> Lola Tranec-Dubled (Traducteur)

ISBN : 225300085X
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Prix Nobel, grand écrivain admiré par des milliers de lecteurs du monde entier, Pearl Buck est aussi une femme aimée pour sa franchise, son courage, sa générosité.
"Je n'oublierai jamais" ests une oeuvre autobiographique, suite d'expériences et de réflexions pers... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par cequejelis, le 29 novembre 2011

    Je me laissai tomber sur le talus couvert d’herbe, et j’écoutai. Les cris cessèrent, remplacés par des éclats de voix et des rires. C’était donc un garçon ! Une nouvelle vie ! Je m’étendis sur l’herbe et restai longtemps le regard fixai sur le ciel. On ne voyait pas d’étoiles, la lune brillait et je la fixai si longtemps qu’il me sembla la voir bouger. Une immense lassitude s’infiltrait en moi, la lassitude que donne l’acceptation de l’inévitable, la certitude de l’immuable. Désormais, je devais me résigner à ne partager avec personne les moments importants de mon existence, et pourtant j’en connaitrais encore. Nous savourions toujours en commun l’exaltation de la beauté ou de l’accomplissement, nous partagions tout, lui et moi, aussi instinctivement, que l’air que nous respirions. Eh bien, c’était fini… Comment peut-on croire que la créature ne parcourt pas seule le chemin de la vie ? Au contraire, le chemin sans fin se déroule devant elle, dans une solitude éternelle.

    Le Livre de Poche n° 3885 p. 221
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  • Par cequejelis, le 28 novembre 2011

    Pour un japonais plus un sentiment est profond, moins il faut en parler. (...)
    Les mots "je vous aime" n'existent pas dans la langue nippone.
    " Comment dites-vous à votre mari que vous l'aimez, demandai-je une fois à une amie japonaise. "
    Elle parut légèrement choquée. " Un sentiment aussi profond que l'amour conjugal ne peut s'exprimer en paroles, mais seulement dans les attitudes ou les actes. "
    Les japonais ne possèdent donc aucun mot d'amour " mon cher, mon chéri, mon amour ", etc. Les jeunes se servent de paroles anglaises, mais peut-être ne les prennent-ils pas au sérieux. D'ailleurs, prenons-nous tellement au sérieux, en Occident, ces termes qu'on emploie à tort et à travers ? En tant qu'écrivian pour qui chaque parole a son sens et sa valeur, je n'aime pas voir galvauder ces mots, qui repésentent pour moi des trésors. La langue anglaise est particulièrement riche en mots d'amour, d'origine anglo-saxonne. Dans les studios de cinéma, les " gros bonnets" appellent les secrétaires, les vedettes de cinéma ou n'importe quelle jeune fille dont le nom leur échappe, de ce nom précieux de " ma chérie" ou " mon amour", ce qui me met toujours en colère. C'est un profanation du sentiment véritable., le plus profond qui existe dans le coeur humain. Pour moi, rien dans la vie n'approche, ou même ne ressemble, à l'amour sans prix qui peut exister entre un homme et une femme et à tout ce qu'il implique. Les paroles que nous utilisons depuis des siècles pour exprimer cet amour ne doivent pas être gaspillées, sinon comment exprimerons-nous l'amour véritable ? Nous risquons de nous laisser dépouiller d'un bien irremplaçable. Toute femme qui s'est entendu appeler "mon amour", ma chérie, mon trésor", par l'homme qu'elle aime, ne peut que se formaliser d'entendre répéter ces mots à la légère.

    Le livre de Poche n° 3885 p. 97-98
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  • Par cequejelis, le 30 septembre 2011

    Au quart environ du tournage du film, nous guettait ce désert où s'égare momentanément toute création de l'esprit. La panne sèche se produit en général au moment où l'œuvre est trop engagée pour qu'on songe à y renoncer, mais si loin de sa conclusion que la fin paraît imprévisible et que seule une foi chancelante permet de l'envisager. Comme je connais bien ce moment de détresse intellectuelle ! Il me guette dans chacun de mes livres. J'écris le premier quart aussi facilement que souffle la brise marine : travailler est alors une joie pure, je suis persuadée chaque fois que j'écris le meilleur de mes livres. C'est alors que je commence la deuxième moitié du livre, et toute joie s'évapore, les personnages refusent de bouger, de parler, de rire, ou de pleurer, ils sont pétrifiés comme des statues de sel. Pourquoi, oh pourquoi ai-je commencé ce livre ? J'ai déjà trop travaillé pour le rejeter, et pourtant la conclusion est aussi loin de moi qu'un arc-en-ciel. Il ne me reste plus alors qu'à piétiner lourdement, à essayer d'avancer en poussant les personnages sur leur chemin, en soufflant sur eux pour tenter de leur rendre la vie, bref, en pratiquant des moyens de respiration artificielle. Un jour - bien que cela me paraisse incroyable, pendant des semaines, des mois, ou même parfois des années - un jour donc, ils recommencent à respirer. Quel soulagement ! Le désert est franchi, le dernier quart du livre file comme le vent.

    Le Livre de Poche n° 3885 p. 230
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  • Par cequejelis, le 27 novembre 2011

    Ce ne fut rien de plus qu'un frémissement et, l'espace d'une seconde à peine, mon bureau bougea sur les sol. Cette secousse ne troubla même pas le sommeil de la population, mais le lendemain le journal signalait un léger séisme. Ces phénomènes sont fréquents au Japon ; ils se reproduisent des centaines et des milliers de fois par an, en moyenne quatre fois par jour, et chaque secousse rappelle à un peuple courageux qu'il vit dans des îles dangereuses. Le caractère japonais, portant la marque de cette tension continuelle, est livré aux extrêmes : une gaieté exagérée et une mélancolie profonde et parfois frénétique. Le masque impassible du sourire et du calme cache, pour ainsi dire sans exception, une obscure tristesse que portent en eux tous les japonais, enfants ou adultes, persuadés que la catastrophe est toujours possible en dépit de la beauté des montagnes et de la mer, en dépit des joies de la vie. Cette appréhension permanente engendre en eux le culte des égards et de la courtoisie qui semble dire : puisque la fin du monde menace à tout instant, profitons-en pour être bons les uns envers les autres.

    Le Livre de Poche n° 3885 p. 108
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  • Par cequejelis, le 28 novembre 2011

    L'exclusion est toujours dangereuse. Dans l'inclusion réside la sécurité pour ceux qui désirent un monde en paix, l'inclusion dans une communauté nationale et dans un concert international des nations. D'après moi, toute nation devrait s'intégrer aux Nations Unies, de façon aussi absolue et irrévocable qu'un enfant est intégré à sa famille. Tout retrait devrait être impossible. Qu'un enfant, dans un accès de colère, se retire ou même s'enfuie, il n'en reste pas moins pour autant membre de la famille. Cette forme de relations s'applique sur une échelle mondiale à la famille des nations. C'est simple et absolu et seul ce qui est simple peut être assez vaste pour inclue tous les désordres.

    Le livre de Poche n° 3885
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André Bay
- André BAY : ses goûts, ses croyances, son livre "Des mouches et des hommes" ; sa carrière de directeur littéraire aux Editions STOCK et HACHETTE, son travail de directeur littéraire ; sa rencontre avec Pearl BUCK, sa découverte d'Anaïs NIN ; ses écrivains préférés ; ses traductions ; le rôle de l'éditeur et du directeur littéraire ; anecdote sur Isaac Bashevis SINGER et sur Roger...








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