> Juliette Bertrand (Traducteur)

ISBN : 2253029858
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1982)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 89 notes) Ajouter à mes livres
Au cours d'une bataille contre les Turcs, Médard de Terralba, chevalier génois, est coupé en deux par un boulet de canon. Ses deux moitiés continuent de vivre séparément, fane faisant le bien, l'autre mutilant tout sur son passage. Ce conte est pétri d'humour et de cyni... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par sultanne, le 10 janvier 2012

    sultanne
    Etonnante lecture qui tient du conte philosophique à la Voltaire.
    Conte initiatique, ce récit traite, mine de rien et sous un mode particulièrement cynique, de nombreuses questions existentielles . La question du bien et du mal est omniprésente et démontre au lecteur médusé que la quête de l'absolu reste vaine, que son objet soit le bien ou le mal.
    Différents modèles de société sont proposés, de la cellule familiale otarcique à la vie communautaire, en passant par le retour à la vie sauvage, Italo Calvino ne semble se satisfaire d'aucun modèle stéréotypé.
    Le rapport à la sensualité est évoqué de façon très comique et l'initiation à la sexualité se fait de façon métaphorique et très amusante : en effet, tour à tour embarqué dans une scène d'orgie de lépreux, recueilli par une mère nourricière dépourvue de toute sexualité et débarqué au sein d'une histoire d'amour dévastatrice, le jeune homme que nous accompagnons finira par être le témoin d'un mariage pour le moins détonnant.
    Le récit est court mais riche, il évoque, en filigranne la place de la femme dans une société menée par les hommes, le question de la "bonne" façon de gouverner, la science et le progré technique...
    Une lecture qui peut également être proposée aux jeunes et aux adolescents parce qu'elle peut se faire à différents degrés. C'est d'ailleurs au collège que j'avais rencontré pour la première fois cet étrange vicomte pourfendu.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 18 novembre 2008

    annie
    Au cours d'une bataille contre les Turcs, Médard de Terralba, chevalier génois, est coupé en deux par un boulet de canon.
    Ses deux moitiés continuent de vivre séparément, fane faisant le bien, l'autre mutilant tout sur son passage.
    Ce conte est pétri d'humour et de cynisme.
    Le monde imaginaire de Calvino où des doigts coupés indiquent la route à suivre, où les lépreux vivent heureux a pourtant toutes les couleurs du réel
    Et Le Vicomte pourfendu prouve avec brio que la vertu comme la perversité absolues sont également inhumaines.
    Calvino a toujours été attiré par la littérature populaire, l'univers de la fable, en particulier.
    Dans Le Vicomte pourfendu, il exploite la veine fantastique : le cadre est celui de la fable tandis que la narration se fait sur deux niveaux : le plus immédiatement perceptible, le récit fabuleux, mais aussi le niveau allégorique et symbolique qui est très riche (il développe notamment les thèmes du contraste entre réalité et illusion, idéologie et éthique, etc.).
    Mais la morale du roman est d'abord une invitation à la nuance, puisqu'il apparaît que la vérité absolue est une chimère.
    Les deux autres romans de la trilogie Nos ancêtres obéissent au même principe de fonctionnement. le héros du Baron perché est un alter ego de Calvino, désormais débarrassé de ses anciennes conceptions et qui ne voit plus la littérature comme porteuse d'un message politique.
    Le chevalier inexistant, dernier de la trilogie, est un roman plus sombre, en revanche.
    À côté de cette production « fabuleuse », Calvino continue à traiter dans ses œuvres de la réalité quotidienne.

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par BoulieBouffeTout, le 12 août 2010

    BoulieBouffeTout
    Tout à fait étonnant comme bouquin.
    Je ne connaissais pas cet auteur et c'est une belle découverte.
    Une double lecture possible sur tout le livre, c'est fort !
    A découvrir.
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    • Livres 3.00/5
    Par medsine, le 30 janvier 2012

    medsine
    Un conte léger, idéal pour une reprise de lecture après plusieurs mois sans ouvrir un bouquin !Il s'agit de l'histoire d'un compte coupé en deux partie alors qu'il combattait à la guerre.La bonne partie a disparue, reste le mauvais côté de l'homme.Original.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par ameliepimousse, le 06 septembre 2011

    ameliepimousse
    Un livre que j'ai lu au collège, et que j'ai relu par la suite avec plaisir! Une histoire surprenante et plaisante pour l'historienne qui sommeille en moi ;)
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 02 février 2012

    Nos sentiments devenaient incolores et obtus parce que nous nous sentions comme perdus entre une vertu et une perversité également inhumaines.
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  • Par mandarine43, le 01 février 2012

    Il n'avait dans le cœur ni nostalgie ni doute ni appréhension. Pour lui, les choses étaient encore intactes, indiscutables, et lui-même était tel. S'il eût pu prévoir le terrible sort qui l'attendait, peut-être l'eût-il trouvé lui aussi naturel et parfait malgré toute sa douleur.
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  • Par mandarine43, le 31 janvier 2012

    Mon oncle était alors dans sa première jeunesse, âge où les sentiments n'ont qu'un élan confus dans lequel le bien et le mal ne sont point encore distincts, âge où l'amour de la vie rend chaude et trépidante toute expérience nouvelle, même inhumaine et macabre.
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  • Par BoulieBouffeTout, le 12 août 2010

    "L'avantage d'être pourfendu est de comprendre dans chaque tête et dans toute chose la peine de chaque être d'être incomplet. J'étais entier, je ne comprenais pas. J'évoluais sourd et incommunicable parmi les douleurs et les blessures semées partout, là même où un être entier ne saurait l'imaginer. Ce n'est pas moi seul qui suis écartelé et pourfendu mais toi aussi, nous tous.
    Et maintenant je sens une fraternité qu'avant, lorsque j'étais entier, je ne connaissais pas. Une fraternité que me lie à toutes les mutilations, toutes les carences du monde. Si tu viens avec moi, tu apprendras à souffrir des maux de tous et à soigner les tiens en soignant les leurs."
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  • Par BoulieBouffeTout, le 12 août 2010

    "Si chacun pouvait sortir de son obtuse et de son ignare intégrité ! J'étais entier, et toutes les choses étaient pour moi naturelles et confuses, stupides comme l'air ; je croyais que l'écorce. Si jamais tu deviens la moitié de toi-même et je le souhaite, enfant, tu comprendras des choses qui dépassent l'intelligence courante des cerveaux entiers. Tu auras perdu la moitié de toi et du monde, mais ton autre moitié sera mille fois plus profonde et plus précieuse. Et toi aussi, tu voudras que tout soit pourfendu et déchiqueté à ton image parce que la beauté, la sagesse et la justice n'existent que dans ce qui est mis en pièces."
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"Les villes invisibles" d'après Italo Calvino Photographies et conception : Francesco Acerbis.











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