Serge Brussolo a tâté de tous les genres : science-fiction, fantasy, roman noir, roman historique. Dans tous les cas, son style bien particulier transcende le genre auquel il s'adonne. C'est la marque d'un grand auteur, qui peut selon les cas générer fascination et addiction, parfois écoeurement.
Une imagination sans limite, un monde riche en transformations, et qui semble animiste, où la différence entre minéral, végétal, animal et humain est bien mince, des personnages torturés dans leur corps, une logique absurde qui va toujours dans la direction du Pire.
Qui d'autre que lui aurait pu imaginer ce soleil entraînant des surcharges mentales, ces personnages qui se transforment en animaux, ces animaux intelligents obligant les humains à marcher à quatre pattes, ces canapés retournés à l'état sauvage tentant d'encorner les passants ? Peggy Sue et les Fantômes est un livre riche en brussolismes. Ils foisonnent.
Le tour de force est d'en avoir fait un roman pour la jeunesse. le style est simple. L'héroïne est une adolescente mal dans sa peau et sortant de l'ordinaire, Peggy Sue, mais suffisamment transparente pour qu'on puisse s'identifier à elle. Ca se passe aux Etats-Unis mais ça pourrait se passer n'importe où. Pour le reste, la fascination brussolienne fait son effet.
Ce livre et la série qui a suivi ont rencontré un énorme succès. Peggy Sue et les Fantômes a même été traduit en dix-sept langues.