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ISBN : 2714451284
Éditeur : Belfond (2012)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Aux États-Unis, Massachusetts, 1660-1715.

Installé avec une poignée de pionniers anglais sur les terres de Martha’s Vineyard, une île au large de Cap Cod, le pasteur John Mayfield, homme de foi et grand humaniste, s’est donné pour mission de repousser le... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nadael, le 06 mai 2012

    Nadael
    Est-ce l'époque lointaine, les premiers pionniers foulant le nouveau monde, les histoires d'indiens, de croyances et de spiritualité, l'accès à la connaissance, une amitié fidèle, une île mystérieuse, ou le personnage féminin si volontaire qui m'ont fait aimer ce roman de Geraldine Brooks ? Un peu de tout cela. Dans une fresque plus romanesque qu'historique, l'auteure nous transporte dans l'Amérique du dix-septième siècle, au temps des premières colonies anglaises, en s'inspirant d'un fait réel : le premier indien, un jeune wôpanââk, Caleb Cheeshahteaumuck sort diplomé de la Faculté de Harvard.
    En 1660, quelques pionniers venus d'Angleterre débarquent sur une île au large de Cape Code. Parmi eux, le pasteur John Mayfield s'y installe avec sa famille ayant pour mission d'évangéliser les tribus locales, les Wampanoag, envoûtées selon lui par Satan. Bethia, sa fille, une enfant curieuse et intelligente, rencontre un jour en se promenant dans l'île, Caleb. Une véritable amitié va naître entre eux, ad vitam aeternam. Chacun va s'ouvrir à l'autre avec tolérance, s'enseignant mutuellement leur langue. Alors que l'une découvrira les rites indiens, l'autre entendra les Saintes Ecritures. Ces échanges apporteront à ses deux jeunes gens en devenir un enrichissement culturel certain.
    A la suite d'une terrible épidémie au sein de la tribu indienne, Caleb, sans famille, est recueilli par le pasteur Mayfield, qui ne tarde pas à s'aperçevoir de l'intelligence du jeune homme. La vie suit son cours sur l'île avec son lot de joies et de peines. Quand Bethia et son frère Makepiece se retrouvent orphelins, leur grand-père décide d'envoyer l'ainé, Caleb et un autre jeune indien converti à la faculté. L'argent lui faisant défaut, Bethia sera inféodée au directeur de l'école pour permettre à son frère d'étudier.
    Cette histoire est racontée par Bethia, à travers le journal qu'elle a tenu de 1660 à 1715. Si elle évoque le parcours incroyable de Caleb, elle parle surtout de sa propre vie avec les épreuves endurées et les instants plus heureux : le décès de ses parents, la terrible condition des femmes, son désir de connaissance, ses amitiés, son amour pour un professeur de Harvard, son île... J'aurai d'ailleurs apprécié en savoir davantage sur le personnage de Caleb, en ayant son propre point de vue. En effet, au fur et à mesure du roman, il passe au second plan, ce que j'ai trouvé un peu dommage.
    Malgré cela, on passe un très bon moment de lecture avec cette fresque romanesque où deux mondes, les puritains et les amérindiens, tentent avec difficulté un rapprochement.


    Lien : http://lesmotsdelafin.wordpress.com/2012/05/06/lautre-rive-du-monde-..
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    • Livres 3.00/5
    Par maylibel, le 25 août 2012

    maylibel
    XVIIe siècle, île de Martha's Vineyard. Bethia Mayfield est fille de pasteur. Un jour, elle rencontre par hasard le neveu d'un puissant sorcier indien et sympathise avec cet adolescent qui partage avec elle ses connaissances, sans se soucier des convenances, alors que son propre père a cessé de l'instruire quand elle avait neuf ans. Mais il est mal vu pour une blanche de fréquenter un jeune indien…
    Ce roman s'inspire d'une histoire vraie, celle du premier indien à avoir été diplômé de Harvard. Mais ce livre constitue bien une œuvre de fiction. La narratrice et héroïne ici, c'est Bethia, jeune fille assoiffée de connaissances dans un milieu où peu de femmes ont accès à l'instruction. J'ai beaucoup aimé les pages où elle témoigne de sa vie sur l'île puis sur le continent américain. Mais Geraldine Brooks cède ensuite à la facilité en expédiant cinquante ans de la vie de Bethia en quelques pages, n'hésitant pas à recourir aux clichés. C'est dommage, car L'autre rive du monde constitue un beau portrait de jeune femme instruite, dotée d'un sacré caractère à une époque où les filles avaient rarement leur mot à dire. Par ailleurs, c'est un roman bien documenté, à découvrir malgré tout, ne serait-ce que pour découvrir la difficile cohabitation entre calvinistes et indiens en Amérique au XVIIe siècle.
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    • Livres 4.00/5
    Par marysedepe81, le 09 juin 2012

    marysedepe81
    S'inspirant de la poétesse Anne Bradstreet pour créer le personnage de Bethia, l'auteur nous fait découvrir par ses yeux, les premières colonies amèricaines dans l'île aujourd'hui célèbre de Martha's Vineyard ( de la taille du Val de Marne). L'arrivée des premiers colons venus évangeliser les indiens autochtones, leur mode de vie très rude, leur morale puritaine, sexiste, raciste. Particulièrement bien documenté ce roman s 'appuie sur des documents authentiques. le personnage de Caleb et son ami joel, leur passage à Harvard ont réellement éxisté.Le choc des cultures, celui des coutumes, des religions, tout cela et bien davantage conté, raconté avec talent et finesse par l'auteur du magnifique « livre d'Hanna » lu il y a quelques années .Un auteur à suivre sans aucune retenue.
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    • Livres 4.00/5
    Par pieusaise, le 25 août 2012

    pieusaise
    Encore une fois Geraldine Brooks nous montre qu'elle est une très bonne conteuse. On se laisse embarquer vers le temps des premières colonisations aux Etats-Unis et suivons l'histoire de la difficile cohabitation entre les colons venus prêcher la bonne parole et les "sauvages" indiens qui veulent conserver leur culture.
    Les descriptions de la nature de l'île qui deviendra Martha's Vineyard sur la côte est sont magnifiques et le destin des jeunes héros, une fille de pasteur et un jeune indien qui sera le premier envoyé à Harvard, extraordinaire.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lalivrophile, le 16 juillet 2013

    Lalivrophile
    Ce roman m'a beaucoup plu. Il y a quelques mois, j'ai lu «L'amant de Patagonie» auquel j'ai reproché d'être trop cliché et pas assez creusé. Je n'ai donc pu m'empêcher de faire le parallèle en lisant «L'autre rive du monde». En effet, le roman de Geraldine Brooks aborde, lui aussi, le thème de la colonisation. Bien sûr, il se passe bien avant «L'amant de Patagonie», mais le thème reste le même. Il me semble que Geraldine Brooks prend le temps de créer des personnages et des situations creusées. À travers Caleb, Bethia, Anne, Joël, Makepiece, et même le père de Bethia, elle présente toute une gamme de situations, de réactions, et rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. J'ai beaucoup apprécié cet approfondissement. Bien sûr, la colonisation fut une mauvaise chose, même si certaines bonnes choses en découlèrent, parce qu'elle signifiait priver des peuples de leur identité, de leurs biens. Bethia souhaite que tout le monde cohabite, prône la tolérance, etc, mais il n'en reste pas moins que les Anglais (en l'occurrence) sont venus voler des peuples et tenter de les convertir. Un échange de savoirs aurait été possible si les colons ne s'étaient pas mis en tête de faire leurs les terres d'autrui, et donc, de les en chasser. Il est assez difficile d'accepter et de comprendre le pédantisme des colons qui étaient persuadés (en tout cas, ceux qui étaient ouverts et tolérants) d'agir au mieux pour tous.
    [...]
    Lire la suite sur:

    Lien : http://www.lalivrophile.net/l-autre-rive-du-monde-de-geraldine-brooks
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 07 juin 2012
    Un monde tiraillé entre deux rives que Geraldine Brooks explore avec beaucoup de finesse, sans jamais tomber dans le manichéisme.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 10 juin 2013

    Comme c'est curieux. Au moment même où j'avais été en demeure de me rabaisser devant la communauté, j'avais apparemment obtenu l'estime de quelqu'un. Tandis que je m'apprêtais à faire des aveux publics m'était venue l'idée extraordinaire que la seule fois où une voix de femme pouvait s'exprimer dans notre église, c'était quand elle s'exécrait.

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  • Par Nadael, le 06 mai 2012

    Dans ce monde déchu, voilà notre condition. Chaque bonheur représente un rayon de lumière entre les ombres, toute gaieté est associé au chagrin. Il n'est pas de naissance qui ne rappelle une mort, pas de victoire qui n'évoque une défaite. 

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  • Par Nadael, le 06 mai 2012

    Vous êtes comme ces grains de sable. Chacun est une infime particule. Une centaine, plusieurs centaines, qu'importe ? Jette-les en l'air. Tu ne les retrouveras même pas une fois qu'ils seront retombés sur le sol. Ils sont infinis. Vous vous déverserez sur cette terre, et nous serons étouffés. Vos murs de pierre, vos arbres morts, les sabots de vos bêtes étranges piétinant les bancs de palourdes. (…) Vos murs vont s'élever partout et ils finiront par nous exclure.
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  • Par Nadael, le 06 mai 2012

    Je laissai tomber mes bas et me retrouvai jambes nues comme les femmes wamponoag dans leur courte blouse en peau. Mes orteils se plantèrent dans la terre fraîche et sableuse, tandis que mon coeur battait au rythme des tambourins. De longues bouffées de mon âme haletante, éduquée dans la piété, parurent s'échapper de mon corps quand je commençais à bouger en cadence. Lentement au début, mes membres trouvèrent le rythme. La pensée disparut, et, animée par un instinct bestial, je dansai enfin en m'abandonnant. Si Satan me tenait cette nuit-là, alors je l'avoue : je l'ai laissé avec bonheur me serrer dans ses bras. 
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  • Par Nadael, le 06 mai 2012

    Vous n'imaginez pas , monsieur Corlett, à quel point j'ai été enchantée d'apprendre qu'une femme (Anne Bradstreet) pouvait écrire et publier de la poésie, et quelle poésie ! Et quelle femme, une fille fidèle, irréprochable, une épouse et une mère estimée ! (…) Je fermai les yeux, et les vers que j'avais appris par coeur me vinrent aisément :
    Dites-moi, les femmes ont-elles de la valeur ?
    S'en serait-elle allée, avec notre reine ?
    Certains disent que notre sexe est dénué de raison,
    Une calomnie qui autrefois fut une trahison. 
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