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ISBN : 2070196976
Éditeur : Gallimard (09/03/2017)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 31 notes)
Résumé :
En 1967, cela fait déjà quelques années qu'Odelle, originaire des Caraïbes, vit à Londres. Elle travaille dans un magasin de chaussures mais elle s'y ennuie, et rêve de devenir écrivain. Et voilà que sa candidature à un poste de dactylo dans une galerie d'art est acceptée ; un emploi qui pourrait bien changer sa vie. Dès lors, elle se met au service de Marjorie Quick, un personnage haut en couleur qui la pousse à écrire. Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune h... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
michfred
23 mars 2017
Voici donc le deuxième et très attendu roman de Jessie Burton! J'avais adoré Miniaturiste qui m'avait littéralement sidérée par son originalité, sa pertinence et la minutie de sa documentation, parfaitement intégrée à la trame romanesque. Il y était question d'une maison de poupée hollandaise et d'une jeune femme isolée mais combative, en butte à une famille opaque et pleine de secrets.
Tout en étant très différent, Les filles au lion n'est pas sans points communs avec Miniaturiste : au centre du récit, encore une oeuvre d'art-un tableau, cette fois- et une héroïne-narratrice originaire des Caraïbes, vivant et travaillant dans le Londres des années 60, solitaire, timide, souvent humiliée mais réfléchie, indépendante et d'une étonnante force de caractère.
Les poInts communs s'arrêtent là, car à première vue, ce deuxième roman semble plus convenu que le premier: deux intrigues qui se succèdent d'abord, puis se croisent, et s'éclairent enfin l'une l'autre. Une histoire d'amour. Une intrigue romanesque sur fond de guerre d'Espagne et de supercherie artistique. Une intégration gagnée à la force du poignet.
Mais à y regarder de plus près, de même qu'il y a des surprises dans les découvertes du lecteur, et que se découvrent progressivement les talents et la distribution des rôles entre ces deux intrigues dans des temps et des espaces séparés , se découvre aussi un sous-texte.
Comme un pentimento original derrière un tableau académique.
Odelle, l'héroïne qui rêve d'être romancière et Olive, la jeune peintre de génie, ont toutes les deux en commun d'être des créatrices qui ne se font pas confiance , se méfient de leur entourage amical trop enthousiaste ou trop sévère , et qui ont besoin, pour exister, d'être découvertes sans pression, à couvert, sans tapage.

J'y ai vu- peut-être à tort?- l'aveu inquiet d'une jeune auteure, secouée par le succès de son premier livre et qui demande une ombre propice, un anonymat protecteur pour retrouver sa verve créatrice.
Et surtout une amie éclairée : Marjorie Quick pour Odelle ou Teresa pour Olive qui puisse la comprendre, l'aider, l'encourager...
Car - et c'est un autre point commun avec Miniaturiste- Les Filles au Lion est aussi un roman de femmes, un roman à la gloire de la solidarité et de l'émancipation féminines.
Dans un monde où les pères, les amants, les maris mettent souvent les créatrices sous le boisseau, il faut pour les pousser vers la lumière des amazones comme Teresa ou Quick- Marjorie de son prénom, mais son nom de famille lui va tellement mieux... et cache tant de mystères!
Cette figure de l'Amazone est, comme celle de la Miniaturiste du premier roman, une divinité tutélaire mystérieuse et forte, attachante et surtout attachée : en elle s'incarne, me semble-t-il, la seule vraie histoire d'amour du roman. Les autres ne sont qu'un leurre.

Je ne suis pas sûre d'être dans le vrai, mais cette piste de lecture m'a paru progressivement se confirmer. J'ai aimé en retrouver les signes, semés discrètement dans le récit, comme les admirateurs des Filles au lion retrouvaient sur la toile la touche et la palette d'un peintre trop rare et trop tôt disparu.
J'ai donc aimé ce jeu de piste, dissimulé derrière une composition savante et une histoire romanesque, et remercie les éditions Gallimard et Babélio de me l'avoir offert.
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indira95
01 avril 2017
J'ai eu la chance d'être conviée par Babelio à rencontrer Jessie Burton dans les locaux des éditions Gallimard. Celle-ci venait y parler de son 2e roman très attendu, Les filles au lion. Jessie Burton si vous ne la connaissez pas encore, a fait un tabac avec son 1er roman Miniaturiste qui s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires (autant vous dire que j'ai immédiatement couru acheter un exemplaire à peine sortie de ma rencontre avec cette écrivain britannique fort sympathique). Je vous laisse imaginer la pression de devoir écrire un 2e roman aussi prenant et unanime (en écoutant les autres blogueuses conviées, que d'éloges concernant Miniaturiste, j'ai presque failli être victime du fameux spoil criminel! ).
Jessie Burton le reconnaît volontiers, elle souhaitait mixer 3 thématiques qui lui tenaient à coeur et en faire le sujet de son 2e livre : l'héritage des colonies britanniques, notamment les Caraïbes et plus précisément Trinidad, l'histoire de la guerre civile espagnole et la peinture. Rassurez-vous, le cahier des charges a été respecté et nous donne ce bon roman, Les filles au lion, qui sans être un coup de coeur, n'en demeure pas moins de la bonne ouvrage et se lit très bien.

Odelle, est une jeune fille dans la plus pure tradition oxfordienne. Très bien éduquée, cultivée et talentueuse, elle ne jure que par Shakespeare et les auteurs du panthéon classique anglais. Écrivain en herbe, elle monte à Londres pour réaliser ses rêves. Tout irait pour le mieux en cette année 1967 si Odelle n'était pas caribéenne, noire et une femme. Dans ce Londres des années 60, si l'éveil vers le flower power et la libération des moeurs est en marche, ce n'est quand même pas la panacée et le regard des autres sur leurs amis des anciennes colonies, est loin d'être amène. Racisme ordinaire et précarité démotivent notre jeune Odelle qui prend une claque de désillusion en pleine face, elle dont le père s'est engagé en 40 dans la RAF et a donné sa vie pour l'empire britannique. Odelle, peu sure d'elle et de ses talents, qui n'ose se lancer, se résigne à accepter un poste de secrétaire dans une galerie d'art auprès de Marjory Quick, énigmatique quinqua. Assez rapidement, un lien se noue entre les deux femmes, Marjory battant le chaud et le froid avec Odelle, à la fois pygmalion plein de sollicitude et à certains moments, froide comme le marbre et distante. Odelle, en fine observatrice, sent que quelque chose de pas net se cache derrière ce masque de bienséance. Sa rencontre avec Lawrie, jeune homme épris d'elle, tentant de vendre un tableau de famille, les fameuses Filles au lion, achève d'embarquer notre héroïne dans les remous d'une histoire qui remonte à l'Andalousie de 1936, à l'aube de la guerre civile espagnole. Mais je n'en dirais pas plus les amis.

Plusieurs protagonistes se partagent l'affiche dans ce roman qui alterne le Londres de 1967 et Malaga en 1936. Des protagonistes qui ont toutes en commun le besoin de communiquer à travers leur art, qu'il soit littéraire ou pictural. Des femmes fortes qui se cachent, de peur d'être jugées par la société des hommes qui n'accorde aucun crédit à celles souhaitant vivre de leur passion. Une femme se doit d'être une épouse, une mère, un compagnon de vie attentionné et dénué de toute aspiration autre que celle de remplir leurs devoirs familiaux. Jessie Burton le reconnaît assez bien : les hommes sont secondaires dans ce roman (et vlan !). Il est bien question de femmes, de rêves brisés et d'élans passionnés à travers l'art. L'homme ici n'est qu'un obstacle à leur réussite. Et pourtant, l'auteur se garde de tout roman féministe !

Les filles au lion traite de thèmes qui en tant que femme, me touche, forcément. Face à la difficulté d'être soi-même, pleinement, librement, une femme encore aujourd'hui en 2017, n'est à mon sens, pas considérée avec le même sérieux qu'un homme, notamment dans l'art. J'ai aimé le livre qui rappelle qu'à toutes les époques, le sexe faible a dû se battre pour une égalité qui si elle est officielle dans nos constitutions, n'en est rien dans les faits. Allez je m'arrêterai là avec mes digressions de chienne de garde !

Jessie Burton nous offre un roman vivant, haut en couleurs, nous fait côtoyer de près les affres de la création, le tout au sein d'un récit romanesque qui se lit avec plaisir. Une écriture riche et un travail d'imagination émérite accentuent l'impression d'avoir affaire à un roman ciselé et intelligent. Merci aux éditions Gallimard et à Babelio pour leur confiance et surtout merci de m'avoir permis de rencontrer un auteur très attachant.
Lien : http://www.livreetcompagnie...
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motspourmots
24 mars 2017
Le premier roman de Jessie Burton, l'excellent Miniaturiste avait pour inspiration une maison de poupée exposée au Rijksmuseum à Amsterdam. Les filles au lion est cette fois le nom d'un tableau, a priori inventé mais si bien décrit par l'auteur qu'on l'imagine très bien se détacher sur le mur d'un prestigieux musée. Jessie Burton aime donc explorer les arcanes de l'art, une source qu'elle exploite avec un réel talent. Ses descriptions sont minutieuses et imagées, les couleurs explosent, sa plume se fait pinceau et parvient à faire surgir les univers - l'Amsterdam du 17ème siècle, brun, sombre et glacial de Miniaturiste, le sud de l'Espagne aux tons vifs et chaleureux ici - directement depuis une palette de peintre. Miniaturiste avait l'avantage de la surprise. Avec Les filles au lion, Jessie Burton fait mieux que confirmer. Elle impressionne.
Par sa maitrise de l'intrigue tout d'abord, tissée à travers deux époques et deux destins de femmes qui semblent se répondre. En 1967, Odelle, une jeune femme originaire des Caraïbes tente de se faire une place à Londres mais doit faire face au racisme ordinaire. En 1936, Olive est une jeune femme qui rêve de se consacrer à la peinture mais dont le père, un célèbre marchand d'art n'imagine même pas qu'un grand peintre puisse être une femme. Odelle voudrait écrire mais manque de confiance en elle. Olive se cache pour peindre. A trente ans d'écart, l'émancipation des femmes est toujours aussi difficile.
Odelle travaille en tant que secrétaire pour une galerie d'art aux côtés de Marjorie Quick dont elle admire en secret l'assurance et la position. Lorsque son petit ami, Lawrie Scott souhaite soumettre à l'avis de spécialistes un tableau que sa mère lui a légué, Odelle assiste avec surprise à la réaction de Quick qui semble bouleversée en le découvrant. Quel est donc le secret de ce tableau, Les filles au lion attribué à Isaac Roblès, un peintre espagnol disparu pendant la guerre d'Espagne ? Que représente-t-il pour Marjorie Quick ? Pourquoi cette dernière semble-t-elle semer des informations et des indices à l'attention exclusive d'Odelle ?
Jessie Burton fait monter avec talent une tension dramatique au fil des allers et retours entre les deux périodes et de l'avancée dans la genèse de ce tableau. Dans son histoire se mêlent les prémices de la guerre d'Espagne, les relents des nationalismes qui vont bientôt mettre l'Europe à feu et à sang, et un triangle amoureux aux passions exacerbées par le contexte. Il est question de force créatrice et de liberté, de contraintes et de sources d'inspiration. Mais ce qui capte l'attention au-delà de tout le reste, c'est le parallélisme entre les parcours d'Odelle et d'Olive, le formidable défi auquel elles se confrontent à des décennies d'écart pour gagner le droit de s'adonner à leur art. En perçant le secret du tableau, Odelle va gagner bien plus que la satisfaction de la vérité. Elle va se découvrir elle-même.
Les filles au lion est un roman qui vous capte et vous transporte avec bonheur dans un univers que vous n'avez pas du tout envie de quitter. Bien rythmé, bien écrit, bien calibré. J'ai aimé cette plongée dans le monde de l'art et cette réflexion enrichissante sur l'histoire d'une oeuvre et la façon dont elle témoigne de la vie intime d'un artiste autant que de la Grande Histoire. C'est maintenant certain, j'attendrai le prochain opus de Jessie Burton avec envie.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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traversay
07 avril 2017
Les romanciers aiment infiniment le monde de la peinture, propre à échafauder des mystères sur le thème : "mais qui donc a peint ce tableau incroyable qui surgit de nulle part bien longtemps après sa réalisation ?" Cela peut-être l'occasion de bâtir une double intrigue (hier et aujourd'hui) et de constater comment le passé peut contaminer le présent, enquête quasi policière à la clé. Les filles au lion de Jessie Burton est un modèle du genre avec sa construction audacieuse et astucieuse qui trace des lignes entre l'Espagne de la pré-guerre civile et l'Angleterre des sixties. La double intrigue qui nous est révélée, en parallèle, est on ne peut plus romanesque et s'épanouit dans des derniers chapitres intenses que l'on pourra toutefois qualifier d'exagérément mélodramatiques. Ceci posé, la peinture est une sorte de prétexte pour tracer le portrait de deux femmes, séparées par le temps, mais assez proches par leur tempérament artiste (peinture et littérature) et par les barrières qui existent dans des sociétés où l'on accepte difficilement que les femmes aient au moins autant de talent que les hommes. Une situation compliquée par le manque de confiance qui en résulte. Les deux figures principales de Les filles au lion sont deux étrangères : l'une est anglaise dans l'Andalousie de 1936, l'autre vient de Trinidad et sa couleur noire ne passe pas inaperçue dans les rues de Londres, même à une époque, 1967, réputée pour ses accents libertaires. Roman sur l'émancipation féminine et sur les injustices de la notoriété artistique, entre autres, Les filles au lion fourmille de personnages secondaires caractérisés avec une grande précision. La maîtrise de Jessie Burton est indéniable et elle possède à la perfection le sens du détail, de la description et des dialogues. C'est un page-turner irrésistible dont on voit à peine les coutures et les astuces de fabrication. Et c'est un bonheur que d'être plongé dans un livre qui revendique le romanesque comme étendard tout en ménageant suffisamment de pistes de réflexion pour ne pas l'oublier immédiatement, une fois refermé.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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SeriallectriceSV
15 avril 2017
Après Car si l'on sépare de Lisa Stromme et La valse des arbres et du ciel de Jean-Michel Guenassia, je me plonge de nouveau, avec grand plaisir, dans l'univers de la peinture et de l'art. Comprendre une oeuvre dans le contexte de sa création, décrypter son histoire, son âme, les mots qui se cachent derrière son image ... un vrai bonheur !
«Ses yeux allaient d'un coin à l'autre. Elle éprouvait une impression de trop-plein. Qui peignait ainsi ? Une fille de dix-neuf ans dans son pyjama d'internat ? Qui connaissait de telles couleurs, qui pouvait s'emparer du paysage dans lequel elle venait d'arriver et en faire quelque chose de plus beau, de plus fort, plus éclatant que le soleil qui envahissait la pièce ? Car il s'agissait assurément de la finca et de son verger, réinterprétés dans une ébauche de couleurs et de formes dansantes, reconnaissables pour Teresa, mais fondamentalement transformées.»
Une lecture dans laquelle on s'abandonne aisément, Jessie Burton manie avec brio l'art de la description. Son écriture est limpide, l'histoire, très bien rythmée.
Le tableau "Les filles au lion", inspiré de la légende Santa Justa et Rufina, est au coeur de ce roman, et son histoire nous transporte avec bonheur dans l'Andalousie de 1936, plus précisément dans une finca au bonheur fragile, ainsi que dans le Londres de 1962 à 1967.
L'inspiration, la quête d'identité, l'obsession, l'amour, les déceptions sont au coeur de ce roman, dans une alternance d'époque et une tension qui s'accroît au fil des pages. L'auteure enrichit la petite histoire avec la Grande, évoque l'héritage des colonies britanniques (Trinidad), le déclenchement de la guerre civile en Espagne, la montée du nationalisme en Europe.
J'ai beaucoup aimé le parallèle entre ces deux femmes, Olive et Odelle, que trois décennies séparent; toutes deux luttent pour pouvoir s'affirmer dans leur art, s'affirmer en tant que femme.
«J'ai vu ce que le succès fait aux gens, comment il les éloigne de leurs impulsions créatrices, comment il les paralyse. Ils ne peuvent plus faire autre chose que d'horribles répliques de ce qu'ils ont déjà fait, car tout le monde a un avis sur ce qu'ils sont et ce qu'ils devraient être.»
«Elle m'avait expliqué que l'approbation des autres ne devait jamais être mon objectif ; elle m'avait libérée comme je n'avais pas su le faire moi-même.»
Une formidable fresque à découvrir !
Merci aux éditions Gallimard et à Babelio pour cette découverte. Pour des raisons personnelles, je n'ai pu assister à la rencontre avec Jessie Burton. J'espère vivement qu'une autre occasion se présentera, et en attendant, je vais très vite me plonger dans Miniaturiste que j'ai hâte de découvrir et que je me suis procuré à peine cette lecture achevée, déposé au sommet de la tour de Pise, faisant disparaître ma table de chevet ;-)
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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Les critiques presse (4)
LeFigaro07 avril 2017
Deux ans après Miniaturiste, premier roman ambitieux paru en 2015 et devenu un best-seller dans le monde, on l'attendait au tournant. L'Anglaise Jessie Burton ne déçoit pas.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique05 avril 2017
Le deuxième roman de Jessie Burton tient ses promesses.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox29 mars 2017
Un roman trépidant de Jessie Burton à se garder pour l'été.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama22 mars 2017
Une jeune femme, engagée dans une galerie d'art londonienne, tente de percer le secret d'un tableau troublant. Un roman irrésistible.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV12 avril 2017
J'ai pensé à ma mère, à sa foi en l'Angleterre, un pays qu'elle ne verrait jamais, et j'ai pensé à mon père, recruté par la RAF, abattu au-dessus de l'Allemagne, dans une boule de feu. Quand j'avais quinze ans, le Premier ministre de Tobago avait déclaré que l'avenir des enfants de l'île se trouvait dans leur cartable. Ma mère, qui ne voulait surtout pas que je mène une existence semblable à la sienne, me poussait à me surpasser, mais à quoi bon puisque les terres, après l'indépendance, étaient vendues à des sociétés étrangères qui en réinvestissaient les profits dans leurs propres pays ? Qu'étions-nous censés faire, nous les jeunes, quand nous plongions la main au fond de nos cartables sans rien y trouver d'autre qu'une couture déchirée par le poids de nos livres ? Nous devions partir.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV12 avril 2017
C'était l'époque des longues ombres du soir, du chant éraillé des grillons qui emplissaient la nuit chaude. Les champs avaient pris des teintes persil, citron vert et pomme. Les fleurs sauvages projetaient des éclaboussures rouges et pourpres, des pétales jaune canari dansaient dans la brise. Et quand le vent se levait, l'air avait un goût salé. Il n'y avait aucun bruit de la mer, mais, en tendant l'oreille, vous pouviez entendre les articulations d'un scarabée qui cheminait entre les racines des maïs.
Des collines provenaient la musique sourde des cloches des chèvres, qui venaient étouffer ces bruits plus légers en descendant parmi les éboulis, à travers le voile de chaleur. Les abeilles, assoupies par les grosses têtes plates des fleurs, les voix des fermiers qui s'appelaient, les arpèges des oiseaux qui jaillissaient des arbres. Une journée d'été fait tellement de bruit, quand vous demeurez totalement silencieux.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV12 avril 2017
Elle m'avait expliqué que l'approbation des autres ne devait jamais être mon objectif ; elle m'avait libérée comme je n'avais pas su le faire moi-même.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV12 avril 2017
J'ai vu ce que le succès fait aux gens, comment il les éloigne de leurs impulsions créatrices, comment il les paralyse. Ils ne peuvent plus faire autre chose que d'horribles répliques de ce qu'ils ont déjà fait, car tout le monde a un avis sur ce qu'ils sont et ce qu'ils devraient être.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV12 avril 2017
Harold n'était pas quelqu'un de facile à aimer. Il lui faisait penser à un scarabée, enfoui dans le bois ou le plâtre des murs de la finca. Il fallait lustrer ses ailes dures, polir son armure avec un chiffon doux, nourrir et soigner son corps pour qu'il ne morde pas.
«Pendant la guerre, il a été fait prisonnier, ajouta Olive. Quand ils l'ont libéré, il a travaillé pur le gouvernement britannique. Il n'en parle jamais. Il incarnait tout ce que n'était pas la vie de maman, je suppose. Elle s'ennuie très vite et elle aime faire sensation. L'Héritière des Condiments, la Garçonne Cocaïne, la rebelle au Mari teuton. Tout ça est tellement tape-à-l’œil ! »
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