ISBN : 2266149849
Éditeur : Pocket (2004)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 220 notes) Ajouter à mes livres
Les rêves de gloire du jeune officier Giovanni Drogo s'arrêtent brusquement au fort Bastiani, dernière sentinelle d'une "frontière morte". Que faire ? Rester et taire les tentations de la jeunesse, ou partir et avouer sa faiblesse devant l'é... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 20 décembre 2009

    Bunee
    Fraîchement sorti de l'académie militaire, le jeune lieutenant Drogo est affecté au Fort Bastiani, une bastille frontalière isolée dans la montagne, où vit toute une garnison. Au Nord une plaine désertique où l'on scrute, inquiet, l'horizon. Dans l'attente de l'ennemi. Des tartares.
    Il a 20 ans, le torse bombé par l'espoir et l'ambition, la vie entière s'offre à lui, avec ses promesses de grandeurs et de gloire.
    L'arrivée à Bastiani le fait déchanter. Une seule envie en arrivant: repartir. le fort est en fait une bastide austère et modeste, curieusement fascinante. Curieusement, quelques temps plus tard, lorsque l'occasion se présentera de partir, il ne la saisira pas, comme captivé par cette endroit et cette atmosphere si particulière.
    Il se dit qu'il a tout le temp, qu'à son âge il trouvera d'autres occasions de repartir en ville et d'y mener une brillante carrière d'officier.
    Le temps passe, lent, très lent, rythmé par l'attente de l'ennemi, les fausses alertes, les parties de cartes et les tours de garde. Et Drogo est pris au piège - celui du temps et celui du fort. Il ne voit pas que le temps file à toute vitesse et que comme beaucoup d'autres, il passera des décennies ici.
    Et cet ennemi, pour lequel il est resté, et dont l'attente le fait littéralement vivre, espérer, qui ne vient toujours pas !
    Jusqu'à la chute, dramatique, et teintant l'ensemble de l'existence de Drogo d'une absurdité au sens littéral du terme: déplacé, privé de sens. Comme le manteau de dandy qu'il ressort à certaines occasions.
    Tout se rattache au temps qui passe. Pensez vous aussi au rivage des Syrtes?
    Ce roman a de multiples sens de lecture et d'analogies possibles (finalement les tartares ne symbolisent-ils pas la mort dont l'attente donne à l'existence tout son sens?) le rythme du récit, très lent, reflète à merveille la façon dont le temps est subi par Drogo (notion de "présent perpétuel" et interminable). L'attente de l'ennemi, son invisibilité, évoque énormément La Forteresse de Robert Hasz (qui a néanmoins une dimension plus kafkaienne), ainsi qu'Au Diable Vauvert de Zamiatine (qui est moins existentialiste)
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 19 août 2008

    annie
    En savoir plus sur Dino Buzzati :
    Dino Buzzati, né le 16 octobre 1906 à Belluno, dans la région de la Vénétie, et décédé le 28 janvier 1972 à Milan d'un cancer, est un journaliste et un écrivain italien dont l'œuvre la plus célèbre est le roman intitulé Le désert des tartares.
    Dino Buzzati, de son vrai nom Dino Buzzati Traverso, est le deuxième d'une famille de quatre enfants.
    Pour répondre au souhait de son père, professeur de droit, il entreprend des études de droit.
    Après son service militaire, partiellement en école d'officiers, il entre en 1928 comme stagiaire à la rédaction du grand quotidien de Milan le Corriere della Sera. Il y reste comme journaliste jusqu'à sa mort, excepté pendant la Seconde Guerre mondiale, où il sert comme officier dans la marine italienne puis comme correspondant de guerre en Afrique du Nord et en Sicile.
    Parallèlement à sa carrière professionnelle Dino Buzzati s'essaie à différentes formes d'arts comme la peinture, la gravure ou la création de décors pour la scène.
    C'est cependant son abondante œuvre littéraire qui retient l'attention par sa variété : du Théâtre (Un Cas intéressant traduit en français par Albert Camus en 1956) aux recueils de Nouvelles, comme Le k (en italien : Il Colombre - 1966), en passant par les contes et les romans pour la jeunesse (par exemple La Fameuse Invasion de la Sicile par les ours) jusqu'aux romans, dont le plus abouti et le plus célèbre est Le désert des tartares, publié en italien en 1940, qui se révèle une allégorie puissante de la condition humaine.
    Dino Buzzati meurt d'un cancer à Milan, en 1972.
    Les thèmes principaux de ses Nouvelles sont les attitudes adoptées face à la vie, face à la mort.
    Ses Nouvelles soulèvent de nombreuses interrogations sur l'humain dans la modernité à travers des histoires courtes, parfois drôles, parfois tragiques, mais qui offrent souvent un message assez clair pour qui veut y attacher un peu d'attention.
    Deux de ses romans retiennent particulièrement l'attention :
    Un amour (1963), qui décrit la passion dévorante d'un quadragénaire (ou quinquagénaire?) pour une jeune prostituée, et ses tourments savamment entretenus par elle, ainsi que par son caractère propre (la nouvelle Iago dans Le k procède il est vrai d'une inspiration analogue).
    Et surtout Le désert des tartares (1949 en traduction française) : ce roman traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec dans le cadre d'un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire dont le privera la maladie.
    L'œuvre littéraire de Dino Buzzati renvoie pour une part à l'influence de Kafka par l'esprit de dérision et l'expression de l'impuissance humaine face au labyrinthe d'un monde incompréhensible mais aussi au Surréalisme, comme dans ses contes où la connotation onirique est très présente.
    Le plus convaincant des rapprochements est cependant sans doute à rechercher du côté du courant existentialiste des années 1940-1950 et de Jean-Paul Sartre avec La Nausée (1938) ou d'Albert Camus avec L'étranger (1942), pour ne citer que des œuvres majeures contemporaines du Désert des Tartares.
    Par ailleurs ce roman, qui a œuvré à la notoriété de l'auteur et a connu un succès mondial, n'est pas dénué de rapport dans sa description d'un « présent perpétuel et interminable » avec deux autres grands classiques : Les Choses, de Georges Perec et La Montagne magique de Thomas Mann.
    Bizarrement, Buzzati n'a jamais accepté d'être considéré comme un écrivain. Il se définissait comme un simple journaliste écrivant de temps en temps des Nouvelles, auxquelles il ne trouvait pas de grande valeur. le jugement de la postérité, et même de ses contemporains, l'a largement contredit sur ce point.
    Note :
    Encore un livre que j'ai particulièrement aimé.
    Noté également le lien vers les poches, pour en lire d'autres à l'occasion.
    *
    Voir autres titres en poche : http://www.livrenpoche.com/auteur-8363.html
    *
    voir article intéressant :
    http://www.alalettre.com/international/buzzati-intro.htm
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par johaylex, le 19 novembre 2011

    johaylex
    Avec "Le Désert des Tartares", son 1er roman, Dino Buzzatti livre un texte simple, angoissant et, en définitive, puissant sur la condition humaine.
    "Il ne se passe rien" m'avait dit mon père en me parlant de l'adaptation de ce roman en film. Et pourtant, la violence des métaphores hurle leur signification.
    Dès les premiers chapitres, l'opposition entre l'immensité des paysages décrits et la petitesse du personnage, montre l'abandon de l'homme dans le Monde.
    Avec les chapitres suivants qui étirent le temps, le vident et ne le décrivent jamais rempli, l'homme se retrouve perdu au long de sa vie.
    Pire, le désert qui, géographiquement immense, semble réduit à une ligne, à un espace invisible, vibre de paradoxes puisque les évènements tendent à le réduire de plus en plus.
    Jamais la mort n'avait été si belle allégorie, jamais la vie n'avait été décrite dans toute son absurdité apparente.
    Angoissant mais indispensable.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 19 août 2008

    annie
    souvenir de lecture... encore un...
    roman italien - une allégorie puissante de la condition humaine.
    *
    Le roman traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec dans le cadre d'un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire dont le privera la maladie.
    En effet après une longue carrière ritualisée par les activités routinières de la garnison du vieux fort Bastiani, il voit se préciser enfin l'attaque des Tartares dont l'existence apparaissait de plus en plus mythique ; mais évacué pour des raisons médicales, Drogo ne peut participer au combat et se rend compte, au seuil de sa mort, que son seul adversaire n'est pas les Tartares, mais la mort.
    Ainsi, il se rend compte que les Tartares n'étaient qu'un divertissement, une occupation, qui lui permettait d'oublier la mort, lui qui en avait extrêmement peur.

    Cette oeuvre est, avant tout, un procès au temps.
    Tout le roman est axé sur la fuite du temps.
    On peut tout rattacher à ce thème. Par exemple, le découpage du livre en trente chapitres courts et de même taille donne l'illusion d'une régularité dans l'avancée du roman.
    De même, les habitants du fort sont des malades du temps.
    C'est-à-dire qu'ils font partie des malchanceux qui, selon Buzzati, sont soumis à une terrible conscience du temps qui passe et de la mort qui approche.
    Ainsi, les deux groupes, les civils contre les militaires, sont deux groupes que tout tend à éloigner.
    Dès le chapitre 1, Drogo et son ami se séparent et ne se reparleront plus, dans l'avenir, comme avant. De même, ils ne veulent aller au château que pour la gloire, mais quand ils y arrivent, ils veulent en repartir avant de ne pouvoir et vouloir le quitter, ce qui montre leur attachement à leur déshumanisation :
    en faisant toujours les mêmes tâches (ce qui transforme le temps qui passe en un présent perpétuel, Drogo est très surpris le jour où il découvre qu'il est un vieillard et qu'il n'a rien fait de sa vie);
    en voyant toujours les mêmes personnes (ce qui aboutit à un mode de vie très sécurisant), ils ne pensent plus à la mort et ont donc gagné leur pari.
    Ces soldats, qui ont donc très peur de la mort, ont l'espoir de participer à un grand évènement, c'est-à-dire triompher des Tartares, ce qui leur permettrait d'être éternels, la postérité les retenant.
    Le règlement absurde du fort leur permet d'occuper leur esprit. La plaine, toujours remplie de brouillard, est favorable à leur imagination, au rêve, à l'espoir.
    L'interdiction d'instruments optiques pour scruter la plaine peut être perçue pour maintenir le mystère.
    Enfin, la construction de la route peut être perçue comme une métaphore de la vie : la vie se construit, et quand l'ennemi, à savoir la mort, attaque, il n'y a rien à faire face à cette force surhumaine. Les habitants sont vaincus par les Tartares, donc par la mort.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 juillet 2009

    LiliGalipette
    Roman de Dino Buzzati.
    Giovanni Drogo est nouvellement sorti de l'école des officiers. Sa première affectation est au fort Bastiani, à la frontière nord du pays. Ambitieux, Drogo refuse d'enterrer sa jeunesse et sa carrière dans ce bastion reculé, face à un désert immobile. Mais les années passent, et Drogo reste. Devenu capitaine, et comme tant d'autres avant lui, Drogo attend la guerre, convaincu que l'ennemi viendra du Nord, et que le fort Bastiani sera le théâtre d'affrontements glorieux. Mais rien jamais ne se passe, sauf quelques incidents et fausses alertes. Néanmoins, Giovanni Drogo se tient prêt, plein d'espoir, tendu dans l'attente de moments sublimes qui justifieront son existence sacrifiée au fort Bastiani et au désert des Tartares.
    D'abord inquiète à la lecture des premières pages, j'ai été séduite par la narration lente et désabusée. le caractère du héros se dessine lentement, se détache et s'impose, magnifique, héros du néant. J'ai retrouvé dans ce texte certains échos du Rivages des Syrtes de Julien Graqc.
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Citations et extraits

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  • Par Persepolis, le 08 février 2012

    - Un désert?
    - Un désert effectivement, des pierres et de la terre desséchée, on l'appelle le désert des Tartares.
    - Pourquoi "des Tartares"? demanda Drogo. Il y avait donc des Tartares?
    - Autrfois, je crois. Mais c'est surtout une légende. Personne ne doit être passé par là, même durant les guerres de jadis.
    - De sorte que le fort n'a jamais servi à rien?
    - A rien, dit le capitaine.
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  • Par Persepolis, le 08 février 2012

    Ce fut un matin de septembre que Giovanni Drogo, qui venait d'être promu officier, quitta la ville pour se rendre au fort Bastiani, sa première affectation. [...]
    C'était là le jour qu'il attendait depuis des années, le commencement de sa vraie vie.
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  • Par JLM56, le 31 janvier 2012

    Le desert des tartares et giovanni droggo m'accompagnent encore et toujours dans le souvenir de mes lectures les plus fortes
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  • Par Blur, le 17 juin 2010

    Il parut à Drogo que la fuite du temps s'était arrêtée. C'était comme si un charme venait d'être rompu. Les derniers temps, le tourbillon s'était fait toujours plus intense, puis, brusquement, plus rien, le monde stagnait dans une apathie horizontale et les horloges fonctionnaient inutilement.
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  • Par pile, le 27 août 2011

    Jusqu’alors, il avait avancé avec l’insouciance de la première jeunesse, sur une route qui, quand on est enfant, semble infinie, où les années s’écoulent lentes et légères, si bien que nul ne s’aperçoit de leur fuite. On chemine placidement, regardant avec curiosité autour de soi, il n’y a vraiment pas besoin de se hâter, derrière vous personne ne vous presse, et personne ne vous attend, vos camarades aussi avancent sans soucis, s’arrêtant souvent pour jouer. Du seuil de leurs maisons, les grandes personnes vous font des signes amicaux et vous montrent l’horizon avec des sourires complices ; de la sorte, le cœur commence à palpiter de désirs héroïques et tendres, on goûte l’espérance des choses merveilleuses qui vous attendent un peu plus loin ; on ne les voit pas encore, non, mais il est sûr, absolument sûr qu’un jour on les atteindra.

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