> Jean-Daniel Brèque (Traducteur)

ISBN : 2070338851
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 67 notes) Ajouter à mes livres
À quinze ans, Nothing, adolescent rebelle et mal dans sa peau, s'enfuit de chez ses parents. Sa route croise celle des Lost Souls, créatures étranges, vêtues de noir, qui boivent une liqueur au goût de sang. Insatiables, sensuels, sauvages, ce sont des prédateurs sans l... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Lulu_Off_The_Bridge, le 21 mai 2011

    Lulu_Off_The_Bridge
    Cher Doc Brite…
    Non.
    Chère Mademoiselle Brite,
    Je vous aime, Mademoiselle. Je vous aime et je devais vous le dire avant que vous ne disparaissiez tout à fait. Car vous disparaissez, c'est un fait, « il » ou « elle », c'est égal, mais quelque chose de vous s'efface, la jeune femme que vous étiez, et moi avec, c'est forcé.
    Je suis tombée amoureuse au détour de vos Âmes perdues, entre deux mises à mort, Bauhaus à tue-tête dans ma chambre sombre. J'étais jeune, mais pas trop, corbeau, mais pas trop. J'ai pris en pleine figure Nothing, Steve & Ghost. D'une certaine manière et malgré des milliers de livres, je ne m'en suis jamais remise.
    Je conçois que mon aveu est d'autant plus ridicule que je ne suis pas une créature à sang chaud, pas émotive, volontiers méfiante envers tout ce qui se loge trop près du cœur. J'avais beau rire sous cape, les histoires de vampires, ça me connaît, j'en ai lu d'autres et de plus coriaces… Idiote.
    Parce que c'est n'est pas de vampire qu'il est question, n'est-ce pas, Mademoiselle ? Pas vraiment ? J'ai adoré Nothing, parangon d'androgyne ripoliné au noir de fumée, dur sous la chair tendre, ancien sous ses quinze ans, encombré d'un univers qui l'ennuie, affolé de désirs qui l'effraient. J'étais comme ça, et tous mes petits camarades amateurs de caves et d'absinthe étaient comme ça, et nous ne l'aurions avoué pour rien au monde. Mais le voir écrit… Vous frappez juste, sous la jugulaire. Ce n'est pas tant la joie de se sentir moins seule, de chercher des alliés, voyez-vous, que la béatitude de retrouver des codes chéris. Un univers qui fait sens. Nous – et votre livre a été le seul moment où j'ai accepté de dire « nous » – nous écoutions, lisions, buvions les mêmes choses. Et nous étions terrorisés. Par essence. Mais pendant les quelques heures de la lecture, nous n'avions pas peur. Cette chanson des Lost Souls ? qui hante le roman, je l'ai chantée en cœur sans l'avoir jamais entendue. Nous n'avons pas peur.
    Vampires, vampires… Je ne suis pas très sensible aux vampires, même adorables. J'apprécie la finitude du thème, comme vous, me semble-t-il. En retrouvant ses pairs, Nothing se réfugie dans le fantasme, devient le fantasme, inaccessible. Il est logique que l'histoire s'arrête lorsque l'adolescent, toute transformation achevée, devient mythe et ne s'appartient plus. Si Steve & Ghost vous suivent depuis vingt ans, vous n'avez jamais écrit d'autre histoire de Nothing, c'est un signe, je suppose. Il n'y avait plus rien à dire. J'ai adoré Nothing, et Christian et Zillah, mais je vous aime pour Missing Mile.
    J'aime l'idée de ce birdland un peu dingue, cet endroit où l'on ne cesse de revenir, à mi-chemin entre ce monde et l'autre, tout plein de fantômes, de souvenirs, de violences éparses et ordinaires. J'adorerais faire un tour à l'If Sacré, arpenter les routes poudreuses de Caroline du Nord, celle qui n'existe pas, bien entendu. Vous avez créé mon cocon préféré, où croissent et évoluent musiciens malchanceux, fumeurs d'herbe, sorcières et serveuses de dinner, toute une humanité au sang vif, à l'épaisseur saisissante. Et j'aime votre écriture, dans ses réussites comme ses échecs, lourde comme une nuit de veille, pleine d'échos, saturée de références, mais fraîche et libre et frondeuse.
    Vous – et d'autres, mais vous d'abord – m'ont rappelé que le noir est lumière et chaleur et mouvement et force. Que la musique est la vie est la musique, et la chair… Que l'amour pousse à déchirer la peau pour se baigner de chair, plus près, toujours plus près. Terrifiant et désirable. Cette étrange esthétique de la mastication, de l'absorption comme preuve d'absolu, je l'ai suivie, fascinée, dans toutes vos œuvres, jusqu'à étiolement. Je considère que vous disparaissez et vos derniers romans me laissent indifférente. Mais pour Nothing et pour Ghost, pour Sang d'encre et les nuits de Caroline, pour la musique et la chair, et puisque Bela Lugosi n'est tout, compte fait, pas mort, je vous remercie, Mademoiselle.
    L.
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    • Livres 4.00/5
    Par valeriane, le 08 février 2012

    valeriane
    AAH un livre de vampires. Sujet hyper tendance depuis la déferlante "Twilight". Mais on lit quoi quand on n'aime pas Twilight!! (Oui j'ai déjà lu les 2 premiers tomes (et avant les sorties ciné s'il vous plait), et non je ne suis pas addict... du tout!).Eh bien on farfouille dans le grenier de la littérature pour trouver son bonheur! Alors, oui, le Dracula de Bram Stoker est dans ma PAL depuis des lustres, et oui c'est l'incontournable que je n'ai pas encore lu.Mais là, j'avais envie de découvrir Poppy Z. Brite. D'abord tentée par "Alcool" et "La belle rouge", je me suis demandé pourquoi ne pas commencer par le commencement...Et me voilà donc en possession du bouquin "Ames perdues". Edité en 1992, le récit est empreint des années 80 finissantes. Il faut s'y faire, mais un petit voyage dans le temps, ça fait du bien. Sexe, drogues et Rock'n roll sont peut-être les trois premiers mots qui me viennent à l'esprit quand je repense au livre. Sur fond de Nouvelle Orléans et de riffs de guitare, on fait la rencontre de personnages abimés, égarés... en gros des Lost Souls. Vampires ou humains, ils sont torturés.Le résumé de l'éditeur : À quinze ans, Nothing, adolescent rebelle et mal dans sa peau, s'enfuit de chez ses parents. Sa route croise celle des Lost Souls, créatures étranges, vêtues de noir, qui boivent une liqueur au goût de sang. Insatiables, sensuels, sauvages, ce sont des prédateurs sans loi qui n'obéissent qu'à leurs instincts. Avec Molochai, Twig et Zillah, Nothing part en quête d'amour, de sexe et de violence au son de longs riffs lancinants dans les boîtes punk de La Nouvelle-Orléans, et découvre la vérité sur ses origines...Poppy Z. Brite nous entraîne dans un univers noir où les vampires profitent de leur immortalité pour s'adonner à toutes les perversions et braver tous les interdits de la société puritaine américaine. Mon avis : J'ai trouvé le démarrage un peu lent, mais une fois entrée entière dans l'histoire, il était impossible de me faire tomber le livre des mains. L'écriture n'est pas difficile, mais il faut s'inviter dans l'univers particulier de Brite. Un style qui connaît des envolées presque poétiques, qui nous transporte dans un monde fantastique. Poppy nous donne à lire des descriptions crues (sexe, drogues et rock'n roll, je le redis), gluantes, fiévreuses et dures qui pourraient faire fuir les plus prudes... mais qui en donnent plein les yeux aux fanas de "gore" (le terme est sans doute un peu trop fort... ce n'est pas gore, juste parfois un peu crade).Donc un bouquin qui m'a beaucoup plu et qui me donne envie d'aller plus loin avec Poppy!Un livre sur le mythe du vampire qui nous change de... (noooon je ne veux pas encore la citer cette série!!!) Tw.....ight. Un livre qu'il faut découvrir!Ma note : 4 étoiles
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Altervorace, le 04 avril 2012

    Altervorace
    Tout d'abord MERCI Suny parce que je sens que cet auteur va devenir un résident habituel de ma bibliothèque. Je tiens à signaler, pour information, que Poppy Z. Brite est biologiquement de sexe féminin mais qu'il a -à maintes reprises- signalé qu'il préférait que l'on emploie le masculin pour parler de lui. Passons maintenant aux choses sérieuses : Âmes perdues. Pour le coup j'ai adoré, j'ai plongé dans ce roman avec délectation, savourant chaque chapitre avec jubilation. le roman parle de vampires donc, des vampires d'une violence inouïe et dont la déchéance est décrite avec crudité. de temps à autre le récit tombe -un peu- dans la provocation gratuite mais on ne peut que pardonner à Brite : non seulement Ames perdues mérite un peu de tolérance puisque c'est un premier roman mais surtout, le style rachète les imperfections du reste. Et soyons francs, je suis tombée amoureuse d'un bloc, des grandes qualités du roman comme de ses défauts, un coup de foudre sans vraiment de justification. Peut-être parce que les mots de l'auteur résonnent en moi malgré leur violence, je suis sensible à cette poésie crue. Après tout, ce qui est laid peut-être d'une grande poésie -si tu es dubitatif ami lecteur va (re)lire Une Charogne, ce sublime poème de Baudelaire-. Et puis je me suis attachée aux personnages, Ghost particulièrement et bien sûr Nothing. Les rêves du premiers sont des morceaux d'un lyrisme magnifique et le second m'a émue autant qu'il m'a agacée.
    D'ors et déjà, j'ai commandé un autre ouvrage de Poppy Z. Brite, un receuil de nouvelles et j'ai prévu de faire rapidement connaissance avec ses romans plus récents, plus matures. Pour ce qui est plus particulièrement d'Ames perdues, je tiens à ajouter qu'il n'est pas une lecture reposante et que je ne le conseillerais pas aux lecteurs trop sensibles ou qu'une grande violence, qu'une sexualité trop présente pourraient rebuter.

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2012/04/04/23496997.html
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 29 décembre 2010

    lehane-fan
    Ames perdues...pas le temps passé a le lire..
    Brite nous offre ici une variation sur le theme du vampire.Dans l'imaginaire collectif , ce dernier est un nocturne ne se nourrissant essentiellement que de sang et posant rapidement son seant dans un cercueil des que l'aurore pointe le bout de ses rayons...Stoker , Rice , j'en passe et des meilleurs ont largement contribué au mythe . Ici , l'auteur demysifie tout cela , explose les codes avec un talent certain car ce qui fait sa force , c'est assurément sa plume . Un style que j'avais precedemment decouvert en lisant " un corps exquis " et qui ne se dement pas! C'est direct , cru , sanguinolent mais toujours au service de l'histoire et d'une efficacité redoutable!
    Rice nous conte ici le quotidien de personnages qui se cherchent comme Nothing , de personnages en quete de sens a donner a leur existence comme Steve et Ghost ou encore luttant pour la survie de l'espece comme le trio inseparable et fusionnel qu'est Twig-Molochai-Zillah..
    Tous ces destins se frolent , se croisent , se percutent dans une noirceur et un desenchantement assumé.
    Au final , Ames perdues est de ces bouquins qui vous laissent un peu de vague a l'ame une fois refermé...
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    • Livres 5.00/5
    Par Erzuli_Capote, le 14 mars 2012

    Erzuli_Capote
    Nothing a quinze ans et il se sent mal à l'aise, ce malaise n'est pas dû au fait qu'il soit un adolescent, mais parce qu'il ne supporte plus la vie bien rangé de ses parents adoptifs, il décide de s'enfuir pour trouver ses véritables origines, il part à la rencontre des Lost Souls, le groupe qui bouleverse son âme. Lorsqu'il est pris en stop par trois voyous nommés Zillah, Molochai et Twig, drogués et buveurs de sang, le jeune homme va s'apercevoir que, comme eux, il est un vampire…
    Hum, pour être brève, c'est un roman qui m'a beaucoup émue, Anne Rice qui en fait des tonnes passe pour une écolière face aux vampires modernes de Poppy Z. Brite. Dans la violence et la haine, surgit un romantisme et un état de grâce qui vous fait fondre. le personnage de Nothing est le plus marquant, il fait passer Lestat pour un petit foireu de vampire à jabot. Renversant les mythes enchantées du vampire romanesque, Brite nous plonge aussi dans l'ambiance de la musique New Wave qui fut à l'origine du mouvement gothique des années 80, hommage à Peter Murphy et The Cure, aux codes vestimentaires et bien d'autres, on aime à la folie suivre Zillah et sa bande ainsi que Ghost et son cher Steve.
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Citations et extraits

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  • Par Altervorace, le 04 avril 2012

    Les dernières journées de l'été mourant, l'approche rapide de l'automne. Une nuit glaciale, la première de la saison, un changement dans le climat terne du Maryland. Il fait froid, pensa l'adolescent ; son esprit lui semblait engourdi. Les arbres qu'il apercevait par la fenêtre de sa chambre n'étaient que de gigantesque brindilles de charbon, frissonnant par crainte du vent ou pour résister à ses assauts. Tous les arbres étaient seuls. Tous les animaux étaient seuls, qui dans son terrier, qui sous sa fourrure, et ceux qui mourraient sur la route mourraient dans la solitude. Avant le matin, pensa-t-il, leur sang aurait gelé dans les fissures de l'asphalte.
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  • Par lehane-fan, le 26 décembre 2010

    Il enleva la chaine passée autour de son cou et fit un pas vers Christian , brandissant le crucifix comme une arme.(...)
    "Vous etes un imbecile dit Christian . Un imbecile qui se fie à des mythes erronnés . Si vous me touchiez avec ce bijou , il ne me brulerait pas la chair . Il ne me roussirait pas la peau . Il ne m'empoisonnerait pas l'ame . Je n'ai rien contre votre Christ . Je suis sur que son sang avait un gout exquis. "
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  • Par Erzuli_Capote, le 14 mars 2012

    "Ghost se demanda si Nothing serait ici ce soir; tous les enfants lui ressemblaient. Leurs longs manteaux sombres et leurs blousons de cuir trop grands enveloppaient leurs os fragiles comme des voiles d'ombre. La plupart d'entre eux avaient l'air si petits, si frêles, prêts à éclater comme des bulles de savon si on les touchait. Mais on lisait dans leurs yeux cernés de noir une certaine dureté, une muraille de verre érigée pour dissimuler leur terrible vulnérabilité. Montre-moi ce que tu sais faire, disaient ces yeux. Fais-moi mal si c'est ce que tu veux. J'ai déjà tout vu, ou du moins je le pense, et quelle différence ça peut faire?"
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  • Par Tsubaki, le 20 juillet 2011

    Ma grand-mère m'a dit qu'il ne faut pas essayer de définir le mal, parce que dès qu'on croit y être parvenu, une nouvelle forme de mal vous apparaît soudain et s'insinue dans vos pensées. A mon avis, personne ne sait ce qu'est le mal. Et personne n'a le droit de le dire.
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  • Par Suny, le 09 janvier 2012

    Ce n'étaient sûrement pas des larmes qui coulaient sur ses joues. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas pleuré. Il ne se rappelait plus ce que c'était que pleurer. Ce n'étaient que des gouttes de pluie qui tombaient de ses cheveux, qui se rassemblaient sur ses paupières.
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Video de Poppy Z. Brite

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Vidéo de Poppy Z. Brite

Vidéo en anglais. Poppy Z. Brite présente son roman "Liquor".








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