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> Michel Leiris (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2707303127
Éditeur : Editions de Minuit (1980)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 167 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lors d'un aller Paris-Rome en train, un passager remet en question son existence, ses choix, avant de se résigner à la médiocrité. Léon Delmont, 45 ans, est un homme qui a réussi. Pourtant, il étouffe auprès d'une épouse acar... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 17 avril 2014

    Nastasia-B
    Voici l'un des fleurons du mouvement littéraire plutôt francophone d'après guerre qu'on nomme (un peu pompeusement) le Nouveau Roman. Indépendamment de toute notion d'appartenance à telle ou telle école romanesque, à son contexte de publication, toutes choses propres à nous emmener trop loin sur des chemins de traverse, je vais m'efforcer d'émettre un avis actuel et ciblé pour le lecteur d'aujourd'hui désireux de découvrir cette œuvre.
    La Modification est un petit roman que je qualifierais de lent, peu captivant mais extrêmement bien construit. Lent et peu captivant car il est presque une allégorie de la lenteur du temps qui passe et du travail de sape que ce temps peut créer.
    Un voyage en train, tel qu'on peut se l'imaginer dans l'Europe des années 1950, déroulant sa lenteur et sa pénibilité. Un homme entre deux âges, vous en l'occurrence (c'est ici que siège LA grande trouvaille formelle de Michel Butor qui ne passe pas inaperçue), dans une situation bancale entre une épouse et une maîtresse, entre Paris et Rome, entre la raison grise et le grain de folie coloré, vous en qui va s'opérer une modification au cours de ce long et fastidieux voyage en train (je vous laisse découvrir laquelle).
    C'est là toute la prouesse de Michel Butor, faire le portrait de l'œuvre du temps, nécessairement lent et par touches. L'action, inexistante puisque vous êtes assis dans un train à compartiment ancienne école, est remplacée avec maestria par un étonnant voyage dans le temps : présent, futur, passé(s). Les amateurs de Mario Vargas Llosa apprécieront l'illustre instigateur du roman à plusieurs temps.
    En résumé, j'admire donc la technique formelle de ce roman, réglée comme un aiguillage SNCF mais je ne peux toutefois pas dire que j'ai particulièrement palpité en lisant cette modification, mais, bien sûr, ce n'est là que mon avis auquel on pourrait apporter de nombreuses modifications, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par koukich, le 18 novembre 2013

    koukich
    Quel livre! dans mes trois préférés. Le temps a passé; je l'ai relu; et il est resté dans mes préférés. Disons que je l'ai relu en diagonale cette fois!. J'ai sauté tous les passages descriptifs dans le train! (c'est pas bien, mais bon...) je me suis attachée uniquement aux considérations du narrateurs sur sa vie privée. La lâcheté de ce pauvre homme bourgeois n'est pas navrante car c'est la nôtre. C'est la lâcheté ordinaire. Le sujet importe peu d'ailleurs. En l'espèce il concerne la vie privée du narrateur qui croit pouvoir choisir entre son épouse Henriette et Cécile, sa jeune maîtresse. L'auteur aurait pu, tout aussi bien, illustrer son propos, sur la lâcheté (à supposer que la lâcheté soit le thème central!), en décrivant le manque de volonté du narrateur face à son désir de changer de boulot par exemple, ou face à son désir d'affronter tel obstacle psychologique insurmontable du genre: envoyer chier une bonne fois son patron, sa belle-mère, ses parents ou que sais-je, tout en supposant que l'acte de bravoure aura des conséquences irréparables sur la vie du narrateur..
    Bon!. Le sujet, donc, importe peu. Et c'est ce qui fait dire à certains qu'il ne se passe rien dans ce roman. C'est normal!! :-) C'est pas un roman fait pour raconter une histoire dont on a strictement que faire. Car, en fait d'histoire, on s'accordera pour dire (je pense ?) qu'on en a vite fait le tour. L'histoire se résume très vite. C'est donc que le livre de Michel Butor a une toute autre ambition que de nous raconter les atermoiements d'un Monsieur, certainement très fréquentable et bien sous tous rapports, face à un tournant dans sa vie, à l'âge où les hommes de cette espèce ont ce genre de préoccupation qui passe aussi vite que l'acné chez leurs ados.
    Bref. Changer de vie; l'aventure etc... on se doute, pratiquement dès le début du bouquin, que le narrateur n'est pas très doué pour la sincérité !! (avec lui-même, plus qu'avec ses bonnes femmes... ); on se doute qu'à l'issue de ses délibérations intérieures, c'est l'inaction qui l'emportera!
    La modification, c'est donc la narration d'une modification. Ce que Michel Butor décrit à merveille, c'est, en effet, l'évolution de la pensée du narrateur face à sa supposée "décision" de changer de vie avec Cécile, évolution dont on mesure la lenteur grâce au voyage dans le train entre Paris et Rome.
    Au fil de cette narration, on passe donc d'une décision (changer de vie avec Cécile) à un renoncement (rester avec Henriette). Et les réflexions et prises de décisions successives du narrateurs sont étayées par ses évocations du passé qui sont là comme pour les justifier. Le narrateur cherche des excuses pratiquement tout le long de son voyage; parce qu'au fond, il a pris sa décision, dès son départ de Paris! Disons que sa décision de maintenir le statut quo n'a jamais varié, mais que le narrateur a dû prendre le train, en dehors de ses trajets professionnels habituels entre Paris et Rome, et se faire suffisamment peur sur les conséquences de sa décision, pour s'avouer, finalement, qu'il n'a jamais eu l'intention de quitter Henriette! Ce livre est un délice!
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    • Livres 5.00/5
    Par myker, le 14 mai 2012

    myker
    J'ai longtemps repoussé le moment de le lire. L'affiliation de l'auteur au Nouveau Roman me rebutait, je craignais quelque chose de froid, un exercice de style assez vain sur un thème qui pourtant me passionne, celui du voyage en train. Mais finalement, une recherche internet pour un exposé sur le discours du désamour me donne envie de m'y plonger. Et à la façon du retournement induit dans son titre, ce livre a supprimé tous mes préjugés, pour s'imposer comme un des plus beaux textes au sujet de ce désenchantement qu'est la fin de l'amour.
    L'intrigue est simple : un homme prend le train à Paris en direction de Rome, où il va retrouver sa maîtresse pour lui annoncer qu'il lui a trouvé une situation sur Paris et qu'ils vont bientôt pouvoir s'y installer ensemble, après qu'il aura divorcé de sa femme. le livre nous raconte ce voyage, effectivement décisif, mais pas forcément de la façon prévue !
    Ce long monologue - que le "vous" de la narration transforme en dialogue interne, épouse les moindres mouvements de la pensée au gré des tours de roue du train (à l'époque il faut 24 heures pour relier les deux capitales !), et nous offre un flux de conscience très littéraire - et très juste à la fois.
    Un très beau roman, pas forcément connu pour les bonnes raisons, qui traite avec pudeur un sujet sur-représenté dans la littérature, et qui ici se démarque par la richesse de l'analyse qui en est faite. Au-delà de ça, il reste de très belles vignettes de souvenirs colorés par la mémoire, une indéniable qualité de l'expression du voyage (et du temps qui ne passe pas), enfin un réel pouvoir de Modification sur notre vision de la vie, et le discours que chacun en fait.
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    • Livres 4.00/5
    Par LaLo, le 10 février 2011

    LaLo
    "La modification" est un livre dans lequel il ne se passe rien. Ne vous attendez pas à de l'action, il n'y en a pas. Mais littérairement, ce livre est une bombe. le lecteur est plongé dans la tête du personnage, dans ses pensées. Il évolue avec lui. La narration à la deuxième personne du pluriel inclut le lecteur dans le récit. Celui-ci est directement interpellé par le texte. Toutefois, il faut avoir le courage de lire près de 300 pages au cours desquelles il ne se passe rien.
    A lire pour la culture littéraire !
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    • Livres 3.00/5
    Par TRIEB, le 01 août 2011

    TRIEB

    Tout commence d'une manière on ne peut plus commune : Léon Delmont, représentant d'une entreprise italienne de machines à écrire, Scabelli, entreprend, par le train Paris-Rome, un voyage vers la ville éternelle où il compte rencontrer Cécile, son amante, connue à Rome. Elle l'émerveille en lui faisant découvrir les arcanes de cette prestigieuse Cité .Il compte quitter Henriette, épouse légitime, dont la vie commune encore partagée ne lui inspire plus guère qu'ennui et lassitude de moins en moins dissimulée.
    La trame serait on ne peut plus commune si des traits profondément originaux de ce roman ne venaient le différencier aux yeux du lecteur : il est écrit à la deuxième personne du pluriel, ce qui imprime aux différentes descriptions une distance constante vis-à-vis du roman. Ce mode de récit pourrait provoquer une identification aux personnages décrits, à leurs aspirations, à l'évolution de leurs sentiments respectifs nourris les uns envers les autres .Il n'en est rien , et nous sommes les témoins, grâce à ce subterfuge , des descriptions les plus détaillées, les plus fouillées des pensées constituant en fait l'ensemble de la vie intérieure des participants à cette intrigue .C'est parfois le ton d'une plaidoirie d'avocat qui est adopté : « Ce voyage devrait être une libération, un rajeunissement, un grand nettoyage du corps et de votre tête ;ne devriez-vous pas en ressentir déjà l'exaltation ? Quelle est cette lassitude qui vous tient, vous diriez presque ce malaise ? »
    A d'autres moments du récit, c'est l'anticipation de la situation des protagonistes qui est souvent utilisée, comme pour permettre au lecteur une meilleure intériorisation de la structure de leurs réflexions les plus essentielles : « Maintenant, Cécile allait venir à Paris et vous demeureriez ensemble, de cela vous étiez, vous êtes bien certain, (…) mais de la triomphante joie de Cécile qui vous avait tant taquiné sur votre bourgeoise hypocrisie. »
    L'auteur prête également par l'intermédiaire de notre amant voyageur, une vie imaginaire à ses compagnons de compartiment, tous et toutes affublés d'un statut social, d'une vie et de projets dérivés de l'imaginaire de Léon Delmont.
    Il est fait appel dans le roman aux divers paysages , monuments et quartiers des villes de Rome et de Paris , pour mettre à nu les raisons profondes de Léon et de Cécile de choisir comme théâtre définitif de leur passion la ville de Rome .L'histoire antique et la mythologie viennent à la rescousse pour alimenter les scrupules , les interrogations de Léon Delmont .Ces dernières l'emportent , il doute du bien-fondé de ce voyage , censé à l'origine représenter un seconde chance pour lui : « Il faudrait donc( ….) que vous puissiez jouir de l'apparence de ce bonheur qui, lui, vous échappe, goûter quand même à un fragment de cette vie que vous imaginiez si prochaine et qui s'éloigne de plus en plus dans l'illusoire et l'impossible. »
    Est-ce vraiment un voyage qui est décrit là ? On peut y voir la tentative, parfaitement aboutie, de recenser et de hiérarchiser tous les flux de pensées qui composent la vie intérieure des individus. L'écriture du roman est élégante ; les phrases, par leur longueur, nous rendent complices des tourments et joies composant cette intrigue. Elles prennent leur temps, celui de la dissection, de la radiographie des passions humaines.


    Lien : http://bretstephan.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par Palmyre, le 14 juillet 2013

    Tout d'un coup la lumière s'éteint: c'est l'obscurité complète, sauf le point rouge d'une cigarette dans le corridor avec son reflet presque imperceptible, et le silence sur cette base de respirations très fortes comme dans le sommeil et du bourdonnement des roues répercuté par l'invisible voûte. Vous regardez les points, les aiguilles verdâtres de votre montre; il n'est que cinq heures quatorze, et ce qui risque de vous perdre, soudain cette crainte s'impose à vous, ce qui risque de la perdre, cette belle décision que vous aviez enfin prise, c'est que vous en avez encore pour plus de douze heures à demeurer, à part de minimes intervalles, à cette place désormais hantée, à ce pilori de vous-même, douze heures de supplice intérieur avant votre arrivée à Rome.
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  • Par mandarine43, le 29 juillet 2011

    [ Incipit ]

    Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre, et de votre épaule droitre vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant.
    Vous vous introduisez par l'étroite ouverture en vous frottant contre ses bords, puis, votre valise couverte de granuleux cuir sombre couleur d'épaisse bouteille, votre valise assez petite d'homme habitué aux longs voyages, vous l'arrachez par sa poignée collante, avec vos doigts qui se sont échauffés, si peu lourde qu'elle soit, de l'avoir portée jusqu'ici, vous la soulevez et vous sentez vos muscles et vos tendons se dessiner non seulement dans vos phalanges, dans votre paume, votre poignet et votre bras, mais dans votre épaule aussi, dans toute la moitié du dos et dans vos vertèbres depuis votre cou jusqu'aux reins.
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  • Par TRIEB, le 01 août 2011

    ce voyage devrait être une libération, un rajeunissement, un grand nettoyage de votre corps et de votre tête;ne devriez-vous pas en ressentir déjà les bienfaits et l'exaltation?
    Mais n'est-ce pas justement pour parer à ce risque dont vous n'aviez que trop conscience que vous avez entrepris cette aventure, n'est-ce pas vers la guérison de toutes ces premières craquelures avant-coureuses du vieillissement que vous achemine cette machine vers Rome où vous attendent quel repos et quelle réparation ?
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  • Par TheAustenGirl33364, le 09 février 2014

    Elle y déploie une ruse de tous les instants, mais, si jamais elle réussissait, qu'en retirerait-elle ? Le triste avantage de vous avoir définitivement vaincu, le morose plaisir des damnés à entraîner quelqu'un d'autre qu'eux dans leur marécage de poix et d'ennui, triomphante, mais de quel misérable triomphe, se retrouvant auprès de vous comme auprès d'un homme incapable de résister à sa guerre d'usure et pour lequel par conséquent elle ne pourrait avoir qu'un mépris bien plus profond encore que celui qu'elle a tant qu'elle lutte.
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  • Par LaLo, le 10 février 2011

    Vous recommencez à jouer à ce jeu qui vous est familier, donner un nom à chacun de vos compagnons de voyage [...]. Quant au jeune couple, non, pas d'allusions littéraires, simplement Pierre et, voyons, Cécile est exclu, mais Agnès conviendrait très bien, Sant'Agnese in Agone, l'église de Borromini sur la piazza Navona.

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Michel Butor est l'invité de la Matinale de France Musique pour parler de trois de ses derniers livres, "Une nuit sur le Mont Chauve", "Conversation sur le temps" et "Les trois châteaux" publiés aux éditions de La Différence








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