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> Michel Leiris (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2707303127
Éditeur : Editions de Minuit (1980)


Note moyenne : 3.51/5 (sur 224 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lors d'un aller Paris-Rome en train, un passager remet en question son existence, ses choix, avant de se résigner à la médiocrité. Léon Delmont, 45 ans, est un homme qui a réussi. Pourtant, il étouffe auprès d'une épouse acar... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 17 avril 2014

    Nastasia-B
    Voici l'un des fleurons du mouvement littéraire plutôt francophone d'après guerre qu'on nomme (un peu pompeusement) le Nouveau Roman. Indépendamment de toute notion d'appartenance à telle ou telle école romanesque, à son contexte de publication, toutes choses propres à nous emmener trop loin sur des chemins de traverse, je vais m'efforcer d'émettre un avis actuel et ciblé pour le lecteur d'aujourd'hui désireux de découvrir cette oeuvre.
    La Modification est un petit roman que je qualifierais de lent, peu captivant mais extrêmement bien construit. Lent et peu captivant car il est presque une allégorie de la lenteur du temps qui passe et du travail de sape que ce temps peut créer.
    Un voyage en train, tel qu'on peut se l'imaginer dans l'Europe des années 1950, déroulant sa lenteur et sa pénibilité. Un homme entre deux âges, vous en l'occurrence (c'est ici que siège LA grande trouvaille formelle de Michel Butor qui ne passe pas inaperçue), dans une situation bancale entre une épouse et une maîtresse, entre Paris et Rome, entre la raison grise et le grain de folie coloré, vous en qui va s'opérer une modification au cours de ce long et fastidieux voyage en train (je vous laisse découvrir laquelle).
    C'est là toute la prouesse de Michel Butor, faire le portrait de l'oeuvre du temps, nécessairement lent et par touches. L'action, inexistante puisque vous êtes assis dans un train à compartiment ancienne école, est remplacée avec maestria par un étonnant voyage dans le temps : présent, futur, passé(s). Les amateurs de Mario Vargas Llosa apprécieront l'illustre instigateur du roman à plusieurs temps.
    En résumé, j'admire donc la technique formelle de ce roman, réglée comme un aiguillage SNCF mais je ne peux toutefois pas dire que j'ai particulièrement palpité en lisant cette modification, mais, bien sûr, ce n'est là que mon avis auquel on pourrait apporter de nombreuses modifications, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 3.00/5
    Par thedoc, le 21 juillet 2015

    thedoc
    « La modification » offre au lecteur une aventure littéraire pour le moins particulière. Une histoire nous est contée, celle de Léon Delmont, 45 ans, qui voyage en train afin de rejoindre sa jeune maîtresse Cécile, en Italie. Marié à Henriette et père de quatre enfants, Léon vit à Paris. L’objectif de son voyage est d’annoncer à Cécile qu’il va enfin quitter son épouse et convaincre ensuite la jeune femme de venir vivre avec lui à Paris. Parti avec des certitudes, Léon va pourtant subir une modification lors de ce cheminement physique et psychologique.
    Ce qui frappe évidemment dès la première ligne est le style narratif utilisé par Michel Butor : l’auteur utilise le « vous » plutôt qu’un « il » impersonnel et implique de ce fait le lecteur dans l’histoire de Léon qui devient la sienne. Les pensées, les réflexions et les décisions de Léon deviennent celles du lecteur. Au gré de son cheminement intellectuel, nous partageons avec le personnage toute une vision de la vie d’un homme : la naissance de l’amour, l’usure du quotidien, les doutes, l’espoir (illusoire ?) d’une nouvelle vie qui sera meilleure. Léon navigue dans le temps, entre ses souvenirs passés, le présent et les espoirs futurs. Avec lui, en se fondant en lui, nous réalisons une introspection qui bouleverse nos décisions premières.
    Point d’action dans cette histoire qui se passe uniquement dans le compartiment du train - ce n'est pas le but - mais qui ravira surtout les adeptes du courant du Nouveau Roman.
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    • Livres 4.00/5
    Par michfred, le 21 février 2015

    michfred
    Vous prenez ce livre, et vous l'ouvrez, vous vous installez confortablement, et vous laissez s'égrener les heures. C'est long, vous le savez, d'ici à Rome, vous l'avez fait souvent, ce trajet, inutile de le nier. On vous a reconnu!!
    D'ici l'arrivée en gare de Rome Termini, vous avez le temps de changer d'avis dix fois...
    Notez que malgré tout ce qu'on vous a dit sur le nouveau roman, qu'il était fastidieux, snob et rasoir, c'est l'occasion de vérifier: les jolis boogies vous font bouger, ce sont des jolis boogies gais, chantonnerait Souchon. Je déraille, erreur d'aiguillage...Laissons -nous porter..ou plutôt laissez-vous, n'oubliez pas la deuxième personne, la deuxième personne avant toute chose et pour cela préfère l'impair...d'ailleurs si avez oublié le vôtre, d'imper: ce n'est pas grave, il fait si beau à Rome...
    Bref, si vous lisez ce livre, et si vous changez d'avis en cours de route, c'est que le charme a opéré. Un nouveau roman a fait votre conquête. Vous voyez que ce n'était pas si dur que cela, pas si Butor, votre Michel: il a opéré une sérieuse modification en vous, non? Je m'é-gare? Bon, bon, revenez à vos moutons...
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    • Livres 5.00/5
    Par koukich, le 18 novembre 2013

    koukich
    Quel livre! dans mes trois préférés. le temps a passé; je l'ai relu; et il est resté dans mes préférés. Disons que je l'ai relu en diagonale cette fois!. J'ai sauté tous les passages descriptifs dans le train! (c'est pas bien, mais bon...) je me suis attachée uniquement aux considérations du narrateurs sur sa vie privée. La lâcheté de ce pauvre homme bourgeois n'est pas navrante car c'est la nôtre. C'est la lâcheté ordinaire. le sujet importe peu d'ailleurs. En l'espèce il concerne la vie privée du narrateur qui croit pouvoir choisir entre son épouse Henriette et Cécile, sa jeune maîtresse. L'auteur aurait pu, tout aussi bien, illustrer son propos, sur la lâcheté (à supposer que la lâcheté soit le thème central!), en décrivant le manque de volonté du narrateur face à son désir de changer de boulot par exemple, ou face à son désir d'affronter tel obstacle psychologique insurmontable du genre: envoyer chier une bonne fois son patron, sa belle-mère, ses parents ou que sais-je, tout en supposant que l'acte de bravoure aura des conséquences irréparables sur la vie du narrateur..
    Bon!. le sujet, donc, importe peu. Et c'est ce qui fait dire à certains qu'il ne se passe rien dans ce roman. C'est normal!! :-) C'est pas un roman fait pour raconter une histoire dont on a strictement que faire. Car, en fait d'histoire, on s'accordera pour dire (je pense ?) qu'on en a vite fait le tour. L'histoire se résume très vite. C'est donc que le livre de Michel Butor a une toute autre ambition que de nous raconter les atermoiements d'un Monsieur, certainement très fréquentable et bien sous tous rapports, face à un tournant dans sa vie, à l'âge où les hommes de cette espèce ont ce genre de préoccupation qui passe aussi vite que l'acné chez leurs ados.
    Bref. Changer de vie; l'aventure etc... on se doute, pratiquement dès le début du bouquin, que le narrateur n'est pas très doué pour la sincérité !! (avec lui-même, plus qu'avec ses bonnes femmes... ); on se doute qu'à l'issue de ses délibérations intérieures, c'est l'inaction qui l'emportera!
    La modification, c'est donc la narration d'une modification. Ce que Michel Butor décrit à merveille, c'est, en effet, l'évolution de la pensée du narrateur face à sa supposée "décision" de changer de vie avec Cécile, évolution dont on mesure la lenteur grâce au voyage dans le train entre Paris et Rome.
    Au fil de cette narration, on passe donc d'une décision (changer de vie avec Cécile) à un renoncement (rester avec Henriette). Et les réflexions et prises de décisions successives du narrateurs sont étayées par ses évocations du passé qui sont là comme pour les justifier. le narrateur cherche des excuses pratiquement tout le long de son voyage; parce qu'au fond, il a pris sa décision, dès son départ de Paris! Disons que sa décision de maintenir le statut quo n'a jamais varié, mais que le narrateur a dû prendre le train, en dehors de ses trajets professionnels habituels entre Paris et Rome, et se faire suffisamment peur sur les conséquences de sa décision, pour s'avouer, finalement, qu'il n'a jamais eu l'intention de quitter Henriette! Ce livre est un délice!
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    • Livres 3.00/5
    Par Khovarn, le 21 septembre 2014

    Khovarn
    Il me semble important de découvrir avant toute chose que je ne suis pas un grand amateur du Nouveau Roman, qui me semble toujours aussi fade et aussi vain que ces adolescents et ces stars actuelles qui cherchent avant toute chose l'originalité, qui sautent sur tous les sentiers non encore battus juste pour le plaisir de ne pas être comme les autres, sans savoir où cela va les mener.
    Peu des propositions, des "nouveautés" du Nouveau Roman m'ont séduit jusqu'aujourd'hui, mais j'avoue que l'idée de la Modification m'avait quelque peu rendu curieux, c'est pourquoi je l'ai emprunté en pensant le lire en un soir - c'est un petit ouvrage - pour m'initier à Michel Butor. Je mis presque une semaine, tant l'enthousiasme me manquait au fil de la lecture. Assez parlé de moi, entrons dans le roman.
    Qu'est ce qui gêne dans le style de Butor ? Si l'idée originale est plutôt plaisante - le narrateur raconte le roman à la seconde personne du pluriel, un "vous" qui donne plus que jamais l'impression d'être le héros du roman, certaines caractéristiques du discours de l'auteur vont contre ce parti pris et gênent la lecture : l'esthétique très nouveau roman, avec une intrigue totalement décousue - l'action est censée se dérouler en vingt heures dans un train mais se nourrit de souvenirs et prospectives diverses -, des phrases de vingt kilomètres de long sur lesquelles Proust se serait essoufflé, gonflée de descriptions sans fin que seuls des habitués de Paris et de Rome pourront apprécier, et un personnage qui échappe tout à fait au "vous" par lequel on s'y réfère, puisqu'il a un nom, un âge, que ses sensations et ses pensées ne sauraient adhérer à la plupart des lecteurs et qu'il semble être plus un étranger peu recommandable, peu appréciable, qu'autre chose. Dieu que cette phrase était longue elle aussi.
    Cette densité syntaxique et culturelle, aussi lourde à digérer que l'intrigue condensée dans ces vingt heures de trains pluvieuses est mise "au service" d'une histoire d'adultère qui ne choque personne, n'engage personne et finit par se désagréger sans qu'aucun des personnages n'ait réellement eu un rôle à jouer, n'ait réellement agi. La lourdeur du personnage, ses sensations émoussées par l'âge, c'est aussi pour moi la lourdeur de ce roman, de ce style que j'ai peu apprécié alors que j'ai longtemps goûté celui de Proust et me suis rompu à celui de Duras, et qui ne donne pas envie d'essayer l'Emploi du Temps, autre ouvrage clef de l'oeuvre de Butor. Pour finir sur une meilleure note, il me faut avouer que, tout de même, même si cela m'a paru ennuyant, faire un roman sur le voyage d'un homme seul dans un train et axer toute l'action de la pièce sur ses pensées et sa réflexion au propos de son adultère, faire de cette histoire l'un des fers de lance du Nouveau Roman, cela force un certain respect.
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Citations et extraits

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  • Par thedoc, le 21 juillet 2015

    J’ai tout oublié, j’ai tout à revoir ; je ne me rappelle les choses que lorsque je les retrouve devant mes yeux, vieillies ou rajeunies.

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  • Par thedoc, le 21 juillet 2015

    ah cette asphyxie menaçante, il fallait la fuir au plus tôt, respirer au plus tôt un immense coup de cet air futur, de ce bonheur proche…

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  • Par Palmyre, le 14 juillet 2013

    Tout d'un coup la lumière s'éteint: c'est l'obscurité complète, sauf le point rouge d'une cigarette dans le corridor avec son reflet presque imperceptible, et le silence sur cette base de respirations très fortes comme dans le sommeil et du bourdonnement des roues répercuté par l'invisible voûte. Vous regardez les points, les aiguilles verdâtres de votre montre; il n'est que cinq heures quatorze, et ce qui risque de vous perdre, soudain cette crainte s'impose à vous, ce qui risque de la perdre, cette belle décision que vous aviez enfin prise, c'est que vous en avez encore pour plus de douze heures à demeurer, à part de minimes intervalles, à cette place désormais hantée, à ce pilori de vous-même, douze heures de supplice intérieur avant votre arrivée à Rome.
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  • Par TRIEB, le 01 août 2011

    ce voyage devrait être une libération, un rajeunissement, un grand nettoyage de votre corps et de votre tête;ne devriez-vous pas en ressentir déjà les bienfaits et l'exaltation?
    Mais n'est-ce pas justement pour parer à ce risque dont vous n'aviez que trop conscience que vous avez entrepris cette aventure, n'est-ce pas vers la guérison de toutes ces premières craquelures avant-coureuses du vieillissement que vous achemine cette machine vers Rome où vous attendent quel repos et quelle réparation ?
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  • Par mandarine43, le 29 juillet 2011

    [ Incipit ]

    Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre, et de votre épaule droitre vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant.
    Vous vous introduisez par l'étroite ouverture en vous frottant contre ses bords, puis, votre valise couverte de granuleux cuir sombre couleur d'épaisse bouteille, votre valise assez petite d'homme habitué aux longs voyages, vous l'arrachez par sa poignée collante, avec vos doigts qui se sont échauffés, si peu lourde qu'elle soit, de l'avoir portée jusqu'ici, vous la soulevez et vous sentez vos muscles et vos tendons se dessiner non seulement dans vos phalanges, dans votre paume, votre poignet et votre bras, mais dans votre épaule aussi, dans toute la moitié du dos et dans vos vertèbres depuis votre cou jusqu'aux reins.
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Michel Butor est l'invité de la Matinale de France Musique pour parler de trois de ses derniers livres, "Une nuit sur le Mont Chauve", "Conversation sur le temps" et "Les trois châteaux" publiés aux éditions de La Différence








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