ISBN : 2070360423
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 604 notes) Ajouter à mes livres
- Naturellement, vous savez ce que c'est, Rieux ?

- J'attends le résultat des analyses.
- Moi, je le sais. Et je n'ai pas besoin d'analyses. J'ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j'ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d'année... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 13 novembre 2011

    cicou45
    Ce livre trônait depuis bien trop longtemps sur ma liste de livre à lire mais je retardais à chaque fois le moment de le lire. Pourquoi ? Ce n'était jamais le bon moment et je peux même dire, une fois l'avoir lu qu'il n'y a jamais de bon moment pour lire un de ces ouvrage où toute la misère humaine y est décrit dans toute sa grandeur.
    Oran dans les années '40, de plus en plus de personnes meurent jour après jour mais de quoi ? Je crois qu'il est très difficile de lutter contre un fléau tant qu'on n'y a pas mis un nom dessus car on ignore contre quoi on se bat. le docteur Rieux, l'un des protagonistes de ce roman, se fera un point d'honneur à appeler les choses par leur nom. Nous font-elles moins peur alors ? Pas forcément mais on peut alors mettre toutes les chances de son côté afin de l'enrayer. le fléau qui fait rage ici se prénomme peste. Aussi, Rieux, accompagné de ses amis de fortune, à savoir l'employé de mairie Grand, Cottard, Tarrou et le journaliste Rambert ainsi que de nombreuses autres personnes du corps médical ou volontaires vont-ils lutter de toutes leurs forces afin de vaincre la maladie. Après avoir pris des mesures radicales comme fermer les portes de la ville et empêcher tout envoi de courrier,ou du moins le réduire au strict minimum, tout comme pour les moyens de transport et l'utilisation de l'électricité, les habitants doivent apprendre à vivre en autarcie, coupés du monde. Aussi, en dépit des séparations déchirantes qui eurent lieu dans certaines familles ou entre deux amants, les habitants d'Oran vont voir naître en eux un sentiment nouveau : celui de l'entraide. C'est dans ces moments là que l'on se rend compte que les hommes sont tous égaux. Oui, tous égaux face à la mort et ils doivent donc se liguer contre une telle injustice lorsque celle-ci vient frapper les plus jeunes ou les plus faibles.
    Roman que j'ai trouvé rempli d'humanisme et très émouvant. L'écriture de Camus, que je ne connaissais jusqu'alors qu'à travers des extraits, est parfois ambigüe puisque le lecteur n'arrive pas toujours à cerner les sentiments propres de l'auteur mais elle est agréable à lire et poignante de vérité !
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 22 août 2011

    brigittelascombe
    Que reste-t-il d'un homme au milieu du chaos?
    Voilà la question que l'on se pose dans La peste qui envahit Oran submergée par un flot de rats,une peste semblable à l' Ouragan de Laurent Gaudé qui déblayait tout,semait la mort et la panique suscitant chez les hommes des réactions diverses.
    Ici point de séisme,mais un fléau tout aussi meurtrier contre lequel le docteur Rieux, le modeste héros mais héros tout de même autour duquel s'axe ce livre, essaye de lutter pour endiguer le mal qui passe à sa portée.
    Quelle mort absurde et quelle absurdité de la vie que de mourir au coeur d'une épidémie!
    C'est toute la philosophie d'Albert Camus(écrivain français du XX° siècle auteur d'essais,pièces de théatre,romans,nouvelles) qui perce à travers ce roman publié en 1947 et prix Nobel en 1957! Seule une prise de conscience lucide permettra de lutter contre le nihilisme engendré par ce sentiment d'absurdité.
    L'homme,qu'est-ce qu'un homme seul vis à vis d'un mal qui le dépasse?
    Ici bien sûr la notion du mal est symbolique puisque La peste se situe en 1940 moment où le nazisme et la guerre sont l'horreur brute qui secouent le monde.
    Qu'est-ce qu'un homme seul?
    Seul de par ses réactions.Chaque comportement diffère.
    Le docteur Bernard Rieux,intègre,dévoué à son propre sacerdoce,bien qu'athée(car "Dieu se tait là haut dans son ciel") lutte par tous les moyens mis à sa disposition et des enseignements qu'il a déjà tiré de la misère.Il s'endurcit pour faire face, veut y voir clair mais pense avoir raison.Il perdra tout mais lucide accepte cette perte se sachant limité.
    Jean Tarrou, l'énigmatique étranger,son double, sa conscience(peut-être? qui meurt à la fin du trop plein de souffrances engrangé) l'interroge et veut comprendre l'inexplicable incompréhensible. Il lutte en ami, à ses côtés pour organiser l'aide sanitaire.Il relate tout sur ses carnets.
    Rambert,le journaliste en égoïste impatient,(mais qui ne le serait pas dans un tel cas?)alors que la quarantaine est déclarée et que les voilà prisonniers de la ville,pour le droit au bonheur celui de retrouver sa compagne à Paris.
    Cottard,le rentier pendu dépendu,pris dans une mauvaise affaire se réjouit de cette épidémie qui l'éloigneme d'un éventuel emprisonnement,puis peu à peu grandit au contact des "bons".
    Grand veut écrire un livre.
    Le père Paneloux brandit la foi comme un bouclier,organise des rassemblements de prières pour disséminer de bonnes paroles où il évoque "l'ange de La peste,beau comme Lucifer et brillant comme le mal lui même" et prêche: "le fléau qui nous meutrit vous élève et vous montre la voie".
    Le petit vieux aux chats voit ses chats tués par des crachats de plomb et, malheureux, ferme ses volets définitivement.
    Certains épiciers comme en temps de guerre stockent et revendent à prix fort.
    Et les autres en détresse,nient,n'acceptent pas ou acceptent,se terrent ou s'unissent,paniquent ou affrontent, bref...agissent ou réagissent chacun différemment.
    Un livre fort,celui d'un humaniste dans lequel l'horreur monte en crescendo de premier rat vers la panique, puis s'éclaire d'espoir du sérum jusqu'au vaccin final et la prise de conscience lucide.
    Mais est-on jamais totalement immunisé contre La peste, absurdité de la vie qui vous tombe dessus alors que rien dans le ciel serein ne le laissait présager?
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    • Livres 3.00/5
    Par Giwago, le 05 mai 2008

    Giwago
    Je sais que je vais me faire huer et même si Camus est un de mes auteurs préférés, je me suis mortellement ennuyé en relisant ce monument de la littérature française, profondément ennuyé même, alors que je me faisais une joie de le relire. Je suis incapable d'expliquer l'origine de cet ennui, le fait est que je me suis traîné pendant cette lecture, hésitant même à plusieurs reprises à abandonner le livre. Pourtant c'est du Camus « pur jus », divinement bien écrit, des personnages au portrait finement brossé, une allégorie puissante de la guerre et du nazisme (l'ouvrage date de 1947). Je me demande si je n'ai pas ressenti l'ennui qu'ont dû éprouver les habitants d'Oran durant La Peste de Camus…
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lalynx, le 27 avril 2011

    Lalynx
    Pour moi, c'est la première fois que je lis du Camus, je me faisait une joie d'enfin me mettre à le lire.
    Je suis assez mitigée pour mon avis. le roman est bien écrit, les idées tiennent bien la route et l'histoire est accrochante (et plausible) du début à la fin. Chaque personnage à une personnalité particulière et se forge un caractère et un avis au fur et à mesure du récit. J'ai été surprise par les descriptions détaillées sur la vie dans cette ville envahie par La peste au point qu'a un moment j'ai pensé 'Mais c'est peut être une histoire vraie !?'
    Bref un bon roman qui ne fait pas partie des grands classiques de la littérature pour rien.
    Mal grès tout, je trouve qu'il y avait beaucoup de personnages. Je me perds souvent entre les différents noms et je me dois de réfléchir à chaque intervenant pour me rappeler qui il est. Les descriptions sont parfois un peu trop détaillée et il m'est arrivé de lire parfois quelques lignes l'esprit ailleurs sans que ça n'entrave le reste du récit.
    Je ne suis donc pas déçue du livre qui est un très bon roman tout en étant pas complètement satisfaite, peut-être que j'en exigeais trop ? Ou simplement que ma fatigue due aux allergies ait corrompu mon avis ? Enfin mon avis est là.
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    • Livres 3.00/5
    Par vieuchamp, le 28 janvier 2012

    vieuchamp
    Voilà un livre qui est loin d'être évident à lire, et si j'ai réussi à aller jusqu'au bout, c'est grâce à la merveilleuse écriture de Camus.
    Sinon, j'étais bien souvent au bord de l'abandon, et pourtant, ce récit ou l'on aimerait parfois s'additionner aux protagonistes, malgré la lourdeur du sujet, grave, qui parle de cette épidémie qui a ravagé une grosse partie de la population.
    Une écriture hors du commun, même si j'ai été vacciné de Camus pour un moment.
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Citations et extraits

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  • Par diborde, le 30 janvier 2012

    - Bernard?
    - Oui.
    - Tu n'es pas fatigué?
    - Non.
    Il savait ce que sa mère pensait et qu'elle l'aimait, en ce moment. Mais il savait aussi que ce n'est pas grand chose que d'aimer un être ou du moins qu'un amour n'est jamais assez fort pour trouver sa propre expression. Ainsi, sa mère et lui s'aimeraient toujours dans le silence. Et elle mourrait à son tour - ou lui - sans que, pendant toute leur vie, ils pussent aller plus loin dans l'aveu de leur tendresse.
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  • Par gteisseire2, le 23 août 2010

    Écoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.
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  • Par pragmatisme, le 12 mai 2010

    - Naturellement, vous savez ce que c'est, Rieux ?

    - J'attends le résultat des analyses

    - Moi, je le sais. Et je n'ai pas besoin d'analyses. J'ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j'ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d'années. Seulement on a pas osé leur donner un nom, sur le moment... Et puis, comme disait un confrère : "C'est impossible, tout le monde sait qu'elle a disparu de l'Occident."

    Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c'est...

    - Oui, Castel, dit-il, c'est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.
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  • Par Petitebijou, le 13 avril 2011

    Ils se déshabillèreent. Rieux plongea le premier. Froides d'abord, les eaux lui parurent tièdes quand il remonta. Au bout de quelques brasses, il savait que la mer, ce soir-là, était tiède, de la tiédeur des mers d'automne qui reprennent à la terre la chaleur enmagasinnée pendant de longs mois. Il nageait régulièrement. Le battement de ses pieds laissait derrière lui un bouillonnement d'écume, l'eau fuyait le long de ses bras pour se coller à ses jambes. Un lourd clapotement lui apprit que Tarrou avait plongé. Rieux se mit sur le dos et se tint immobile, face au ciel renversé, plein de lune et d'étoiles. Il respira longuement. Puis il perçut de plus en plus distinctement un bruit d'eau battue, étrangement clair dans le silence et la solitude de la nuit. Tarrou se rapprochait, on entendit bientôt sa respiration. Rieux se retourna, se mit au niveau de son ami, et nagea dans le même rythme. Tarrou avançait avec plus de puissance que lui et il dut précipiter son allure. Pendant quelques minutes, ils avancèrent avec la même cadence et la même vigueur, solitaires, loin du monde, libérés enfin de la ville et de la peste. Rieux s'arrêta le premier et ils revinrent lentement, sauf à un moment où ils entrèrent dans un courant glacé. Sans rien dire, ils précipitèrent tous deux leur mouvement, fouettés par cette surprise de la mer.
    Habillés de nouveau, ils repartirent sans avoir prononcé un mot. Mais ils avaient le même coeur et le souvenir de cette nuit leur était doux. Quand ils aperçurent de loin la sentinelle de la peste, Rieux savait que Tarrou se disait, comme lui, que la maladie venait de les oublier, que cela était bien, et qu'il fallait maintenant recommencer.
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  • Par diborde, le 02 décembre 2011

    Rieux pensait seulement qu'il identifiait ces images à celles de son amour. Et, le jour où Rambert lui dit qu'il aimait se réveiller à quatre heures du matin et penser à sa ville, le docteur n'eut pas de peine à traduire du fond de sa propre expérience qu'il aimait imaginer alors la femme qu'il avait laissée. C'était l'heure, en effet, où il pouvait se saisir d'elle. A quatre heures du matin, on ne fait rien en général et l'on dort, même si la nuit a été une nuit de trahison. Oui, on dort à cette heure-là, et cela est rassurant puisque le grand désir d'un coeur inquiet est de posséder interminablement l'être qu'il aime ou de pouvoir plonger cet être, quand le temps de l'absence est venu, dans un sommeil sans rêves qui ne puisse prendre fin qu'au jour de la réunion.
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