ISBN : 2350130355
Éditeur : Jean-Claude Gawsewitch (2005)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu'on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d'années ce qui fut l'un des ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par aventuriers, le 01 novembre 2007

    aventuriers
    Pour que nos clients soient de bons soldats aux ordres de la grande distribution, encore faut-il qu'ils soient éduqués de la bonne manière. C'est-à-dire qu'ils ne doivent pas pouvoir se poser les bonnes questions.
    Dans son ouvrage "La fabrique du Crétin", Jean-Paul Brighelli, en dehors de son analyse de l'éducation scolaire, expose de façon brillante de quelle façon l'avènement concomitant de l'ultra-libéralisme et du libertarisme post-soixante-huitard a habilement décervelé ce que l'économiste de la pensée dominante appelle le "consommacteur" : "il s'agissait, cette fois, de formater l'individu dont l'économie moderne avait, paraît-il, besoin : un être sans passé, sans histoire, sans bases. Un epsilon polyvalent, comme aurait dit Huxley, susceptible de passer, sans protester, de CDD en intérim et en ANPE. Un crétin, taillable et corvéable à merci, au nez duquel on agiterait le chiffon rouge des trois millions de chômeurs qui, peu ou prou, sont nécessaires à la parfaite obéissance des travailleurs intérimaires.
    Tiraillée entre utopistes et opportunistes, l'école avait bien peu de chance de s'en sortir. le système a produit ce qui lui était nécessaire : une main-d'œuvre bon marché, mise en concurrence avec un sous-prolétariat exotique (est-européen, dans la version plus purement CEE du projet), formée à une tâche précise, et surtout, débarrassée de la culture globale qui lui permettait, jadis, d'analyser le système, de se représenter dans ce système - et, in fine, de le critiquer".
    Bien sur, ce monsieur Brighelli est décrié par une bonne partie de ses collègues enseignants : les syndicats n'aiment pas quand le loup entre dans la bergerie. Les bien pensants de l'Education Nationale aiment brûler les sorciers qui sortent du cadre !
    Notre "prof" ne nous en voudra pas si nous citons Guy de Maupassant : "Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude". In Solitude
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    • Livres 4.00/5
    Par Colonel, le 29 octobre 2010

    Colonel
    Assez édifiant...
    Le niveau d'un bac des années 60 n'est aujourd'hui atteint qu'à bac+3.
    Le volume d'heures d'apprentissage, premier facteur de succès de l'apprentissage, est en constante chute.
    Ces heures sont remplacées par des activités non scolaires et, pour ceux qui le peuvent, par des cours privés.
    On favorise l'apprentissage de compétences étriquées au détriment de la culture générale qui seule est capable de mettre en capacité de penser de manière critique. Nos gamins étudient les textes pour eux-mêmes, au delà de leur fond. Ainsi on retrouve au même plan une coupure de presse et un texte de Mallarmé.
    ... et bien d'autres encore.
    La dégradation n'est pas un hasard ou une conséquence de quelque fait : elle est voulue.
    Le rôle de la fabrique du crétin (l'école du système libéral) n'est pas d'éduquer des citoyens critiques mais de satisfaire l'outil de production, et favoriser au passage la reproduction sociale (étanchéité des classes).
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    • Livres 5.00/5
    Par jcnb68, le 20 septembre 2011

    jcnb68

    Voici un livre compte rendu, grave. de part le sujet traité (l'état du système d'enseignement en France), et du fait des conclusions qui en sont tirées.
    En revanche, le ton est ironique, voir humoristique. Normal, lorsque le constat est monstrueux jusqu'au paroxysme, il ne reste que l'humour pour pouvoir l'exprimer.
    L'auteur, un prof avec plus de 30 ans d'expérience dans l'enseignement en France (je dis en France et pas français) nous parle de la catastrophe qui s'est abattue sur le système depuis les 30 dernières années.
    Et je dis ; comme par hasard, juste après la chute du système communiste en ex URSS. Donc juste après le dernier rempart contre la dernière ligne droite de la mondialisation.
    Les états ne représentent plus aucun danger les uns pour les autres.
    À quoi bon à ce moment là éduquer tout un peuple pour faire concurrence à la progéniture des élites de la gouvernance mondiale.
    Vous avez déjà vu un fils de haut responsable politique ou économique au chômage, vous ?
    Pourquoi se tireraient-ils des balles sur leurs chaussures faites sur mesure ?
    Dans cet essai l'auteur va bien au-delà d'une critique sur le système éducatif. Il nous dit une vérité toute simple : le monde est une compétition truquée dans lequel les meilleurs ne passent pas toujours la ligne d'arrivée en tête, bien au contraire.
    Ce n'est ni nouveau ni original.
    Il suffit d'observer l'état de la planète pour s'en convaincre.
    Je comprends également, que dans un monde de crétins, l'intelligence représente un terrible danger, et pour ceux qui en font preuve, et pour ceux qui lui font face.
    La solution ?
    À vous de trouver !
    Toutefois, pour ceux que l'intelligence n'effraie pas, il est un livre qui ne devrait pas les décevoir.
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    • Livres 3.00/5
    Par meyeleb, le 09 août 2011

    meyeleb
    Plus que jamais d'actualité, cet ouvrage explique très bien comment, de réforme en réforme, on a déconstruit (pour ne pas dire détruit) tout le système scolaire.
    Actuellement, on ferme des classes pour surcharger les autres. On ferme des postes d'enseignants pour faire faire des heure supp' aux autres ou les remplacer par des vacataires non formés et mal payés, au final pour faire des économies. On remplace des heures de matières fondamentales de l'ancien programme par des heures de n'importe quoi sous couvert de noms ronflants... La liste serait longue...
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    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 29 janvier 2011

    Eric75019
    Un cri d'alarme, déprimant et sans la moindre note d'optimisme, sauf peut-être dans le chapitre final qui tente d'apporter quelques solutions en lesquelles l'auteur ne semble pas croire lui-même. Comment ne pas reconnaître que certaines des affirmations, mêmes caricaturales, ne sont que les constats parfaitement vérifiables d'une série d'échecs de l'enseignement en France depuis 30 ans : baisse générale de niveau dans toutes les matières, simplification des manuels scolaires, montée de la frustration et de la violence, erreurs de diagnostic et stratégie suicidaire des nouveaux pédagogues... L'idée principale sous-entendue par cet essai est la suivante : la "Fabrique du Crétin" serait le résultat d'une conspiration programmée et cynique des élites capitalistes souhaitant la baisse générale du niveau de l'enseignement, la fin de l'ascenseur social, la mise au pas des populations "d'origine modeste" que l'on souhaite cantonner à des sous-tâches mal payées, afin de garantir la pérennisation de la caste des nantis et des puissants qui sont les seuls à conserver l'accès à la culture et à l'apprentissage (via des établissements pratiquant "les anciennes méthodes d'éducation") et donc au pouvoir.
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Citations et extraits

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  • Par jcnb68, le 16 septembre 2011

    Une classe ouvrière parfaitement dépourvue de tout moyen de s'insurger. Ajoutez encore le décervelage concocté par les médias qui pataugent entre médiocre et minable, et le tableau est complet. Plus personne ne peut même manifester sa mauvaise humeur. Trente ans de réformes habiles ont répudié l'intelligence.
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  • Par jcnb68, le 16 septembre 2011

    On n'a pas besoin de beaucoup d'idées lorsqu'on en tient une bonne : on a orchestré la baisse de niveau en interdisant tout simplement de faire apprendre. L'apprentissage doit désormais venir de l'élève - qui, avouons-le, lorgne plutôt par la fenêtre, et n'attend que la récréation. Plus rien ne permet de lui imposer un savoir : l'esclavage habilement fabriqué jouit de son ignorance, et s'insurge même contre les fauteurs de trouble -
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  • Par jcnb68, le 16 septembre 2011

    Alors, autant régler tout de suite une question simple dont on a voulu faire un problème : l'élève n'est pas en classe pour " s'exprimer". Il est là pour écouter, apprendre et prendre des notes.
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  • Par jcnb68, le 16 septembre 2011

    (J'ai dit " Instituteur ". Pardon : on dit désormais " Professeur des écoles " - un peu comme les Basses-Alpes sont devenues Alpes-de-Haute-Provence, ce qui change évidemment tout.)
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