Entre l'Inde et la Chine, vers l'Est et vers le Sud, existe un ensemble de péninsules et d'archipels, d'îles, d'isthmes et de détroits, de cités et d'empires. C'est l'" angle de l'Asie " que l'on nomme souvent l'Asie du Sud-Est. Des Etats,... > voir plus
pp.63-64 [l’influence du modèle politique des Thaï en général] s’est heurtée à une limite infranchissable, celle des sociétés égalitaires telles que celles des Miao-Hmong ou des Hani-Akha qui, bien qu’en contact, n’ont pas été ébranlées. Ces groupes ethnolinguistiques de la famille sino-tibétaine, venant du nord, du monde chinois, se sont installées plus récemment, c’est-à-dire depuis la fin du XIXè siècle, sur les parties les plus hautes des montagnes (au dessus de 1400 à 1600 mètres).
La stratification ethnique en trois étages à été reprise par le projet nationaliste lao dans les années 1950, à la fin de la période coloniale française. Le Pathet Lao se l’est appropriée, dans un objectif d’intégration des minorités montagnardes au mouvement révolutionnaire puis à la République Démocratique Lao d’après 1975. Les population de différentes origines ont été classées uniformément en: Lao Lum ou Lao des vallées ou basses terres (la majorité des groupes ethnolinguistiques thaïs et lao), Lao Theung ou Lao des versants (les autochtones de langue môn-khmer ou Kha dont le groupe principal est celui des khmu) et Lao Sung ou Lao des hauteurs (les Hmongs et Yao avec quelques petits groupes de parler tibéto-birmans à l’extrême nord). Ce “triptique ethnique”, qui était devenu un élément de l’iconographie nationale présent sur les billets de banque, a été aboli officiellement par le Parti en 2002 pour être remplacé par la reconnaissance de plus de 25 groupes ethniques. Ceux-ci apparaissent statistiquement encore plus minoritaires que leur agrégation en deux catégories de Lao Theung et Sung représentant 40% environ de la population nationales (Ovesen J., 2004, 216-224).
Cet étagement ou stratification en trois étages décrit par les géographes et les ethnologues, qui reste la structure de base de l’espace montagneux de l’Eventail nord-indochinois, est de plus en plus remis en cause, bouleversé par la modernisation ou le développement introduits par les États-nations qui cherchent à mieux maîtriser ces montagnes situées à leurs frontières.