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Brice Matthieussent (Autre)
ISBN : 2246261619
Éditeur : Grasset (12/11/1981)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 379 notes)
Résumé :
Henry Chinaski, c'est Bukowski lui-même, un écrivain alcoolique et grand amateur de femmes. Elles défilent dans ce récit, véritables créatures felliniennes : Lydia Vance qui se révèle d'une jalousie féroce, Mercedes la capiteuse, Dee Dee la mère célibataire, Joanna la camée, Katherine la Texane incendiaire, et bien d'autres encore ; les occasions pleuvent sur un poète en vogue !
La norme est triste pour Bukowski, alors vive les mots orduriers, l'ivresse et la... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
15 mars 2012
Il est vieux, il est moche, il est ivre du matin ou soir. Son premier geste en se levant sur les douze coups de midi est d'aller aux chiottes pour gerber les restes de la veille. Et pourtant, malgré son aspect dégueulasse, les plus belles poulettes et pouliches lui courent après, se ruent à ses basques pour se faire tringler par un vieux presque célèbre. Il ne pense qu'à la baise, et se lève les plus beaux culs de L.A., Vancouver ou du Texas. Difficile à imaginer, pourtant c'est véridique. Son talent : la baise et l'écriture. Charles Henry Bukowski, le plus grand poète contemporain ! le poète, bourré toute la journée, qui conçoit sa journée en fonction de ses plans « baise », des courses à l'hippodrome, de son stock de bières, de vodka et de sherry, et accessoirement de ses envies d'écriture en martelant sa machine sur sa table de cuisine en formica. La vie idéale, ou presque : au jour le jour, à profiter simplement de l'instant présent tel un moine zen aux moeurs légèrement plus libérés.
Women, c'est l'histoire de Hank et de ses femmes. Elles sont nombreuses, belles pour la plupart. de magnifiques jambes. Hank fantasme sur les jambes. Il se fout presque du reste, du moment que les jambes sont là. Les gros nichons, ce n'est pas vraiment son truc, mais les jambes, les cuissots, là c'est autre chose ! Mais Hank a un problème. On pourrait croire qu'il passe d'une nana à l'autre, avec une attitude méprisante et condescendante, pourtant Hank est un amoureux fou. Un regard sur ses jambes, sur son cul, sur sa bouche, et il en devient amoureux. Il se comporte mal envers la gente féminine, mais ne se cherche pas d'excuses. Il le sait, elles le savent. C'est dans sa nature, parce que gosse, il a été privé de tant d'amour. C'est un vieux misogyne, dégoûtant, accro à l'alcool et au sexe. A son âge, il ne peut changer. Pourtant, au fil de ses conquêtes et de ses chapitres amoureux, on a le sentiment qu'il aimerait bien s'améliorer, qu'il voudrait peut-être montrer un peu plus de respect envers celles qu'il aime. Mais c'est plus fort que lui ; il ne peut s'empêcher de regarder le prochain beau cul du coin de la rue et de fuir avec elle, pour y planter son monstrueux poireau violacé.
Il y a les anti-Bukowski qui ne peuvent ne voir en lui qu'un être méprisant et malsain, utilisant son pseudo statut de poète pour abuser de jeunes filles à peine majeures ; ceux qui peuvent être horripilés et affligés de lire une telle littérature composée d'une succession invariante de séances de sexe, de beuveries incontrôlées, et de vomissements compulsifs. Et puis, il y a les fans, les inconditionnels. Moi en l'occurrence. Je me fous totalement que ce mec baise à longueur de journée des midinettes, se promène en caleçon sale sur son balcon une bouteille à la main, chevauche les plus belles filles de L.A. Parce que derrière cette image de vieux bourru et bourré que Hank entretient dans ses romans, je sens qu'il y a un homme perdu, en mal de vivre, qui a un besoin incessant de tendresse, d'amour et de sexe. C'est un alcoolique, un drogué de la fellation, sodomie et cunnilingus. Il ne se passionne pas que pour les jeunes filles, il peut s'intéresser aussi à leurs mères. Mais c'est avant tout un mec qui me fait rire, énormément même, un gars qui a du cran et du coeur. C'est un passionné de la vie, qui ne vit que pour le plaisir de cette vie et pour qui rien d'autres ne compte. Alors oui, il peut être infect, mais je lui pardonne volontiers tant qu'il arrivera à m'arracher à mon quotidien par ses divagations des plus fantasques, tant que j'éclaterai de rire en lisant ses histoires de poireau, tant que je fantasmerai, moi aussi, sur ses conquêtes, jeunes, belles, noires, rousses, connes ou mêmes intelligentes.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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fredho
23 mai 2014
Pour Bukowski, l'alcool et les femmes sont des lots de consolations qui l'aident à supporter la vie, il ne peut se passer de l'alcool même si il vomit chaque matin, il ne peut se passer des femmes même si parfois elles le rendent malade...
L'ivresse et l'orgasme sont deux échappatoires qui lui font oublier la monotonie de la vie, bien que si il devait faire un choix l'alcool serait son meilleur complice.
C'est un défilé de femmes des plus atypiques qui croisent la vie de Bukowski, de toute évidence ce n'est pas son physique qui les attire mais peut être cette tendresse touchante et cette personnalité attachante. Si Bukowski est vraiment un « vieux dégueulasse », il aime incontestablement les femmes.
« le baiser est plus intime que la baise. C'est pourquoi je n'ai jamais aimé que mes petites amies embrassent d'autres hommes. Je préfère qu'elles baisent avec eux ».
Tout est dit, embrasser c'est tromper... Et baiser c'est orgasmique, juste du plaisir !
En tout cas pour Bukowski c'est sa façon d'aimer...
« Women » est un livre déjanté, drôle, graveleux, érotique, libidineux, tendre, sincère, dépravé, un Bukowski écorché et marginal mais libéré et sans complexe.
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colimasson
21 décembre 2015
Imaginez la version féminine de Bukowski : une vieillissante de cinquante piges, le ventre qui dégouline au-dessus d’une vieille culotte dégueulasse, des mamelles flasques, l’œil vitreux, les cheveux filasses et l’haleine à gerber. Le teint couperosé par l’alcool, elle emmerde télé shopping et les programmes minceur de Femme Actuelle. Elle ne prépare pas la soupe, ne récure pas le sol ni rien d’autre parce que sa seule activité pseudo-lucrative c’est l’écriture de poèmes. Imaginez une vieille dégueulasse dans son genre et posez-vous la question : baise-t-elle ? Si elle est mariée y a peut-être une chance, à condition que le mari soit aussi dépourvu de charme qu’elle et qu’il ne puisse pas se faire la voisine. Sinon c’est pas gagné. Quant à savoir si elle baise des gamins de trente ans de moins qu’elle minimum, c’est exclu, à moins de jouir de la popularité et des phynances d’une Claire Chazal.

Donc moi, quand j’ai lu ces histoires de Women, je me suis plutôt vue du côté des gamines qui se font embrocher par le vieux Buko sachant qu’au-delà de trente ans (trente-deux, on va être gentille), toute femme qui n’est ni mère ni épouse –c’est-à-dire qui n’est pas encore morte- connaîtra une agonie encore plus épouvantable. Plus baisable, bonne à rien, aimée de personne, elle pourrait écrire des poèmes comme le bon vieux Buko mais personne ne les lirait.

Ouais, il a sacrément de la chance ce bon vieux Buko. Bien sûr, tout ce qu’il écrit ne doit pas être tout à fait vrai. Il suffit de relire la première phrase : « J’avais cinquante ans et n’avais pas couché avec une femme depuis quatre ans », et du jour au lendemain il se tape la terre entière. Certes, il avait les crocs mais enfin, on rigole bien entre nous pas vrai ? Mais quand même, tout n’est certainement pas faux non plus et c’est vrai que les vieux ont plus de facilité que les vieilles pour lever de la viande fraîche. C’est pour ça que nous, femmes, sommes appelées « le sexe faible ». C’est pas qu’on gagne moins de fric, qu’on nettoie les toilettes et qu’on fait des gosses, non, c’est qu’on doit surveiller notre consommation de bière pour pas avoir un gros ventre plein de graisse alors que même si notre silhouette nous permet encore de passer entre les barreaux d’une porte de prison à cinquante ans, c’est pas dit qu’on lèvera le premier gosse passé à portée de main.

Bon, voilà, et pourquoi j’aime Bukowski ? Parce qu’il a une philosophie de vie simple contre laquelle aucun Nietzsche, Spinoza et Wittgenstein ne peut rivaliser (et pourtant, je les estime ces braves reclus de la vie). Il s’agit d’éviter tout ce qui ne permet pas de rester au lit toute la journée en picolant. A part ça, Bukowski apprécie la lecture et l’écriture. Ça fait noble de nos jours mais y a quarante ans peut-être, ces activités n’étaient pas encore devenues le signe de distinction d’une élite qui n’est en fait qu’évitement de la médiocrité.

C’est mon amoureux qui m’a chaudement recommandé ce livre, averti certainement de ses vertus aphrodisiaques et de ses incitations à la débauche éthylique. J’étais pourtant convaincue mais enfin, c’est toujours bon de le rappeler. C’est ça la vraie vie les gars et, pas plus tard que dimanche matin, alors que j’étais à la laverie de la Guillotière et que j’attendais la fin de ma machine, je relevais dans la Bible ces passages : « Enivrons-nous des vins exquis et parfumons-nous » (Sag, 2, 5), « Combien sont belles tes mamelles, ma sœur, mon épouse ! tes seins sont plus beaux que le vin… » (Cant, 4, 10) ou encore un beau programme : « Dès le matin, levons-nous pour aller dans les vignes […] : là je t’offrirai mes seins… » (Cant, 7, 11-13). Bukowski le bon apôtre ne dit rien d’autre et si le message de la Bible vous semble un peu obscur, essayez donc de lire de ces Women, vous percuterez enfin le vrai sens de la vie.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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BMR
02 mars 2008
Il y a quelques jours on ressortait de notre bibliothèque deux bouquins de John Fante : le vin de la jeunesse et Grosse faim.
Fante, on l'a dit, c'est un peu le père spirituel de Charles Bukowski.
Un Bukowski qui a d'ailleurs grandement contribué à la popularité de Fante.
On tient avec ces deux-là, deux grands écrivains américains, deux piliers de ce siècle de littérature.
Bukowski c'est un peu et en de nombreux points le Serge Gainsbourg de la littérature US : provocateur (avec sa bouteille de pinard chez Bernard Pivot, c'était en 1978 et l'INA a gardé ça en boîte), le physique pas très beau mais grand collectionneur de femmes, grossier personnage et poète sublime.
Dans Women, Bukowski écrit sur les femmes. Enfin c'est ce qu'il dit ou c'est ce qu'il veut faire croire.
Mais, tout bien pesé, on s'aperçoit vite d'une différence essentielle entre le personnage autobiographique de Bukoswki, Hank Chinaski, et Arturo Bandini, le personnage fétiche de John Fante.
Ceux qui se dévoilent sous la plume de John Fante, ce sont «les autres» : la famille, les copains, les filles, le père, la mère, les oncles, et l'on apprend finalement très très peu de choses sur le petit Bandini/Fante.
Bukoswki, tout au contraire, parle avant tout de lui, enfin de Hank Chinaski.
Dans Women, les femmes défilent dans le lit de Chinaski comme dans la vie de Bukowski, mais l'on apprend finalement très peu de choses sur elles. Et c'est bien Bukowski/Chinaski qui se met à nu.
Est-ce l'âge ? l'époque ? mais les charmes sulfureux de Bukowski semblent aujourd'hui bien éventés. Certes on y parle de sexe et d'alcool, on y baise le soir, on y picole toute la nuit et on y dégueule au petit matin, mais cela ne choque plus guère.
Car la vie de Chinaski/Bukowski est ainsi faite ...
... de beuveries :
[...] C'est ça le problème avec la gnôle, songeai-je en me servant un verre. S'il se passe un truc moche, on boit pour essayer d'oublier; s'il se passe un truc chouette, on boit pour le fêter, et s'il ne se passe rien, on boit pour qu'il se passe quelque chose.
... de coucheries :
[...] - Je t'invite dehors pour le petit-déjeuner, j'ai dit.
- D'accord, a répondu Mercedes. Au fait, on a baisé, hier soir ?
- Nom de Dieu ! Tu ne te souviens pas ? On a bien dû baiser pendant cinquante minutes !
Je ne parvenais pas à y croire. Mercedes ne semblait pas convaincue.
On est allé au coin de la rue. J'ai commandé des oeufs au bacon avec du café et des toasts. Mercedes a commandé une crêpe au jambon et du café.
La serveuse a apporté la commande. J'ai attaqué mes oeufs. Mercedes a versé du sirop sur sa crêpe.
- Tu as raison, elle a dit, on a dû baiser. Je sens ton sperme dégouliner le long de ma jambe.
(et encore, on a choisi un extrait soft !)
... et de littérature :
[...] Les écrivains posent un problème. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l'écrivain se dit qu'il est génial. En fait la vérité est qu'il y a très peu de génie.
Mais rapidement derrière ces propos apparemment scandaleux mais qui ne sont qu'un écran de fumée (et auxquels il serait bien dommage de s'arrêter et de passer ainsi à côté de ce « génial » écrivain), apparait bien vite le désarroi de Chinaski et c'est ce qu'on retiendra de cette relecture de Bukoswki.
Un misogyne qui ne peut pas se passer des femmes, un misanthrope profondément humain.
Capable d'écrire, entre deux énormes grossièretés :
[...] En beaucoup de domaines, j'étais un sentimental : des chaussures de femmes sous le lit; une épingle à cheveaux abandonnée sur la commode; leur façon de dire « je vais faire pipi »; ...
Pour celles et ceux qui aiment farfouiller au fond de l'âme humaine.
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Lepasgrandchose
14 avril 2017
Et une fille s'est assise à côté

C'était un dimanche banal où l'ennui le disputait avec le dégoût. Celui des autres et surtout le mien. Et je ne me sentais pas psychiquement prêt à rentrer dans ma piaule minable située dans une ville minable d'une région qui ne l'est pas moins. Ayant une facheuse ( selon les sains d'esprits et les cons qui, bien souvent, sont les mêmes ) habitude à me traîner dans les bars, j'ai entamé une virée avec Women à la main, dans un Lille dominical vide et fort comme l'ennui. J'eus l'idée d'aller au cinoche mais ces rabats-joie m'ont interdit d'entrer avec une bière dans la salle. Autant la société moderne peut accepter que des adolescents crétins vous pourrissent les tympans avec leur confiseries ou leur téléphone portable, ou pire encore avec leur râles, rien ne peut, en revanche, excuser ce crime de lèse-majesté : BOIRE UNE BIERE. Bref, j'ai commencé par des bars merdiques mais qui avaient ce petit truc en plus d'être ouverts puis j'ai atterri à Wazemmes. J'avais eu vent par un pochtron que l'ambiance dans ce quartier populaire mi délinquant mi bobo était bonne, et surtout le dimanche. Et vous me connaissez, j'aime vérifier par moi-même les conneries des pochtrons. le premier bar où je suis entré ne valait pas tripettes mais le picon bière y était fort et la musique était ringarde à souhait. J'ai bu 3 picon, 2 Calva et je me suis tiré. le deuxième bar ressemblait comme deux gouttes de bière au premier mais un groupe de musiciens ( si on peut appeler musique le fait d'aligner quelques bruits en dépit de toute règle solfègique ) gâchait le tout. Il était composé de deux noirs et une rousse très mince aux seins très lourds et à la guitare très approximative. Je fis remarquer à mon voisin de comptoir que cette nana ferait plaisir au laitier mais sûrement pas au boucher. Pour une raison que je ne m'explique pas, ça ne l'a pas fait marrer, sûrement était-il sourd. Un type m'a dit que j'avais mauvaise mine et à me voir comme ça, avec mes verres de picon que je m'enfilais à une vitesse folle, il s'est mis en tête que je m'étais fait larguer par ma fiancée. Je n'ai pas osé lui dire que je n'en avais pas, comme si le fait de se branler était chose honteuse. Il arrive souvent dans les bars que les ivrognes voient en vous un frère à qui il arrive les mêmes mésaventures. J'ai quitté ce bar avec un drôle de goût dans la bouche et cette certitude que j'allais rentrer comme d'habitude, penaud, triste et con chez moi. Toujours plus seul dans ma merde psychique. Puis je suis passé dans ce bar, conseillé par le pochtron, où il y avait foule : des jeunes, des arabes, des vieux, des écologistes, des prostituées et tout ce que compte cette ville comme déchêts. J'ai continué au Picon en alternant avec les clopes que je fumais sur la terrasse exigüe. Et comme toujours, j'ai fini par rester sur ladite terrasse où j'ai commencé à parler à un mec qui ne m'intéressait pas vachement et dont la conversation se limitait à des banalités sur des sujets banals. Comme en Math, le rien et le rien s'annule et ne finit par former que des borborygmes inaudibles et pesant. C'est le moment qu'a choisi le type, R., pour me présenter une amie ( selon lui ), elle me fit un bisou d'enfant sur la joue et se présenta. Son prénom me permit de chanter une chanson de Gainsbourg, et MIRACLE : au lieu de me dire de la fermer, elle s'est mise à chanter avec moi puis on a enchaîné avec mille classiques de la chanson française. La soirée devenait bonne, il faisait beau, je buvais comme un trou, je fumais des clopes et je chantais du Nougaro avec une inconnue. Soudain, elle se leva et alla embrasser un type très chevelu et très de gauche avec qui j'ai, aussi, causé. Là encore, la discussion n'était pas signe que la vie valait d'être vécue. Ca continuait comme ça donc, clopes, picon, chansons quand elle s'est assise à côté de moi. Je continuais à parler à la fille qui, maintenant, se faisait draguer par un drôle de type devant son copain frâichement arrivé ( j'apprendrais plus tard qu'il s'agissait d'un couple libertins, partouzards devant l'éternel ) tout en jetant des oeillades à ma voisine qui n'avait rien dit depuis son arrivée et je cherchais le moindre indice qui me permettrait de causer avec. Son prénom suffisait puisque je pus chanter une chanson de Hugues Auffray. Après qu'elle m'ait dit sa profession, professeur de piano, je fis mine d'être JUSTEMENT à la recherche d'une prof de piano alors que, vous le savez bien, je deteste me servir de mes mains. Après quoi, j'ai causé de moi, du monde et encore de moi. La regarder était une sorte de souffrance tant j'avais envie de l'embrasser ou de lui tenir la main. Après deux heures de causette nous prîmes la route pour aller chez elle, elle devait m'apprendre à jouer Mistral gagnant. Je suis arrivé, tout timide ( malgré l'ivresse ) et ai découvert deux pianos, un Bechstein et un Hoffmann. Nous en touchâmes aucun... Elle a préparé du thé et ça ne m'a même pas angoissé, puis elle s'est assise en face de moi, nous sommes regardés et nous nous sommes embrassés. A cet instant précis, j'eus l'impression d'avoir trouvé mon domicile après des années de vagabondages. Bref, c'était un dimanche banal et aujourd'hui, quelques semaines après notre rencontre, je vous la raconte en tapant ce petit texte sans grand intérêt ( pour vous ) sur son ordinateur. Elle dort à l'étage, le chat dort sur le bureau et moi je suis amoureux. Eh, merde !
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Citations & extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
bla3bla315 novembre 2008
C'est ça le problème avec la gnôle, songeai-je en me servant un verre. S'il se passe un truc moche, on boit pour essayer d'oublier; s'il se passe un truc chouette, on boit pour le fêter, et s'il ne se passe rien, on boit pour qu'il se passe quelque chose.
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petchpetch18 décembre 2012
Les gens s'accrochaient aveuglément à la première bouée de sauvetage venue : le communisme, la diététique, le zen, le surf, la danse classique, l'hypnotisme, la dynamique de groupe, les orgies, le vélo, l'herbe, le catholicisme, les haltères, les voyages, le retrait intérieur, la cuisine végétarienne, l'Inde, la peinture, l'écriture, la sculpture, la musique, la profession de chef d'orchestre, les balades sac à dos, le yoga, la copulation, le jeu, l'alcool, zoner, les yaourts surgelés, Beethoven, Bach, Bouddha, le Christ, le H, le jus de carotte, le suicide, les costumes sur mesure, les voyages en avion, New York City, et soudain, tout se cassait la gueule, tout partait en fumée. Il fallait bien que les gens trouvent quelque chose à faire en attendant de mourir. Pour ma part, je trouvais plutôt sympa qu'on ait le choix.
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LaeticiaRouveyrolLaeticiaRouveyrol21 août 2012
En beaucoup de domaines, j'étais un sentimental :
des chaussures de femmes sous le lit ; une épingle à cheveux abandonnée sur la commode ; leur façon de dire : "Je vais faire pipi..." les rubans qu'elles mettent dans leurs cheveux ; descendre le boulevard avec elles, à une heure et demi de l'après-midi, deux personnes marchant ensemble, simplement ; les longues nuits de beuverie, de tabagie, de discussions ; les scènes ; penser au suicide ; partager un repas en se sentant bien ; les plaisanteries ; les rires absurdes ; sentir les miracles dans l'air ; ensemble dans une voiture en stationnement ; comparer les amours d'antan à trois heures du matin ; s'entendre dire qu'on ronfle, écouter ronfler ; les mères ; les filles ; les fils ; les chats ; les chiens ; parfois la mort, le divorce, mais toujours continuer, s'accrocher ; lire seul le journal dans une buvette et sentir une nausée te retourner l'estomac, parce que maintenant elle est mariée avec un dentiste ayant un Q.I de 95 ; les courses de chevaux, les parcs, les pique-niques dans les parcs ; même la prison ; ses amis sinistres, tes amis sinistres ; ton goût pour la gnôle, son goût pour la danse ; ta drague, sa drague ; ses pilules, tes baises en douce, et elle qui fait pareil ; dormir ensemble..."
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BMRBMR02 mars 2008
[...] Les écrivains posent un problème. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l'écrivain se dit qu'il est génial. En fait la vérité est qu'il y a très peu de génie.
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iti1801iti180114 juillet 2010
(...) l'amour arrivait comme un coup de poing et très rarement. Le plus souvent pour les mauvaises raisons. Simplement, les gens se fatiguent de refouler leur amour et un beau jour ça sort parce que ça a besoin d'aller quelque part. Ensuite, d'habitude, commencent les ennuis.
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