« Dans cet air transparent léger, il me semble cueillir sur sa forme immobile les signes de ce mouvement invisible qu'est la lecture, le parcours du regard, le rythme de la respiration, et plus encore le glissement des mots à travers sa personne, leurs flux et leurs blocages, les élans, les retards, les pauses, l'attention qui se concentre ou se disperse, les retours en arrière, ce parcours qui semble uniforme et qui est en réalité toujours changeant, toujours accidenté. »
Ces quelques lignes qui décrivent si bien mon ressenti personnel, ma pratique de l'activité physique que constitue la lecture, sont un des nombreux exemples qui jalonnent cet ouvrage ou
Italo Calvino me parle, ou plutôt, dit ce que le lecteur que je suis, pense, ressent ou vit, clairement ou imperceptiblement, quand il est plongé dans sa lecture.
Roman ou essai mis à mon niveau sur la lecture, l'écriture, le roman, tout cela mis sous une protéiformité des plus étonnantes parce qu'assez inattendue… je ne saurais dire.
Italo Calvino sait parfaitement conduire son affaire et les 10 romans qu'il commence sont dix occasions de vouloir les compléter et dix fois aussi l'occasion de se dire que les ressors sont finalement les mêmes… pour finir les histoires par l'amour ou par la mort… une telle certitude que le lecteur n'admet sans doute pas, à force de vouloir accumuler les lectures…
Et si finalement, « j'ai lu tous les livres… » pouvait vouloir dire qu'on a jamais vraiment fini de commencer.