration d'amour à son peuple et à ses légendes, à ces sublimes contrées sauvages indemnes de toute empreinte humaine.
    Je n'ai qu'un mot à dire : laissez-vous emporter par Les saisons de la solitude, enfilez votre plus belle parka et votre plus seyant bonnet de laine, chaussez les raquettes, vous ne le regretterez pas !

    Lien : http://livreetcompagnie.over-blog.com/
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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 05 août 2012

    Quand il ne restait plus de Pepsi pour mon whisky, mes nièces, il y avait toujours du soda. Pas de soda ? Il y avait l'eau de la rivière. L'eau de la rivière est légère, un peu entre les deux. Et l'eau de la Moose River est froide. Froide comme la vie entre deux couleurs. Comme la vie dans cet endroit. Quand le whisky était du Crown Royal, l'eau brune de la Moose River faisait un très, très bon mélange. Vous savez que j'étais un pilote de la forêt. Le meilleur. Mais le meilleur doit avoir des accidents. Et j'en ai eu, moi. Trois.
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  • Par ssab, le 01 mai 2012

    Quand je suis devenu pilote de la forêt, mon père a été bouleversé comme je ne l'avais jamais vu. Il n'était pas du genre à me dire ce que je devais ou ne devais pas faire. Il appartenait à la vieille école. Il observait avec attention, mais de loin. Construire un askihkan pour s'abriter durant l'hiver. Couper du bois. Poser un collet pour les lapins. Chaque fois que nous étions dans la forêt, je ne le quittais pas des yeux. Il ne donnait son avis que si je le lui demandais. Les souvenirs que j'ai de nous deux, c'est comme regarder un de ces vieux films muets. Le silence, mais un silence qui m'enveloppait comme d'une couverture.
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  • Par LUKE59, le 13 mars 2012

    L' orignal gisait sur le flanc, une jeune femelle. Elle saignait et vivait encore. Les jambes tremblantes sous le coup de l' excitation de la chasse, j' ai sauté à bas de mon canoë. Elle a fixé sur moi ses grands yeux et soulevé sa tête lourde.../...La première balle aurait sans doute suffit.../...La seconde balle? Une horreur. Elle lui avait déchiré le ventre , l' étripant à moitié. L' orignal a ouvert la bouche, sa longue langue violette rouge de sang, puis elle a poussé un cri qui a remué quelque chose dans ma poitrine.(p385)
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  • Par LUKE59, le 13 mars 2012

    Mon père me disait donc que dans la forêt, je devais me consacrer en priorité à trouver de quoi manger, de quoi faire du feu et de quoi me construire un bon abri. Il y avait une chose qu' il ne mentionnait pas : le manque de compagnie.../...Je me surprenais parfois à parler tout seul, ou aux arbres, ou encore à un lapin ou à une truite que j' avais attrapés,...(p267)

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  • Par litolff, le 02 novembre 2010

    Il faut que je vous livre un secret. Un seul pour l’instant. Mais c’est celui qui fait le plus mal. Ton grand-père, Annie, désirait avoir le don des visions que tu as, mais il ne l’a eu qu’en partie. Par contre, il ne voulait pas avoir ce que tu as toi, Suzanne, ta beauté, ton charisme, ou du moins il ne s’en souciait pas. Moi, en revanche, je voulais ce que vous, les filles, vous avez. Je voulais tout. Je m’imaginais sous les traits d’un chef d’autrefois, guidant mon peuple en des temps troublés, photographié comme Sitting Bull, le profil altier symbole de sagesse. Or, vos dons, je ne les ai pas eus. Ou alors, peut-être un petit peu. Pas assez.
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