Cela fait quelques jours maintenant que j'ai fini ce roman (c'est pour cela qu'il ne fait pas partie de mon Opération Sauvetage de PAL) et je suis toujours sous le charme. Depuis que je suis petite et, que j'ai commencé à lire, je suis passionnée par l'histoire, les contes et légendes. J'aime particulièrement les légendes celtiques, bretonne et donc cette légende arthurienne.
Ici,
Marion Zimmer Bradley nous emporte dans cette légende, mais sous l'angle de vue des femmes. Ici, les personnages principaux ne sont pas les chevaliers de la Table Ronde, mais plutôt Viviane, Ygerne, Guenièvre, Morgause et plus particulièrement Morgane.
J'ai trouvé cette façon de "voir" la légende arthurienne très intéressante et, même si l'auteur est parfois taxée de l'étiquette de féministe écrasant les hommes, je n'ai pas trouvé cela vrai, ici et au contraire, j'ai trouvé que l'angle abordée apportait véritablement quelques choses.
Ce combat, perdu d'avance, entre les croyances celtes et la nouvelle religion (la religion catholique) a toujours été intense, mais là, sous le regard des femmes, il prend une autre dimension. Les femmes de ce premier opus sont des battantes et, malgré le fait qu'elle sache que leur croyance est voué à l'oubli, elles continuent à se démener, à mettre en place des stratégies, pouvant sauvegarder, un tant soit peu, leur conviction.
Morgane n'est pas présenté, ici, comme la sorcière, la magicienne, que l'on connait habituellement. Dans ce tome, Morgane est une femme de son temps, qui doit faire face à bien des changements, à des bouleversements. Ceci, me fait penser à ce que nous vivons aujourd'hui, tous les bouleversements que nous connaissons et qui entraîne notre société à changer. Morgane a peu de cet avenir qui oubli ce qu'à été les croyances celtiques... Elle a peur de l'inconnue et se bat, avec les autres héroïnes, pour qu'un semblant de coutume soit conservé.
Ici, la relation entre Arthur, Guenièvre et notre cher Lancelot est encore plus intense que dans le texte de Chrétien de Troyes ou de
Jean Markale. Guenièvre est tiraillée entre deux amours... Nous suivons intensément ses gestes, ses décisions et cet triangularité laisse présager une lecture passionnante des tomes suivants.
Concernant la légende en elle-même, je l'ai trouvé tout à fait conforme à ce qu'elle est. Certains disent que
Marion Zimmer Bradley a complètement dénaturé la légende d'origine. Je n'ai pas trouvé, au contraire, elle s'appuie sur une autre vision, un autre côté de l'histoire. Et ça n'en ai que plus passionnant. En tous cas, en ce qui me concerne, j'ai complètement adhéré à cette vision féminine de la légende arthurienne et, je n'ai qu'un envie c'est de lire la suite !
L'auteur a un style très beau, poétique. La plume sait ce faire douce ou au contraire, par moment, plus dur, plus écrasante. A la lecture de ce tome, j'avais vraiment l'impression de livre un ouvrage historique et pas seulement une légende, un roman de fantasy.
Tout m'a plus dans sa manière d'abordé les choses, de décrire ce qui se passait. Je buvais littéralement la plume de l'auteur, m'en nourrissant, m'en délectant.
Vous l'aurez compris (du moins j'espère) en me lisant que j'ai eu un vrai coup de cœur pour ce premier opus et que je compte bien lire la suite rapidement.
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