> Catherine Richard (Traducteur)

ISBN : 2864246376
Éditeur : Editions Métailié (2008)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Nul ne pourrait dire que ce fut un choix de ma part de tuer les jumeaux, pas plus qu'une décision de les mettre au monde. Ces évènements s'imposèrent l'un et l'autre comme une nécessité inéluctable, un des fils dont est tissée la toile de ce que l'on pourrait appeler de... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Alienor, le 04 février 2009

    Alienor
    La maison muette en question est celle d'un homme aussi froid et glaçant que ce roman, qui va se livrer à une expérience terrifiante sur ses propres enfants - des jumeaux - qu'il a décidé de priver de l'apprentissage du langage. Ce livre est froid et glaçant car déshumanisé. La description des étapes de l'expérience est calme et clinique. Cet homme est fou, et pourtant l'écriture - remarquable - le fait ressembler à monsieur tout le monde. Quelqu'un qui pourrait être un voisin, un frère, un ami…
    Il a été marqué par une mère au caractère très fort, et on pourrait regretter qu'une fois encore le personnage de la mère soit celui qui amène un homme vers la folie. Mais on ne le regrette pas car le roman est admirablement construit et tout colle parfaitement. A ce propos, la chronologie peut sembler déroutante au début, mais pas d'inquiétude, tout se met en place à la fin.
    Bref c'est un livre qui fait froid dans le dos mais qui se lit comme un thriller. La situation décrite devrait le rendre insupportable et pourtant il est impossible de le lâcher. Je ne le déconseillerais peut-être qu'aux âmes les plus sensibles.

    Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par AliceW, le 17 juillet 2011

    AliceW
    Un homme, solitaire, marqué par les histoires que sa mère lui racontait, notamment celle contant La chambre muette du roi Akbar de Moghul. A partir de celle-ci, l'homme s'intéresse au langage, et s'interroge. Des individus isolés, n'ayant jamais eu la possibilité d'entendre quelconque langage, peuvent-ils développer une certaine forme de pensée, de communication ? Il mène des recherches, sur la parole, la conscience, fait très tôt des expériences, disséquant des animaux notamment. Un jour, plus tard, ses expérimentations se portent sur des humains, des jumeaux, ses enfants.
    Ce roman distille la folie au compte goutte jusqu'à devenir irrémédiable, les pensées quotidiennes de cet anonyme, son cheminement, allant de plus en plus loin dans ses obsessions. L'écriture, fine et mesurée, apporte cette touche qui donne l'impression d'un déroulement en temps réel, avançant dans le cauchemar, sans que celui-ci ne puisse cesser.
    John Burnside a fait très fort. Il conte une histoire terrible sans jamais basculer dans le racoleur ou la facilité. Sa plume décrit les pensées et les actes du narrateur, froidement, pour plonger dans une noirceur rare, la folie glaçante.


    Lien : http://casentlebook.blogspot.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 26 juillet 2010

    Lencreuse
    « Nul ne pourrait dire que c'était un choix de ma part de tuer les jumeaux, pas plus qu'une décision de les mettre au monde. Ces évènements s'imposèrent l'un à l'autre comme une nécessité inéluctable, un des fils dont est tissée la toile de ce que l'on pourrait appeler le destin, faute de mot plus approprié… ». Ainsi commence ce terrible roman, récit froid et violent d'un homme assoiffé de connaissance jusqu'à l'inhumanité. Intéressé par le mystère qu'est le langage, il expérimente sur deux enfants jumeaux ses suppositions, avec la même distance qu'un scientifique face à des rats de laboratoire.
    Dans un style épuré qui rehausse encore toute la violence contenue de ce narrateur effrayant, John Burnside nous offre ici un premier roman dur à la limite du soutenable, auquel on s'accroche cependant, peut-être parce que l'on ne peut croire à tant de violence.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 29 août 2011

    Nul ne pourrait dire que ce fut un choix de ma part de tuer les jumeaux, pas plus qu'une décision de les mettre au monde. Ces événements s'imposèrent l'un et l'autre comme une nécessité inéluctable, un des fils dont est tissée la toile de ce que l'on pourrait appeler le destin, faute d'un mot plus approprié... un fil que ni moi ni personne n'aurait pu ôter sans dénaturer le motif entier. En revanche je décidai de procéder aux laryngotomies, ne serait-ce que pour mettre un terme à leur chant continuel (si tant est qu'on puisse appeler cela un chant), ce hululement qui saturait mes journées et pénétrait mon sommeil par la moindre fissure de mes rêves. Sur le moment, toutefois, j'aurais dit qu'il s'agissait d'un acte logique, d'une étape de plus dans la recherche que j'avais entreprise presque quatre ans auparavant.., la seule expérience éminemment importante que puisse mener un être humain: trouver le siège de l'âme, ce don unique qui nous différencie des animaux ; le trouver en instaurant tout d'abord une carence et ensuite, plus tard, en procédant à une destruction logique et nécessaire. Je fus surpris de la facilité avec laquelle je pus opérer sur ces deux êtres à demi dégrossis. Ils existèrent dans un autre monde : celui des rats de laboratoire, ou l'espace mouvant et dénué de fonction du véritable autisme.
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  • Par scrambledspirit, le 31 octobre 2010

    C'est un réel plaisir que de regarder quelqu'un dormir, d'écouter sa respiration, de se demander à quoi il rêve et ce qu'il se passe dans ses rêves, dans les longs intervalles pendant lesquels l'absence prend le dessus. J'aurais donné beaucoup pour pénétrer son esprit, ne serait-ce qu'une heure pendant son sommeil. Je crois que j'aurais préféré voir ses rêves que ses pensées. Je sentais qu'il y avait là un potentiel, l'éventualité d'une vraie lumière, d'un vrai mouvement , une acuité qui faisait probablement défaut à ses réflexions.
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  • Par helaia, le 24 janvier 2012

    Le leurre et la beauté du langage résident dans le fait qu'il semble ordonner l'univers entier, nous poussant à croire, à tort, que nous vivons à portée de vue d'un espace rationnel, d'une possible harmonie. Mais si les mots nous éloignent du présent, de sorte que nous n'appréhendons jamais vraiment la réalité des choses, ils font du passé une complète fiction. Aujourd'hui, quand je regarde en arrière, je me souviens d'un monde différent: ce qui devait paraître arbitraire et anarchique sur le moment semble parfaitement logique à mesure que je l'expose et pénétré d'une limpidité qui va jusqu'à supposer un but, un sens à la vie. Je me souviens de la campagne qui environnait notre maison avant que ne soient construits les nouveaux lotissements: une obscurité dense, infinie, emplie d'oiseaux à couvert et de houx, gorgée de l'atmosphère des années 50. J e me souviens du vieux village: des enfants passant de maison en maison, vêtus de draps blancs, chantant et riant dans le noir, agitant les bras au passage de notre voiture. Je me souviens de ces mois que je passai ici, seul, après que mère mourut. Le soir, une fois la campagne plongée dans le silence et le calme, j'ôtais mes vêtements et allais, nu, d'une pièce à l'autre, puis sortais dans la fraîcheur du clair de lune pour errer parmi les plates-bandes tel un animal ou quelque envoyé des fées comme il en existait dans les contes de mère. Le jardin est clos de murs: nul ne pouvait me voir, et la maison était si éloignée du village que je n'entendais rien d'autre que les chouettes dans le bois ou le jappement occasionnel des renards loin dans les prés. Je me demandais parfois si j'existais réellement: mon corps semblait autre, nimbé de sa propre odeur pénétrante et suave, une odeur pareille au sommeil, mêlée de Chanci Nº 19 trouvé sur la coiffeuse de mère.
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  • Par helaia, le 24 janvier 2012

    Cette expérience est maintenant terminée. Elle a pris fin, uniquement pour pouvoir recommencer sous une autre forme. Je sais, si tant est que je sache quoi que ce soit, que c'est là le véritable schéma de notre vie: un enchaînement d'incessantes répétitions, ponctué de variations infimes quoique significatives, qui se déroule au fil des ans. L'expérience avec les jumeaux n'était qu'une simple variation sur le thème d'une existence entière. S'il s'était agi d'un travail conventionnel, je serais en train d'en consigner les résultats, de décrire, dans un langage abstrait, un problème initial, une série d'hypothèses et vérifications, l'issue finale. Tout serait clairement énoncé, en termes scientifiques. Mais il ne s'agissait pas d'un travail conventionnel. Il n'existe aucun moyen de dépeindre cette expérience sans dépeindre aussi tout ce qui s'est passé depuis le matin où je prononçai mon premier mot, voilà trente ans, jusqu'au moment où j'ai fermé à clé la porte du sous-sol en laissant les jumeaux à l'intérieur, désormais réduits au silence, se scrutant l'un l'autre avec cet air de chagrin égaré qui, en fin de compte, rendit l'expérience impossible à continuer. Je branchai la musique avant de quitter la pièce, mais je n'avais toujours aucun moyen de savoir ce qu'elle avait signifié pour eux durant leurs années d'isolement. Une fois dehors, j'approchai l'œil de l'ouverture grillagée pour jeter un dernier regard: ils ne semblaient pas avoir remarqué mon départ. Sans bruit, je les abandonnai à la digestion de leur repas empoisonné, montai voir si Karen allait bien, puis préparai du café et attendis.
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  • Par scrambledspirit, le 19 octobre 2010

    Ce n’est pas une affaire de prédestination, simplement le libre arbitre et le destin sont des illusions , de faux contraires, des consolations. Finalement, ce n’est plus qu’une seule et même chose : un unique processus. On choisit ce qu’on choisit et ce n’aurait pas pu être autrement : le choix, c’est le destin. Il était là depuis le début, et toutes les autres solutions que l’on aurait pu envisager ne sont qu’égarements ineptes, car il est en notre nature de faire un choix plutôt qu’un autre. Cela c’est l’identité. Parler de liberté ou de destin est absurde car cela sous-entend qu’il existe en dehors de soi-même quelque chose qui dirige notre vie, alors qu’en vérité cela relève de l’essence : l’identité, produit artisanal de l’âme.
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John Burnside - Scintillation .
John Burnside vous présente "Scintillation" aux éditions Métailié.http://www.mollat.com/livres/john-burnside-Scintillation-9782864248385.htmlNotes de Musique : 2 Arvo Pa?rt/ Cantus In Memory Of Benjamin Britten (For String Orchestra & Bell)








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