Brad-Pitt Deuchfalh a 15 ans lorsqu ‘il débute son blog en 2005, et comme beaucoup de jeunes de son âge, il raconte sa vie, ses potes, sa famille, mais surtout ses emmerdes. Rien de bien différent du premier skyblog venu. Simplement entre humour potache et bons mots sur fonds de trips acnéïques et d ‘éducation main droite, l ‘auteur développe un côté trash candide qui fait mouche et le propulse du statut lambda au phénomène buzzable.
Transposé dans un livre édité par M6 éditions et illustré par
Diego Aranega, le blog de Brad est partout : presse, télévision, radio et bien entendu, internet. On frôle l ‘orgie médiatique, et à éplucher le blog, ses liens commerciaux et ses échanges de visibilité à droite à gauche, on sent venir le produit marketing 100% pur buzz et surtout l ‘imposture littéraire.
Imposture, imposture, c ‘est un bien grand mot me direz-vous. Il suffit de se pencher sur le cas de JT Leroy, pour se rendre compte que d ‘une part, ça n ‘a rien de nouveau, mais surtout qu ‘aujourd ‘hui le background de l ‘auteur participe autant que l ‘histoire qu ‘il raconte au succès d ‘un livre comme le souligne
Colin Bateman repris par Stephen Brown dans son livre consacré au succès d ‘Harry Potter :
"Le succès commercial d ‘un livre repose de plus en plus sur des auteurs qui non seulement savent raconter des histoires, mais qui sont en plus eux-mêmes une histoire à part entière. La beauté, l ‘infirmité, la notoriété, la célébrité ou l ‘infamie (et idéalement les cinq en même temps) sont aussi nécessaires aujourd ‘hui qu ‘une prose limpide, des métaphores brillantes ou des rebondissements saisissants."
Au delà de l ‘histoire, au delà du personnage ce qui moi m ‘intéresse finalement, c ‘est cette approche très particulière et virale de la promotion et de la mise en scène du livre.
Contrairement au Petit Nicolas ou à Titeuf enfermés dans leurs histoires et leurs univers respectif, le blog de
Brad Pitt Deuchfalh offre la possibilité au lecteur de nouer une relation forte avec cet « ado presque comme lui » dont il suit quotidiennement les aventures. Mieux encore, il en devient aussi réel qu ‘un autre de ses camarades de classe puisqu ‘il peut échanger des commentaires avec lui. le rapport affectif avec le personnage s ‘en trouve renforcé et prépare le terrain pour le livre qui une fois sorti aura déjà potentiellement (l ‘acte d ‘achat reste à faire), un lectorat acquis à sa cause.
Bien entendu, Titeuf et le Petit Nicolas sont des personnages qui se sont installés sur la longueur, là où le blog de Brad Pitt ressemble plus à un « coup » médiatique. Simplement, il s ‘agit selon moi d ‘un « cas pratique » intéressant à l ‘heure o๠la promotion du livre s ‘intéresse de plus en plus à internet, et surtout dans la perspective (certes relativement lointaine) du livre électronique. Une nouvelle faà§on d ‘envisager les contenus/histoires et les rapports qu ‘elles entretiennent avec leurs lecteurs.
Lien : http://monsieur-o.fr/2008/03/07/la-vie-rocambolesque-et-insignifiant..