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ISBN : 2350130355
Éditeur : Jean-Claude Gawsewitch (2005)


Note moyenne : 3.34/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu'on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d'années ce qui fut l'un des ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par rkhettaoui, le 24 mai 2012

    rkhettaoui
    Heureusement qu'il ait eu "la fabrique du crétin " que je considère comme une suite allégorique de la vérité, à l'oeuvre de Daniel Pennac " Chagrin d'école" imprégné du reste d'un langage abscons , à travers duquel je restais pourtant sur ma faim
    Ce que voulait Daniel Pennac atteindre à travers " Chagrin d'école" au sujet de sa "cancrerie" est en quelque sorte une forme de louange susurrant , mis en quarantaine
    et en filigrane , Brighelli a outrepassé cette cadence jugée insuffisante et non appropriée , en le claironnant tout simplement
    Cet illustre normalien , ce personnage d'une trempe clairvoyante ne se décontenancerait pas pour les critiques , dénigrement et propension au verbiage de certains responsables et autorité qui l'accuse de virulence et d'user de propos outrancier
    Fervent défenseur de l'école républicaine , l'auteur , par le truchement de ce magnifique opuscule , tira la sonnette d'alarme pour endiguer la déconfiture totale de l'école actuelle , celle qui excellait dans la fabrique du " crétin " préviligiant à bon escient , ce terme précis , synonyme d'une réalité quand bien même dérangeante
    Usant d'un constat consternant aboutissant à un diagnostic établi à partir de données palpables , l'auteur a décelé certaines imperfections , lacunes criardes vécues au quotidien par les écoliers , collégiens et lycéens et préconise à leurs encontres des remèdes absolutionistes, sans modesties, bien qu'ils ne générassent pas de miracles mais qui pourraient amenuiser efficacement les dégâts
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    • Livres 4.00/5
    Par Colonel, le 29 octobre 2010

    Colonel
    Assez édifiant...
    Le niveau d'un bac des années 60 n'est aujourd'hui atteint qu'à bac+3.
    Le volume d'heures d'apprentissage, premier facteur de succès de l'apprentissage, est en constante chute.
    Ces heures sont remplacées par des activités non scolaires et, pour ceux qui le peuvent, par des cours privés.
    On favorise l'apprentissage de compétences étriquées au détriment de la culture générale qui seule est capable de mettre en capacité de penser de manière critique. Nos gamins étudient les textes pour eux-mêmes, au delà de leur fond. Ainsi on retrouve au même plan une coupure de presse et un texte de Mallarmé.
    ... et bien d'autres encore.
    La dégradation n'est pas un hasard ou une conséquence de quelque fait : elle est voulue.
    Le rôle de la fabrique du crétin (l'école du système libéral) n'est pas d'éduquer des citoyens critiques mais de satisfaire l'outil de production, et favoriser au passage la reproduction sociale (étanchéité des classes).
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    • Livres 4.00/5
    Par aventuriers, le 01 novembre 2007

    aventuriers
    Pour que nos clients soient de bons soldats aux ordres de la grande distribution, encore faut-il qu'ils soient éduqués de la bonne manière. C'est-à-dire qu'ils ne doivent pas pouvoir se poser les bonnes questions.
    Dans son ouvrage "La fabrique du Crétin", Jean-Paul Brighelli, en dehors de son analyse de l'éducation scolaire, expose de façon brillante de quelle façon l'avènement concomitant de l'ultra-libéralisme et du libertarisme post-soixante-huitard a habilement décervelé ce que l'économiste de la pensée dominante appelle le "consommacteur" : "il s'agissait, cette fois, de formater l'individu dont l'économie moderne avait, paraît-il, besoin : un être sans passé, sans histoire, sans bases. Un epsilon polyvalent, comme aurait dit Huxley, susceptible de passer, sans protester, de CDD en intérim et en ANPE. Un crétin, taillable et corvéable à merci, au nez duquel on agiterait le chiffon rouge des trois millions de chômeurs qui, peu ou prou, sont nécessaires à la parfaite obéissance des travailleurs intérimaires.
    Tiraillée entre utopistes et opportunistes, l'école avait bien peu de chance de s'en sortir. le système a produit ce qui lui était nécessaire : une main-d'œuvre bon marché, mise en concurrence avec un sous-prolétariat exotique (est-européen, dans la version plus purement CEE du projet), formée à une tâche précise, et surtout, débarrassée de la culture globale qui lui permettait, jadis, d'analyser le système, de se représenter dans ce système - et, in fine, de le critiquer".
    Bien sur, ce monsieur Brighelli est décrié par une bonne partie de ses collègues enseignants : les syndicats n'aiment pas quand le loup entre dans la bergerie. Les bien pensants de l'Education Nationale aiment brûler les sorciers qui sortent du cadre !
    Notre "prof" ne nous en voudra pas si nous citons Guy de Maupassant : "Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude". In Solitude
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    • Livres 5.00/5
    Par Iboo, le 05 août 2012

    Iboo
    Il ne fait aucun doute que cette analyse risque de déranger un certain nombre de personnes confortablement vautrées dans leur suffisante insuffisance.
    J.P. Brighelli, éminent professeur de français, a développé et argumenté avec une compétence indiscutable une théorie que je m'étais déjà forgée en réfléchissant sur ce sujet qui me tient à coeur. A la différence que, lui, a la maîtrise pour exposer ce qu'il avance et ses convictions ne relèvent pas d'un simple ressenti mais d'une réelle expérience.
    Certes, il ne donne pas dans le "politiquement correct" et son analyse est sans concession mais c'est grâce à des personnes de sa trempe que l'on peut espérer qu'un jour les consciences se réveilleront.
    Même si je crains qu'il ne soit pas "entendu" et que nous allions tout droit dans le mur. On y est presque d'ailleurs...
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    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 29 janvier 2011

    Eric75019
    Un cri d'alarme, déprimant et sans la moindre note d'optimisme, sauf peut-être dans le chapitre final qui tente d'apporter quelques solutions en lesquelles l'auteur ne semble pas croire lui-même. Comment ne pas reconnaître que certaines des affirmations, mêmes caricaturales, ne sont que les constats parfaitement vérifiables d'une série d'échecs de l'enseignement en France depuis 30 ans : baisse générale de niveau dans toutes les matières, simplification des manuels scolaires, montée de la frustration et de la violence, erreurs de diagnostic et stratégie suicidaire des nouveaux pédagogues... L'idée principale sous-entendue par cet essai est la suivante : la "Fabrique du Crétin" serait le résultat d'une conspiration programmée et cynique des élites capitalistes souhaitant la baisse générale du niveau de l'enseignement, la fin de l'ascenseur social, la mise au pas des populations "d'origine modeste" que l'on souhaite cantonner à des sous-tâches mal payées, afin de garantir la pérennisation de la caste des nantis et des puissants qui sont les seuls à conserver l'accès à la culture et à l'apprentissage (via des établissements pratiquant "les anciennes méthodes d'éducation") et donc au pouvoir.
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Citations et extraits

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  • Par Under_The_Moon, le 23 décembre 2012

    Moins ils en savent, plus facilement ils seront taillables et corvéables à merci. Ajoutez à cela le poids psychologique des CDD, qui ont tendance à se généraliser, les facilités faites aux entreprises pour licencier ou délocaliser, et vous obtenez ce que nous avons aujourd'hui : une classe ouvrière parfaitement dépourvue de tout moyen de s'insurger.
    (...) - parce que l'intelligence est moins l'adaptation que la contestation. (...) : on a orchestré la baisse de niveau en interdisant tout simplement de faire apprendre. (...)
    Avec l'aval de l'institution, puisque l'élève est plus important que l'enseignant. La spontanéité érigée en dogme est le plus beau facteur d'aliénation moderne.

    (...) On s'est contenté de remplacer le travail par le ludique. C'est un procédé vieux comme le monde, pour s'assujettir les consciences, et les couper de toute revendication.
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  • Par Iboo, le 20 septembre 2012

    Evidemment, le nouvel enseignant issu d'un IUFM niçois et balancé en première nomination dans la banlieue de Valenciennes n'est pas formé à cela. On lui a déconseillé l'encyclopédisme. On lui interdit la culture - la sienne. "Mettez-vous plutôt à l'écoute de leur culture... Etudiez le rap... Travaillez NTM..."

    (...) Proposer à ces enfants de travailler sur leur "culture" c'est les mépriser. Suggérer qu'il serait dangereux (?) de décortiquer avec eux les guerres coloniales, ou inutile de leur expliquer la démocratie athénienne, c'est criminel. Leur conseiller de lire exclusivement des oeuvres courtes, c'est les humilier.
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  • Par Iboo, le 09 septembre 2012

    En coupant les jeunes de la culture, on les a confinés dans le ghetto d'une langue raréfiée, où les quelques mots subsistants sont affublés de tous les sémantismes en même temps. "C'est géant / c'est nul" : entre ces deux jugements, toute la gamme intermédiaire - tout ce qui permet d'affiner la pensée - a disparu.

    (...) Les inventions verbales, dans ce contexte d'appauvrissement général, ne témoignent nullement de la vigueur de la langue, mais de son extinction. Le mot branché (chébran, bléca, ce que vous voulez) est l'argot d'une secte, d'un gang, d'un clan. II n'enrichit pas la langue, il entérine l'exclusion.
    Les jeunes n'ont plus les mots pour organiser ne serait-ce qu'un embryon de pensée.
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  • Par Iboo, le 09 septembre 2012

    Ce qui je reproche au crétin grenellien, quel que soit son niveau de responsabilité, d'irresponsabilité, ce n'est pas son ambition. Chacun a le droit de la placer où il le souhaite. Ce n'est pas non plus le scoutisme un peu ballot qui lui sert en général de philosophie. Ce que je lui reproche, c'est d'avoir cassé le formidable ascenseur social qu'était l'école de la République.

    Moi, fils de facteur, j'ai autorité à le dire, à le proclamer... Sans l'école républicaine, celle de l'égalité des chances, je serais encore, comme mes aïeux, au cul des vaches. Certes c'était dur, l'école, le collège, le lycée des années 60. Les petits-bourgeois ne nous faisaient pas de cadeau. Mais une fois qu'on avait franchi la porte de l'établissement, une fois qu'on avait pris ses marques sur l'impitoyable terrain de la compétition scolaire, des examens et des concours, on se sentait enfin à égalité avec les rejetons des classes sociales supérieures. Et pour nous, c'était une question de survie. Tu tombais, tu ne redoublais pas, tu te retrouvais apprenti boucher.
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  • Par Iboo, le 09 septembre 2012

    Les didacticiens contemporains s'accommoderaient assez d'une langue réduite à 800 mots, comme le "basic english" que l'Angleterre apprenait à ses serviteurs indigènes, du temps de l'Empire. Même souci, même punition : il s'agit aujourd'hui de former les manoeuvres de l'Europe future - et 800 mots sont bien suffisants pour obéir... et se taire.

    Bernard Lecherbonnier, dans son récent ouvrage (Pourquoi veulent-ils tuer le français ?) remarque avec une certaine ironie que 800 mots, ce n'est jamais que quatre fois le vocabulaire d'un berger allemand bien dressé. Et il s'agit effectivement de dresser les futurs disqualifiés du libéralisme sauvage.

    (...) Prolo tu es né, prolo tu resteras - et si possible deviendras, car nous n'avons pas besoin de toi au sommet. Culture d'héritiers frileux, qui ne cherchent qu'à se préserver.

    (...) Car c'est bien de valets qu'ils ont besoin, là-haut. Alors on condamne des enfants à la faute perpétuelle, d'abord en leur apprenant à lire selon des méthodes dont on sait, depuis trente ans, qu'elles génèrent une clientèle massive pour les orthophonistes, puis en leur autorisant les graphies phonétiques, sanction logique de leur incompétence programmée. Le Crétin formaté par les contempteurs de l'orthographe n'aura plus même les moyens d'écrire aux prud'hommes pour protester contre son licenciement.
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