> Christine Barbaste (Traducteur)

ISBN : 2264043784
Éditeur : 10-18 (2006)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 64 notes) Ajouter à mes livres
Roman autobiographique choc, Courir avec des ciseaux est le récit tragi-comique d’une enfance et d’une adolescence hors des sentiers battus, aux Etats-Unis, dans les années 70 mais aussi une réflexion plus large sur la sexualité, le mariage et la société américaine.
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 02 avril 2012

    Luniver
    Il y a des livres, parfois, qui n'ont aucune éducation : vous les achetez un samedi matin, pensant passer un après-midi tranquille à bouquiner, et au lieu de vous détendre comme tout livre respectable l'aurait fait, ils vous secouent comme un prunier, vous donnent quelques paires de giffles, et vous laissent un peu groggy, à vous demander ce qu'il vient de vous arriver.
    Tel est "Courir avec des ciseaux", autobiographie d'Augusten Burroughs : sa vie commence déjà sous les meilleurs auspices, avec un père alcoolique, et une mère folle à lier. Après quelques scènes d'insultes et de menaces de mort, les deux parents décident de divorcer. Pour tenter de se construire, la mère d'Augusten consulte un psychiatre, le docteur Finch, et, tout à sa reconstruction émotionnelle, abandonne complètement son fils. Finch devient le tuteur légal d'Augusten, qui s'installe chez lui.
    Malheureusement, Finch est beaucoup plus déjanté que les patients qu'il est sensé soigner, et fait des choix douteux. Comme essayer de former des couples avec ses patients. Comme fournir un cokctail d'alcool et de valium à Augusten pour faire croire à une tentative de suicide et lui éviter quelques mois d'école. Comme "offrir" sa fille de treize ans à un de ses patients de quarante ans sous prétexte qu'elle est assez mature pour décider elle-même de sa vie. Ou encore laisser Augusten s'initier à la sexualité à douze ans avec Bookman, jeune homme d'une trentaine d'années, ancien patient et fils adoptif du docteur, avec une relation qui se situe à mi-chemin entre l'abus de mineur et le syndrôme de Stockholm.
    Le plus surprenant, c'est que le ton du livre est léger : l'auteur arrive à nous présenter sa vie comme une série de petites anecdotes amusantes à raconter, en un curieux réflexe d'auto-défense :
    «[...]écrire mon journal fut un des moyens d'y parvenir. Cela m'a permis d'élever une sorte de mur entre moi et la famille du docteur. Un mur physique, concret, le carnet lui-même, le stylo. Et puis un mur émotionnel, puisque j'étais toujours fourré dans ce journal, en train d'écrire. Ainsi j'ai pu me protéger.»
    «Il y a de l'humour même dans la plus terrible des situations. En se focalisant sur cet humour, il est possible de réduire la gravité de la situation. J'ai été émotionnellement arraché à ma vie quand j'étais petit. Sans nécessité. Et ce détachement est rendu dans le livre. L'humour était le seul moyen de survivre au contexte.»
    Difficile d'exprimer exactement ce qu'on ressent pendant la lecture : parfois vraiment amusé tellement l'auteur est détaché, parfois horrifié parce que quand même, il y a des viols et des maltraitances émotionnelles terribles, et avec une impression de voyeurisme à se demander s'il va encore lui arriver quelque chose de pire. Dans tous les cas, "Courir avec des ciseaux" est un livre qui marque.
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    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle, le 09 mars 2009

    sentinelle
    Augusten Burroughs revient sur son enfance douloureuse et tellement atypique dans un roman aux allures psychédéliques et déjantées, à l'image des personnages qui composent cette histoire : on ricane, on pouffe, on s'étonne, on s'inquiète, on se dit que la réalité dépasse de loin la fiction pour finalement prendre peur en méditant sur les conséquences probables que ces expériences hors du commun ont pu avoir sur son développement psychique. Je dois bien avouer que souvent, au cours de ma lecture, l'inquiétude et une certaine amertume et tristesse ont pris le pas sur l'aspect sensé être « hilarant » de cet étalage de loufoqueries et extravagances. Certains épisodes relatés sont effectivement drôles, mais d'autres nous semblent tellement nocifs sur le plan mental et physique que je n'ai pas eu l'inconscience de m'en amuser, allant jusqu'à ressentir de l'effroi et du dégoût pour certains d'entre eux.
    Il faut dire que l'auteur y va fort et n'épargne pas son lecteur : tout y est dit crûment, sans aucun recul ou prise de distance, les faits nous sont présentés tels quels, nous donnant l'impression de regarder par le trou de la serrure de la porte d'entrée d'une famille psychotique complètement disjonctée et délétère. J'aurais pu m'esclaffer si tout cela n'était sorti que de l'imagination fertile d'un auteur mais savoir que toute cette histoire est autobiographique m'a donnée froid dans le dos ! J'entends bien que le ton humoristique de l'auteur est la seule arme mis à sa disposition pour prendre de la distance et digérer son histoire, delà à en rire en tant que lecteur, il y a une marge que j'ai souvent eu du mal à franchir. C'est également avec une certaine émotion que nous lisons l'épilogue dans lequel l'auteur nous donne des nouvelles des personnages principaux qui émaillent ce récit, tant nous nous demandons ce que cette famille a bien pu devenir au fil du temps.
    Et on conclu en se disant que l'auteur a finalement choisi une des seules voies qui s'offraient à lui, à savoir l'écriture pour exorciser son passé. Bien lui en a pris car ces trois romans publiés à ce jour sont tous devenus des best-sellers (Courir avec des ciseaux est resté en tête des meilleures ventes du New York Times pendant plus de 70 semaines).

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-28591259.html
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Madimado, le 22 mai 2012

    Madimado
    Que dire de ce livre ? C'est tout simplement génial !!! le petit Augusten a un père assez absent, un frère qu'il connaît à peine, une mère totalement folle qui décide de le confier à son psy. le psy en question semble lui-même être le plus dingue de tous. Notre héros se retrouve donc catapulté dans une famille totalement déjantée, visiblement très influencée par les années hippies. Autant vous dire que cette enfance "différente" a laissé des traces et que l'auteur est totalement ravagé.
    Un humour grinçant, un art de l'exagération et une mauvaise foie qui me ravissent. Une frais bouffée d'air frais, une cure de bonne humeur. C'est une véritable drogue, je suis déjà accro !

    Lien : http://madimado.com/2012/03/31/courir-avec-des-ciseaux-augusten-burr..
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    • Livres 4.00/5
    Par Nadouch, le 18 septembre 2011

    Nadouch
    L'enfance d'Augusten, puis son adolescence, sont décrites dans ce livre avec un réalisme cru et stupéfiant. Quasi-abandonné par sa mère aux bons soins de son psy, il grandit dans la maison de ce dernier, au milieu de sa famille de doux dingues, où les enfants deviennent adultes à 10 ans. Très étrange dans ce roman, rien ne choque vraiment car tout est présenté sans jugement, et au bout d'un moment on se dit "mais mince alors, c'est atroce ce qu'il vit ce gosse !!!" Une écriture qui colle parfaitement à l'ambiance, j'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture, qui m'a ramené des souvenirs de mes lectures de Salinger et du Monde selon Garp d'Irving...
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Sekoyia, le 17 février 2011

    Sekoyia
    Une manière de raconter assez simple mais surtout d'une facon très cru. C'est aussi ca qui nous accroche aux personnages. Ce qui est raconté dans ce livre choque parfois, au début, et puis comme l'auteur, on s'habitue à cette environnement en quelque sorte anarchique. En tout cas, j'ai été accroché à Augusten et sa vie du début à la fin.
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Citations et extraits

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  • Par Luniver, le 31 mars 2012

    En plus de s'agonir d'injures standard telles que «salopes» ou «putes», les Finch avaient incorporé à leur arsenal d'invectives tous les stades freudiens du développement psychosexuel.
    - Tu es tellement coincée dans l'oral ! Jamais tu ne passeras au génital ! Le mieux que tu puisses espérer atteindre un jour, c'est le stade anal, pauvre vieille fille immature et frigide, a braillé Natalie.
    - Arrête de m'aliéner ! Arrête de transférer toute cette rage sur moi !
    - Tes tactiques d'évitement ne marcheront pas avec moi, ma petite, l'a prévenue Natalie. Je ne vais pas te laisser te défiler comme ça. Tu me hais et tu dois me le dire en face.
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  • Par Luniver, le 31 mars 2012

    Mais elle l'aimait. Je le crois. Je sais exactement comment c'est, d'aimer quelqu'un qui ne le mérite pas. Parce que cette personne est tout ce qu'on a. Parce que n'importe quelle sorte d'attention vaut mieux que pas d'attention du tout.
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  • Par line70, le 19 mars 2011

    - Tu n'as jamais le sentiment qu'on est lancés à la poursuite de quelque chose ? Une chose plus importante ? Que seuls toi et moi on peut voir. Que c'est comme si on était en train de courir, courir, courir ?
    - Ouais, ça, pour courir, on court... mais avec des ciseaux.
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  • Par Nadouch, le 18 septembre 2011

    Mon père est devenu plus hostile, plus distant, et il a développé un intérêt tout particulier pour les objets métalliques à bords en dents de scie. Quant à ma mère, elle a commencé à devenir folle. Pas folle dans le sens "et si on repeignait la cuisine en rouge vif ?", mais folle dans le sens "four à gaz, sandwich au dentifrice, je suis Dieu". L'époque où elle allumait des bougies parfumées au citron sur la terrasse sans en manger la cire était révolue.
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  • Par Luniver, le 31 mars 2012

    Le problème, quand on a personne pour vous dire ce qu'il faut faire, c'est qu'il n'y a personne pour vous dire ce qu'il ne faut pas faire. Je venais de le comprendre.
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