ISBN : 2864248433
Éditeur : Editions Métailié (2011)


Note moyenne : 3/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

La Manuelli, l’une des plus grandes entreprises d’Italie, est à un tournant : ses dirigeants préparentla fermeture de certains établissements en même temps que l’absorption d’une autre société,l’Artenia. ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par yv1, le 28 octobre 2011

    yv1
    Brrr, qu'elle est glaçante cette plongée dans le monde économique ! Magouilles, prises illégales d'intérêts, manipulation et donc manipulateurs-manipulés et vice-versa.
    Andrea Camilleri -plus connu pour ses polars avec le désormais célèbre commissaire Montalbano- s'essaie au thriller économique qui n'a rien à envier au bon vieux thriller classique avec ses tueurs en série, ses flics désabusés et ses coulées d'hémoglobine. de rebondissements en retournements de situation, il nous trimballe gentiment dans le monde des requins de la grande entreprise.
    Les personnages ont quasiment tous un double visage : le patron, beau gosse, habile, à qui tout réussit, d'un cynisme exacerbé et insupportable, le vieux capitaine d'industrie, peut-être pas si amoindri que cela ; même les femmes ne sont pas épargnées : la femme docile, belle et un peu nunuche -en apparence- et la jeune femme ambitieuse et prête absolument à tout pour en tirer profit. Alors, loin de moi et loin de l'auteur -enfin, là je m'avance, parce que je ne le connais point du tout, et donc j'imagine, je devine que...- l'idée de dire "tous pourris" ou "tous les mêmes" ; il y a bien sûr des gens honnêtes, mais pas sûr qu'il faille les chercher dans les plus hautes sphères de la société civile ou politique. Alors, clichés ? Stéréotypes ? Caricatures ? Peut-être ! Sûrement même ! Mais de la même façon qu'il y a quelques années, un coureur du Tour de France disait qu'on ne pouvait pas gagner une course aussi difficile sans tricher, je me demande si l'on peut parvenir aux sommets totalement propre. Sûrement certains y réussissent-ils ! (Ne voyez dans ma comparaison avec la bicyclette aucune tentation de faire allusion à qui que ce soit. Ce n'est pas mon genre.)
    Très largement dialogué, ce roman se lit sans mal et c'est dans ces passages que l'on reçoit en pleine face le cynisme et l'absence totale de scrupules des protagonistes envers ceux qu'ils licencient ou qu'ils spolient en en claquement de doigts. Andrea Camilleri distille des infos deci delà qui questionnent le lecteur et qui trouvent leur explication dans le final, méthode usitée et efficace dans le polar ; l'écriture est simple, classique : mais on ne lit pas Camilleri pour l'exercice styllistique. Ce roman manque néanmoins d'un peu de souffle qui le propulserait sur les hauteurs des 40 PAL (Piles A Lire) les plus courues (là, j'ai tenté une petite blague avec PAL 40 et CAC 40, mais je crains qu'elle ne fasse flop, que ce ne soit un krach abyssal).
    Cependant, ce qui est intéressant, c'est l'angle par lequel l'auteur aborde son thème : ses personnages principaux sont des dirigeants sans vergogne, corrompus, véreux. C'est donc un anti-roman social : les ouvriers trinquent, mais on ne les voit pas ; un parti-pris original qui fait de son roman un premier du genre "thriller économique" comme le qualifie l'éditeur.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bigmammy, le 05 novembre 2011

    Bigmammy
    Intermittence. On aime, et puis, tout à coup, on n'aime plus. Première piste. On vit et tout à coup, tout s'arrête. Même quand on est un des maîtres du monde. Un roman court, dense, taillé au scalpel. du Camilleri, mais sans le commissaire Montalbano. Cela se passe en Italie, mais cela pourrait tout aussi bien se situer partout ailleurs. Ce qui fait la spécificité de l'Italie, c'est sans doute la prédominance du sexe, la collusion du politique et la complicité des médias. Mais c'est surtout un scénario qui fera un bon thriller, très noir, très rude.
    Le héros principal est Mauro de Blasi, quarante deux ans, directeur général et vrai patron de la grande entreprise Manuelli. Il méprise Beppo, le fils du fondateur. Il manipule aussi Guido Marsili, l'autre vice-directeur général en charge des ressources humaines. Une belle plume. Mais ce qu'il ignore, c'est que Guido couche avec Marisa, sa femme. Mauro complote avec le vieux Birolli pour racheter sa boîte avec à la clé un plan social calamiteux pour les salariés, mais très juteux pour lui personnellement. Et, parallèlement, il a des vues sur la belle Licia, la petite-fille hyper diplômée de Birolli. Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu. On ne se méfie jamais assez des obscurs et des sans-grade, et surtout, de la rancœur des femmes maltraitées.
    Un bouquin nerveux, vite lu, cruel et violent, avec du sexe, des gnons, des sbires et de la trahison à foison. Moins de chaleur humaine et de beaux paysages que dans la série des Montalbano. Finalement, décevant.


    Lien : http://www.bigmammy.fr
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par brusc, le 09 février 2012

    brusc
    Andrea Camilleri a la dent dure. Ses personnages, qui évoluent dans le milieu de l'industrie, de la finance, de la politique et de la grande bourgeoisie, n'ont aucune grâce à ses yeux. Les hommes : ils sont violents, menteurs, affairistes et sans scrupules. Mais les femmes ne valent guère mieux. Si ce sont des bombes sexuelles - milieu chic oblige - elles ne brillent ni par leur intelligence ni par leur sagacité ou leur bonté. Bref, n'espérez pas trouver dans ce petit roman de quoi vous rassurer sur la nature humaine. Mais l'auteur n'en a manifestement que faire. Ici pas de crime, pas de sang, mais du noir, oui. Une voix à part, celle d'Andrea Camilleri, dans le maquis du roman noir. Il ne fait rien pour nous emballer mais arrive à emmener le lecteur dans un univers psychologique étonnant, inquiétant que son écriture contribue à créer. A lire pour sortir des sentiers battus.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

Critiques presse (2)


  • LesEchos , le 25 octobre 2011
    Vanité des hommes, qui croient maîtriser leur destin parce qu'ils détiennent une once de pouvoir ! Mauro se voit rappeler par « intermittence » -des ischémies qui le paralysent et lui font perdre connaissance -sa fragilité et l'absurdité de ses combats. Farce et vaudeville, thriller et satire tout à la fois, « Intermittence » est un pamphlet féroce contre l'Italie ultralibérale et ses élites cyniques. Un grand éclat de rire jaune qui fait froid dans le dos.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Actualitte , le 17 octobre 2011
    C'est presque un huis-clos que déploie Camilleri devant nos yeux. Tout se passe presque dans les murs de la Manuelli, entre les grands pontes, les dottore, qui décident de ce qui est Bien, ou Mal. Qui font la pluie et le beau temps chez leurs employés. Tout en s'efforçant de ménager quelque pauses, quelques affectueuses relations. Du sexe, de l'argent, du pouvoir… tout cela n'est pas vraiment inédit.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par yv1, le 28 octobre 2011

    - J'ai trouvé un accord avec Pennachi [le sous-secrétaire d'Etat]

    - Je n'en doutais pas, dit Marsili.

    - On va fermer l'établissement de Nola.

    - Et nous laisserons tourner ceux de Gallarte et Saronno, complète Marsili.

    - Naturellement.

    - Et pour les réductions d'effectifs ?

    - Cinq cents unités, saupoudrées ici et là.

    - On n'avait pas dit huit cents ?

    - Oui, mais Pennachi veut limiter les dégâts. En échange, il va nous aider dans l'opération Artenia. Il m'a formellement garanti que le gouvernement ne ferait pas d'histoire.

    - Comment comptes-tu procéder ?

    - Toi, tu convoques qui tu dois convoquer et tu officialises la chose. Et prépare-toi à l'attaque des syndicats et aux aboiements des journalistes qui vont monter en épingle les assemblées, les banderoles de protestation, les manifs, les quatre connards qui vont monter sur une grue. (p.40)
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Vidéo de Andréa Camilleri

Extrait du documentaire de Mosco Lévy Boucault : "Le sourire de?? Andrea Camilleri, écrivain. .
Mosco Lévy Boucault a recueilli les histoires drôles d'écrivains (comme Tonino Benacquista, Thierry Jonquet ou Tonino Guerra), de comédiens (comme Rufus ou François Morel), de réalisateurs (comme Peter Kassovitz), de politiques (comme Laurent Fabius) pour une série intitulée « le sourire de?».








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