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Critiques sur Jane Eyre (79)


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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a le 02/09/2011


    Jane Eyre un merveilleux livre !
    C'est l'histoire d'une orpheline, Jane Eyre, recueillie (par promesse avant la mort de son mari) par sa tante Mrs. Reed. Jane est sans cesse maltraitée par sa tante et ses cousins.
    Puis un jour, elle est placée dans le pensionnat de Lowood de l'âge de huit ans à dix-huit ans.
    Elle décide finalement de poster une annonce dans un journal pour devenir institutrice.
    Mrs. Fairfax, la gouvernante de Thornfield Hall, répond finalement à son annonce favorablement. Jane arrive donc à Thornfield où l'amour va naître entre elle et le propriétaire de la demeure, Mr. Rochester.
    Malheureusement, plusieurs problèmes vont se poser... Jane Eyre et Edward Rochester réussiront-ils à être heureux ?
    Jane Eyre est tout simplement le meilleure livre que j'aie jamais lu !
    Un magnifique livre pour une merveilleuse histoire d'amour... (j'adore les scènes de l'incendie et de la réception !)
    Tout simplement parfait et inoubliable !

    critique de qualité ? (26 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Delaetitia le 23/02/2008


    L'emploi à la première personne nous rend très proche de l'héroïne Jane Eyre. le lecteur vit à ses côtés, éprouve ses peines et ses joies, suit son évolution de petite orpheline pauvre et rejetée jusqu'à l'âge adulte. C'est aussi par la suite, une merveilleuse histoire d'amour qui naît entre deux êtres si différents que les remous de la vie ne cesseront de séparer et de malmener.

    Charlotte Brontë laisse d'ailleurs au fil des pages quelques traces de rencontres et d'évènements qui ont eu lieu dans sa vie bien que son oeuvre ne soit pas autobiographique (le pensionnat, son poste d'institutrice…). Elle nous dépeint aussi une Angleterre victorienne des plus caricaturale entre noblesse vaniteuse, superficielle et pauvres gens loyaux, authentiques. La romancière joue avec les clichés : la qualité d'une personne étant proportionnelle à sa bourse, les riches étant les méchants et les pauvres, les gentils. Jane en est le parfait exemple puisque sans fortune et sans parents, elle devient un fardeau pour sa famille d'adoption riche et hautaine. Même si Charlotte est fille de pasteur, les références multiples à la religion (bible, péchés et compagnie) deviennent malgré tout agaçantes.

    Par contre, les descriptions des paysages et de l'atmosphère sont tout simplement enchanteurs. Campagne verdoyante le jour, sombres et maléfiques, la nuit. La superstition et le surnaturel font partis des éléments marquant du roman. On les retrouve sous forme de rêves, de signes et d'allusions (rêves d'enfants au mauvais présages, marronnier foudroyé…). Cela renforce le côté sinistre de l'histoire. Les personnages sont, eux, fouillés, cernés, analysés avec détails. L'écriture est quant à elle, délicate, immuable, passionnée.

    Un récit qui donne à réfléchir, une belle leçon de vie qui pousse à voir au delà des apparences. Bref, un livre qui ne laisse pas indifférent. Un chef d'œuvre, certainement !

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Jessoya le 24/06/2010


    Je craignais le pire quand j'ai pris à la bibliothèque cette petite brique compact de 310 pages écrite en caractères de dactylo et de façon tellement condensée qu'une édition plus récente avec les règles d'éditique actuelles comporterait probablement le double de pages. Pourtant, je l'ai lu avidemment, même dévoré… en une journée… Ce n'était pas prémidité, mais aussitôt que je suis entrée dans l'univers de Jane Eyre, je n'ai pu en sortir et la première chose dont je m'apercevais… c'est que j'étais rendue à la fin! Dommage que je ne puisse en dire autant de mes livres obligatoires… mais ça, c'est une autre histoire.

    Je ne pourrais pas dire exactement ce qui m'a happé dans ce livre… J'ai aimé les descriptions de Brontë, elles permettent de se situer et de comprendre la situation que vivent les protagonistes, mais n'alourdissent pas le texte et ne ralentissent pas la lecture. J'ai savouré les dialogues entre les personnages, surtout quand Jane était impliqué, on flottait dans un univers étrange parfois, mais c'était représentatif des personnages. D'ailleurs, j'ai adoré « détester » Saint-John.

    J'ai trouvé que les coïncidences coïncidaient un peu trop pour ne pas faire sourire, mais on pardonne facilement ces raccourcis dans la trame narrative.

    Je me rappelais avoir vu le film, mais il ne m'avait pas marqué apparemment, parce que rien dans l'histoire ne me paraissait comme du déjà vu. Je serais curieuse de le revoir, maintenant que j'ai lu le livre…


    Lien : http://www.libellul.com/?p=317

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Youplala le 18/02/2008


    Un ptit résumé de l'histoire: Jane Eyre est une orpheline recueillie par sa méchante marâtre tante qui ne l'aime pas et qui le lui montre chaque jour qui passe. Lassée de voir sa nièce, la tata pas sympa (ok, ce jeu de mot est pourri) l'enverra dans une école pour jeunes filles sans fortune où Jane apprendra tout ce qui lui sera nécessaire afin de devenir enseignante. Une fois qu'elle sera en âge de se prendre en charge, elle quittera son école afin d'aller travailler chez un certain Mr Rochester où elle éduquera la pupille de celui-ci. La relation entre Jane Eyre et son maître ne restera pas purement professionnelle, mais des tas d'obstacles se dresseront entre eux dont un terrible secret.

    Wutherings Heights d'Emily Brontë est l'un de mes romans favoris et je m'étais jurée un jour de lire les oeuvres de ses soeurs afin de voir si elles avaient été aussi bonnes qu'elle, et j'ai plus particulièrement choisi Jane Eyre car Boréale avait rédigé il y a quelques temps un article élogieux dessus.
    Je dois dire que je n'ai pas été déçue. Je ne sais pas ce que me réservent les autres livres du Challenge ABC, mais Jane Eyre restera assurément l'un de mes plus grands coups de coeur de l'année (je suis même déterminée à le relire en anglais afin de mieux en saisir les subtilités).
    J'y ai retrouvé un peu le même genre d'ambiance que dans Wuthering Heights, mais en moins violente et tourmentée. On y retrouve les thèmes de la destinée, de la blessure à vif d'un homme seul, de la monstruosité, du bonheur inaccessible et de la vengeance... mais le personnage principal est bien différent d'Heathcliff ou Kathy.
    Jane est un personnage très sensé, elle a la tête sur les épaules, une haute estime d'elle-même et elle foule joyeusement du pied les préjugés sociaux de l'époque qui voulaient qu'une femme soit une pauvre petite chose fragile et stupide tandis que la classe sociale était la chose la plus importante qui soit.
    Quant à l'histoire, bien qu'elle paraisse gnangnan quand on lit le résumé je l'ai trouvée tout à fait juste. Pas de mièvrerie casse-pieds, pas de héros surhumains. D'ailleurs, le fait que Jane soit décrite comme pas très jolie et que Mr Rochester soit carrément laid m'a bien aidée à plus rentrer dans le roman car ces personnages semblent tout ce qu'il y a de plus normal. Ils doutent, ils prennent certaines décisions puis s'en repentent, ils se font arnaquer, ils ne savent pas quoi faire et ensuite se retrouvent coincés dans certaines situations pas géniales... comme vous et moi en gros. :-)
    Bien sûr, certains coups de théâtres assez hallucinants sont de temps en temps glissés dans l'intrigue afin de faire avancer les choses. Au point que je me suis demandée si Charlotte Brontë n'était pas fan de Molière pour faire des retournements de situation aussi abracadabrants. Surtout au cours de la troisième partie du roman, où là il y a vraiment des évènements complètement dingues qui se produisent. Et forcément, Jane Eyre baisse un peu en qualité au cours de ces passages. Mais le reste est tellement chouette qu'on lui pardonne. :-)
    Pour finir, sans savoir que cela avait été étudié maintes et maintes fois, j'ai trouvé que Jane Eyre ressemblait beaucoup à Rebecca de Daphné du Maurier (enfin, plutôt le contraire vu leur date de parution ^^). En beaucoup moins chiant (j'ai jamais fini Rebecca, c'était beaucoup trop lent pour moi). Par exemple, il y a pas mal de descriptions dans Jane Eyre et dans REBECCA. Ben dans ce dernier je me suis emm**dée comme un rat mort, alors que dans le premier c'est passé comme une lettre à la poste.
    Maintenant il ne me reste plus qu'à lire "The Professor" de Charlotte Brontë afin de voir si je peux revivre les mêmes sensations de lecture!

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par ninou-lilou le 14/12/2011


    C'est une histoire qui m'a beaucoup marqué. L'auteure transcrit tellement bien ce qu'elle ressent (le texte est à la 1ère personne) que j'en ai, par moment, ressenti sa tristesse, son désespoir, et pleuré en même temps que Jane.
    Il y a une scène en particulier qui a eu cet effet sur moi, c'est quand Jane est dans un coin du salon et que les invités parlent d'elle comme si elle n'était pas là et M. Rochester ne prend même pas sa défense, il l'ignore complet. Ce passage m'a fait mal...
    Jane Eyre, c'est une très belle histoire d'amour, mais aussi et surtout la preuve d'une extraordinaire force de caractère de la part de cette jeune fille, par rapport à l'époque où l'histoire se déroule.
    À lire absolument !

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par SheepCeline le 10/01/2012


    J'ai beaucoup aimé le fait que l'enfance de Jane Eyre soit relatée car cela permet de découvrir le passé, le caractère, l'évolution du personnage et de plus s'attacher à celui-ci. de plus, bien que les difficultés ne l'épargnent pas tout au long de l'histoire, Jane ne se laisse pas abattre et essaie d'aller de l'avant.

    Dans la deuxième partie du roman, c'est-à-dire quand Jane travaille à Tornfield Hall, M. Rochester ne m'a pas trop plu. Je pense que je le trouvais un peu trop versatile (une fois agréable et tendre, une fois froid comme la glace) et un peu trop passionné à mon goût. Toutefois, dans la troisième partie, c'est-à-dire quand Jane revient vers lui, je l'ai trouvé touchant, et j'ai été émue par les retrouvailles avec celle qu'il aime.

    Malheureusement pour moi, j'ai dû lire Wide Sargasso Sea de Jean Rhye en Terminale qui est une sorte de prélude à l'histoire de Jane Eyre. En conséquence, le mystère qui entoure autour du personnage de Grace Poole et le troisième étage de Thornfield Hall n'en était plus un pour moi puisque je savais ce qu'il cachait… J'ai néanmoins apprécié la manière dont le secret était caché à Jane (je n'en dis pas plus, je ne vais pas vous raconter tout le livre non plus!)

    Au final, je suis très satisfaite par cette lecture. Je me suis laissée emportée dans l'histoire, attendant avec impatience ce que la suite réservait à l'héroïne.

    Maintenant, j'envisage de regarder une adaptation, même si bien souvent je suis déçue…


    Lien : http://sheepceline.wordpress.com/2012/01/10/jane-eyre-charlotte-bron..

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Elphie le 13/04/2011


    Jane Eyre, quand on le commence, difficile de s'arrêter ! J'avais oublié combien j'aimais la manière d'écrire de Charlotte Brontë. Elle ne tombe jamais dans le sentimentalisme : elle a fait de Jane une héroïne forte, téméraire, intelligente, qui n'a pas grand chose à perdre, mais bien tout à gagner !

    J'admire Jane. Même dans les pires moments, quand elle croit que la fin est proche, elle tient bon. Elle est... forte. Je sais, je me répète mais c'est vrai. J'aime sa manière d'être, sa façon de parler, sa timidité qui en fait ne l'est pas.
    J'aime Jane car elle est partie de rien et est arrivé à tout. Et tout ça, par la force de sa volonté. Jamais elle ne s'est laissée abattre, jamais elle ne s'est découragée, et les rares fois où ça lui arrivait, ça ne durait pas bien longtemps ! Jamais je n'ai eu l'idée de la plaindre, je savais qu'elle arriverait à s'en sortir, que c'était juste un mauvais moment à passer.

    Quant à Rochester, jamais je ne l'ai trouvé distant ou froid. Il a un caractère particulier, mais comme Jane, c'est parce qu'il a subit de nombreuses épreuves par le passé. J'aime son côté "vulcanien", ses sautes d'humeur, ses questions bizarroïdes. On ne sait jamais à quoi s'attendre avec lui, ça le rend intéressant à étudier et à observer et Jane s'en donne à cœur joie !
    Et puis, c'est un très bon acteur et un calculateur : mention spéciale au passage où il utilise Blanche pour rendre Jane jalouse et ainsi être sur de ses sentiments.
    Rochester sous ses airs de « Vulcain » est un homme torturé, amoureux, romantique (voyez ses déclarations d'amour à Jane), qui ne se croit pas supérieur aux autres car plus fortunés : Jane et lui étaient égaux, il ne cesse d'oublier qu'elle n'est « que » gouvernante.

    J'aime beaucoup la relation entre Jane et Rochester. Au départ, la curiosité s'installe entre eux : ils ont chacun une forte personnalité qui, comme je l'ai déjà dit, sont vraiment intéressante à étudier. C'est ce qui se passe entre eux : ils sont curieux, ils se cherchent, se découvrent, essaient de percer à jour les sentiments de l'autre... Et au fur et à mesure qu'ils s'observent, des sentiments amoureux naissent entre eux. Et ce qui au départ était un défaut devient leur plus grande qualité.
    Rochester a été le premier à tomber sous le charme, et selon moi, c'est arrivé dès qu'il l'a rencontré dans le bois. Dès le début, il a été attiré par elle, elle était différente de toutes les demoiselles autour de lui, son esprit est à la hauteur du sien, il sent qu'il a trouvé quelqu'un avec qui parler, et qui le comprend.
    Les sentiments amoureux de Jane sont venus plus tard, quand elle a commencé à voir que Rochester s'intéressait à elle. A partir de ce moment, elle a porté un tout autre regard sur lui. Et chaque fois que ce dernier ne faisait pas attention à elle, ses sentiments se renforçaient.

    Le livre est parfait en tout point, l'histoire est cohérente du début à la fin. Mais j'avoue tout de même avoir un peu de mal avec le passage où Jane découvre comme de par hasard que les membres de la famille qui l'a si gentiment recueillie sont ses cousins ! Je trouve ça un peu « fort » on va dire. Qu'ils connaissent ses cousins passe encore, mais qu'elle soit tombée pile-poil chez eux, j'ai eu peu de mal à m'y faire. Mais bon, il faut se dire que Dieu est derrière tout ça ...

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par torevan le 16/10/2011


    Il m'a fallu du temps pour me décider mais les éloges faits à Charlotte Brontë m'ont convaincus. Et je confirme. Charlotte Brontë est une auteure de grand talent. Elle a réussi à m'arracher quelques larmes, moi qui ne suis pas facile à emporter. Rares sont effectivement les romans qui parviennent à m'émouvoir. Pour être plus exacte, seuls Douglas Kennedy avec Quitter le monde et Charlotte Brontë avec Jane Eyre sont parvenus à toucher la corde sensible, celle qui en vibrant telle la corde du violon, provoque les glandes lacrymales et appellent les larmes qui s'amoncellent à se déverser sur la peau.

    Charlotte Brontë torture sa lectrice, elle la tient en haleine. Elle l'exaspère, l'agace, l'énerve, l'ennui. Tantôt elle la fait sourire, tantôt elle la fait pleurer. Attentive à la relation qui se tisse entre Jane Eyre et Mr Rochester, inquiète de leurs sentiments, j'exaltais lorsque les deux personnages se trouvaient l'un auprès de l'autre. Leur amour si intense, si pure, si bon émeut. Je palpite alors. Puis avec quel agacement, quelle colère et quelle impatience, j'apprends la décision de Jane Eyre qui, plutôt que de suivre le chemin illuminé par son coeur, préfère suivre celle de sa raison. Je m'agace, je m'ennuie et n'attends qu'une chose: l'arrivée de Mr Rochester. L'impatience était telle que je tournais les pages pour voir ce qu'il me restait à lire avant de retrouver le nom de Mr Rochester. L'agacement a atteint le niveau le plus haut lorsque Jane Eyre s'est décidée à partir pour les Indes. La crainte et la peur ont faire leur apparition. "Non Jane Eyre ne doit pas partir pour les Indes, va retrouver celui que tu aimes, espèce de petite conne!" me disais-je alors. Mais Charlotte Brontë est généreuse. Après toutes ces émotions, elle m'offre le sourire et le bonheur.

    C'est la première fois qu'un roman me tient autant en haleine. Je pardonne à l'auteure quelques longueurs et descriptions qui alourdissent son oeuvre mais ce temps d'ennui n'est rien comparé au plaisir que j'ai eu au temps de la lecture. Aux Hauts de Hurle-Vent d'Emily Brontë, sa soeur, j'ai préféré Jane Eyre, plus passionnée, plus éclairée, beaucoup moins obscure. de l'obscurité, j'en ai toutefois senti la présence lors de la description du paysage, du temps et de la demeure où plane effectivement un nuage noir prêt à déverser un torrent de pluie. La présence de cette femme, folle, qui n'a plus rien d'humain au vu de la description qui en est faite apporte ainsi ce petit quelque chose qui me fait penser au roman d'Emily Brontë.

    Jane Eyre est un classique que tous les amoureux de la littérature doivent se procurer. C'est l'oeuvre la plus belle qui m'ait été donnée de lire jusqu'à présent. Un pur bonheur.


    Lien : http://pelgedar.blogspot.com/2011/08/jane-eyre-charlotte-bronte.html

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Hirildin le 16/03/2011


    Au risque de paraître très fleur bleue, j'ai adoré ce livre. On y trouve de tout : de la noirceur (pas autant que chez Emily Brontë), du réalisme, du romantisme. Tout cela servit par une très belle écriture. On se laisse emporter par l'histoire, un vrai délice...

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Woland le 23/12/2007


    Jane Eyre
    Traduction : Charlotte Maurat pour le Livre de Poche

    Surprenant roman que "Jane Eyre" : une intrigue d'un romanesque outrancier mais parfaitement maîtrisée (si l'on excepte la partie où Rochester déclare sa flamme à Jane et lui demande de l'épouser, qui est sacrément gnangnan), des personnages qui, sans l'indéniable talent de son auteur, ne seraient que caricatures, et enfin des prises de position féministes proprement ahurissantes chez une fille de pasteur aussi soumise que le fut Charlotte et qui s'insèrent avec audace dans un récit touffu où abondent les descriptions parfois trop appliquées de la campagne anglaise et (pour mon goût) les références un peu trop nombreuses - surtout dans le dernier tiers du livre - à la Bible, au péché, aux pécheurs, etc, etc, etc ...
    Plus que tout, c'est le plaisir profond que Charlotte Brontë prit à l'écrire - et que l'on sent pratiquement à toutes les lignes - qui fait de "Jane Eyre" un monument incontournable de la littérature anglaise. Paradoxalement cependant, "Jane Eyre" est aussi une espèce de contre-monument à l'Ere victorienne : car c'est avec jouissance, avec sensualité et avec une frénésie authentique que la romancière y envoie valser les conventions sociales et mondaines. Allons plus loin et n'hésitons pas à écrire qu'une lecture attentive et impartiale de ce "pavé" démontre une perversité raffinée mise en oeuvre pour légitimer ce qui, si on le regarde bien, demeure bel et bien la séduction d'un quadragénaire fortuné et viveur par une fausse innocente de vingt ans sa cadette.
    "Fausse innocente" en effet parce que le personnage de Jane Eyre est ambigu. Enfant, elle a déjà les haines d'une adulte passionnée dont, pas une minute et malgré les touchants efforts de celle qui l'a imaginée pour la ramener au Créateur, à la Bible et à tout ce que l'on voudra dans ce goût-là, on ne parvient à croire une minute qu'elle se soit assagie. Quoi ! Une femme capable d'éprouver une passion amoureuse aussi violente pour un homme qu'on devine extrêmement charnel serait aussi la plus candide et la plus pieuse des ouailles du pasteur local ? Im-pos-si-ble, déclare très vite le lecteur qui manque d'ailleurs quelquefois d'apposer le terme "arriviste" à ce parcours impeccable vers la réussite sociale.
    La construction du roman, elle, est par contre extrêmement claire et vient se greffer sur un sens de l'analyse qui surprend chez un auteur si jeune et surtout si dépourvu d'expérience du monde. Sous une autre plume, "Jane Eyre" ne serait qu'un conte de fées pas très net aux entournures, mis à la mode du XIXème siècle. Mais la force de caractère de son auteur est telle qu'elle parvient à nous le faire lire encore, à plus d'un siècle de sa première parution, avec un intérêt qui ne faiblit que très rarement tout au long du récit. Pour un livre, pour son créateur, c'est là la marque de l'immortalité.
    Il faut dire que Charlotte Brontë, en bonne romancière, fonde sa fiction sur des bases réelles : l'institution Lowood, où la petite Jane est envoyée par sa tante par alliance, Mrs Reed, reproduit les us et coutumes d'une institution où séjournèrent Charlotte et l'une de ses soeurs ; les personnages de bigots que l'on aperçoit par ci, par là (notamment la famille Brocklehurst) sont peints probablement d'après nature : Brontë n'était pas pour rien fille de pasteur ; la bigamie froidement envisagée par Edward Rochester fait écho à un fait divers qui fut rapporté à la romancière alors qu'elle était une toute jeune institutrice de 19 ans, en poste chez Miss Wooler ; quant au personnage de Mr Rochester lui-même - et à la fascination qu'il exerce très tôt sur la gouvernante de sa pupille - ils évoquent irrésistiblement la passion malheureuse de Charlotte pour M. Héger qui tenait à Bruxelles un pensionnat où la jeune fille enseigna un temps avec sa soeur, Emily.
    Les piques contre le caractère des Français, que l'on rencontre çà et là dans le roman, proviennent en partie de la rancoeur que Charlotte conserva envers M. Héger, lequel, désireux de sauvegarder son propre mariage, mit brutalement fin à la correspondance qu'elle ébaucha avec lui après son départ de Bruxelles. Eh ! oui, ce n'est pas un hasard si la petite Adèle est née française !
    Idem pour les critiques voilées de la foi catholique (Eliza, l'aînée des cousines de Jane, a pour projet de se convertir au catholicisme et devient d'ailleurs supérieure d'un couvent, en France). Fille d'un pasteur anglican, Charlotte Brontë ne se pardonna jamais d'avoir cédé, à Bruxelles, à la tentation du papisme : on sait en effet que l'exaltation amoureuse et les souffrances qu'elle ressentit à l'époque la conduisirent même à se confesser. (La pratique de la confession est, de toutes façons, l'une des rares choses que beaucoup de non-catholiques, célèbres ou pas, envient à l'Eglise de Rome. Wilde lui-même la trouvait "sublime.")
    "Jane Eyre" n'est peut-être pas un roman à lire quand on a vingt ans car on risque alors de passer à côté de ses indéniables qualités littéraires ainsi que de l'ambiguïté de ses héros. Mais si on l'a lu à cet âge, il faut au moins se promettre de le relire vingt ans plus tard : tel un bon vin (français, cela va de soi ! ;o)), il ne cesse de se bonifier avec le temps.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)






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