Publié en 1952,
Junky est le premier livre de William Burroughs.
Il décrit le quotidien de William Lee, héroïnomane, de façon quasiment documentaire.
Le drogué de Burroughs n'a rien de romantique.
Il est plus souvent malade et en état de manque que dans un état de béatitude.
C'est un type dont la vie tourne autour de la drogue, la prochaine dose, ce qu'il faut faire pour s'en procurer, le manque.
Burroughs s'observe lui-même et nous décrit aussi bien son état moral que physique, sa déchéance.
Dans ces années-là, les Etats-Unis deviennent très répressif envers les trafiquants de drogue mais aussi les consommateurs. Avoir des marques de piqures sur les bras est suffisant pour être condamné à une peine de prison.
William Lee finira par quitter New-York pour le Mexique, en passant d'abord par la Louisiane et le Texas afin d'éviter une condamnation.
Ce livre relate l'expérience de la drogue, le reste est accessoire.
Lee est marié, cependant, de rares allusions sont faites à sa femme. Et pourtant, elle l'a suivi tout au long de son errance.
Nous sommes dans le concret, dans la réalité du drogué. L'écriture est sèche, précise, sans fioriture, et c'est ce qui rend ce livre intéressant. Il est d'une précision chirurgicale.
ll ne faut pas oublier que Burroughs a étudié la médecine (la chirurgie et les modifications du corps, la chimie du cerveau et les drogues).
A la fin du livre, Lee part à la recherche d'une drogue appelée le Yage et utilisée par les indiens d'Amazonie, drogue sur laquelle Burroughs écrira un livre avec
Allen Ginsberg.