> Bernard Turle (Traducteur)

ISBN : 2246745616
Éditeur : Grasset (2010)


Note moyenne : 3.54/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
En 1932, un jeune Japonais, Tadashi Sato, étudiant en architecture, arrive dans une immense propriété du nom mythique de Taliesin, perdue au fin fond de la campagne du Wisconsin. C’est là que réside le plus grand architecte du siècle, auprès duquel Tadashi vient de se f... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Chaplum, le 19 novembre 2011

    Chaplum
    En 1932, Tadashi Sato traverse le Wisconsin au volant de sa flamboyante Bearcat jaune en direction de Taliesin, propriété immense et sorte de communauté construite par le célèbre architecte Frank Lloyd Wright. Tadashi, lui-même étudiant en architecture, réalise son rêve de devenir l'apprenti de Wrieto-San, comme l'appellent les japonais. Mais il ignore ce qu'il va devoir affronter dans la fondation Taliesin, loin d'une école ordinaire. Entre les tâches domestiques et l'apprentissage, il découvrira que Frank Lloyd Wright mène une vie de luxe, avec les créanciers sans cesse à sa porte, mais surtout que ses moeurs suscitent le scandale à travers le pays … Quelques années plus tard, le jeune japonais, aidé de son beau-fils irlandais, décide de rendre hommage aux femmes qui ont traversé la vie de Wright.
    Après avoir beaucoup aimé Loving Frank de Nancy Horan qui racontait la passion tumultueuse entre l'architecte et Mamah Borthwick, j'ai eu envie de lire ce roman que T.C. Boyle dédiait aux femmes que Frank Wright avait aimé, et pas seulement Mamah. J'ai donc eu envie d'approfondir le sujet, et d'en savoir plus sur cet homme passionné, au caractère ombrageux et qui n'hésitait pas à provoquer et affronter les foudres de la société bien pensante, que ce soit au nom de son art ou de ses amours.
    T.C. Boyle a choisi le parti pris de la biographie fictionnalisée, et n'hésite donc pas à prendre des libertés complétement assumées. Contrairement à Nancy Horan, qui avait réalisé un travail beaucoup plus journalistique et ambitieux, nous sommes ici dans un véritable roman mettant en scène des personnages qui ont existé et reprenant de véritables événements. Pour le reste, l'auteur reconnaît certaines lacunes et ce n'est pas plus mal. Car là où Loving Frank pouvait être parfois indigeste, Les femmes ne l'est jamais, malgré ses 700 pages (pour la version du Livre de poche) L'auteur n'aborde d'ailleurs pratiquement pas l'architecture de manière théorique, ce qui alourdissait considérablement Loving Frank.
    Le romancier a d'ailleurs choisi une construction et une approche pour le moins originale de son récit. le narrateur en est un japonais qui dans les années 30 a été l'apprenti du célèbre Frank Lloyd Wright et qui évoque, en chaque début de partie, son séjour à Taliesin. Cela permet à Boyle d'insérer de nombreuses notes de bas de pages, tantôt éclairantes, tantôt drôles sur les différences entre japonais et américains. le plus étonnant est que le narrateur choisit de raconter les aventures amoureuses de Wrieto-San à rebours, en commençant par sa dernière épouse, Olgivanna, qu'il avait rencontré alors qu'il était encore marié à Myriam. La seconde partie est consacrée à cette dernière alors que la troisième parle de Mamah Borthwick, la femme pour qui il a abandonné sa première épouse, mère de ses six enfants et pour qui il a construit Taliesin. Mais si ce choix d'aborder la vie de Wright à l'envers semble curieuse d'un premier abord, elle apparaît rapidement judicieuse et astucieuse tant le romancier maîtrise la narration.
    J'ai beaucoup aimé ce roman, surtout les deux premières parties. J'ai vraiment adhéré aux choix de l'auteur donc je viens de parler mais aussi à son écriture, riche et fluide. Je ne pense pas m'arrêter là dans la découverte de son œuvre. Par contre, j'ai eu plus de mal avec la troisième partie, vu que je connaissais l'histoire, de par ma lecture de Loving Frank, et que après 500 pages de la vie de Frank Lloyd Wright, je me serais bien passée de ces redites. Mais évidemment, ce n'est pas la faute de l'auteur.
    En discutant avec mes deux co-lectrices, je me suis aperçue qu'elles avaient eu du mal avec la deuxième partie à cause du caractère tumultueux de Myriam. Il est vrai que cette femme est particulièrement insupportable. Mais l'architecte l'est tout autant et je suis d'ailleurs surprise du parti pris de Boyle qui le rend finalement plutôt effacé par rapport aux femmes. Dans Loving Frank, son caractère apparaissait bien plus tranché et impétueux. Mais sans doute est-ce dû au fait que ce roman est dédié aux femmes que Wright a aimé et non à lui.
    Une excellente lecture et la découverte d'un nouvel écrivain américain avec lequel je n'en resterai pas là.

    Lien : http://www.chaplum.com/les-femmes-de-t-c-boyle-5695
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 19 novembre 2011

    Zazette97
    Publié aux USA en 2009 et traduit en français l'année plus tard, "Les femmes" est un roman de l'écrivain américain T.C Boyle, également auteur des romans "America" ou "Talk Talk" ou plus récemment du recueil de nouvelles "L'enfant sauvage".
    "Les femmes" nous emmène à Taliesin, domaine situé dans le Wisconsin, lequel appartenait à l'architecte américain Frank Lloyd Wright, célèbre pour son approche organique de l'architecture comme pour ses frasques amoureuses.
    Haut-lieu de la vie conjugale de Wright, Taliesin sera le théâtre de nombreux conflits opposant Frank aux femmes qui partagèrent sa vie et le rempart contre les multiples invasions de la presse qui juge d'un oeil sévère les moeurs de l'homme.
    C'est dans cet endroit d'une beauté audacieuse que le jeune apprenti Tadashi Sato fera ses premières armes auprès de Wright.
    Bien des années plus tard, il retrace le chemin de vie de cet homme ô combien déconcertant.
    En marge de l'immense passion vouée à son métier, Frank Lloyd Wright était également connu pour être un grand collectionneur de textiles, gravures, paravents, sculptures, poteries (autant de pièces qui lui servirent souvent de monnaie d'échange pour éponger ses dettes) mais aussi de femmes !
    Après avoir quitté son épouse Kitty et leurs 6 enfants, il vivra quelques temps avec Mamah qui devait être la femme de sa vie mais qui trouva la mort dans le premier incendie de Taliesin.
    L'année suivante signe sa rencontre avec Miriam, femme sanguine dont l'obstination lui donnera bien du fil à retordre au moment de la séparation.
    Il faut dire qu'en l'absence de celle-ci, un enfant a été conçu avec une autre femme, Olgivanna, qui tout comme Mamah avant elle, devra accepter de passer pour une gouvernante afin de calmer les médias.
    Frank Wright passa une bonne partie de sa vie en exil ou cloitré à Taliesin en attendant des jours meilleurs, travaillant à longueur de journée dans son atelier tandis que sa compagne du moment et ses apprentis faisaient tourner le domaine du maître.
    Sacré bonhomme que cet homme-là ! Avare, constamment endetté (et à juste titre surnommé "Frank l'Ardoise") mais toujours capable de ressources insoupçonnées quand il le fallait, Wright apparaît comme un homme soucieux du qu'en dira-t-on mais uniquement lorsque celui-ci tourne à son avantage.
    Séducteur et chaleureux avec Les femmes, il savait se faire aimer d'elles et les installer dans son domaine en maîtresses de maison corvéables à souhait.
    Au diable les tensions puisqu'il pouvait toujours s'absenter inopinément pour un quelconque chantier...
    Même chose pour ses apprentis qui, après s'être acquittés d'une somme conséquente, disposaient du droit de séjourner à Taliesin sous la férule du maître comme de celui d'éplucher ses patates...
    Si Boyle dresse un regard chaleureux sur l'architecte et ses créations en totale communion avec la nature, l'ironie est certes bien présente dans la voix de ce jeune narrateur faussement naïf quand il s'agit d'évoquer l'homme et l'époux, particulièrement dans les notes de bas de pages qui m'ont décoché plus d'un sourire !
    J'ai particulièrement aimé les descriptions vivantes du domaine de Taliesin, personnage à part entière abritant les humeurs de ses pensionnaires, un lieu qu'il me plairait de visiter un jour.
    Si j'ai été émue par les portraits de Mamah et Olgivanna, deux femmes dociles et impressionnables acceptant sans cesse son autorité, j'ai vraiment été excédée par l'hystérie et le manque de dignité de Miriam dont les interventions se voulaient sans cesse reléguées par une presse voyeuriste et inquisitrice (merci l'époque) !
    Tout chez elle m'horripilait, de sa façon de critiquer sans arrêt tout et tout le monde depuis le premier jour à son acharnement dans les multiples attaques portées à son mari pour violation du Mann Act, banqueroute volontaire, adultère, "aliénation d'affection" et j'en passe.
    Il faut dire que Wright a le don de susciter l'admiration comme la rancoeur ! En tant que femme, génie ou pas, j'aurais débarrassé le plancher vite fait...
    Malgré mon engouement pour ce roman, j'ai tout de même souffert de quelques longueurs s'agissant du mal de mer de Wright (on le saura!), des périodes d'exil avec ses femmes et des discussions y afférant, un peu comme si toutes ces situations s'avéraient interchangeables.
    Mais n'était-ce pas finalement le seul mode de vie connu de Frank Wright ? Une existence faite de dettes, de tensions, de séparations, de secrets ?
    Olgivanna, Miriam, Mamah, autant de femmes et de chapitres qui s'entrecroisent dans ce roman remarquable de précision pour dévoiler la face cachée, intime du génie.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/11/les-femmes-tc-boyle.html
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    • Livres 3.00/5
    Par valou076, le 21 mars 2012

    valou076
    Comment ça je n'ai pas donné de critique à ce livre...ah ben non...je corrige donc !
    Il y a quelques mois, je me plongeais dans l'histoire de l'architecte Franck Lloyd Wright, et cela pour la deuxième fois, après la lecture de "Loving Franck", de Nancy Horan.
    Ici, TC Boyle, retrace le parcours amoureux de cet homme hors normes, contre les conventions, tant dnas le domaine de l'architecture que sur les "bonnes moeurs" imposées en société...
    Le livre se décline en trois parties,, une par femme...la deuxième est éxécrable, et allonge le temps de lecture tant elle est indigeste...globalement un bon livre, avec une préférence néanmoins pour le roman de Nancy Horan...

    Lien : http://lesquotidiennesdeval.over-blog.com/article-franck-lloyd-wrigh..
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    • Livres 3.00/5
    Par aureliececile, le 05 mai 2011

    aureliececile
    Intéressant, bien écrit mais un peu long. Je vais attendre un peu pour lire "Loving Frank".
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    • Livres 3.00/5
    Par Readingintherain, le 23 octobre 2011

    Readingintherain
    [...]Je suis entrée dans ce roman avec énormément de plaisir et, si je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai été passionnée en permanence, j'ai vraiment apprécié la majorité de cette histoire compliquée qui fait intervenir de nombreux personnages historiques.[...]

    Lien : http://www.readingintherain.com/2011/10/les-femmes-t-c-boyle/
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 19 novembre 2011

    Les draps pesaient sur Olgivanna comme une pierre tombale. Elle ne s'était jamais sentie aussi lasse. "C'est pourtant ta femme, Frank. Comment est-ce possible ? Comment as-tu pu l'aimer ?"
    Il ne vint pas à elle, ne lui prit pas la main, ne lui passa pas le bras autour de la taille, ne lui caressa pas les cheveux pour les tirer en arrière afin qu'ils ne lui tombent plus sur le visage : non, il continua de faire les cent pas, et la question, la question de l'amour, ici et maintenant, resta en suspens. Tout à coup, la chambre parut rétrécir, rapetisser.
    Olgivanna eut l'impression de se trouver dans une cellule de prison, mais qui était le geôlier? Lui. C'était Frank. p.144
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  • Par Zazette97, le 19 novembre 2011

    Il paraissait toujours entretenir une relation conflictuelle avec ses clients, devant lesquels il avait la sensation de devoir s'abaisser pour pouvoir pratiquer son art. Il les "blousait" donc avec des surcoûts et leur réclamait avances sur avances : qu'à cela ne tienne, il jugeait que ce n'était que son dû.
    Inutile de préciser qu'il abandonnait ces gens et les projets avec eux, qu'il n'avait aucune intention de compléter hormis par procuration.
    Comment dit-on, déjà ? Prends le fric et barre-toi ? p.543
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  • Par Zazette97, le 19 novembre 2011

    Personne ne devrait vivre dans une maison de poupée, personne. Or si une femme devient mère sans connaître le vertige de l'amour, elle ressent la maternité comme une dégradation; car ni enfant ni mariage ni amour ne lui suffit, seul le grand amour peut la satisfaire. Or, où était son grand amour ? Où se trouvait son âme soeur ? A Oak Park. Il l'attendait. p.535
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  • Par Zazette97, le 19 novembre 2011

    Trois maîtresses, trois Taliesin. On ne peut qu'imaginer ce qu'Olgivanna dut ressentir face à cette lignée. Compte tenu de son éducation, elle devait certainement connaître la biographie d'Henri VIII d'Angleterre. p.105
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Videos de T.C. Boyle

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Vidéo de T.C. Boyle

Les carnets de route, François Busnel, France 5, épisode 7/7, 26/04/2012
Rencontre avec T. C. Boyle
Decouvrir une autre Amerique a travers le regard de ses ecrivains, voila ce que propose Francois Busnel, une fois par mois, avec ces 'Carnets de route'. Sept emissions de rencontres, de surprises et d'emerveillements, mais aussi d'interrogations et parfois meme de critiques impitoyables.
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