> Isabelle Delord-Philippe (Traducteur)

ISBN : 271444587X
Éditeur : Belfond (2010)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Nouvelle Angleterre, 1861. Tandis que le Nord subit des défaites imprévues, un homme quitte
ses quatre filles et sa femme pour soutenir la cause de l’Union. Abolitionniste convaincu, le
docteur March s’enrôle comme aumônier et se retrouve par hasard sur un... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Lisbei13, le 02 novembre 2010

    Lisbei13
    Quand on a beaucoup aimé un livre dans sa jeunesse, la tentation est grande de vouloir lire un livre qui prend pour héros l'un de ses personnages. Mais fatalement, l'appréhension de voir l'oeuvre et l'esprit de l'auteur trahis est proportionnelle à la tentation ... aussi, quand le titre de ce roman a attiré mon regard, j'ai un peu hésité, tiraillée entre l'envie d'en savoir plus et la crainte de "dénaturer" mon souvenir d'une lecture de jeunesse ...
    Eh bien disons-le tout net : je ne regrette absolument pas cette lecture ! Loin de trahir le souvenir très vif que j'ai des Quatre Filles du Docteur March et de tous les autres romans pour la jeunesse non traduits en français de Louisa May Alcott, ce titre m'a enchanté en braquant un projecteur éblouissant et sans concessions sur un personnage fantôme qui est pourtant présent dès le titre du roman, et dont on ressent bien à quel point il occupe une place centrale dans la vie et l'oeuvre de Louisa May Alcott : le Père (avec un grand P) !
    Dans La solitude du docteur march, pourtant, ce n'est pas vraiment avec le père que nous avons rendez-vous, mais avec l'homme. L'idéaliste, l'abolitionniste, le rêveur, le mari, l'amant, le soldat pacifiste, le prédicateur et le professeur. Toutes ces figures tourbillonnent dans les pages du roman, sous la plume experte de Géraldine Brooks. Nos découvrons tour à tour le jeune homme pauvre mais ambitieux qui se fait colporteur sur les routes du Sud des Etats-Unis, l'homme fortuné qui tombe éperdument amoureux d'une jeune femme au tempérament explosif et fonde une famille et l'aumônier qui s'est engagé dans la guerre par conviction mais doit faire face à une violence qui le révolte, qu'elle soit dans le camp adverse ou dans son propre camp, et qui va réveiller des souvenirs enfouis profondément dans sa mémoire.
    L'auteur nous propose toute une vie dans ces pages, et même plus, car Marmee a aussi droit à la parole dans l'avant-dernière partie du livre, quand elle part rejoindre son mari gravement blessé. Et même si cette partie n'est pas celle qui contient le plus de scènes horribles (elles émaillent tout le roman pour nous rappeler à chaque instant l'horreur de l'esclavage et celle de la guerre), c'est celle que je trouve la plus terrible pour le personnage principal, car elle révèle la somme de mésententes et d'incompréhensions qui s'élève entre deux personnes qui s'aiment pourtant profondément, et qui ont toutes deux la conviction d'agir dans le sens que l'autre souhaite ... triste leçon ...
    Les personnages secondaires sont eux aussi poignants et remarquables, que ce soit du côté des esclaves et des soldats ou de celui de l'entourage des March à Concord. On aime particulièrement reconnaître l'irascible tante March, et certain épisode impliquant la petite Beth jette un éclairage nouveau sur le personnage.
    Bref, sans hésiter, je recommanderai ce livre à tous ceux qui ont lu dans leur jeunesse et aimé Les quatre filles du docteur march, mais aussi à ceux qui considèrent ce roman comme mièvre et convenu, ils seront sans doute surpris. Je précise que ce livre m'a fait réaliser pour la première fois que Les quatre filles du docteur march et Scarlett O'Hara étaient contemporaines ... oui, je sais, cela semble tomber sous le sens, mais ici, c'est palpable ...
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par yokai, le 07 octobre 2010

    yokai
    Geraldine Brooks a décidé de réutiliser l'univers du roman de Louisa May Alcott, Les quatre filles du docteur march. Pour cela, elle a choisi de centrer son histoire, non pas sur les filles, qui vivent seules avec leur mère, mais sur le père de famille le fameux docteur March. Elle souhaite nous raconter ce qui se passe de l'autre côté du roman originel, ce que vit ce père absent.
    Le roman est construit sur plusieurs plans temporels. le plan principal raconte la participation de March à la guerre de sécession en tant qu'aumônier militaire. Les évènements qu'il vit sont l'occasion pour lui de revenir sur son passé.
    C'est un roman très bien écrit dans un style très classique et plaisant à lire qui se veut - je pense car je n'ai pas lu le livre - proche de celui de Louisa May Alcott. Je dois confesser que ma connaissance de son oeuvre se limite à mes souvenirs de la série d'animation japonaise que je regardais enfant - j'ai honte.
    Je trouve particulièrement intéressante l'idée de poursuivre l'oeuvre d'un écrivain, de ce servir de ce même matériau pour façonner une autre oeuvre et en donner sa propre vision. Ce n'est pas toujours fait a bon escient, - certains continuateurs de l'oeuvre de Conan Doyle auraient mieux fait de s'abstenir - mais c'est ici un très bon choix pour évoquer d'une manière originale le thème de l'esclavage. Geraldine Brooks se sert du personnage de March pour relater le combat d'un humaniste et d'un progressiste perdu au sein d'une période d'obscurantisme déchirée par la guerre et par l'exploitation des hommes. Elle nous montre aussi que cet homme, si irréprochable qu'il soit dans son engagement et ses actes en faveur des autres, n'a pas qu'une seule facette et peut receler des failles et des côtés plus sombres. Mais elle n'explore pas que les côté négatifs, c'est également un roman sur les valeurs de la famille dans un contexte historique riche. On apprend beaucoup sur cette période fondatrice des Etats-Unis et on pourra même croiser dans ce roman des personnages réels comme Henry David Thoreau. Ce n'est pas le genre de roman que je préfère mais il est indéniablement d'une grande qualité et d'un grand intérêt et séduira, à n'en pas douter, un public nombreux.

    Lien : http://www.aubonroman.com/2010/10/la-solitude-du-docteur-march-par.h..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par anyuka, le 06 octobre 2010

    anyuka
    Meg, Jo, Beth et Amy... ces prénoms vous évoquent certainement quelque chose : le fameux ouvrage de Louisa May Alcott, "Les quatre filles du docteur march", ou bien l'une des adaptations télé ou ciné qui en ont été tirées.Le roman originel se situe pendant la Guerre de Sécession, et le père en est absent. Geraldine Brooks a choisi d'imaginer ce qu'il est advenu de ce fameux Dr March.
    Parti s'engager comme aumônier auprès des Nordistes, March sera témoin des horreurs de la guerre, de la lutte conte l'esclavagisme, et durement frappé par la maladie. L'image de ce pater familias porté aux nues par ses filles (ses "petites femmes") va ici en prendre un sacré coup : il se décrit lui-même comme un homme faible, un peu lâche, dont on découvre l'attachement et même l'attirance pour une jeune esclave rencontrée dans sa jeunesse, Grace. Si les deux premiers tiers du livre sont consacrés au docteur March et à son récit entrecoupé de lettres (la partie la moins convaincante du livre !), la parole est ensuite donnée à la mère : Marmee, au caractère dur et emporté, qui cache à grand peine les flots de déception qu'elle éprouve pour l'homme qu'elle a épousé, mais restera quoi qu'elle soupçonne et quoi qu'il arrive fidèle à son devoir d'épouse et de mère. Aussi parviendra-t-elle à ramener son époux dans son foyer, mais c'est un homme ravagé, détruit par le remords de tragédies qu'il n'a pas pu empêcher - un homme seul - qui rentre chez lui.
    Un peu perdue au début de ma lecture dans les récits de bataille, la fin m'a vraiment touchée, et j'ai trouvé intéressante cette démarche de "compléter" l'histoire de cette famille déchirée par la guerre, quitte à écorner un peu le "mythe".

    Lien : http://anyuka.canalblog.com/archives/2010/10/06/index.html
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    • Livres 3.00/5
    Par crapette, le 25 janvier 2011

    crapette
    J'étais ravie de retrouver le papa adoré de Meg Jo ...bref, des Quatre filles du Docteur March, et de mieux situer ce joli roman (pour jeunes filles du siècle dernier, mais oui) dans le cadre de la guerre de Sécession. La solide documentation de l'auteur sur les abolitionnistes, dont Thoreau m'a bien intéressée. le ton protecteur des missives hypocrites envoyées par le bon Docteur à sa petite famille m'a plutôt hérissée. Quand aux récits sur les atrocités de la guerre, la condition des esclaves dans les états du sud, j'ai éprouvé une impression de "déjà lu".
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    • Livres 3.00/5
    Par jostein, le 03 avril 2012

    jostein
    Géraldine Brooks a construit une fiction à partir d'un personnage issu du célèbre roman de Louisa May Alcott "Les quatre filles du docteur march". Elle en a fait un personnage idéaliste qui a connu les ravages de l'esclavage pendant son premier métier de colporteur. C'est pour cela qu'il s'engagera à près de quarante ans auprès des jeunes soldats engagés dans la guerre de Sécession.
    L'auteur évoque de manière narrative et épistolaire les horreurs de cette guerre. le docteur March, pasteur abolitionniste va vivre personnellement la violence faite aux esclaves. Pacifiste, il refuse de tuer même pour défendre ses amis.Ainsi le retour à la vie de famille sera difficile et seule, Grace, une infirmière noire qu'il a connue et aimée dans sa jeunesse pourra le convaincre que l'on ne peut pas vivre dans la culpabilité.
    J'ai trouvé le rythme du livre assez lourd, notamment à cause des lettres du Docteur March à sa femme. Refusant de l'inquiéter, ses lettres sont fades et banales. La période où il travaille dans la plantation d'Ethan Canning est plus passionnée et dynamique.
    J'ai apprécié le point de vue de Marnee, la femme de March, en fin de livre et je pense, qu'une alternance des points de vue tout au long du récit aurait donné un autre souffle au livre.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-la-solitude-du-doct..
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 25 novembre 2011
    Souffle épique, scénario à rebondissements, ce roman possède le panache des grandes sagas à l'américaine, ce qui lui a valu le prix Pulitzer en 2006.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par anyuka, le 06 octobre 2010

    En tant que mère, j'avais souvent demandé à mes filles de savoir pardonner. "Ne laissez pas le soleil se coucher sur votre colère", leur avais-je répété, quand les grandes et les petites disputes de l'enfance les dressaient les unes contre les autres. C'était à mon tour d'être mise à l'épreuve. Je devrais mettre en pratique mes propres sermons. Il m'avait déçue de tant de manières ! Il ne m'avait pas apporté le confort matériel que j'attendais, mais il y avait longtemps que je m'y étais adaptée. Il ne m'avait pas consultée en décidant de partir à la guerre, j'avais pourtant feint d'approuver et gardé le silence. Et maintenant il m'avait infligé un coup encore plus cruel, il m'avait trahie de la manière la plus grave, et la plus personnelle, en nourrissant des sentiments secrets pour une autre femme. Et j'avais beau en comprendre les raisons, cela ne m'en blessait pas moins. D'autres connaissaient sur mon mariage des vérités qu'il m'avait cachées.
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  • Par luocine, le 02 octobre 2010

    Qui peut-on qualifier de brave ? Celui qui ne connaît pas la peur ? S’il en est ainsi, la bravoure n’est que le terme poli pour désigner un esprit dénué de rationalité et d’imagination. Le brave, le vrai héros, tremble de peur, transpire, sent ses entrailles le trahir et, malgré cela, avance pour accomplir l’acte qu’il redoute.

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  • Par jostein, le 13 décembre 2010

    Je vous demande simplement de voir qu'il y a une seule chose à faire quand nous tombons, c'est de nous relever et de continuer d'avancer dans la vie qui s'étend devant nous, et d'essayer de faire le bien dont nos bras sont capables pour les êtres que nous rencontrons en chemin.
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  • Par crapette, le 25 janvier 2011

    « Vous prônez l’émancipation mais vous me traitez en esclave de la manière la plus primitive qui soit! Ne suis-je pas libre de m’exprimer dans ma propre maison face à de telles insultes ? Vous appelez vos filles "vos petites femmes" et bien moi je suis votre femme humiliée, et j'en suis lasse. »
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  • Par Patricia_bs, le 10 novembre 2010

    "Nous avons eu notre content de Blancs pour commander notre existence ! Pas mal d'hommes de ma race sont meilleurs coursiers que vous ne le serez jamais. Et il ne manque pas de pasteurs nègres pour connaître le vrai langage de nos âmes. Un peuple libre doit apprendre à décider de son destin."
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