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ISBN : 2070360105
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 1315 notes)
Résumé :
Dans un bourg d'Amsterdam où se croisent matelots de toutes nations, souteneurs, prostituées et voleurs, un homme que le hasard a mis sur le chemin de l'un de ses compatriotes, se raconte. Qui est-il ? C'est la source de cet admirable monologue, où Jean-Baptiste Clamence retrace le parcours autrefois brillant de son existence. Jusqu'au jour où différents évènements ruinent les derniers vestiges de sa normalité existentielle. Il fuit dans la débauche ce qu'il découvr... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
Gwen2121 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
J'avais fort peu goûté "L'étranger", je ne m'en sors donc pas trop mal avec cette relecture de "La chute", presque vingt ans après la première tentative qui m'avait trouvée bien désarmée devant la prose de Camus.
Forcément, avec vingt ans de plus (punaise, vingt ans !) et une expérience de la nature humaine mieux développée, je suis plus à même de comprendre ce long monologue aux allures de soliloque - la chute du roman (sans jeu de mots) me fait en effet davantage penser à un examen de conscience doublé d'une auto-psychanalyse qu'à une confession - même si l'humilité la plus fondamentale me contraint à avouer que certains passages sont restés bien opaques à ma petite cervelle.
Le narrateur se confie à l'étranger (toujours pas de subtil jeu de mots) de passage dans son bar fétiche, sur le port d'Amsterdam, et bien qu'il le découvrira seulement après s'être confessé, il se trouve que cet étranger lui ressemble fort et exerce la même profession que lui - il est avocat. Cette tendresse particulière et instinctive du narrateur pour son auditeur entraîne la confiance puis les confidences.
Mais de quoi parle ce livre, nom d'un petit bonhomme ?
Une chute. La chute.
Une chute qui entraîne la chute.
La chute d'une jeune femme dans les eaux sombres de la Seine provoque la chute morale du narrateur.
Lui dont la vocation est de défendre son prochain sans le juger, lui dont la vie privée n'est que facilité et jouissances, se rend compte brutalement que lui aussi peut être jugé, et sévèrement, après s'être refusé à secourir une citoyenne en détresse au moment de son suicide, survenu presque sous ses yeux. Après cet incident, la vérité lui saute aux yeux : on ne peut échapper aux jugements des autres, ni vivant, ni mort ; ni bon, ni mauvais ; ni méritant, ni criminel. Dès lors, inutile de s'en faire, ni de chercher une rédemption qui ne viendra jamais, le bonheur de l'être humain réside dans l'acceptation de sa duplicité.
"J'ai accepté la duplicité au lieu de m'en désoler. Je m'y suis installé, au contraire, et j'y ai trouvé le confort que j'ai cherché toute ma vie. J'ai eu tort, au fond, de vous dire que l'essentiel était d'éviter le jugement. L'essentiel est de pouvoir tout se permettre, quitte à professer de temps en temps, à grand cris, sa propre indignité. Je me permets tout, à nouveau, et sans rire, cette fois. Je n'ai pas changé de vie, je continue de m'aimer et de me servir des autres."
Le monologue du narrateur s'articule en six périodes axées, au centre du roman, par la fameuse chute de la malheureuse jeune femme dans la Seine et qui n'aura pas reçu le secours du narrateur. Camus développe autour du thème du jugement, ceux de la justice, de la liberté, de l'estime de soi, des relations sociales, de l'amour et de la finalité de l'existence, toute philosophie qui, sans me désintéresser, ne me passionne pas excessivement et le propos de Camus, souvent verbeux, a le mérite de rester digeste parce que concis.
On pourrait, à l'envi, débobiner consciemment chacune de ses phrases et se retrouver très vite avec un épais traité de philosophie entre les mains mais je laisse ce labeur aux amateurs. Tout comme il y a vingt ans sur les bancs du lycée, je me prescris la philosophie en doses homéopathiques.

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fredho
fredho11 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
"La chute" d'Albert Camus est le monologue d'un individu à bout de souffle dont les phrases se succèdent dans un rythme effréné, se livrant à un interlocuteur attentif. Les confessions d'un homme rongé par la culpabilité de ne pas avoir réagi au suicide d'une jeune femme qui s'est laissée jeter d'un pont.
Cette culpabilité va réveiller sa conscience humaine...
Jean Baptiste Clamence, bourgeois vaniteux et égocentrique, avocat renommé, que ses bonnes actions calculées distinguent, va abandonner sa riche vie parisienne, son travail suite au suicide d'une jeune femme. Il décide alors d'inverser son rôle en se positionnant au banc des accusés afin de se juger sans duplicité.
Il s'exile donc en Hollande, pays rocailleux froid, hostile qu'il décrit comme les portes de l'Enfer.
Clamence veut se repentir de ses péchés, il devient observateur, contemple l'ignominie humaine, mais il souffre, s'enivre et côtoie des endroits mal famés. Il s'attribue un poste de juge pénitent au bar Mexico City où il se confesse à nu publiquement et s'accuse des fautes de l'humanité afin de les renvoyer à ses interlocuteurs espérant qu'eux mêmes prendront conscience de leurs erreurs. Ainsi tel un prophète en pleine rédemption, il s'accorde le droit de juger les hommes (Plus je m'accuse et plus j'ai le droit de vous juger), sa cible la bourgeoisie!
Mais sa culpabilité le poursuit amèrement, la confession et la rédemption ne peuvent pas toujours offrir le pardon...
Dans un ton froid, glacial, écrit avec une grande éloquence Albert Camus nous frappe à coup de mots percutants, critique l'humanité égoïste sans oublier toutefois qu'il est bien conscient d'en faire partie.
"La chute" provoque chez le lecteur un malaise troublant et nous amène à se poser certaines questions existentielles.
A lire ou étudier du moins par curiosité.
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filippo
filippo04 février 2016
  • Livres 4.00/5
Il y a un « avant » et un « après » la chute, moment à partir duquel notre héros, brillant avocat, va prendre conscience de sa vanité et du caractère quelque peu factice de sa vie. Il va bien essayer de se bercer de quelques illusions en tombant amoureux ou en s'adonnant à la débauche mais il finira par échouer à Amsterdam. C'est là, où il se pose en juge « pénitent », en s'accusant lui-même afin d'éviter le jugement des autres mais aussi, et par reflet, pour accuser les autres.
Un très grand livre, riche, complexe et dérangeant avec des thèmes chers à Albert Camus, tels la religion, la foi, ou encore le jugement.
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aaahhh
aaahhh12 août 2012
  • Livres 4.00/5
Dans un bar d'Amsterdam, un homme se confesse à un autre. Narrateur unique de cet étrange et sombre récit, cet homme, Jean-Baptiste Clamence, va se raconter et, revenant sur les grands épisodes de sa vie passée, il nous narre sa chute, qui a débuté un soir, quand il n'a pas réagit devant le suicide d'un jeune fille se jetant sous un pont de Paris.
A partir de cet évènement, l'homme est non seulement descendu aux enfers, mais il a aussi commencé le chemin d'une prise de conscience peu habituelle sur l'humanité et le sens de la vie. S'auto-proclamant "juge pénitent", Jean-Baptiste Clamence observe, juge et condamne sans concessions, lui-même mais aussi toute l'humanité avec lui. Revenant sur ses expériences, c'est un portrait noir et peu glorieux de l'Homme avec un grand H, qu'il dresse dans son récit, et comme il le conclut lui-même, "Quand on a beaucoup médité sur l'homme, par métier ou par vocation, il arrive qu'on éprouve de la nostalgie pour les primates."
Roman sombre et terrible réflexion sur l'homme moderne, "La chute" est un livre puissant qui m'a beaucoup marquée. L'intelligence de nombre de réflexions de notre narrateur pénitent sur l'homme ainsi que certaines descriptions merveilleusement troublantes d'Amsterdam restent très vives dans ma mémoire. Certes c'est lourd, certes c'est noir, mais paradoxalement, "La chute" est l'un des romans qui me redonnent confiance en l'homme, car il faut que son auteur ait été bien loin du primate, pour pousser sa réflexion et ses mots aussi loin sur le chemin de la conscience!
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MissSugarTown
MissSugarTown29 février 2012
  • Livres 5.00/5
Voici un livre brillant ! Pertinent et juste ! Si on peut user de ce dernier adjectif.
J'adore son style ! Ses mots dans ce livre sont un délice ! Et pourtant, je ne dirai pas pareil pour tous ses livres, j'ai eu beaucoup de mal avec plusieurs livres de Camus dont L'homme révolté, La mort heureuse, et Noces suivi de L'été.
Mais là, yummy ! Des sujets sérieux abordés avec un style délicieux. Une jolie métaphore entre le capitalisme et les piranhas, ou encore une jolie description de l'homme moderne il forniquait et lisait des journaux ! Vous l'aurez compris, une critique de la société avec beaucoup d'ironie !
Il s'est étonné qu'un juge puisse se désigner lui-même pour exercer cette fonction, c'est vrai que ce n'est pas très sensé, je n'y avais jamais pensé pourtant. C'est malin comment la justice a été enlevée au sage du village pour en faire un business comme les autres... allez, presque !
On n'a fait que tout pourrir en effet, de l'extérieur c'est l'évolution et la modernité, mais au fond c'est tout moisi. On a tout déformé. Puis on l'a mis dans un joli paquet, et voilà. On a confondu la beauté extérieure et la beauté intérieure en tout point.
Un passage que j'ai également adoré, lorsqu'il a parlé de l'importance d'avoir une bonne estime de soi-même, et que c'est ce qui nous permet de tenir debout et d'avancer, si vous en privez les hommes, vous les transformez en chiens écumants. Puis il cite des exemples de crimes commis parce que leur auteur avait une basse estime de lui-même. Combien d'hommes trompent leurs belles femmes parce qu'ils ne se sentent pas à la hauteur ? le vol, le terrorisme, le viol, le meurtre... autant de crimes dont l'auteur n'est pas satisfait de ce qu'il est. C'est tellement vrai.
Le narrateur de ce livre est un juge pénitent, et Camus lance encore une fois le débat sur ce sujet très compliqué à mon sens, qu'est la justice. J'avais adoré explorer cette notion avec l'animé Death Note, et ici encore le juge dit qu'il prend la défense de ceux qu'il juge être de bons meurtriers, comme d'autres sont de bons sauvages, dit-il. Or comment peut-on juger qui est bon et qui ne l'est pas ? C'est trop difficile car il n'y a pas de bonne réponse. C'est toujours une question de point de vue, d'angle et de perception.
Je vous entends me dire, mais quand on est juge, on ne prend pas parti ! En théorie oui, mais le juge n'est qu'un homme, et au fond, ils doivent tous avoir un petit penchant, minime soit-il, pour un parti plutôt que l'autre. Il a peut-être juste été trop honnête...
Tout au long du livre, j'avais envie de recopier plusieurs extraits, tellement il y en a de très bons ! C'est pour vous dire à quel point j'ai adoré. Mes livres préférés sont certainement ceux-ci, ceux que j'ai envie de recopier, tellement les phrases sont belles, intelligentes et pertinentes à la fois.
Très beau passage sur l'amitié aussi, et un éternel retour au mal de vivre dans chacune de ses pensées. C'est en tout cas le goût que ça a laissé chez moi, à chaque fois.
L'esclavage, "Qu'on soit contraint de l'installer chez soi, ou dans les usines, bon, c'est dans l'ordre des choses, mais s'en vanter, c'est le comble." Ah, j'ai adoré ce passage ! Comment on se ment à nous-mêmes, l'hypocrisie sociale !
La liberté d'expression, l'essence de la philosophie, notre égocentrisme et notre vanité... Ce livre est riche de sujets intéressants et de réflexions qui le sont encore plus !
Enfin, pour résumer, c'est l'histoire d'un homme qui se confesse à un inconnu. Après avoir ignoré le cri d'une femme qui s'est suicidée, il est rongé par la culpabilité et ne peut s'empêcher de se juger lui-même, le jugement de l'autre bien que lourd aussi, n'est pas aussi insupportable que le regard que nous portons sur nous-mêmes. C'est ainsi qu'après avoir rencontré un inconnu dans un bistrot, il se confesse à lui, tout en lui exposant sa vision du monde et de l'Homme.
Il commence par s'auto-juger, tantôt sévèrement, tantôt il se vante et gonfle le torse, mais il ne se juge que pour pouvoir mieux juger les autres... Se soulager d'un poids en le partageant avec tous les hommes.
"Le portrait que je tends à mes contemporains, devient un miroir." Et ce fut effectivement le cas pour moi.
Et puis quelle fin magistrale ! Très beau livre.
Lien : http://laculturehajarienne.blogspot.com/2012/02/..
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Citations & extraits (198) Voir plus Ajouter une citation
filippofilippo04 février 2016
O jeune fille, jette-toi encore dans l’eau pour que j’aie une seconde fois la chance de nous sauver tous les deux
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filippofilippo04 février 2016
Croyez-moi, pour certains êtres, au moins, ne pas prendre ce qu'on ne désire pas est la chose la plus difficile du monde.
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filippofilippo04 février 2016
Après un certain âge, tout homme est responsable de son visage
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filippofilippo04 février 2016
Le charme: une manière de s'entendre répondre «oui» sans avoir posé aucune question claire.
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Gwen21Gwen2123 septembre 2015
N'avez-vous jamais eu subitement besoin de sympathie, de secours, d'amitié ? Oui, bien sûr. Moi, j'ai appris à me contenter de la sympathie. On la trouve plus facilement, et puis elle n'engage à rien. "Croyez à ma sympathie", dans le discours intérieur, précède immédiatement "et maintenant, occupons-nous d'autre chose". C'est un sentiment de président du conseil : on l'obtient à bon marché, après les catastrophes. L'amitié, c'est moins simple. Elle est longue et dure à obtenir, mais quand on l'a, plus moyen de s'en débarrasser, il faut faire face. Ne croyez surtout pas que vos amis vous téléphoneront tous les soirs, comme ils le devraient, pour savoir si ce n'est pas justement le soir où vous décidez de vous suicider, ou plus simplement si vous n'avez pas besoin de compagnie, si vous n'êtes pas en disposition de sortir. Mais non, s'ils téléphonent, soyez tranquille, ce sera le soir où vous n'êtes pas seul, et où la vie est belle.
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