> Michel Sager (Traducteur)

ISBN : 2253011185
Éditeur : Le Livre de Poche (1995)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Parmi les cauchemars dont les esprits de la nuit s'amusent à tourmenter les humains, le rêve de l'escalier est un des plus efficaces dans sa simplicité. La rampe se dérobe sous la main du dormeur, se fragmente, se pulvérise, les marches hautes comme des tours se creusen... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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  • Par LecottagedeMyrtille, le 29 mars 2012

    LecottagedeMyrtille
    Dino Buzzati a publié ce recueil en 1973 et s'il est moins connu que Le K, il mérite largement d'être découvert. Les Nouvelles sont assez différentes les unes des autres, parfois cyniques, parfois effrayantes, souvent pessimistes.
    Buzzati renouvelle la veine fantastique en revisitant des thèmes classiques du genre (l'objet magique, le cauchemar) mais en leur instillant davantage d'angoisse et d'absurde. Il nous dépeint un univers inquiétant, en mutation, souvent lié au progrès scientifique et à l'apparition de Nouvelles technologies. Journaliste de formation, il a l'art de situer l'action en quelques mots et de nous embarquer immédiatement dans un cadre en apparence réaliste qui va bientôt basculer dans l'inconnu et l'incontrôlable.
    Dans Le Rêve de l'escalier, un curieux narrateur-personnage nous dévoile sa méthode de production des rêves. Il nous emmène chez le joailler M. Minervini pour nous faire une démonstration : il l'appelle, fait du bruit, l'attire dans les escaliers pour en faire ensuite disparaître les marches une à une... Bref, le récit diabolique d'un cauchemar de plus en plus angoissant, orchestré par une sorte de mauvais génie « très demandé » dans son milieu.
    L'éléphantiasis : un procédé révolutionnaire, nouvel assemblage de molécules, permet de produire de nouveaux matériaux synthétiques, résistants et malléables à la fois, s'adaptant aux besoins de chacun. Mais cette découverte ne va pas sans quelques problèmes... de taille.
    « Imaginez qu'une poupée d'enfant croisse sans mesure, et atteigne la stature d'un éléphant. Et dans la même proportion gonflent les chaises, la télévision, le frigo, les châssis des fenêtres, la cabine de l'ascenseur. »
    Dans Les Vieux clandestins : des lunettes magiques permettent de s'adonner à un passe-temps macabre : elles permettent de voir ceux qui vont mourir à courte échéance.
    « Mais ce sont tous des vieux clandestins, invisibles, indéchiffrables, ignorants de leur sort... Des cryptovieux. Personne ne sait les reconnaître. »
    Crescendo : cette nouvelle repose sur le procédé littéraire de l'amplification, qui consiste à reprendre successivement la même histoire en la développant et en l'enrichissant, voire en lui donnant un sens nouveau. C'est ainsi que d'une histoire banale – Annie Motleri entend frapper à la porte et va accueillir un vieil ami notaire -, l'auteur imagine d'autres fragments à tonalité policière, ou plus ou moins réaliste, pour sombrer ensuite dans l'horreur et le fantastique.
    Le papillon : le sous-secrétaire à l'Ordre Public, surnommé « Le Grand bourreau » est sur le point d'être agressé par deux malfrats. Il formule alors le souhait d'échanger sa place avec une chauve-souris qu'il vient d'apercevoir dans le ciel. Devenu chauve-souris, il tente de se faire une place sans succès parmi ses nouveaux congénères. Au matin, il décide qu'il vaut mieux être un papillon mais c'est alors que...
    Mosaïque : une nouvelle originale, une juxtaposition de petits éclats de vie, sans rapport les uns avec les autres. Pensées des uns, tranches de vie des autres, dont le fantastique et le cynisme ne sont évidemment pas exclus.

    Vergetures du temps : diverses anecdotes où présent et passé s'entrecroisent l'espace d'un instant...
    Le sommet de la vague : il s'agit d'une représentation symbolique et musicale de la vie qui accorde arbitrairement la gloire à un homme avant de la lui reprendre brutalement. le destin est figuré sous les traits d'un orchestre installé à bord d'un grand radeau tandis que la foule des hommes, au rythme de la musique, tente d'atteindre le sommet de cette vague qui promet gloire, richesse et bonheur éphémères.
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    • Livres 5.00/5
    Par Marc21, le 19 juin 2011

    Marc21
    Un livre que je lis et relis sans me lasser. de la magie, de l'humanité, la mort le rêve dans des descriptions qui basculent vers l'absurde.
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    • Livres 4.00/5
    Par wictoria, le 02 juin 2010

    wictoria
    25 Nouvelles fantastiques qui parlent des rêves, des illusions, du temps qui passe, du temps qui se casse, un peu de magie, beaucoup de folie...
    Lire la suite :

    Lien : http://monbiblioblog.blogspot.com/2010/06/le-reve-de-lescalier.html
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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 02 juin 2010

    Au clair de lune, qui transforme les pauvres apparences du jour en un paradis où il serait beau de naufrager à jamais, les choses du premier âge, restées intactes tandis que nous nous précipitons au fond du puits de la vie, elles aussi cherchent à me parler.
    (Clair de lune)
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  • Par lanard, le 03 avril 2011

    Cela fait vraiment impression d'entendre encore des cris d'alarme, des déplorations, des avertissements sentis contre l'usage des drogues. Il y a des gens bien obstinés. Comment fait-on à fermer les yeux en face de l'irrésistible progrès des choses? Les anciennes lois suscitent désormais l'incrédulité et la pitié; l'interdiction de la vente et même de la consommation de la cocaïne, de l'héroïne, du haschish, du LSD, de la marijuana, du peyotl, et caetera! Aux mentalités d'alors peut-être cela semblait-il logique et juste.
    Mais l'humanité couvait aux obscures instances, qui devaient faire irruption victorieusement. la nature elle-même venait à leur rencontre.
    Un premier indice fut la constatation que la simple peau de banane, convenablement préparée, pouvait produire des sensations délicieuses. D'année en année les expérimentateurs ouvrirent de nouveaux horizons sans violer le code. Une succession de glorieuses découvertes: les pommes de terre bouillies, ingérées dans l'obscurité complète, procuraient des visions dionysiaques; des effets aussi intenses étaient obtenus avec l'infusion de vieux dictionnaires mélangés à l'huile de gentiane, ou par l'audition à l'envers de musiques de Wagner, ou en pétrissant des meringues et de la salive de chien boxer. Il y eut ensuite la mode de la gymnastique psychédélique, plutôt fatiguante il faut l'avouer, mais très efficace.
    Et nous voici aux plus récentes conquêtes. L'atmosphère qui entoure le globe terraqué est un stupéfiant, il suffit de l'introduire dans les poumons et de la rejeter selon un rythme particulier qui s'apprend très facilement.
    Il y a mieux. La vie elle-même - c'est le dernier cri - le simple fait d'exister est une drogue très puissante, il ne s'agit que de ne s'y opposer en rien, de se laisser aller. Et on s'enfonce dans un délire paradisiaque.

    extrait de Délices modernes
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  • Par LecottagedeMyrtille, le 28 mars 2012

    Imaginez qu'une poupée d'enfant croisse sans mesure, et atteigne la stature d'un éléphant. Et dans la même proportion gonflent les chaises, la télévision, le frigo, les châssis des fenêtres, la cabine de l'ascenseur.
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  • Par LecottagedeMyrtille, le 28 mars 2012

    Le temps, on le sait, est irréversible. Et pourtant, de même que le cours fatal des fleuves permet çà et là des bouillonnements, des tourbillons, des contre-courants qui pourraient presque faire croire à des exceptions à la loi de la pesanteur, de même, sur la peau démesurée du temps se produisent parfois de petites crevasses, des verrues, des vergetures, qui pour de brefs instants nous laissent suspendus dans une dimension arcane, aux extrêmes confins de l'existence. 
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  • Par LecottagedeMyrtille, le 28 mars 2012

    Le gouffre sous leurs pieds, l'abîme écumeux, la vitesse épouvantable du temps. Ils n'ont pas même pas le temps de se retourner, les enfants gâtés de la fortune, ni d'appeler au secours, d'essayer de résister. L'heureux sommet a la durée d'un soupir. Déjà ils descendent. Ils tombent. Disparus dans la fosse. Oubliés. Ils n'ont jamais existé. Le néant. Le silence.
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