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ISBN : 2070382273
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 4.11/5 (sur 99 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
... Elle ouvre la porte. Éteint la lumière derrière elle. Elle reste sans bouger, dans l'encadrement, présentée, offerte... les cheveux noirs coulants, déployés autour de sa tête, sur les épaules découvertes dans la robe à grands ramages qui glisse le long de son corps,... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Bruno_Cm, le 19 septembre 2014

    Bruno_Cm
    Un écrivain en germe, un gigolo actif, un cerveau aigu et aiguisé sur ce qui l'entoure, et La Faim, au sens premier et au sens dernier.
    Un livre très puissant, une écriture déliée, en saccades, en points et contrepoints, crue aussi mais tellement parlante.
    Une claque, quand même. Oui. Ca claque. Et les apprentis ou futurs écrivains feraient bien de prendre de la graine de ce germe-là.
    Sinon, prenez Bukwoski, un peu de Knut Hamsun et certaines pages de Joyce et vous pourriez bien décrocher un Calaferte. Je ne peux parler que de ce que je connais et donc peut-être ne serez-vous pas d'accord. Dans ce cas, allez vous faire foutre, naaaan, j'déconne. Enfin au moins un peu.
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    • Livres 5.00/5
    Par moertzombreur, le 12 septembre 2014

    moertzombreur
    "Au commencement était le sexe".
    Il y eu d'abord deux romans : Requiem des innocents et Partage des vivants, puis Septentrion. Rien qu'avec ces titres on capte différents aspects de ce dernier : violence et poésie, émotion et crudité. Calaferte a écrit un livre marquant, unique, comme le fut en son temps le Voyage au bout de la nuit de Céline. le livre est autobiographique, il revient sur ses années d'errance où il commença à se confronter au travail de l'écrivain. Son écriture est limpide, d'une pureté, d'autant plus choquante quand il parle de sexe ; elle est aussi ciselée, faites de phrases très courtes, comme en syncope, et qui démontre un conflit permanent avec la société, sur laquelle, ces traits brefs et rapides, sont autant de crachats bien ajustés. L'écrivain est un homme qui réclame sa liberté à tout prix, refusant de rester là où on aurait voulu qu'il soit : à l'usine où il se sent exploité depuis l'adolescence. Et cette envie qui le ronge et le pousse à écrire un livre est comme une faim insatiable, aussi forte que sa revendication à pouvoir penser librement, refuser ce que d'aucun éprouve comme allant de soi, et enfin pouvoir librement baiser. Son écriture est
    une déflagration (terme employé par Jean-Pierre Pauty pour le tire de sa biographie). Romancier, poète, dramaturge, essayiste, il a tenu aussi un journal, sous le titre des Carnets (16 volumes!), il ne faut pas perdre de vue que Septentrion, malgré son style et sa force, ne nous donne à lire qu'un aspect d'une oeuvre immense et prolifique, malheureusement encore trop peu connu. Je ne suis pas certain qu'il ait été véritablement censuré en 1963, plutôt retiré de la vente suite à une condamnation pour pornographie (l'éditeur de l'époque n'ayant peut-être pas voulu le réimprimer
    suite au scandale suscité), il aura fallu attendre 1984 pour qu'un éditeur ait le courage de la rééditer chez Denoël. Si quelqu'un connaît le fin mot de cette sombre histoire...
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    • Livres 5.00/5
    Par benrheinaue, le 24 octobre 2012

    benrheinaue
    Petit détour par ce qui devrait être, un incontournable de la Littérature, la Grande. Louis Calaferte (1928-1994) est un écrivain français né en Italie, hélas, beaucoup trop méconnu de nos contemporains (l'était-il seulement des siens ?). Il est l'auteur de ce livre sulfureux, Septentrion, publié en 1963, mais rapidement retiré de la vente, car tari de roman pornographique. Censuré en pleine période de « libération des mœurs », il faudra attendre plus de 20 ans pour que Denoel le réédite, en 1984.
    La première question : comment un conglomérat de prête-noms gouvernementaux-littéraires, a t-il pu passer à côté d'un tel chef d'œuvre, pendant plus de deux décennies, ne s'arrêtant qu'aux mots « foutre », « con » (au sens vaginal du terme), ou « salope » ? Une faute de goût, au mieux, une faute professionnelle, au pire, au même titre que l'interdiction des Fleurs du mal par exemple. Et les mots sont bien pesés, car dans la tumultueuse histoire du roman français au XXème siècle, il y a deux Louis : Céline, et Calaferte. Dans sa composition, Septentrion pourrait faire penser au Voyage ; une œuvre fleuve, dans laquelle le personnage principal se laisse emporté au gré de ses pulsions, pour un livre qui semble écrit d'une traite, grâce à une plume qui coule sans jamais tomber dans la dissonance. Et quel style ! Une pure merveille. Chaque phrase vous collera une bonne gifle littéraire en pleine figure, et vous fera oublier très vite toutes les mauvaises choses que vos pauvres yeux auront pu ingurgiter jusqu'à présent. Dire que c'est méticuleux est un euphémisme, Septentrion est rédigé dans de la soie, chaque mot recèle du luxe verbal.
    Le roman, probablement autobiographique, tourne autour des questionnements de l'écrivain, mais surtout d'une femme : la belle et nymphomane Nora van Hoecke, rentière hollandaise, dont le narrateur s'évertue à combler les pulsions perpétuelles et inassouvissables, en contrepartie de l'argent qu'elle lui donne, et de la vie luxueuse qu'elle lui offre. Elle lui permet de bien manger, de (bien) baiser, et d'aller à l'opéra, choses que ce narrateur fauché n'a jamais pu s'offrir, lui qui s'enfermait dans les toilettes de son usine de piles, pour déguster des livres. Cependant, il tombe dans un paradoxe, car cette orgie de bien-être matérialiste l'empêche d'écrire. Trait important du livre, la relation que le narrateur entretient avec la religion. Sans cesse entrain de s'adresser à Dieu, l'implorant, l'insultant, blasphémant, il paraît délaissé, et semble agir comme un enfant qui n'aurait pas reçu assez d'amour, et qui ferait tout pour provoquer ses parents. Cette dimension est sans nul doute un élément central de ce bijou romanesque, un cri d'appel à Dieu, de la plus charnelle des manières.
    Pour ne citer que Philippe Sollers : « Ne pas avoir lu ou ne pas lire sur-le-champ Septentrion est foncièrement immoral »

    Lien : http://luvuentendudotcom.wordpress.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par m75000, le 13 juillet 2011

    m75000
    j'ai été halluciné à la lecture de ce livre , par les descriptions sensuelles et sexuelles que fait Calaferte , avec une richesse de vocabulaire et d'images assez extraordinaires et qui donneraient presque l'envie d'être hétérosexuel ...

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    • Livres 4.00/5
    Par JimmyCz, le 04 mars 2014

    JimmyCz
    Septentrion est un excellentissime récit, plein de vie avec un rythme que j'ai particulièrement aimé. En effet j'ai ressenti une écriture par saccade presque musicale tant le jeu des phrases courtes et des phrases longues est harmonieux. Les descriptions de situations ou de lieux sont riches mais pas exagérées et laissent la part belle aux pensées de l'auteur qui possède un cynisme assez jubilatoire.
    Pour ce qui est du côté "hot" du roman je ne l'ai pas trouvé choquant mais comme je le disais quand on a lu Sade on est peu choqué par le reste. Ce qui est surprenant c'est que le rythme du récit varie selon la situation sexuelle décrite. Rapide et saccadé quand la situation s'enflamme ou lascif et lent quand la situation est plus érotique que sexuelle. C'est du moins l'impression que ca m'a laissé et c'est je pense pour cela que cela peut paraître choquant. un sentiment d'intimité s'empare de nous et l'on se pense concerné par la situation à cause du rythme imposé qui nous accompagne.
    Le style est magnifique, clair mi-courant-mi familier par endroits, soutenu et presque poétique dans d'autres. Cela fait du bien une telle richesse de vocabulaire.
    Un excellent livre qu'il serait dommage de louper
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Citations et extraits

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  • Par Bruno_Cm, le 19 septembre 2014

    Pourquoi à cette époque ne parvenais-je pas à me tirer de cette torpeur intérieure qui agit sur l'esprit à la façon d'un anesthésiant ? Des années durant que je menais la lutte, frôlant le fond de quelque chose qui devait ressembler aux dernières secondes de résistance avant l'agonie. Entre la volonté de vivre et l'obligation de mourir. Chute pleine d'abandon. Un trait sur l'ambition de s'exprimer. Renoncer. Se reconnaître pour nul et tâcher ainsi de vivre en paix si on le peut. Ce que vous désireriez se situe tellement au-delà de ce que peuvent imaginer même ceux qui seraient tout disposés à vous encourager. Personne ne vous accompagnera jusqu'à ces hauteurs déroutantes où ne règne qu'une solitude transie. Qu'étais-je de plus que les autres ? La somme inexprimable de ténacité cruelle, impitoyable envers soi, qu'implique ce tour de force de devenir créateur. Après tout, écrire n'est rien d'autre que s'avouer malheureux. Il serait si commode de ne jamais ruer dans les brancards.
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  • Par Bruno_Cm, le 19 septembre 2014

    Vivre. Etre la vie. Se saisir du monde, comme d'un bien personnel, et en jouir, librement. Se dépouiller, se gonfler, s'épuiser de vie et arriver nu jusqu'à Dieu. Dieu qui n'est peut-être que l'extrémité de soi Se présenter les mains vides, volontairement pauvre, mais l'âme plongée dans un ravissement de joie.

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  • Par Bruno_Cm, le 18 septembre 2014

    Je sais qu'à dater du jour où j'aurais eu la force de m'emparer de ce malheureux bout de crayon, ce ne seront pas des notes éparses, mais des milliards de mots qui jailliront de moi, coeur révolté du volcan en déroute. Je ne cesserai plus de m'épancher. Larmes intarissables destinées, si peu que ce soit, à irriguer la corne sèche qui se ratatine derrière les fronts têtus des buffles, mes semblables, que je côtoie ordinairement. Le seul doute qui me retienne encore est d'ordre subjectif : saurais-je parler le langage buffle ? Oui, sans doute, si j'accomplis ce miracle de m'enfouir dans les labyrinthes du moi ancestral où tous les langages se confondent en un seul cri syncopé. Se frayer un chemin dans cette nuit orageuse, frémissante du ululement des morts, ne doit pas être entreprise commode, c'est tout ce que je peux dire.
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  • Par Bruno_Cm, le 19 septembre 2014

    Ce qu'un solitaire évite reçoit déjà son nom de la rencontre de trois chemins : la trivialité ; alors, combien plus triviale encore doit être la rencontre de huit chemins ? (Kierkegaard)

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  • Par Bruno_Cm, le 18 septembre 2014

    Curieux comme vont les choses. Pour peu que la chance s'en mêle, et c'était le cas, plus n'est besoin de vous tourner les sangs, tous les problèmes de l'heure se présentent accompagnés du modèle type de leur solution au bas de la page. Suffit de vous conformer aux prescriptions, et si jamais elles ne vous conviennent pas, il y en a encore des tas de rechange. Présent des dieux, en un mot. Ce que je comparerais au voyage en sleeping dans le ventre de la baleine.
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Videos de Louis Calaferte

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Vidéo de Louis Calaferte

La grande librairie 20/12/2012 sur France 5 de François Busnel, émission spéciale lecture à l'opéra comique
Jean Rochefort lit Calaferte. Une tonalité plus sombre et émouvante pour cette lecture sur la réquisition des chevaux pour l'armée durant la Deuxième Guerre mondiale








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