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ISBN : 2360540378
Éditeur : Le Mot et le reste (20/01/2012)
Résumé :
Daniel avait vu évoluer Alice, les raquettes aux pieds, un peu en dessous des Rabasses.
Il l'avait suivie à distance, accordant ses pas dans les empreintes luisant au soleil telles des gaufres. Pas pour la surveiller, non, juste dans l'hypothèse où elle ferait une mauvaise rencontre. Daniel veilleur de jour. Il l'escortait ainsi lorsqu'il aperçut à son tour les corvidés. Alice, la quarantaine passée, secrétaire de la scierie, entend quitter son mari et échapp... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
09 novembre 2013
★★★★★
★★★★★
Comme quoi, le hasard fait souvent bien les choses...car si je n'étais pas rentrée dans cette librairie le jour où André Bucher dédicaçait son dernier roman, je n'aurais peut-être jamais entendu de cet auteur que je trouve vraiment remarquable...à tel point que j'ai emprunté tous les ouvrages de lui que possédait la médiathèque de ma ville. Mais, celui-ci, "Fée d'hiver", il est à moi...et dédicacé s'il vous plaît !
Bref, excusez-moi pour cette petite introduction en entrons dans le vif du sujet. En prologue de ce livre se trouve retranscrit un fait divers advenu le 31 août 1948 dans le Sud de la Drôme où il est question d'un mari jaloux qui abat sa femme à coup de fusil de chasse avant de se donner la mort, laissant ainsi deux jeunes enfants orphelins.
Tout commence donc ainsi et c'est à partir de là que le lecteur suit ce qui va être la vie de Daniel, à l'époque âgé de quatre ans et de son frère aîné de deux ans, Richard. Peut-on réellement se remettre d'un tel drame et mener une vie normale par la suite ? Même s'ils ont tous deux été placés dans une famille d'accueil aimante, Daniel ne prononcera plus jamais un mot et Richard en gardera des séquelles, même si ces dernières ne sont pas forcément visibles.
Non loin de la ferme où ils ont grandi, vivent les frères Monnier, Robert et Pierre avec leur soeur Alice et leur cousin Louis. Très vite, entre ces deux camps d'agriculteurs naît une antipathie qui ne sera que grandissante au cours du roman.
Pour que nos personnages soient au complet, il faut également rajouter l'immigré croate Vladimir qui lui aussi est orphelin et a vécu dans la terreur de la guerre jusqu'à son arrivée en France. La même question se pose alors pour lui que pour les frères Lacour (Daniel et Richard), à savoir peut-on encore croire en la vie lorsque l'on a vu les pires horreurs que l'homme est capable d'accomplir ?
Un roman où des destins se croisent, s'entremêlent et où quantité de sujets sont abordés, celui de la guerre et de son opposé, l'amour, celui de la montagne et du réconfort qu'elle peut parfois nous apporter mais également l'exil ou l'exode et bien d'autres encore.
.
Un ouvrage qui porte bien son nom car il s'agit ici d'un véritable conte de fées, malgré des débuts dramatiques pour la majorité des personnages, très bien écrit même si je regrette un peu d'avoir rencontré un peu trop souvent des phrases beaucoup trop longues à mon goût ! Mais bon, c'est aussi cela qui fait son charme...A découvrir !
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Josephine2
13 décembre 2016
★★★★★
★★★★★
Il y a des auteurs comme ça, vous ne savez pas pourquoi, ni comment, qui vous ensorcellent, qui vous exaltent, qui vous transcendent. Il y a Eri de Luca, Jon Kalmann Stefansson, pour ne citer que ceux là, mais également, André Bucher.
J'avais lu, il y a déjà quelque temps, Déneiger le ciel. Je le porte en moi, me le remémore souvent. Je savais qu'André Bucher avait écrit d'autres livres et m'étais promis de me les procurer.
Mais comme les autres auteurs cités plus haut, j'attendais avant d'en prendre possession. Ah ! le bonheur de l'attente. Je veux, je convoite l'objet tant désirer, mais j'attends… Quelque chose d'irrésistible en moi me retient… J'attends le moment, j'apprivoise, je force ma timidité, car oui, il s'agit bien de timidité. Jusqu'au jour où je me décide enfin.
Mais mon attente sera-t-elle à la hauteur de mes espoirs ? Retrouverais-je le même sentiment que j'ai ressenti à la lecture de Déneiger le Ciel ? Ne serais-je pas déçue ?
Et bien non, pas du tout ! Je retrouve dans ce livre, la même poésie, le même sentiment indescriptible que dans le précédent. La lecture de Fée d'hiver est tellement poignante.
Une histoire simple, mais une écriture enchanteresse et poétique pour décrire les peines, les guerres, la bêtise, la méchanceté mais aussi et surtout l'amour et la beauté sauvage de la nature.
Merci Monsieur Bucher pour votre humanisme et votre générosité à nous faire partager votre monde que vous savez si bien mettre en mots.
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Fleitour
19 mai 2016
★★★★★
★★★★★
Au gré des ciels, les états d'âmes s'impriment cryptés par la voix calfeutrée d'André Bucher, les hommes se taisent, ce sont les lieus qui osent et défient, la nature impose son rythme et révèle les secrets.
Deux orphelins de 4 et 6 ans, les enfants Lacour, devenus adultes, se réinstallent dans le creux de leur chagrin à la ferme des Rabasses, là ou le drame s'est joué, il y a 17 ans, farouche implacable, assourdissant. Ce jour là les cris de Daniel effacèrent l'horreur, l'absence de souvenirs " comme une éclipse" est devenue une boule qui l'empêche maintenant de parler. Son frère le Grand Richard Lacour devient le veilleur, lucide, hypersensible, habité par l'intransigeance du bûcheron.
En face d'eux, habitent les Monniers, le père est mort, celui qui voyait maman Lacour, les deux frères Robert et Pierre puis louis le cousin défendent leur bien, leur seul raison de vivre la scierie, comme une rancoeur sourde prête à germer.
Vladimir un croate est embauché à la scierie, une aubaine pour cet immigré qui a tout perdu.
le ciel au dessus du Val Triste lui est devenu familier, l'ardeur des Lacours vont l'aider à se reconstruire, communiant dans une nature qui l' adoube, la force de ses mains, ses yeux où circule la sève des résineux, le font renaître.
La nature a choisi . A force de côtoyer ces naufragés de l'enfance ses sens vont s'ouvrir à la vie . Alice la Fée d'hiver de Daniel va elle aussi adoucir l'immense Vladimir.
C'est un huis clos dont la reine de coeur, la soeur des frères Monnier, Alice est devenue l'enjeu.
la coupe de bois tombera, dans un camp puis dans l'autre camp. Après l'échec du mariage entre louis et Alice un nouveau drame précipitera les familles dans la haine.
En lisant ces lignes on redevient rôdeur, marcheur, ces lignes sont des sentiers que l'on suit, des oiseaux qui se perchent et des ciels qui vous guident. Quitter ce livre c'est abandonner un refuge en montagne, renoncer à la neige à la sueur qui perle dans la montée vers le col de Perty.
J'aime ce livre comme un solitaire, qui me ressemble, en évadé errant dans la neige et le froid, j'ai flanché à cette prose si charnelle, si imbibée d'absences, de pluies et de larmes aussi, de celles qui restent au bord du vide, et qui refluent à la lueur des étoiles.
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ivredelivres
13 février 2012
★★★★★
★★★★★
Un haut pays, celui déserté et à moitié sauvage d'une Drôme où vit l'auteur de ce roman.
Quatre personnages vont aller les uns vers les autres, comme pour un rendez-vous secret, au gré d'enfances saccagées, de vies marquées par la malchance, gâchées par la violence.

1965 Deux frères se retrouvent orphelins, la violence a été telle que Daniel ne parlera plus et que Richard et lui vivront un jour reclus dans leur misérable ferme des Rabasses. Daniel s'occupe de son troupeau de brebis et Richard s'est fait ferrailleur mais il lui arrive de gratter la guitare et écoute Bob Dylan en boucle.
Alice aussi est du pays, les deux frères l'ont vu grandir, ils l'aiment bien, elle est même capable de créer des liens avec Daniel le mutique qui écrit dans son journal « Alice, c'était ma fée d'hiver ». Ses frères Robert et Pierre, c'est pas pareil, des méchants, des tordus ceux là.
Le temps passe et Alice se marie avec Louis un lointain cousin et travaille à la scierie familiale.

1998 Et voilà qu'apparaît le dernier personnage du quatuor : Vladimir, bûcheron clandestin arrivé des Balkans. Il a fuit un passé douloureux, a traversé un pays dévasté « Il traversait de maigres villages déserts, croisait des fermes éparpillées ou de muets hameaux juchés à flanc de coteaux, tous accablés. Il longeait des terres sans horizon, sans un seul arbre, un paysage morne et moribond, où même le silence semblait s'être retiré ».
Après les passages de frontières, la clandestinité un beau jour il sait qu'il est arrivé
« de minces particules de lumière peignant les ombres convergeaientt vers la ligne de partage des eaux, entre la vallée de l'Ouvèze et celle de la Méouge »
Ils vont marcher les uns vers les autres, affronter le passé, se créer une nouvelle vie. Ils vont se tenir chaud, se protéger, s'apprivoiser, fraterniser en faisant fi des cicatrices qu'ils portent tous.
J'ai appris en lisant sa biographie chez l'éditeur qu'André Bucher est un grand lecteur de Jim Harrison et Rick Bass, rien d'étonnant que je me sois sentie si bien dans ce roman.
L'écriture donne un grand plaisir, le genre de roman qu'on lit lentement en se délectant des images, on s'attache aux personnages, on partirait bien à la découverte des lieux pour y voir filer les saisons. Un roman que l'on garde précieusement.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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lilicrapota
24 octobre 2014
★★★★★
★★★★★
J'avais voulu entrer dans les éditions "le mot et le reste" parce que leur ligne éditoriale m'avait séduite... mais je n'ai pas dû commencer par le bon! ;-) Je me suis arrêtée p.66... Ca a pourtant l'air intéressant, si si!!!! mais la syntaxe, super riche, vocabulaire recherché, style travaillé... mais je bute sur le rythme, et du coup, je n'arrive pas à lire!!!! La construction des phrases est vraiment particulière et j'ai eu beau me forcer, je lisais 4 lignes attentivement et après hop! je décrochais! Alors j'ai fini par laisser tomber :-(
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Les critiques presse (1)
Telerama23 mai 2012
Le livre est court, mais il multiplie les points de vue et les formes, se déploie lentement, infuse dans la mémoire des lecteurs.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche2418 septembre 2016
J'aimerais tant que ses longues jambes m'emportent, qu"elles me projettent derrière l'horizon, le mystère de ce monde, et qu'on revienne à la nage pour y faire place nette dans la tête. J'esquisserais un soleil clair, à l'interieur.Il battrait doucement contre une falaise, comme la mer, ou un sourire de lumière sur un coeur.
Alors à quoi bon parler? Il existe tellement de voix de par le monde.Des voix qui crient, qui tombent, personne ne les entend. Des mots partout, étranges, indifférents aux cris, aux pleurs, des mots qui tuent les voix. .. (p.28)
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FleitourFleitour19 mai 2016
Dans l'après-midi, il fut en vue du col de Perty. Des flocons Flottaient dans l'air pour retomber cousus et compacts sur la chape de brouillard ceinturant la Vallée.
Ils formaient d'abord un doux duvet puis bientôt un ample édredon.
Seules les crêtes, en lacérant des monceaux de brume, émergeaient de cette double portance ouatée.
Un pâle soleil rescapé, fiché à califourchon dans l'intervalle, son ovale extirpé à grand-peine d'une lucarne dans le ciel uniformément gris, pressait timidement son citron.
P46
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cicou45cicou4508 novembre 2013
"Mais le malheur réunit rarement ceux qu'il entoure. Chacun rumine, dissimule ses manques dans son cuisson de fureur étanche."
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fanfanouche24fanfanouche2418 septembre 2016
-Tu as peut-être raison, après tout.A quoi bon parler, aboyer des mots ou les promener en laisse si c'est pour que les gens vous mordent. (p.21)
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cicou45cicou4507 novembre 2013
"La mémoire affiche le prix des souvenirs, certains sont trop chers, en outre si elle mélange les étiquettes, on n'est plus sûr de rien."
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