Auteur emblématique de la Beat Generation, William Burroughs a marqué de son empreinte sulfureuse la littérature américaine des années soixante. Le manuscrit du Festin nu est un tel fatras de notes éparpillées qu'aucun éditeur n'a... > voir plus
Du pur délire d'opiomane défoncé. Féroce et dérangeant, Le festin nu n'épargne personne : drogués, médecins, policiers… Même Jésus, Bouddha et Mahomet en prennent pour leur grade, comme ça pas de jaloux ! Ouvrez le livre, inspirez un grand coup, et plongez-vous dans cette lecture unique en son genre.
C'est bien simple : on ne comprends rien à la lecture de ce livre. Je me suis accrochée comme une forcenée pour le finir, mais je ne le regrette pas. J'ai eu la sensation d'accomplir une sorte de marathon, de plonger au coeur de la folie de la drogue, du malsain quotidien. Certains tableaux du livre sont saisissants, mais le plus souvent c'est incompréhensible.
Toutefois, je conseille ce livre, il faut juste savoir dans quoi on se lance...
A voir, le film de Cronenberg du même nom mélangeant Le festin nu et la vie de Burroughs.
Le festin nu – William Burroughs en mal d'aurore ? Tout d'abord, on peut s'étonner que ce livre soit classé par les éditions folio dans la rubrique « SF ». On est à mon avis plus proche du roman poétique ou surréaliste, mais enfin cela reste au final des étiquettes...
Gentil Lecteur, le verbe va se ruer sur toi, te broyer avec ses griffes d'homme-léopard, t'arracher doigts et orteils comme on fait aux crabes opportunistes, te pendre au gibet et happer ton foutre comme un chien scrutable, s'enrouler autour de tes cuisses à la manière d'un crotale et te seringuer un dé à coudre d'ectoplasme ranci...
Par Penelope, le 22 juillet 2010
Première phrase du livre
incipit:
L’odeur de roussi se rapproche, je les devine dans l’ombre en train de combiner leur coup, de mettre en place leurs mouchards de charme et baver de joie en repérant ma cuiller et le compte-gouttes que j’ai jetés à la station de Washington Square au moment où j’ai sauté le tourniquet pour dévaler la ferraille des deux étages et attraper l’express du centre… Un petit jeune me tient la porte du wagon, il est beau garçon, les cheveux en brosse, la pomme d’un bachelier de la haute devenu chef de publicité et un tantinet pédale. Probable que je suis son idée du héros de feuilleton. Tu connais le style : bon cheval avec les barmen et les chauffeurs de taxi, le gars qui sait causer rugby ou crochets du droit et qui appelle le loufiat du snack Nedick par son prénom. Un trou-du-cul bon teint… Et voilà que le poulet des Stupéfiants arrive pile sur le quai dans son bel imperméable blanc (se mettre en blanc pour filer un type, tu te rends compte! Il a dû se dire que le genre tapette passerait inaperçu). Je sais d’avance comment il va me dire ça, en brandissant mes ustensiles dans sa main gauche et son pétard dans la main droite : « J’ai idée que t’as perdu quelque chose, mon pote. »
Mais le métro démarre.
Par Penelope, le 22 juillet 2010
Première phrase du livre
Extrait de l’ introduction:
Je me suis éveillé de la Maladie, à l'âge de quarante-cinq ans, sain d'esprit et relativement de corps, si j'excepte un foie affaibli et ce masque de chair d'emprunt que portent tous ceux qui ont survécu au Mal... La plupart des survivants ne se souviennent pas du délire dans tous ses détails. Il semble que j'aie enregistré mes impressions sur ce mal et son délire, mais je n'ai guère souvenir d’ avoir rédigé les notes que l'on a publiées en langue anglaise sous le litre « Naked lunch » (Le festin nu). C'est Jack Kerouac qui m'a suggéré ce titre, et je n'en ai compris la signification que très récemment, après ma guérison. Il a exactement le sens de ses termes : le Festin Nu cet instant pétrifié et glacé où chacun peut voir ce qui est piqué au bout de chaque fourchette.
Mourir de honte est une spécialité des Indiens Kwakiutl et des Américains du Nord - ailleurs, on se contente de dire : "Zut alors!" ou "Son cosas de la vida!" ou encore : "Allah le Tout-Puissant m'a couillonné une fois de plus!"
Eh ben figure-toi y'a un type qui est venu ce matin, un type de la ville habillé façon plutôt gueularde il avait une ordonnance qui avait pas l'air sérieux même qu'elle était écrite sur du papier à cul alors moi Parker je lui ai dit aussi sec: "Monsieur moi j'ai idée que vous êtes un camé".