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ISBN : 225303570X
Éditeur : Le Livre de Poche (1985)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'expédition conduite par Erik Larson à l'intérieur du continent sud-africain se termine par un désastre : le guide se suicide, les porteurs s'enfuient, les deux Blancs qui l'avaient conçue meurent.
Elisabeth Larson reste seule survivante, au milieu de l'immense ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Ancolie, le 09 juillet 2013

    Ancolie
    L’auteur s’inspire d’un fait divers du 18e siècle pour construire son roman.
    En avril 1749, l’expédition menée par un explorateur suédois Erik Larsson dans des terres sauvages sud-africaines connaît des revers. Suicide du guide, disparition des porteurs, vols de leurs équipements et enfin, décès de Larsson. Seule une personne survit : son épouse Elisabeth. En février 1751, elle revient au Cap en compagnie d’un esclave en fuite, Adam Mantoor. Aucune trace ne subsiste dans les archives sur ce qui s’est passé entre Elisabeth et Adam. Un trou que l’auteur va combler en restant fidèle aux conventions de l’époque et en entremêlant des thèmes qui lui sont chers : amour, liberté, place des femmes dans la société et regard sans complaisance sur l’esclavage.
    Dès le début, nous connaissons les aboutissants de la survie d’Adam et Elisabeth. Dramatiques et si prévoyants. Connaître la fin n’empêche pas de découvrir avec plaisir et suspense l’intrigue imaginée par André Brink.
    Elisabeth et Adam survivent donc pendant près de deux ans dans le veld avec comme objectif de rejoindre Le Cap. Entre ces deux êtres que beaucoup séparent va naître une attirance, une passion sans cesse remise en question par l’un et par l’autre. Elle est blanche, il est noir. Elle est de la haute société, il est esclave. Elle est cultivée, il est ignorant. Elle est libre (croit-il), il est en fuite. Leur relation, malgré les élans passionnels, n’est jamais idéalisée. Ces deux années représentent une étrange expérience faite de douleurs et d’amour suspendue dans le temps et l’espace. C’est une parenthèse dans laquelle chacun se révèle à lui-même plus qu’à l’autre.
    L’auteur s’est emparé de cette histoire avec brio. L’écriture nous emporte dans la nature sauvage africaine. On entend les cris des oiseaux, le rugissement du vent qui balaye tout sur son passage. J’ai été captivée par la relation entre les personnages, par leurs caractères et leurs difficultés à s’ouvrir à autre chose que ce à quoi ils étaient destinés. « Immobiles, ensemble, nous voyageons plus intensément que nous ne l’avons jamais fait. Qui es-tu ? Je n’ai jamais connu personne comme je te connais, toi. Tu m’es pourtant complètement étranger. » Un beau roman empli d’humanité et de soif de liberté.
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    • Livres 4.00/5
    Par Bellonzo, le 26 décembre 2012

    Bellonzo
    Le roman du grand auteur sud-africain André Brink est très intéressant mais je mettrais une légère altération,ça s'appelle un bémol.Publié en France vers 78 le voyage d'une blanche européenne et d'un esclave noir dans la région du Cap,Un instant dans le vent,est aussi la fusion improbable de deux êtres,corps et âme,au milieu du XVIIIème Siècle,dans un pays neuf,pays qui s'avérera au fil des décennies comme une capitale de la douleur.Epreuve physique terrible, privations, faim et froid,Elizabeth et Adam, après une stupéfaction mutuelle de se retrouver liés de la sorte,vont entreprendre après la mort des compagnons et du mari d'Elisabeth d'une part,et d'autre part la fuite d'Adam qui a voulu tuer son maître,un voyage de retour vers le Cap,voyage sans espoir pour ainsi dire car au cas inattendu où ils survivraient la colonie hollandaise de Cape Town serait quoiqu'il en soit bien incapable de les accepter et de les comprendre ensemble.Chronique d'un échec annoncé,cependant il n'est pas interdit d'entreprendre.

    Un instant dans le vent est une aventure,une sorte de Robinson Crusoe au coeur du veld sud-africain,désert et glacial parfois,torride souvent.Presque un manuel pour résister aux conditions extrêmes.Violent donc,car conserver la vie dans ces circonstances implique parfois d'égorger une jeune biche ou de massacrer une tortue.Comme un retour aux origines,Adam et Elisabeth vivront dans les grottes et mangeront parfois crû.Le pays est si extraordinaire mais si brutal.En cela l'Afrique du Sud s'est perpétuée. Bien sûr,combattant historique de l'apartheid, catégorie intellectuel blanc,André Brink a un peu tendance à prêcher, parfois dans le désert au sens propre. La faute est vénielle et la cause est juste.Parfois les causes justes me fatiguent un peu.Et puis je le confesse, si André Brink et J.M.Coetzee sont de grands écrivains, Karel Schoeman me touche plus. La rédemption par l'amour du couple Elizabeth et Adam qu'on aimerait saluer demeure pour moi comme théorique.

    Au rayon des certitudes celle que l'Afrique du Sud,tourmentée et plurielle, déchirée mais prometteuse peut-être, dispose d'une richesse littéraire qui a l'étendue de la savane et le goût brûlant du bush."Tu enfanteras dans la douleur" semble être sa devise
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    • Livres 2.00/5
    Par Alexielle63, le 10 septembre 2011

    Alexielle63
    Dans les premières pages, l'auteur nous parle de l'expédition et des circonstances dans lesquelles vont se rencontrer deux êtres aux antipodes socialement parlant l'un de l'autre, Elisabeth, femme blanche de bonne famille, mariée à Alexis Larsson, explorateur et Adam, esclave noir en fuite. Il va donc nous dévoiler cette histoire à travers les voix d'Adam et d'Elisabeth. La narration se fait donc essentiellement à la première personne du singulier, avec quelques interventions éparses de l'auteur. Par contre, aucune indication sur qui prend la parole, ce qui pose souvent problème mais, au bout d'un moment, la difficulté s'amoindrit... J'ai aimé le style de l'auteur, très imagé. Moi qui ne suis pas friande de descriptions car j'ai beaucoup de mal à me représenter les lieux décrits, ici, je me suis surprise à « voir » les paysages défiler sous mes yeux.
    le livre peut être divisé en trois grandes parties : la rencontre plutôt houleuse au départ entre Adam et Elisabeth, le répit sur leur île, avant le retour au Cap. On se rend assez rapidement compte qu'il s'agit également pour nos deux héros d'une quête initiatique, à la recherche d'eux-mêmes et à la découverte de l'autre, celui que l'on craint ou que l'on méprise parce qu'il n'a pas la même couleur de peau. Ils ont finalement beaucoup de points communs tant au niveau de leur statut social : l'esclave et la femme ont une condition très proche, prisonniers tous d'eux de leur statut qui les enferme, les fait dépendre d'un autre qui leur est supérieur mais aussi au niveau du caractère. Ce sont des rebelles qui luttent pour retrouver la liberté dont on les a privés et petit à petit, ils vont se rapprocher. La deuxième partie marque une évolution dans leurs relations mais également en eux-mêmes : ils sont désormais libres de vivre comme ils l'entendent, loin des convenances et du qu'en-dira-t-on, libres d'être enfin eux-mêmes. Ils vont se redécouvrir intérieurement. C'est le retour à la nature (dans tous les sens du terme d'ailleurs), un instant de répit avant le grand départ, le retour vers la civilisation. le tout est vraiment très long, finalement assez « statique » : ils avancent vers leur but, font des pauses et repartent, et cela du début à la fin du récit. J'ai décroché à la troisième partie, là je n'en pouvais plus, ça devenait ennuyeux.
    Une fois que l'on sait où l'auteur veut en venir, je trouve que le récit n'a plus d'intérêt et qu'il aurait gagné à être écourté ! J'abandonne donc à la page 252 (sur 318).

    Lien : http://lecturesdalexielle.over-blog.com/article-un-instant-dans-le-v..
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    • Livres 5.00/5
    Par PtiteSouris, le 12 mars 2012

    PtiteSouris
    L'histoire : 1750, Elisabeth Larsson, jeune épousée, décide de partir avec son mari en exploration à l'intérieur de l'Afrique. Mais l'expédition est un désastre et Elisabeth se retrouve seule en plein désert. Elle est bientôt rejointe par un esclave en fuite, Adam, qui avait suivi le convoi de loin. Les deux êtres que tout sépare (Elisabeth est blanche habituée à commander, Adam est un esclave révolté) vont apprendre à vivre ensemble, puis à s'aimer.
    En commençant ce livre, je me suis dit que ça risquait d'être un livre d'aventures sans grand intérêt où on allait nous raconter comment un noir esclave au grand coeur allait se sacrifier pour une oie blanche. Et finalement c'est ça. Et bien plus.
    André Brink a en effet réussi à transformer cette histoire peu originale en un récit passionné. Les deux personnages ne sont pas ordinaires et se battent chacun pour le respect de leur personne, Elisabeth en tant que femme, et Adam en tant que noir. Chacun d'entre eux est plein d'espoirs (déçus le plus souvent), et de souvenirs (les injustices pour Adam, la nécessité de s'affirmer pour Elisabeth) qui permettent de comprendre une partie de leur réaction. Ces deux personnages vraiment forts se parlent, se détestent, s'aiment...
    J'ai été littéralement accrochée par le récit, peut-être parce que dès le début, je savais que la fin serait tragique (les deux personnages se raccrochent à des personnes qui ont réellement existé, et dont une brève biographie nous est donnée dès le début). En tout cas, il semblait clair que quelque chose avait dû se passer en bien ou mal entre eux. Et l'auteur a vraiment l'art pour nous attirer le plus en avant possible.
    Il s'agit aussi d'une histoire de survie. Deux personnages s'entraident pour survivre en climat hostile. Enfin, c'est surtout Adam qui aide Elisabeth, lui s'en sortirait seul sans problème...
    Donc un très bon roman qui m'a véritablement happé.

    Lien : http://ptitesouris.hautetfort.com/archive/2012/03/11/un-instant-dans..
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    • Livres 5.00/5
    Par simonis, le 07 juin 2014

    simonis
    Attention, ici pas de suspens : on connait dès les premières pages du texte la fin. Mais que de poésie dans ce roman, une merveilleuse écriture permettant de décrire avec finesse la moindre nuance de sentiments. le thème de l'apartheid (qui ne s'appelait pas encore comme ça à l'époque) encore revisité par Brink, mais toujours sur un autre ton. Les sentiments des personnages en plein milieu de la narration, sans transition, peut paraître déroutante. Mais en refermant ce livre, on se dit qu'on aimerait bien se replonger dans cette histoire.
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Citations et extraits

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  • Par Ancolie, le 09 juillet 2013

    Ce peut être la fin. Cette idée l'emplit de tristesse. On devrait pouvoir se laisser bercer, sans conscience du temps, au fil des jours, abandonné comme une algue devant la marée, mais on est toujours balayé, emmené au large.
    Un aigle plane bien au-dessus des rochers et cherche une proie. Presque immobile, il reste suspendu dans les courants les plus forts, petite croix dans l'espace infini. Lui aussi, un de ces jours, tombera comme une pierre. Ce qui semble si lointain, devient tout à coup évident, immédiat. Demain devient aujourd'hui; aujourd'hui se mue en hier. Et la terre n'en est nullement troublée. Ce ne sont que graines de charbon emportées par le vent, soupirs insignifiants dans l'espace.
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  • Par Ancolie, le 10 juillet 2013

    Une liaison était un compromis : on échangeait le contrôle de sa vie contre de la compagnie.

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  • Par Maldwyn, le 11 juin 2014

    J'ai lu ce beau roman (comme tant d'autres livres de André Brink) et il m'a tellement impressionné qui je l'ai acheté (et lu!) dans sa version d'origine en Afrikaans; Sublime!

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