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ISBN : 2070382273
Éditeur : Gallimard

Note moyenne : 4.19/5 (sur 136 notes)
Résumé :
... Elle ouvre la porte. Éteint la lumière derrière elle. Elle reste sans bouger, dans l'encadrement, présentée, offerte... les cheveux noirs coulants, déployés autour de sa tête, sur les épaules découvertes dans la robe à grands ramages qui glisse le long de son corps, pelure de tissu soyeux presque de la couleur de sa peau bronze. Elle est belle... Elle attend. C'est un tel abandon, une telle offrande de sa présence que cela me trouble, me semble étrange, insensé,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
wellibus2
wellibus226 juin 2016
  • Livres 5.00/5
Ce livre est un brûlot écrit d'une plume acerbe et virtuose. Lire Calaferte, c'est un peu comme se prendre une grande claque dans la gueule. Chaque mot vous assomme, chaque phrase vous transperce, chaque image vous éblouit. Chaque ligne de ce bouquin est une oeuvre d'art à part entière où la poésie est omniprésente. Septentrion est le récit autobiographique de sa jeunesse passée à errer entre le travail en usine, ses relations passionnées et particulières avec Mlle van Hoeck, et les turpitudes de l'écriture. Marginal dans l'âme, il nous livre une vision de l'humanité peu reluisante, assez pessimiste. le sexe tient une grande place dans cet ouvrage qui s'est vu interdit à la publication pendant près de 20 ans avant que Denoël l'édite en 1984.
Lien : http://www.franck.pelissier...
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floyd2408
floyd240809 août 2015
  • Livres 5.00/5
« Au commencement était le Sexe.
Sauveur. Chargé d'immoralité. Il y a la Bête. Héroïque. Puissante. Et au-delà de la Bête il n'y a rien. Rien sinon Dieu lui-même. Magnifique et pesant. Avec son oeil de glace. Rond. Statique. Démesurément profond. Fixe jusqu'à l'hypnose. Tragique regard d'oiseau. Allumé et cruel. Impénétrable de détachement. Rivé sur l'infini d'où tout arrive ».
Je pénètre malgré moi une oeuvre incomparable de la littérature française longtemps mis de côté par puritanisme - cause pornographie- comme Les Fleurs du Mal de Baudelaire. Ce livre est une explosion des sens ou le sexe voltige avec douceur avec les émotions de l 'auteur et de son héros. ce corps à corps sensuel des mots s'enivrent de la puissance littéraire de Louis Calaferte perdu dans les humeurs de cet écrivain virtuel au prise avec ses fantasmes, ses peurs, ses doutes, ses folies, sa débauche, sa phobie du travail...Lire ce livre c 'est comme manger un pigment fort des îles. la sève puissante coule dans vos veines pour vous brûler les entrailles avec malice et diablerie, ce roman autobiographique s'enflamme de ces impudeurs, cette vision des femmes respirent celle d'un homme amoureux de la gente féminine surtout de leur chair, de leur plaisir, de leur désir , de cette envie de concupiscence ....l'acte d'amour ...le plaisir de la chair défendue ....
Mais la folie rencontre la peur d'écrire cette paralysie de ne pas pouvoir réussir,ce complexe des autres avec cette force d'attendre le bon moment d'écrire, de réaliser ce livre parfait, être dans la bonté des Dieux semant la grâce des mots et de l'inspiration.Nous voyageons dans l'univers d'un pique assiette allant ci et là d'ami de maitresse devenant gigolo aussi ...Cette première partie est un tel délice. une mélopée de mots, de petits noms donné à la maitresse de notre héros gigolo c 'est un régal acide, sarcastique, machiste, vulgaire,ordurier ....
C 'est un roman indispensable à littérature française.Louis Calaferte vit pour l'écriture, il est submergé par cette force incontrôlable littéraire, il vit que pour cette passion dévorante, il s'enrage avec violence et passion dans cette folie ou sa vie n'est que support pour devenir écrivain...
Pour finir je citerai Philippe Sollers : « Ne pas avoir lu ou ne pas lire sur-le-champ Septentrion est foncièrement immoral »
Alors aller lire Septentrion ....
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benrheinaue
benrheinaue24 octobre 2012
  • Livres 5.00/5
Petit détour par ce qui devrait être, un incontournable de la Littérature, la Grande. Louis Calaferte (1928-1994) est un écrivain français né en Italie, hélas, beaucoup trop méconnu de nos contemporains (l'était-il seulement des siens ?). Il est l'auteur de ce livre sulfureux, Septentrion, publié en 1963, mais rapidement retiré de la vente, car tari de roman pornographique. Censuré en pleine période de « libération des moeurs », il faudra attendre plus de 20 ans pour que Denoel le réédite, en 1984.
La première question : comment un conglomérat de prête-noms gouvernementaux-littéraires, a t-il pu passer à côté d'un tel chef d'oeuvre, pendant plus de deux décennies, ne s'arrêtant qu'aux mots « foutre », « con » (au sens vaginal du terme), ou « salope » ? Une faute de goût, au mieux, une faute professionnelle, au pire, au même titre que l'interdiction des Fleurs du mal par exemple. Et les mots sont bien pesés, car dans la tumultueuse histoire du roman français au XXème siècle, il y a deux Louis : Céline, et Calaferte. Dans sa composition, Septentrion pourrait faire penser au Voyage ; une oeuvre fleuve, dans laquelle le personnage principal se laisse emporté au gré de ses pulsions, pour un livre qui semble écrit d'une traite, grâce à une plume qui coule sans jamais tomber dans la dissonance. Et quel style ! Une pure merveille. Chaque phrase vous collera une bonne gifle littéraire en pleine figure, et vous fera oublier très vite toutes les mauvaises choses que vos pauvres yeux auront pu ingurgiter jusqu'à présent. Dire que c'est méticuleux est un euphémisme, Septentrion est rédigé dans de la soie, chaque mot recèle du luxe verbal.
Le roman, probablement autobiographique, tourne autour des questionnements de l'écrivain, mais surtout d'une femme : la belle et nymphomane Nora van Hoecke, rentière hollandaise, dont le narrateur s'évertue à combler les pulsions perpétuelles et inassouvissables, en contrepartie de l'argent qu'elle lui donne, et de la vie luxueuse qu'elle lui offre. Elle lui permet de bien manger, de (bien) baiser, et d'aller à l'opéra, choses que ce narrateur fauché n'a jamais pu s'offrir, lui qui s'enfermait dans les toilettes de son usine de piles, pour déguster des livres. Cependant, il tombe dans un paradoxe, car cette orgie de bien-être matérialiste l'empêche d'écrire. Trait important du livre, la relation que le narrateur entretient avec la religion. Sans cesse entrain de s'adresser à Dieu, l'implorant, l'insultant, blasphémant, il paraît délaissé, et semble agir comme un enfant qui n'aurait pas reçu assez d'amour, et qui ferait tout pour provoquer ses parents. Cette dimension est sans nul doute un élément central de ce bijou romanesque, un cri d'appel à Dieu, de la plus charnelle des manières.
Pour ne citer que Philippe Sollers : « Ne pas avoir lu ou ne pas lire sur-le-champ Septentrion est foncièrement immoral »
Lien : http://luvuentendudotcom.wor..
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moertzombreur
moertzombreur12 septembre 2014
  • Livres 5.00/5
"Au commencement était le sexe".
Il y eu d'abord deux romans : Requiem des innocents et Partage des vivants, puis Septentrion. Rien qu'avec ces titres on capte différents aspects de ce dernier : violence et poésie, émotion et crudité. Calaferte a écrit un livre marquant, unique, comme le fut en son temps le Voyage au bout de la nuit de Céline. le livre est autobiographique, il revient sur ses années d'errance où il commença à se confronter au travail de l'écrivain. Son écriture est limpide, d'une pureté, d'autant plus choquante quand il parle de sexe ; elle est aussi ciselée, faites de phrases très courtes, comme en syncope, et qui démontre un conflit permanent avec la société, sur laquelle, ces traits brefs et rapides, sont autant de crachats bien ajustés. L'écrivain est un homme qui réclame sa liberté à tout prix, refusant de rester là où on aurait voulu qu'il soit : à l'usine où il se sent exploité depuis l'adolescence. Et cette envie qui le ronge et le pousse à écrire un livre est comme une faim insatiable, aussi forte que sa revendication à pouvoir penser librement, refuser ce que d'aucun éprouve comme allant de soi, et enfin pouvoir librement baiser. Son écriture est
une déflagration (terme employé par Jean-Pierre Pauty pour le tire de sa biographie). Romancier, poète, dramaturge, essayiste, il a tenu aussi un journal, sous le titre des Carnets (16 volumes!), il ne faut pas perdre de vue que Septentrion, malgré son style et sa force, ne nous donne à lire qu'un aspect d'une oeuvre immense et prolifique, malheureusement encore trop peu connu. Je ne suis pas certain qu'il ait été véritablement censuré en 1963, plutôt retiré de la vente suite à une condamnation pour pornographie (l'éditeur de l'époque n'ayant peut-être pas voulu le réimprimer
suite au scandale suscité), il aura fallu attendre 1984 pour qu'un éditeur ait le courage de la rééditer chez Denoël. Si quelqu'un connaît le fin mot de cette sombre histoire...
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Bruno_Cm
Bruno_Cm19 septembre 2014
  • Livres 5.00/5
Un écrivain en germe, un gigolo actif, un cerveau aigu et aiguisé sur ce qui l'entoure, et la faim, au sens premier et au sens dernier.
Un livre très puissant, une écriture déliée, en saccades, en points et contrepoints, crue aussi mais tellement parlante.
Une claque, quand même. Oui. Ca claque. Et les apprentis ou futurs écrivains feraient bien de prendre de la graine de ce germe-là.
Sinon, prenez Bukwoski, un peu de Knut Hamsun et certaines pages de Joyce et vous pourriez bien décrocher un Calaferte. Je ne peux parler que de ce que je connais et donc peut-être ne serez-vous pas d'accord. Dans ce cas, allez vous faire foutre, naaaan, j'déconne. Enfin au moins un peu.
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Citations & extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
wellibus2wellibus226 juin 2016
La lecture contribuait à tempérer au fond de moi cette anxiété, dont j'ai longtemps souffert, de n'être qu'un raté.
J'avais beau miser indéfiniment sur le lendemain ou l'année suivante, les jours se succédaient sans changement notable......
.....Ce genre de confrontation avec soi même est affreuse. C'est l'échéance. Lorsqu'on arrive ainsi au point mort de l'échec on est fatalement seul, et, qui plus est, sans argent.
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wellibus2wellibus226 juin 2016
Le salaire de notre malédiction, c'est que l'homme soit partout étranger à l'homme.
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wellibus2wellibus226 juin 2016
Si je parle si longuement des livres, c'est qu'ils favorisent en moi une sorte de système d'autodéfense à l'égard de ma condition...........
La réalisation, la réussite, la fonction sociale et même l'argent n'ont plus de sens pour moi aujourd'hui -- ou disons qu'ils en ont un tout différent.
Je danse sur un autre pied.
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wellibus2wellibus226 juin 2016
Le noir pisseux à la verse, au bistrot de l'angle, dans le verre à pied épais, un soupçon de rouge à lèvres sur le bord, la bouche peinte d'une femme qui a bu avant vous. Ses lèvres. Au même endroit que les vôtres. Contact. Sucette. Un patin dans l'abstrait.
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nadejdanadejda15 septembre 2013
N’OUBLIEZ PAS DE LIRE
Dès que j’avais un livre, mon premier soin était de m’enfermer avec dans ma chambre d’hôtel comme pour une séance d’initiation, et je ne décrochais pas avant d’en avoir terminé, qu’il eût deux cents ou mille pages. Lire les paroles qu’un homme, dont on ne connaît généralement ni le visage ni la vie, a écrites tout spécialement à votre intention sans oser espérer que vous les liriez un jour, vous qui êtes si loin, si loin sur d’autres continents, d’une autre langue. Peut-être habite-t-il une grande maison de campagne au bord du Tibre ou un quarante-septième étage dans New York illuminé, peut-être est-il en train de pêcher l’écrevisse, de piler la glace pour le whisky de cinq heures, de caresser sa femme sur le divan, de jouer avec ses enfants ou de se réveiller d’une sieste en songeant à tout ce qu’il voulait mettre de vérité dans ses livres, sincèrement persuadé de n’avoir pas réussi bien que tout y soit quand même, presque malgré lui. Il a écrit pour vous. Pour vous tous. Parce qu’il est venu au monde avec ce besoin de vider son sac qui le reprend périodiquement. Parce qu’il a vécu ce que nous vivons tous, qu’il a fait dans ses langes et bu au sein, il y a de cela trente ou cinquante ans, a épousé et trompé sa femme, a eu son compte d’emmerdements, a peiné et rigolé de bons coups dans sa vie, parce qu’il a eu faim de corps jeunes et de plats savoureux, et aussi de Dieu de temps à autre et qu’il n’a pas su concilier le tout de manière à être en règle avec lui-même. Il s’est mis à sa machine à écrire le jour où il était malheureux comme les pierres à cause d’un incident ridicule ou d’une vraie tragédie qu’il ne révèlera jamais sous son aspect authentique parce que cela lui est impossible. Mais il ne tient qu’à vous de reconstituer le drame à la lumière de votre propre expérience et tant pis si vous vous trompez du tout au tout sur cet homme qui n’est peut-être qu’un joyeux luron mythomane ou un saligaud de la pire espèce toujours prêt à baiser en douce la femme de son voisin. Qu’il ait pu écrire les deux cents pages que vous avez sous les yeux doit vous suffire. Qu’il soit l’auteur d’une seule petite phrase du genre : «A quoi vous tracasser pour si peu, allez donc faire un somme en attendant», le désigne déjà à nous comme un miracle vivant. Même si vous deviez oublier cette phrase aussitôt lue et n’y repenser que le jour où tout va de travers, à commencer par le réchaud à gaz ou la matrice de votre femme. Et si par hasard vous avez la prétention de devenir écrivain à votre tour, ce que je ne vous souhaite pas, lisez attentivement et sans relâche. Le Littré, les articles de dernière heure, les insertions nécrologiques, le bulletin des menstrues de Queen Lisbeth, lisez, lisez, lisez tout ce qui passe à votre portée. A moins que, comme ce fut souvent mon cas, vous n’ayez même pas de quoi vous achetez le journal du matin. Alors descendez dans le métro, asseyez-vous au chaud sur un banc poisseux --- et lisez ! Lisez les avis, les affiches, lisez les pancartes émaillées ou les papiers froissés dans la corbeille, lisez par-dessus l’épaule du voisin, mais lisez !...
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Vidéo de Louis Calaferte
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