ISBN : 2253036218
Éditeur : LGF - Livre de Poche
(1985)
Note moyenne : 3.77/5 (sur 48 notes)
Nouveaux contes de la folie ordinaire3Ajouter à mes livres
« A quoi bon des poètes dans un temps de détresse ? » demandait Höldorlin. La réponse est dans Bukowski, dans une prose qui est l'une des plus dénonciatrices accusatrices de ce temps. Et sans aucune issue proposée : le constat d'enfer nu, organique, brutal. Les « capric... > voir plus
Bizarrement ce roman contredit l'adage du cinéma qui prédit qu'une suite est toujours inférieur à son ancêtre. "Le monstre" et "au viol" restent les deux nouvelles qui détruiront la conscience du lecteur, qui nous renvieront devant notre humilité et le contrôle de nos pulsions. Difficile pour un homme de calmer ses envies montantes durant ses deux récits malgré le surmoi entonnant " tu es un monstre, comment peux tu avoir du désir pour un viol et de la pédophilie " Le monstre reste traumatisant, tentant, destructeur. le lecteur est dégouté et attiré, ressent de la haine et de la compréhension, de la répulsion et de l'attirance. le monstre est en faite le lecteur, voyeuriste d'un acte malsain.
La nouvelle nécrophile et les récits de vie finissent par achever le lecteur qui ne sera plus jamais pareil.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la réputation de Charles Bukowski le précède. On a tous en tête un écrivain américain, alcoolique et obsédé sexuel. Il l'était assurément, mais il était également un auteur majeur du XXème siècle. Ce natif d'Andernach (Allemagne) d'origine polonaise émigre avec ses parents à Los Angeles alors qu'il est âgé de 3 ans. Nous sommes en 1923...
Décidément depuis quelques temps je ne tombe que sur des bons livres, voire des tueries. Et là, c'est une tuerie. Autant Women, le Journal d'un vieux dégueulasse et Les Contes de la folie ordinaire m'avaient laissé frustré, autant là j'ai pris mon pied. Ce qui confirme mes impressions sur Buk: il est bon dans le court mais lassant dans le long.
Quand un homme s'angoisse pour son loyer, les traites de sa voiture, le réveille-matin, l'éducation du gosse, un dîner à dix dollars avec sa petite amie, l'opinion du voisin, le prestige du drapeau ou les malheurs de Brenda Starr, une pilule de LSD a toutes les chances de le rendre fou parce qu'il est déjà fou en un sens, écrabouillé par les interdits sociaux et rendu inapte à toute réflexion personnelle.
Chaque soir on repartait se soûler. Que faire d'autre quand on est pauvre? Les filles ne veulent pas aller avec des prolos. Les filles veulent des médecins, des savants, des avocats, des hommes d'affaire, etc. On ramasse les filles quand les autres mecs n'en veulent plus et on se paie les esquintées, les vérolées, les folles. Au bout d'un moment, quand tu es fatigué de ramasser les déchets, tu abandonnes. Ou tu essaies de laisser tomber. L'alcool aide.
Il y a de bonnes raisons d'interdire le LSD, le DMT, le STP, on peut bousiller définitivement sa tête avec, mais pas plus qu'au ramassage des betteraves ou en bossant à la chaîne chez General Motors, en faisant la plonge ou en enseignant l'anglais dans une fac.
Ballade en voiture à Hollywood avec l'écrivain jouant les guides touristiques (en anglais non sous titré). Provient du film "Charles Bukowski Tapes" de Barbet Schroeder (1985)