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ISBN : 2070382273
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 4.05/5 (sur 73 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
... Elle ouvre la porte. Éteint la lumière derrière elle. Elle reste sans bouger, dans l'encadrement, présentée, offerte... les cheveux noirs coulants, déployés autour de sa tête, sur les épaules découvertes dans la robe à grands ramages qui glisse le long de son corps,... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 5.00/5
    Par benrheinaue, le 24 octobre 2012

    benrheinaue
    Petit détour par ce qui devrait être, un incontournable de la Littérature, la Grande. Louis Calaferte (1928-1994) est un écrivain français né en Italie, hélas, beaucoup trop méconnu de nos contemporains (l'était-il seulement des siens ?). Il est l'auteur de ce livre sulfureux, Septentrion, publié en 1963, mais rapidement retiré de la vente, car tari de roman pornographique. Censuré en pleine période de « libération des mœurs », il faudra attendre plus de 20 ans pour que Denoel le réédite, en 1984.
    La première question : comment un conglomérat de prête-noms gouvernementaux-littéraires, a t-il pu passer à côté d'un tel chef d'œuvre, pendant plus de deux décennies, ne s'arrêtant qu'aux mots « foutre », « con » (au sens vaginal du terme), ou « salope » ? Une faute de goût, au mieux, une faute professionnelle, au pire, au même titre que l'interdiction des Fleurs du mal par exemple. Et les mots sont bien pesés, car dans la tumultueuse histoire du roman français au XXème siècle, il y a deux Louis : Céline, et Calaferte. Dans sa composition, Septentrion pourrait faire penser au Voyage ; une œuvre fleuve, dans laquelle le personnage principal se laisse emporté au gré de ses pulsions, pour un livre qui semble écrit d'une traite, grâce à une plume qui coule sans jamais tomber dans la dissonance. Et quel style ! Une pure merveille. Chaque phrase vous collera une bonne gifle littéraire en pleine figure, et vous fera oublier très vite toutes les mauvaises choses que vos pauvres yeux auront pu ingurgiter jusqu'à présent. Dire que c'est méticuleux est un euphémisme, Septentrion est rédigé dans de la soie, chaque mot recèle du luxe verbal.
    Le roman, probablement autobiographique, tourne autour des questionnements de l'écrivain, mais surtout d'une femme : la belle et nymphomane Nora van Hoecke, rentière hollandaise, dont le narrateur s'évertue à combler les pulsions perpétuelles et inassouvissables, en contrepartie de l'argent qu'elle lui donne, et de la vie luxueuse qu'elle lui offre. Elle lui permet de bien manger, de (bien) baiser, et d'aller à l'opéra, choses que ce narrateur fauché n'a jamais pu s'offrir, lui qui s'enfermait dans les toilettes de son usine de piles, pour déguster des livres. Cependant, il tombe dans un paradoxe, car cette orgie de bien-être matérialiste l'empêche d'écrire. Trait important du livre, la relation que le narrateur entretient avec la religion. Sans cesse entrain de s'adresser à Dieu, l'implorant, l'insultant, blasphémant, il paraît délaissé, et semble agir comme un enfant qui n'aurait pas reçu assez d'amour, et qui ferait tout pour provoquer ses parents. Cette dimension est sans nul doute un élément central de ce bijou romanesque, un cri d'appel à Dieu, de la plus charnelle des manières.
    Pour ne citer que Philippe Sollers : « Ne pas avoir lu ou ne pas lire sur-le-champ Septentrion est foncièrement immoral »

    Lien : http://luvuentendudotcom.wordpress.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par m75000, le 13 juillet 2011

    m75000
    j'ai été halluciné à la lecture de ce livre , par les descriptions sensuelles et sexuelles que fait Calaferte , avec une richesse de vocabulaire et d'images assez extraordinaires et qui donneraient presque l'envie d'être hétérosexuel ...

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Citations et extraits

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  • Par Babel, le 22 septembre 2009

    Ne bougez plus d'un poil, ladies and gentlemen! C'est la minute! L'instant fatal! La fin promise! Les cavaliers déboulent l'avenue, chevaux écumants, brandissant le drapeau noir dans une tourmente de meurtres accumulés sur leur passage. Un gnome femelle, rabougri, va se camper en place publique, nu, accroupi, hurlant devant la foule terrorisée, les cuisses écartelées, obscène, le regard dilaté, tout entier recroquevillé sur le trou distendu de son sexe en gésine tenu au ras le sol, accouchant, déchiré, du long corps révulsé de l'Antéchrist prêchant aux hommes rassemblés, immobiles de stupeur, la révolte et la haine des jours derniers. Viendra la morsure de cette pluie de sel et de feu. Plaie noire de l'anéantissement. Dans la pesanteur étalée du silence, une fois le brasier apaisé, se soulèvera d'entre les morts un couple sans mémoire, épargné, hôtes fantomatiques de ces lieux arides, hébétés, gémissants, ne reconnaissant pas encore la délivrance de cette pauvreté sainte du dépouillement. Un couple écrasé de peur primitive, se rapprochant craintivement l'un de l'autre, joignant leurs corps brulés et retrouvant la raison simple des gestes de la tendresse dans cette nouvelle sépulture de vie. Trop tard pour vous en tirer par une grimace de piété hypocrite! Vive Dieu et bénis soient les testicules du Saint-Père!
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  • Par nadejda, le 23 novembre 2010

    Les livres me donnaient confiance. Ils représentaient une force sûre, un secours permanent. Toujours réceptif un livre ! A la première lecture on a laissé une marque à telle ou telle page, le coin plié, c'est le passage qui répondait à une préoccupation, un doute. Le dialogue est ininterrompu. D'autant plus vaste qu'on y ajoute tout ce qu'on veut. L'auteur n'a fait que poser les jalons indispensables. A vous de faire la tournée d'inspection.
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  • Par salimarhamna, le 31 mars 2011

    Pine et con sont souverains de la nuit. Majestés lubriques régnant sous la même couronne d’anthracite étincelant. La nuit est constellée non pas d’étoiles cristallines, mais de gouttes de foutre acérées. Paillettes coagulées au firmament noir d’un cosmos testiculaire. La nuit flambe en silence. Dans la rue quelques passants, femmes et hommes, qui cherchent, qui hument le sexe. S’avancent à pas lents dans la rigole gluante de l’abattoir, leurs semelles grasses de sang. Le sexe est le plus étrange apanage de la création. Hallucinant parce qu’il coule directement de la pensée.
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  • Par Malahide75, le 08 mai 2013

    Mon sang va se mêler au tien, mais je t'échappe, protégé, hors d'atteinte de ton appétit de possession. Cloisonné. Hors de portée derrière ce front si simple que rien ne peut trahir. Interroge. Supplie. Menace. Je peux mentir. Je peux mentir à l'infini. Mes yeux, ma voix, les mots, mes larmes mêmes, tout cela ment à l'infini et je t'échappe, libre dans n'importe quelle autre aventure, loin de cette petite fraction de temps terrestre où nous nous débattons, certains de notre don réciproque. Et tu restes là, toi, accrochée à moi de toutes tes forces, rejetées sans le savoir, sur une rive nue d'où tu appelles, confiante, rencontrant cet écho de ma voix qui te répond machinalement.
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  • Par nadejda, le 23 novembre 2010

    J'ai faim... Faim de Verbe, Faim de Vie. Vivre ma vie. Dans mon cas cela signifie : vivre pour interpréter la vie. Et parce qu'il y a Dieu, je suis un désespéré joyeux. Puiser la vie en moi et la faire jaillir sur le papier. Chaude. Rayonnante

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Videos de Louis Calaferte

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Vidéo de Louis Calaferte

La grande librairie 20/12/2012 sur France 5 de François Busnel, émission spéciale lecture à l'opéra comique
Jean Rochefort lit Calaferte. Une tonalité plus sombre et émouvante pour cette lecture sur la réquisition des chevaux pour l'armée durant la Deuxième Guerre mondiale








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