ISBN : 2234062519
Éditeur : Stock (2011)


Note moyenne : 2.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

Marie-Anne Erize avait 24 ans, un physique de mannequin, des utopies de rebelle. Un jour d’octobre 1976, des militaires en civil l’ont enlevée à San Juan, petite ville du nord-ouest de l’Argentine. Ses parents, ses amis, ses six... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 2.00/5
    Par ppette007, le 11 décembre 2011

    ppette007
    Il y a plus de trente cinq ans, la dictature militaire en Argentine (1976-1983) faisait plus de 30.000 « disparus » (los desaparecidos). Les personnes considérées comme des opposants au régime furent assassinées par celui-ci de manière systématique hors de tout cadre légal. Philippe Broussard, journaliste à l'Express, choisit de nous raconter le destin de l'une d'elles, Marie-Anne Erize, une jeune franco-argentine enlevée à l'âge de 24 ans dans le nord-ouest de l'Argentine. L'auteur a consacré trois ans de sa vie à reconstituer l'itinéraire de Marie-Anne dans les années précédant sa disparition en s'appuyant sur de nombreux témoignages de proches, d'avocats, de témoins, récoltés à travers le monde entier (Argentine, France, Italie, Espagne, Pérou). Il s'est également attaché à mieux comprendre la personnalité aux multiples facettes de Marie-Anne en se replongeant dans son enfance passée dans une zone reculée de l'Argentine.
    C'est donc une enquête très fouillée que nous offre le journaliste. Il nous fait découvrir le personnage hors du commun de Marie-Anne qui a tout d'une héroïne de roman: tous disent d'elle qu'elle est rayonnante de beauté, solaire et d'une générosité sans faille. Sa vie apparaît très romanesque également. Elle sera ainsi tour à tour enfant scout, enseignante, mannequin, hôtesse d'accueil dans une compagnie aérienne. Elle fréquentera simultanément la jet set et les quartiers pauvres des bidonvilles de Buenos Aires où elle sera une bénévole dévouée. Puis elle s'engagera comme beaucoup de jeunes de son âge, dans le mouvement des montoneros, un mouvement péroniste de gauche. Et plus l'on avance dans cette enquête, plus le personnage de Marie-Anne se densifie, s'entoure de mystères. La jeune femme refusera de prendre la fuite en s'exilant en France et finira par mener une vie clandestine avant d'être enlevée par des militaires en civil. Son corps n'a toujours pas été retrouvé.
    A travers l'histoire de La disparue de San Juan, Philippe Broussard rend hommage au combat de tous les proches des victimes pour connaître la vérité, à commencer par la mère de la disparue, Françoise. Il entremêle à son récit des lettres adressées à Françoise dans lesquelles il écrit ses doutes, les avancées de son enquête et s'interroge sur la personnalité de Marie-Anne. Et c'est ce qui peut parfois déranger dans ce livre qui s'éloigne trop de l'enquête journalistique par moments. On peut se demander dans quelle mesure Marie-Anne était telle que l'auteur la décrit ou encore si celui-ci ne comble pas les zones d'ombre par ce qu'il croit être la vérité. le journaliste ne s'en tient-il qu'aux faits ou est-il devenu trop obsédé par sa quête au point de ne plus être objectif ? En dehors de ces réserves, cet ouvrage a en tous cas le mérite de nous faire revivre les années sombres vécues par l'Argentine et d'autres pays d'Amérique Latine où des régimes totalitaires firent régner la terreur.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par chocobogirl, le 09 janvier 2012

    chocobogirl
    Marie-Anne Erize a disparue en octobre 1976 à San Juan, Argentine. Enlevée sur la place publique, la jeune femme n'est jamais réapparue et son corps n'a jamais été retrouvé. Elle avait 24 ans.
    Philippe Broussard, journaliste au Monde, a rencontré la mère de Marie-Anne, il y a 10 ans à l'occasion d'un reportage. 3 ans plus tard, cette histoire continue à le hanter. Il décide alors d'enquêter sur la disparition de la jeune femme, tentant de trouver la vérité à son sujet.
    Le journaliste débute son ouvrage en retraçant les premières années de Marie-Anne. Il raconte sa famille installée dans une pampa désertique. Il la suit adolescente dans les années 70 où la jeune fille vit quelque temps à Paris, jouant les mannequins tout en gardant un engagement important envers son pays. Bientôt, elle devient une militante active des Montoneros, péronistes de gauche et s'affirme contre la dictature. La pression du gouvernement argentin se fait de plus en plus marquée mais Marie-Anne refuse de quitter son pays. Elle paiera le prix de son engagement : elle sera enlevée et tuée, comme des milliers d'autres argentins qui dérangeaient la dictature.
    L'auteur semble véritablement fasciné par son sujet.
    Broussard a fait d'ailleurs le choix de présenter la vie de cette dernière de manière romancée. Un choix qui ne me convainc pas du tout.
    Le portrait qu'il dresse de la jeune fille est très (trop) flatteur. Marie-Anne est belle, intelligente. Elle a du cœur et paraît être la jeune femme parfaite. Trop parfaite. La volonté de l'auteur de nous la montrer sous son meilleur jour devient rapidement agaçante et la figure de sainte qu'elle revêt, trop accentuée.
    Broussard n'a pas connu cette fille. Il reconstruit son image à partir de témoignages variés et semblent embellir continuellement son "personnage".
    A un peu plus de la moitié de l'ouvrage, le lecteur ne plongera toujours pas dans l'enquête sur sa disparition proprement dite et restera empêtrée dans la vie de cette jeune fille qui finit par lasser.
    Autant vous dire que pour ma part, j'ai fini par jeter l'éponge... j'espérais plonger dans les coulisses de la dictature argentine, découvrir l'atmosphère de l'époque. Je pensais que l'ouvrage aurait une portée plus universelle envers tous les disparus de la dictature. Que nenni.
    L'auteur reste fixé sur cette jeune femme et peine à s'en délier. Peut-être que mes attentes étaient décalées quant au contenu de l'ouvrage...
    Toujours est-il que la construction de l'essai ne m'a pas beaucoup plus convaincue.
    Broussard intercale entre chaque chapitre les longues lettres qu'il envoie à la mère de Marie-Anne. Des lettres à sens unique dont on ne connaît pas les réponses (mais y'en-a-t-il eu ?), ce qui réduit d'autant plus l'intérêt de cette correspondance. Il détaille avec un luxe de précisions ses démarches, ses recherches et donne l'impression de se lamenter sur la disparition de cette jeune femme si bien. On ne saura rien de la réaction maternelle face à ses missives : agacement, ignorance, reconnaissance ? Pour ma part, j'ai eu le sentiment que l'auteur réveillait régulièrement la douleur de la famille, obligeait la mère à suivre son enquête. Cette femme n'avait rien demandé, tentant certainement de faire le deuil d'une fille au corps perdu. La démarche de l'auteur part certainement d'une bonne intention mais peut-être que la mère souhaiterait aussi que le passé ne soit pas déterré ? Nous n'aurons pas la réponse.
    Des lettres donc à l'intérêt limité mais qui coupe en plus la lecture de manière régulière et intempestive.
    Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé cette enquête qui ressemble plus à une tentative de reconstruction idéale d'une jeune femme disparue. Si la démarche de recherche de la vérité que Broussard entreprend est salutaire, ce dernier semble bien trop impliqué et fasciné par son sujet pour donner un ouvrage véritablement intéressant sur la dictature argentine. On pourra me rétorquer que son enquête prend un tour nouveau dans la dernière partie de son livre qui aborde un peu plus, je le suppose, le sort de Marie-Anne après son enlèvement. Néanmoins, les 300 pages précédentes sur la vie romancée de la disparue n'auront eu pour effet que de me faire fuir.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-disparue-de-san-jua..
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