ISBN : 2253033979
Éditeur : Le Livre de Poche (1984)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 75 notes) Ajouter à mes livres
Henry Chinaski, c'est Bukowski lui-même, un écrivain alcoolique et grand amateur de femmes. Elles défilent dans ce récit, véritables créatures felliniennes : Lydia Vance qui se révèle d'une jalousie féroce, Mercedes la capiteuse, Dee Dee la mère célibataire, Joanna la c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 02 mars 2008

    BMR
    Il y a quelques jours on ressortait de notre bibliothèque deux bouquins de John Fante : Le vin de la jeunesse et Grosse faim.
    Fante, on l'a dit, c'est un peu le père spirituel de Charles Bukowski.
    Un Bukowski qui a d'ailleurs grandement contribué à la popularité de Fante.
    On tient avec ces deux-là, deux grands écrivains américains, deux piliers de ce siècle de littérature.
    Bukowski c'est un peu et en de nombreux points le Serge Gainsbourg de la littérature US : provocateur (avec sa bouteille de pinard chez Bernard Pivot, c'était en 1978 et l'INA a gardé ça en boîte), le physique pas très beau mais grand collectionneur de femmes, grossier personnage et poète sublime.
    Dans Women, Bukowski écrit sur les femmes. Enfin c'est ce qu'il dit ou c'est ce qu'il veut faire croire.
    Mais, tout bien pesé, on s'aperçoit vite d'une différence essentielle entre le personnage autobiographique de Bukoswki, Hank Chinaski, et Arturo Bandini, le personnage fétiche de John Fante.
    Ceux qui se dévoilent sous la plume de John Fante, ce sont «les autres» : la famille, les copains, les filles, le père, la mère, les oncles, et l'on apprend finalement très très peu de choses sur le petit Bandini/Fante.
    Bukoswki, tout au contraire, parle avant tout de lui, enfin de Hank Chinaski.
    Dans Women, les femmes défilent dans le lit de Chinaski comme dans la vie de Bukowski, mais l'on apprend finalement très peu de choses sur elles. Et c'est bien Bukowski/Chinaski qui se met à nu.
    Est-ce l'âge ? l'époque ? mais les charmes sulfureux de Bukowski semblent aujourd'hui bien éventés. Certes on y parle de sexe et d'alcool, on y baise le soir, on y picole toute la nuit et on y dégueule au petit matin, mais cela ne choque plus guère.
    Car la vie de Chinaski/Bukowski est ainsi faite ...
    ... de beuveries :
    [...] C'est ça le problème avec la gnôle, songeai-je en me servant un verre. S'il se passe un truc moche, on boit pour essayer d'oublier; s'il se passe un truc chouette, on boit pour le fêter, et s'il ne se passe rien, on boit pour qu'il se passe quelque chose.
    ... de coucheries :
    [...] - Je t'invite dehors pour le petit-déjeuner, j'ai dit.
    - D'accord, a répondu Mercedes. Au fait, on a baisé, hier soir ?
    - Nom de Dieu ! Tu ne te souviens pas ? On a bien dû baiser pendant cinquante minutes !
    Je ne parvenais pas à y croire. Mercedes ne semblait pas convaincue.
    On est allé au coin de la rue. J'ai commandé des oeufs au bacon avec du café et des toasts. Mercedes a commandé une crêpe au jambon et du café.
    La serveuse a apporté la commande. J'ai attaqué mes oeufs. Mercedes a versé du sirop sur sa crêpe.
    - Tu as raison, elle a dit, on a dû baiser. Je sens ton sperme dégouliner le long de ma jambe.
    (et encore, on a choisi un extrait soft !)
    ... et de littérature :
    [...] Les écrivains posent un problème. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l'écrivain se dit qu'il est génial. En fait la vérité est qu'il y a très peu de génie.
    Mais rapidement derrière ces propos apparemment scandaleux mais qui ne sont qu'un écran de fumée (et auxquels il serait bien dommage de s'arrêter et de passer ainsi à côté de ce « génial » écrivain), apparait bien vite le désarroi de Chinaski et c'est ce qu'on retiendra de cette relecture de Bukoswki.
    Un misogyne qui ne peut pas se passer des femmes, un misanthrope profondément humain.
    Capable d'écrire, entre deux énormes grossièretés :
    [...] En beaucoup de domaines, j'étais un sentimental : des chaussures de femmes sous le lit; une épingle à cheveaux abandonnée sur la commode; leur façon de dire « je vais faire pipi »; ...
    Pour celles et ceux qui aiment farfouiller au fond de l'âme humaine.
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 15 mars 2012

    le_Bison
    Il est vieux, il est moche, il est ivre du matin ou soir. Son premier geste en se levant sur les douze coups de midi est d'aller aux chiottes pour gerber les restes de la veille. Et pourtant, malgré son aspect dégueulasse, les plus belles poulettes et pouliches lui courent après, se ruent à ses basques pour se faire tringler par un vieux presque célèbre. Il ne pense qu'à la baise, et se lève les plus beaux culs de L.A., Vancouver ou du Texas. Difficile à imaginer, pourtant c'est véridique. Son talent : la baise et l'écriture. Charles Henry Bukowski, le plus grand poète contemporain ! le poète, bourré toute la journée, qui conçoit sa journée en fonction de ses plans « baise », des courses à l'hippodrome, de son stock de bières, de vodka et de sherry, et accessoirement de ses envies d'écriture en martelant sa machine sur sa table de cuisine en formica. La vie idéale, ou presque : au jour le jour, à profiter simplement de l'instant présent tel un moine zen aux mœurs légèrement plus libérés.
    Women, c'est l'histoire de Hank et de ses femmes. Elles sont nombreuses, belles pour la plupart. de magnifiques jambes. Hank fantasme sur les jambes. Il se fout presque du reste, du moment que les jambes sont là. Les gros nichons, ce n'est pas vraiment son truc, mais les jambes, les cuissots, là c'est autre chose ! Mais Hank a un problème. On pourrait croire qu'il passe d'une nana à l'autre, avec une attitude méprisante et condescendante, pourtant Hank est un amoureux fou. Un regard sur ses jambes, sur son cul, sur sa bouche, et il en devient amoureux. Il se comporte mal envers la gente féminine, mais ne se cherche pas d'excuses. Il le sait, elles le savent. C'est dans sa nature, parce que gosse, il a été privé de tant d'amour. C'est un vieux misogyne, dégoûtant, accro à l'alcool et au sexe. A son âge, il ne peut changer. Pourtant, au fil de ses conquêtes et de ses chapitres amoureux, on a le sentiment qu'il aimerait bien s'améliorer, qu'il voudrait peut-être montrer un peu plus de respect envers celles qu'il aime. Mais c'est plus fort que lui ; il ne peut s'empêcher de regarder le prochain beau cul du coin de la rue et de fuir avec elle, pour y planter son monstrueux poireau violacé.
    Il y a les anti-Bukowski qui ne peuvent ne voir en lui qu'un être méprisant et malsain, utilisant son pseudo statut de poète pour abuser de jeunes filles à peine majeures ; ceux qui peuvent être horripilés et affligés de lire une telle littérature composée d'une succession invariante de séances de sexe, de beuveries incontrôlées, et de vomissements compulsifs. Et puis, il y a les fans, les inconditionnels. Moi en l'occurrence. Je me fous totalement que ce mec baise à longueur de journée des midinettes, se promène en caleçon sale sur son balcon une bouteille à la main, chevauche les plus belles filles de L.A. Parce que derrière cette image de vieux bourru et bourré que Hank entretient dans ses romans, je sens qu'il y a un homme perdu, en mal de vivre, qui a un besoin incessant de tendresse, d'amour et de sexe. C'est un alcoolique, un drogué de la fellation, sodomie et cunnilingus. Il ne se passionne pas que pour les jeunes filles, il peut s'intéresser aussi à leurs mères. Mais c'est avant tout un mec qui me fait rire, énormément même, un gars qui a du cran et du cœur. C'est un passionné de la vie, qui ne vit que pour le plaisir de cette vie et pour qui rien d'autres ne compte. Alors oui, il peut être infect, mais je lui pardonne volontiers tant qu'il arrivera à m'arracher à mon quotidien par ses divagations des plus fantasques, tant que j'éclaterai de rire en lisant ses histoires de poireau, tant que je fantasmerai, moi aussi, sur ses conquêtes, jeunes, belles, noires, rousses, connes ou mêmes intelligentes.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 18 décembre 2011

    Luniver
    Grand tourbillon d'alcool, qui ne lui fait aucun bien mais dont il ne peut pas se passer, de parties de jambes en l'air qui restent inachevées deux fois sur trois, de femmes qu'il aime mais qu'il ne peut s'empêcher de trahir sans raison, de poèmes qu'il lit sans plaisir au public.
    Pourtant, malgré sa vulgarité, on s'attache facilement à ce personnage complètement paumé, qui n'est maintenu à flot que par les femmes qu'il rencontre, et qui pourtant, me semble plus vrai, plus authentique que la plupart des auteurs.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par benrheinaue, le 28 avril 2010

    benrheinaue
    Bukowski c'est la débauche mêlée à l'amour, la déchéance à l'espoir, l'outrance à la sincérité. Il nous fait entrer au fin fond de son gros bide dans lequel on ne pense y trouver que du Whisky. Mais Bukowski à travers Women nous montre sa merde, nous la met dans une assiette et nous demande de la bouffer. Ce sont ses peines, ses craintes, ses angoisses qui apparaissent en toile de fond, brodées dans les plaisirs de la chair.
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    • Livres 5.00/5
    Par maseb69, le 09 octobre 2011

    maseb69
    Un des meilleurs Bukowski que j'ai lu. On retrouve les aventures de Chinaski, poête et écrivain, avec un penchant pour l'alcool et pour le sexe. dans ce roman Henri nous parle de ses bitures, descentes en enfer, sa passion pour le tiercé et surtout de ses aventures sexuelles. du sexe, de la sueur, des chattes, des larmes, de la gerbe, des tripes. le sujet pourrait paraître vulgaire. On finit par s'attacher à Henri, au fil des pages. Ce bon vieux Henri nous confie ses angoisses, son déséspoir, Il nous parle surtout de son amour immodéré pour les femmes dans un style simple sans équivoques. Je trouve ce roman rempli d'humanisme.
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Citations et extraits

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  • Par bla3, le 15 novembre 2008

    C'est ça le problème avec la gnôle, songeai-je en me servant un verre. S'il se passe un truc moche, on boit pour essayer d'oublier; s'il se passe un truc chouette, on boit pour le fêter, et s'il ne se passe rien, on boit pour qu'il se passe quelque chose.
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  • Par BMR, le 02 mars 2008

    [...] Les écrivains posent un problème. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l'écrivain se dit qu'il est génial. En fait la vérité est qu'il y a très peu de génie.
    Citation de qualité ? (26 votes positifs)
  • Par bla3, le 16 novembre 2008

    J'ai commencé à m'imaginer avec une seule jambe. Ca comportait certains avantages :

    HENRY CHINASKI EST,
    SANS AUCUN DOUTE, LE
    PLUS GRAND POÈTE UNI-
    JAMBISTE DU MONDE.

    Bobby est passé dans l'après-midi.
    -Tu sais combien ça coûte de se faire amputer ?
    - 12 000 dollars.
    Après le départ de Bobby, j'ai téléphoné au médecin.
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    Citation de qualité ? (19 votes positifs)
  • Par BMR, le 02 mars 2008

    [...] - Je t'invite dehors pour le petit-déjeuner, j'ai dit.
    - D'accord, a répondu Mercedes. Au fait, on a baisé, hier soir ?
    - Nom de Dieu ! Tu ne te souviens pas ? On a bien dû baiser pendant cinquante minutes !
    Je ne parvenais pas à y croire. Mercedes ne semblait pas convaincue.
    On est allé au coin de la rue. J'ai commandé des oeufs au bacon avec du café et des toasts. Mercedes a commandé une crêpe au jambon et du café.
    La serveuse a apporté la commande. J'ai attaqué mes oeufs. Mercedes a versé du sirop sur sa crêpe.
    - Tu as raison, elle a dit, on a dû baiser. Je sens ton sperme dégouliner le long de ma jambe.
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  • Par iti1801, le 14 juillet 2010

    (...) l'amour arrivait comme un coup de poing et très rarement. Le plus souvent pour les mauvaises raisons. Simplement, les gens se fatiguent de refouler leur amour et un beau jour ça sort parce que ça a besoin d'aller quelque part. Ensuite, d'habitude, commencent les ennuis.
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