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Sur le vif : Les photographies lauréates du prix Pulitzer1Ajouter à mes livres
Le prix Pulitzer... Ce nom, devenu synonyme d'excellence, couronne un travail exceptionnel et marquant. En 1942, le conseil d'administration du prix Pulitzer, reconnaissant le pouvoir et le poids des photographies sur la conscience collective, décida d'instituer un prix... > voir plus
Ce magnifique ouvrage reprend toutes les photographies qui ont reçu le prix Pulitzer de sa création en 1942 à 1999. Chaque cliché est analysé d'un point de vue technique (appareil utilisé, film, objectif, vitesse et ouverture) et replacé dans son contexte historique. le texte de Hal Buell est accompagné d'une chronologie illustrée. On découvre des images saisissantes, on revit quelques drames collectifs, on s'indigne face à la stupidité des hommes. Quelques cliché qui ont marqué l'histoire comme celui de la petite fille courant nue sur une route vietnamienne, brûlée par le napalm rappelle opportunément la nécessité d'une presse libre.
L'entrepôt de la misère par Jack Dykinga, The Chicago Sun-Times
Jack Dykinga reçu l'un des premiers Pulitzer attribué à des images traitant d'un problème de société et non d'un événement d'actualité. Les photos qu'il prit dans les écoles publiques pour handicapés mentaux Lincoln et Dixon, près de Chicago, étaient à la fois très belles et terrifiantes, choquant particulièrement les habitants de la ville.
Le but de Dykinga était de montrer les conséquences qu'aurait une réduction du budget, alors envisagée, sur les soins déjà limités prodigués dans ces institutions (qu'il qualifia d'entrepôts pour humains).
Ce qu'il vit était si impressionnant qu'il fut incapable de prendre la moindre photo pendant les premières heures où il découvrait ce qu'on appelait "les pavillons" et qui ressemblaient en fait davantage à des salles d'hôpital.
"Je me contentais de regarder. J'étais complètement submergé par l'horreur de ce que je voyais", raconta-t-il par la suite.
Les locaux étaient envahis d'odeurs insupportables. Les enfants et les adultes étaient couverts d'excréments et les lits imprégnés d'urine. Le personnel était surchargé de travail. Quatre personnes s'occupaient d'une centaine de patients et étaient obligées de leur donner à manger trop rapidement pour le faire correctement.
La composition soignée des détails et la simplicité des photos de Dykinga accrurent encore leur impact émotionnel. Leur publication dans le Sun-Time se solda par une augmentation du budget alloué aux deux établissements et par une sensibilisation des législateurs aux conditions de vie inhumaines des handicapés mentaux qui y vivaient.