ISBN : 2070360105
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 273 notes) Ajouter à mes livres

Dans un bourg d'Amsterdam où se croisent matelots de toutes nations, souteneurs, prostituées et voleurs, un homme que le hasard a mis sur le chemin de l'un de ses compatriotes, se raconte. Qui est-il ? C'est la source de cet admirable monologue, où Jean-Baptiste... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 29 décembre 2011

    lecassin
    "La Chute"est la dernière œuvre achevée d'Albert Camus, publiée en 1956, un an avant l'obtention du Prix Nobel de Littérature.
    Dans "L'homme révolté", on trouvait Albert Camus arque-bouté contre toutes les tyrannies, aussi bien celle d'un seul que celle d'un parti. L'esprit de révolte dirigé au besoin contre la révolution elle-même restait la seule dignité de l'homme libre : Camus altruiste et libertaire n'était donc pas si pessimiste qu'il nous l'avait laissé croire dans son œuvre antérieure.
    Erreur !
    Avec "La Chute", nous le voyons revenir au sombre désespoir qui lui fit écrire "L'étranger" : l'histoire d'un homme coupé de tout, étranger à ce qui l'entoure et même, suprême paradoxe, à lui même , dans un monde absurde...
    Mais "La Chute" va plus loin encore : le « héros" de "L'étranger" était un sans grade, un minable, un irresponsable... Celui de "La Chute", Jean-Baptiste Clamence" est au contraire un esprit instruit -mais faux - subtil et lucide dans l'exposé d'idées qui, poussées à l'extrême, ne peuvent que confiner au nihilisme absolu, si tant est qu'on puisse associer nihilisme et absolu...
    Ceux qui ont vu à l'époque, dans "L'homme révolté", un ralliement d'Albert Camus à L'existentialisme de Jean-Paul Sartre "en sont pour leurs frais" : "La Chute, c'est "L'étranger élevé au paroxysme de l'absurde. Un chef-d'œuvre !
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    • Livres 4.00/5
    Par pragmatisme, le 08 juin 2010

    pragmatisme
    La Chute est un roman publié en 1956. le récit, divisé en 6 chapitres, surprend par sa forme. C'est un monologue, celui de Jean-Baptiste Clamence, avocat puis juge pénitent. Il rencontre un mystérieux interlocuteur dans un bar d'Amsterdam, le Mexico City et se confie à lui plusieurs jours durant, au cours de plusieurs promenades. Il fait le récit de sa vie, avant le triste évènement qui précipita sa chute. Lorsqu'il était avocat il était satisfait de se trouver du bon côté de la barre, de prendre la défense de bons meurtriers, il était irréprochable dans sa vie professionnelle, altruiste, courtois et généreux dans sa vie privée, à l'aise en tout, s'attirant la sympathie des autres, aimant les femmes et attribuant modestement la réussite de sa vie à une volonté extérieure. Au mois de novembre, sur le Pont Royal, à une heure du matin, il était passé derrière une forme penchée sur le parapet. Quelques instants plus tard, il avait entendu le bruit d'un corps qui s'abat sur l'eau, descend le fleuve puis s'éteint brusquement, sans qu'il ne fasse rien. Il n'avait prévenu personne et n'avait pas lu la rubrique faits divers des journaux par la suite. C'est alors que tout dans sa vie avait basculé et que petit à petit, la déchéance s'était installée. Il découvrait qu'il n'avait pas d'amis, après avoir pensé au suicide. La question pour lui était d'éviter le jugement des autres. Il lui semblait que l'univers entier se mettait à rire autour de lui. La pensée de la mort faisait irruption dans sa vie quotidienne et il ne pouvait se résoudre à mourir sans avoir avoué tous ses mensonges aux hommes. Il s'était réfugié auprès des femmes et, désespérant de l'amour et de la chasteté, il vivait dans la débauche et l'alcool. Il perdait des clients qui se raréfiaient et il éprouvait une vive culpabilité à l'évocation de ce cri ignoré sur la Seine qui l'avait plongé dans le malconfort.
    La Chute est celle de cette jeune femme du Pont Royal mais aussi celle, sociale, morale et géographique de Clamence qui s'installe à Amsterdam, lieu situé au dessous du niveau de la mer. Au delà du récit de ces chutes un peu déconcertant, c'est une réflexion sur l'homme moderne, la société, le péché, la justice, Dieu, la liberté.

    Lien : http://pragmatisme.over-blog.fr/article-la-chute-albert-camus-518133..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par petitefa, le 22 juillet 2010

    petitefa
    Relation ambivalente avec ce roman que je viens de relire. Exemplaire monologue sur la nature humaine, dans ses lâchetés, ses excuses, son cynisme et parfois sa lucidité, et dessous tout cela, dans sa culpabilité, irréparable, irrécupérable. La ressemblance avec les confessions que l'on peut entendre dans un cabinet de psy est saisissante. le style, bon (avec une tripotée de slogans à faire pâlir un syndicaliste), bien que bavard, mais c'est voulu - l'avalanche de phrases pour enrober, masquer et finalement mettre en valeur cette culpabilité larvée -, le portrait, complet. Reste que le personnage m'apparaît toujours plus antipathique... Un bon livre car suscitant suffisamment le malaise pour se questionner sur nos propres lâchetés, peut-être.
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    • Livres 5.00/5
    Par kangourou, le 10 mai 2011

    kangourou
    Pour moi, le chef d'œuvre de Camus. L'œuvre la plus aboutie, la plus mystique, la plus existentielle, la plus noire. A lire sur un quai malfamé, dans un bar louche et mal éclairé, avec une complainte de Miles Davis en fond sonore et l'étrave d'un cargo pour tout horizon. Peut-être, alors, verrez-vous apparaître le manteau pelé de Jean-Baptiste Clamence dans un recoin enfumé.
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    • Livres 4.00/5
    Par hove, le 13 juillet 2011

    hove
    La Chute c'est d'abord le suicide d'une jeune femme, que Barnave, le narrateur de ce récit daignera de secourir. La Chute c'est aussi le tournant de la vie jusque là narcissique et lâche de Barnave que ce geste va hanter et ramener à la réalité. A partir de là, il entreprend de renvoyer ces mensonges comme un miroir à la face de chacun de des interlocuteurs comme pour dénoncer l'absence de vérité dans la vie des hommes, et la lâcheté de ceux-ci et de la société dans laquelle ils évoluent. Une œuvre passionnante qui mérite réflexion et recul. Une œuvre que l'on peut lire tout au long de sa vie.
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 09 février 2012

    Il s'agissait, notez-le bien, d'autre chose que la certitude où je vivais d'être plus intelligent que tout le monde. Cette certitude d'ailleurs est sans conséquence du fait que tant d'imbéciles la partagent.
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  • Par Elisanne, le 05 juin 2011

    C'est vrai vous ne connaissez pas cette cellule de basse-fosse qu'au Moyen-Age on appelait le "Malconfort".En général, on vous y oubliait pour la vie. Cette cellule se distinguait des autres par d'ingénieuses dimensions. Elle n'était pas assez haute pour qu'on s'y tînt debout, mais pas assez large pour qu'on pût s'y coucher. Il fallait prendre le genre empêché, vivre en diagonale; le sommeil était une chute, la veille un accroupissement.

    Mon cher, il y avait du génie, et je pèse mes mots, dans cette trouvaille si simple. Tous les jours, par l'immuable contrainte qui ankylosait son corps, le condamné apprenait qu'il était coupable et que l'innocence consiste à s'étirer joyeusement.
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  • Par pragmatisme, le 08 juin 2010

    "Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguais une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation... J'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau. Je m'arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt ,j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement. "
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  • Par zepherina, le 30 décembre 2010

    Du reste, nous ne pouvons affirmer l’innocence de personne, tandis que nous pouvons affirmer à coup sûr la culpabilité de tous. Chaque homme témoigne du crime de tous les autres, voilà ma foi et mon espérance. Croyez-moi, les religions se trompent dès l’instant qu’elles font de la morale et qu’elles fulminent des commandements. Dieu n’est pas nécessaire pour créer la culpabilité, ni punir. Nos semblables y suffisent, aidés par nous-mêmes. Vous parliez du jugement dernier. Permettez-moi d'en rire respectueusement. Je l'attends de pied ferme: j'ai connu ce qu'il y a de pire, qui es le jugement des hommes.
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  • Par patouche, le 14 septembre 2011

    Ils cherchent tous à être riches. Pourquoi ? Vous l'êtes-vous demandé ?
    Pour la puissance, bien sûr.
    Mais surtout parce que la richesse soustrait au jugement immédiat, vous retire de la foule du métro pour vous enfermer dans une carrosserie nickelée, vous isole dans de vastes parcs gardés, des wagons-lits, des cabines de luxe.
    La richesse, chers ami, ce n'est pas encore l'acquittement, mais le sursis, toujours bon à prendre...
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