> Pierre Flachat (Traducteur)
> Albert Kohn (Traducteur)

ISBN : 2070719715
Éditeur : Gallimard (1990)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Les Somnambules est une trilogie romanesque qui conduit le lecteur de l'Allemagne impériale à l'effondrement de 1918.
L'écroulement des valeurs qui avaient soutenu la société allemande tout au long du XIXe siècle est décrit par le menu dans ses trois volets, étap... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 26 avril 2012

    nastasiabuergo
    Hermann Broch nous convie, avec ses somnambules, à une puissante réflexion sur le système social dans lequel nous vivons. Je pense que le véritable objectif de l'auteur est le petit essai qui s'intitule "dégradation des valeurs" et qui est distillé en 10 chapitres distincts au cours de la troisième partie du roman. Dans cet essai, l'auteur défend la vision selon laquelle tout système tend à devenir absolu, jusqu'au boutiste, à phagocyter tous les autres et qu'au cours de ce processus, en devenant de plus en plus rationnel, jusqu'à l'ultra-rationalisme il est l'acteur de sa propre implosion car au bout du bout de tout système, il y a l'individu, et que l'individu, aussi absolu et rationnel soit-il sera toujours la proie d'une certaine forme d'irrationalité. En clair, en passant du système moyenâgeux, totalitaire en ce sens où toute activité humaine avait pour finalité la religion et le salut apporté par le Christ, à un système initié à la renaissance par ses propres excès et l'irrationnel qui le conditionnait, l'Europe occidentale est passée par toutes les étapes d'une dégradations des valeurs dont la première étape fut l'atomisation du système sous l'impact du protestantisme, prélude à une hyper spécialisation dans chaque domaine. Dès lors, chaque domaine possède sa logique propre qui n'est plus contenue dans un système global et équilibré. le militaire va au bout de sa logique, le capitaliste aussi, l'artiste de même, etc., sans qu'aucun ne comprenne plus la finalité du domaine de l'autre. Mais au bout du bout de chacune de ces logiques pourtant fort rationnelles, prenons par exemple le capitaliste, un fois qu'il a tout acheté, tout capitalisé, son système ne peut que qu'imploser, car il devra nécessairement commettre des actions non justifiables par l'esprit rationnel, comme par exemple acheter un tableau de plusieurs millions de dollars, etc.
    Pour amener cet essai que j'ai très succinctement et très imparfaitement tenté de résumer, l'auteur écrit un gros roman, terreau où il fait germer les situations qu'il souhaite analyser dans son essai. le roman est divisé en trois parties, les deux premières se focalisant d'abord sur Joachim von Pasenow, officier militaire de carrière en 1888 puis sur August Esch, comptable en 1903. La troisième partie, qui se déroule en 1918 et qui est longue à elle seule comme les deux autres réunies, nous présente un troisième personnage en la personne de l'alsacien Wilhelm Huguenau, lequel est un commerçant doublé d'un déserteur qui va interagir avec Esch et Pasenow. Vous aurez compris que pour le propos, l'auteur a choisi des professions bien rigides et rationnelles (militaire, comptable, businessman) et dont pourtant les représentants ont des élans d'irrationalité. le titre fait vraisemblablement référence au fait que les protagonistes glissent dans leurs vies bien huilées comme sur des rails (la rationalité) mais qu'ils vont tous dévier, de façon peu compréhensible, à un moment de leur existence, tels des somnambules marchant au devant d'eux quitte à descendre dans l'abîme.
    Ce livre n'est pas véritablement captivant quant au roman bien que très agréable par moment. de mon point de vue, ce livre vaut surtout pour la qualité de la réflexion philosophique à laquelle il nous invite et qui en fait une œuvre rare, du calibre de La Montagne magique ou de L'homme sans qualités, du moins c'est là mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Citations et extraits

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  • Par nastasiabuergo, le 10 mars 2012

    Au-dessus du bureau se trouvait un coffret blanc marqué d'une croix rouge qui était censé contenir des pansements. Il n'en restait sans doute que le souvenir et depuis des lustres personne n'avait ouvert ce coffret.
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  • Par Wilkinson, le 11 avril 2012

    "Car il est vrai, l'homme croit que ses décisions et ses déterminations se meuvent dans un vaste champ de possibilités, mais en réalité, ses décisions et déterminations ne sont qu'un mouvement de pendule entre la fuite et la nostalgie, et toute fuite et toute attirance nostalgique n'ont-elles pas la mort pour objet ?"
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  • Par Wilkinson, le 11 avril 2012

    " L'étranger ne souffre jamais; il est séparé - celui-là seul souffre qui demeure pris dans les liens. "
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  • Par nastasiabuergo, le 23 mars 2012

    (...) l'uniforme, une seconde peau où l'on cache son moi intime.
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  • Par nastasiabuergo, le 23 mars 2012

    Aimer, cela veut dire fuir son monde pour celui d'un autre.
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