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ISBN : 2070360105
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 1132 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans un bourg d'Amsterdam où se croisent matelots de toutes nations, souteneurs, prostituées et voleurs, un homme que le hasard a mis sur le chemin de l'un de ses compatriotes, se raconte. Qui est-il ? C'est la source de cet admirable monologue, où Jean-Baptiste Clamenc... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 11 novembre 2012

    fredho
    "La chute" d'Albert Camus est le monologue d'un individu à bout de souffle dont les phrases se succèdent dans un rythme effréné, se livrant à un interlocuteur attentif. Les confessions d'un homme rongé par la culpabilité de ne pas avoir réagi au suicide d'une jeune femme qui s'est laissée jeter d'un pont.
    Cette culpabilité va réveiller sa conscience humaine...
    Jean Baptiste Clamence, bourgeois vaniteux et égocentrique, avocat renommé, que ses bonnes actions calculées distinguent, va abandonner sa riche vie parisienne, son travail suite au suicide d'une jeune femme. Il décide alors d'inverser son rôle en se positionnant au banc des accusés afin de se juger sans duplicité.
    Il s'exile donc en Hollande, pays rocailleux froid, hostile qu'il décrit comme les portes de l'Enfer.
    Clamence veut se repentir de ses péchés, il devient observateur, contemple l'ignominie humaine, mais il souffre, s'enivre et côtoie des endroits mal famés. Il s'attribue un poste de juge pénitent au bar Mexico City où il se confesse à nu publiquement et s'accuse des fautes de l'humanité afin de les renvoyer à ses interlocuteurs espérant qu'eux mêmes prendront conscience de leurs erreurs. Ainsi tel un prophète en pleine rédemption, il s'accorde le droit de juger les hommes (Plus je m'accuse et plus j'ai le droit de vous juger), sa cible la bourgeoisie!
    Mais sa culpabilité le poursuit amèrement, la confession et la rédemption ne peuvent pas toujours offrir le pardon...
    Dans un ton froid, glacial, écrit avec une grande éloquence Albert Camus nous frappe à coup de mots percutants, critique l'humanité égoïste sans oublier toutefois qu'il est bien conscient d'en faire partie.
    "La chute" provoque chez le lecteur un malaise troublant et nous amène à se poser certaines questions existentielles.
    A lire ou étudier du moins par curiosité.
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    • Livres 4.00/5
    Par aaahhh, le 12 août 2012

    aaahhh
    Dans un bar d'Amsterdam, un homme se confesse à un autre. Narrateur unique de cet étrange et sombre récit, cet homme, Jean-Baptiste Clamence, va se raconter et, revenant sur les grands épisodes de sa vie passée, il nous narre sa chute, qui a débuté un soir, quand il n'a pas réagit devant le suicide d'un jeune fille se jetant sous un pont de Paris.
    A partir de cet évènement, l'homme est non seulement descendu aux enfers, mais il a aussi commencé le chemin d'une prise de conscience peu habituelle sur l'humanité et le sens de la vie. S'auto-proclamant "juge pénitent", Jean-Baptiste Clamence observe, juge et condamne sans concessions, lui-même mais aussi toute l'humanité avec lui. Revenant sur ses expériences, c'est un portrait noir et peu glorieux de l'Homme avec un grand H, qu'il dresse dans son récit, et comme il le conclut lui-même, "Quand on a beaucoup médité sur l'homme, par métier ou par vocation, il arrive qu'on éprouve de la nostalgie pour les primates."
    Roman sombre et terrible réflexion sur l'homme moderne, "La Chute" est un livre puissant qui m'a beaucoup marquée. L'intelligence de nombre de réflexions de notre narrateur pénitent sur l'homme ainsi que certaines descriptions merveilleusement troublantes d'Amsterdam restent très vives dans ma mémoire. Certes c'est lourd, certes c'est noir, mais paradoxalement, "La Chute" est l'un des romans qui me redonnent confiance en l'homme, car il faut que son auteur ait été bien loin du primate, pour pousser sa réflexion et ses mots aussi loin sur le chemin de la conscience!
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    • Livres 5.00/5
    Par MissSugarTown, le 29 février 2012

    MissSugarTown
    Voici un livre brillant ! Pertinent et juste ! Si on peut user de ce dernier adjectif.
    J'adore son style ! Ses mots dans ce livre sont un délice ! Et pourtant, je ne dirai pas pareil pour tous ses livres, j'ai eu beaucoup de mal avec plusieurs livres de Camus dont L'Homme révolté, La mort heureuse, et Noces suivi de l'été.
    Mais là, yummy ! Des sujets sérieux abordés avec un style délicieux. Une jolie métaphore entre le capitalisme et les piranhas, ou encore une jolie description de l'homme moderne il forniquait et lisait des journaux ! Vous l'aurez compris, une critique de la société avec beaucoup d'ironie !
    Il s'est étonné qu'un juge puisse se désigner lui-même pour exercer cette fonction, c'est vrai que ce n'est pas très sensé, je n'y avais jamais pensé pourtant. C'est malin comment la justice a été enlevée au sage du village pour en faire un business comme les autres... allez, presque !
    On n'a fait que tout pourrir en effet, de l'extérieur c'est l'évolution et la modernité, mais au fond c'est tout moisi. On a tout déformé. Puis on l'a mis dans un joli paquet, et voilà. On a confondu la beauté extérieure et la beauté intérieure en tout point.
    Un passage que j'ai également adoré, lorsqu'il a parlé de l'importance d'avoir une bonne estime de soi-même, et que c'est ce qui nous permet de tenir debout et d'avancer, si vous en privez les hommes, vous les transformez en chiens écumants. Puis il cite des exemples de crimes commis parce que leur auteur avait une basse estime de lui-même. Combien d'hommes trompent leurs belles femmes parce qu'ils ne se sentent pas à la hauteur ? le vol, le terrorisme, le viol, le meurtre... autant de crimes dont l'auteur n'est pas satisfait de ce qu'il est. C'est tellement vrai.
    Le narrateur de ce livre est un juge pénitent, et Camus lance encore une fois le débat sur ce sujet très compliqué à mon sens, qu'est la justice. J'avais adoré explorer cette notion avec l'animé Death Note, et ici encore le juge dit qu'il prend la défense de ceux qu'il juge être de bons meurtriers, comme d'autres sont de bons sauvages, dit-il. Or comment peut-on juger qui est bon et qui ne l'est pas ? C'est trop difficile car il n'y a pas de bonne réponse. C'est toujours une question de point de vue, d'angle et de perception.
    Je vous entends me dire, mais quand on est juge, on ne prend pas parti ! En théorie oui, mais le juge n'est qu'un homme, et au fond, ils doivent tous avoir un petit penchant, minime soit-il, pour un parti plutôt que l'autre. Il a peut-être juste été trop honnête...
    Tout au long du livre, j'avais envie de recopier plusieurs extraits, tellement il y en a de très bons ! C'est pour vous dire à quel point j'ai adoré. Mes livres préférés sont certainement ceux-ci, ceux que j'ai envie de recopier, tellement les phrases sont belles, intelligentes et pertinentes à la fois.
    Très beau passage sur l'amitié aussi, et un éternel retour au mal de vivre dans chacune de ses pensées. C'est en tout cas le goût que ça a laissé chez moi, à chaque fois.
    L'esclavage, "Qu'on soit contraint de l'installer chez soi, ou dans les usines, bon, c'est dans l'ordre des choses, mais s'en vanter, c'est le comble." Ah, j'ai adoré ce passage ! Comment on se ment à nous-mêmes, l'hypocrisie sociale !
    La liberté d'expression, l'essence de la philosophie, notre égocentrisme et notre vanité... Ce livre est riche de sujets intéressants et de réflexions qui le sont encore plus !
    Enfin, pour résumer, c'est l'histoire d'un homme qui se confesse à un inconnu. Après avoir ignoré le cri d'une femme qui s'est suicidée, il est rongé par la culpabilité et ne peut s'empêcher de se juger lui-même, le jugement de l'autre bien que lourd aussi, n'est pas aussi insupportable que le regard que nous portons sur nous-mêmes. C'est ainsi qu'après avoir rencontré un inconnu dans un bistrot, il se confesse à lui, tout en lui exposant sa vision du monde et de l'Homme.
    Il commence par s'auto-juger, tantôt sévèrement, tantôt il se vante et gonfle le torse, mais il ne se juge que pour pouvoir mieux juger les autres... Se soulager d'un poids en le partageant avec tous les hommes.
    "Le portrait que je tends à mes contemporains, devient un miroir." Et ce fut effectivement le cas pour moi.
    Et puis quelle fin magistrale ! Très beau livre.

    Lien : http://laculturehajarienne.blogspot.com/2012/02/la-chute-albert-camu..
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 29 décembre 2011

    lecassin
    "La Chute"est la dernière œuvre achevée d'Albert Camus, publiée en 1956, un an avant l'obtention du Prix Nobel de Littérature.
    Dans "L'homme révolté", on trouvait Albert Camus arque-bouté contre toutes les tyrannies, aussi bien celle d'un seul que celle d'un parti. L'esprit de révolte dirigé au besoin contre la révolution elle-même restait la seule dignité de l'homme libre : Camus altruiste et libertaire n'était donc pas si pessimiste qu'il nous l'avait laissé croire dans son œuvre antérieure.
    Erreur !
    Avec "La Chute", nous le voyons revenir au sombre désespoir qui lui fit écrire "L'étranger" : l'histoire d'un homme coupé de tout, étranger à ce qui l'entoure et même, suprême paradoxe, à lui même , dans un monde absurde...
    Mais "La Chute" va plus loin encore : le « héros" de "L'étranger" était un sans grade, un minable, un irresponsable... Celui de "La Chute", Jean-Baptiste Clamence" est au contraire un esprit instruit -mais faux - subtil et lucide dans l'exposé d'idées qui, poussées à l'extrême, ne peuvent que confiner au nihilisme absolu, si tant est qu'on puisse associer nihilisme et absolu...
    Ceux qui ont vu à l'époque, dans "L'homme révolté", un ralliement d'Albert Camus à L'existentialisme de Jean-Paul Sartre "en sont pour leurs frais" : "La Chute, c'est "L'étranger élevé au paroxysme de l'absurde. Un chef-d'œuvre !
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  • Par libermoi, le 22 mars 2015

    libermoi
    La Chute est le dernier roman achevé de Camus, paru en 1956, et on peut dire que Camus mis fin à sa carrière littéraire, magnifiquement bien.
    Nous avons dans ce roman, l'Homme d'aujourd'hui dans toute sa splendeur. La Chute est simplement un homme qui se veut bien, qui chutera vers l'enfer de culpabilité.
    Ce roman aborde pleinement le capitalisme qui a plongé l'Homme dans tout son égoïsme et sa vanité.
    Le roman possède 6 parties, à chaque partie, Jean-Baptiste Clamence, seul personnage concret de ce roman, va établir un suspense concernant le suicide d'une femme, auquel il assistera, un soir, sur un pont de Paris, il ne dévoilera que légèrement le sujet, dans chaque partie Clamence se confessera, de manière faible, cherchant à fuir le concret, laissant, pour nous, lecteur, un suspense évident.

    Jean-Baptiste Clamence, est la représentation parfaite de l'espèce humaine, modeste, vaniteux, bourgeois, capitaliste, sexiste, égoïste et j'en passe, il cherchera à trouver toutes excuses afin de justifier son acte de faiblesse lors de ce soir de mort, il se définira comme l'idéal. Nous retrouvons lors de ses confessions perpétuelles, un homme angoissé par son incapacité d'agir, dû à son portrait d'Homme libre et juste, tel qu'il se définit, il cherchera à s'excuser perpétuellement en ne pensant toujours…qu'à lui. Ce qui se remarque d'autant plus car le récit est un monologue, Clamence ne laisse jamais parole à son interlocuteur, il n'écoute que lui, dans une ère dramatique nous lisons le récit en nous questionnant sur la conscience de l'espèce humaine. Agir, regretter, culpabiliser après nos fautes, se remettre en question seulement après, c'est hélas l'Homme actuel. Clamence le démontrera par ailleurs, après cette soirée de noyade, sur un pont de Paris, à Amsterdam, ville où il se réfugiera pour cause du drame qui le hantait à Paris, il ne pourra traverser un pont, cause de sa faiblesse à accepter sa faute, un traumatisme gravé à vie, ses plaies ouvertes attendent juste un « ce n'est pas grave » de son interlocuteur, or, il ne lui laisse aucune parole, en apportant toujours un « pardon », « pardon », « pardon ». Au point que nous sommes réellement dans une situation de « malconfort » comme Clamence le dit, nous avons que sa vue, une vue unique sur ses paroles, mais que pense son interlocuteur ?

    La Chute d'un juge établissant son procès dans une solitude acquise, reflétant l'indifférence de l'Homme face aux Hommes, et cela est bien triste.


    Lien : http://libermoi.blogspot.fr/2015/03/la-chute-albert-camus.html
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Citations et extraits

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  • Par Sepo, le 24 avril 2014

    Le genièvre, dispensateur des sortilèges d'Amsterdam:

    Heureusement, il y a le genièvre, la seule lueur dans ces ténèbres. Sentez-vous la lumière dorée, cuivrée, qu'il met en vous ? J'aime marcher à travers la ville, le soir, dans la chaleur du genièvre. Je marche des nuits durant, je rêve, ou je me parle interminablement. Comme ce soir, oui, et je crains de vous étourdir un peu, merci, vous êtes courtois. Mais c'est le trop-plein; dès que j'ouvre la bouche, les phrases coulent. Ce pays m'inspire d'ailleurs. J'aime ce peuple, grouillant sur les trottoirs, coincé dans un petit espace de maisons et d'eaux, cerné par des brumes, des terres froides, et la mer fumante comme une lessive. Je l'aime, car il est double. Il est ici et il est d'ailleurs.

    Mais oui ! A écouter leurs pas lourds, sur le pavé gras, à les voir passer pesamment entre leurs boutiques, pleines de harengs dorés et de bijoux couleur de feuilles mortes vous croyez sans doute qu'ils sont là, ce soir ? Vous êtes comme tout le monde, vous prenez ces braves gens pour une tribu de syndics et de marchands, comptant leurs écus avec leurs chances de vie éternelle, et dont le seul lyrisme consiste à prendre parfois, couverts de larges chapeaux, des leçons d'anatomie ? Vous vous trompez. Ils marchent près de nous, il est vrai, et pourtant, voyez où se trouvent leurs têtes: dans cette brume de néon, de genièvre et de menthe qui descend des enseignes rouges et vertes. La Hollande est un songe, monsieur, un songe d'or et de fumée, plus fumeux le jour, plus doré la nuit, et nuit et jour ce songe est peuplé de Lohengrin comme ceux-ci, filant rêveusement sur leurs noirs bicyclettes à hauts guidons, cygnes funèbres qui tournent sans trêve, dans tout le pays, autour des mers, le long des canaux.p.16/17,
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  • Par Piatka, le 24 novembre 2013

    Regardez, la neige tombe ! Oh, il faut que je sorte ! Amsterdam endormie dans la nuit blanche, les canaux de jade sombre sous les ponts neigeux, les rues désertes, mes pas étouffés, ce sera la pureté, fugitive, avant la boue de demain. Voyez les énormes flocons qui s'ébouriffent contre les vitres. Ce sont les colombes sûrement.

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  • Par mimozac, le 02 novembre 2012

    J'ai connu un homme qui a donné vingt ans de sa vie à une étourdie, qui lui a tout sacrifié, ses amitiés, son travail, la décence même de sa vie, et qui reconnut un soir qu'il ne l'avait jamais aimée. Il s'ennuyait, voilà tout, il s’ennuyait comme la plupart des gens. Il s'était donc créé de toutes pièces une vie de complications et de drames. Il faut que quelque chose arrive, voilà l'explication de la plupart des engagements humains.
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  • Par Meduzantic, le 17 octobre 2013

    Heureusement, il y a le genièvre, la seule lueur dans les ténèbres. Sentez-vous la lumière dorée, cuivrée, qu'il met en vous ? J'aime marcher à travers la ville, le soir, dans la chaleur du genièvre. Je marche des nuits durant, je rêve, ou je me parle interminablement. (...) Ce pays m'inspire, d'ailleurs. J'aime ce peuple, grouillant sur les trottoirs, coincé dans un petit espace de maisons et d'eaux, cerné par les brumes, des terres froides, et la mer fumante comme une lessive. Je l'aime, car il est double. Il est ici et il est ailleurs.
    Mais oui ! A écouter leurs pas lourds, sur le pavé gras, à les voir passer pesamment entre leurs boutiques, pleines de harengs dorés et de bijoux couleur de feuilles mortes, vous croyez sans doute qu'ils sont là, ce soir ? Vous êtes comme tout le monde, vous prenez ces braves gens pour une tribu de syndics et de marchands, comptant leurs écus avec leurs chances de vie éternelle, et dont le seul lyrisme consiste à prendre parfois, couverts de larges chapeaux, des leçons d'anatomies ? Vous vous trompez. Ils marchent près de nous, il est vrai, et pourtant, voyez où se trouvent leurs têtes : dans cette brume de néon, de genièvre et de menthe qui descend des enseignes rouges et vertes. La Hollande est un songe, monsieur, un songe d'or et de fumée, plus fumeux le jour, plus doré la nuit, et nuit et jour ce songe est peuplé de Lohengrin comme ceux-ci, filant rêveusement sur leurs noires bicyclettes à hauts guidons, cygnes funèbres qui tournent sans trêve, dans tout le pays, autour des mers, le long des canaux. Ils rêvent, la tête dans leurs nuées cuivrées, ils roulent en rond, ils prient, somnambules, dans l'encens doré de la brume, ils ne sont plus là. Ils sont partis à des milliers de kilomètres, vers Java, l'île lointaine. Ils prient ces dieux grimaçants de l'Indonésie dont ils ont garni toutes leurs vitrines, et qui errent en ce moment au-dessus de nous, avant de s'accrocher, comme des singes somptueux, aux enseignes et aux toits en escaliers, pour rappeler à ces colons nostalgiques que la Hollande n'est pas seulement l'Europe des marchands, mais la mer, la mer qui mène à Cipango, et à ces îles où les hommes meurent fous et heureux.
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  • Par mandarine43, le 11 février 2012

    J’allais de fête en fête. Il m’arrivait de danser pendant des nuits, de plus en plus fou des êtres et de la vie. Parfois, tard dans ces nuits où la danse, l’alcool léger, mon déchaînement, le violent abandon de chacun, me jetaient dans un ravissement à la fois las et comblé, il me semblait, à l’extrémité de la fatigue, et l’espace d’une seconde, que je comprenais enfin le secret des êtres et du monde. Mais la fatigue disparaissait le lendemain et, avec elle, le secret ; je m’élançais de nouveau.
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