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> Pierre-Louis Rey (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070388727
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 166 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Rêvant de faire fortune et d'aller vivre au soleil, Martha et sa mère assassinent pour les dépouiller les clients de leur auberge.
Le frère de Martha, parti depuis vingt ans et revenu incognito, sera leur dernière victime : quand elles découvrent qui elles ont tu... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par CorinneCo, le 26 novembre 2013

    CorinneCo
    Cette histoire noire, comme un polar ou un drame antique. Cette absurdité de la vie et du destin. Ne l'auraient-elle pas tué le frère, le fils même si elles l'avaient reconnu ? d'ailleurs on peut s'interroger... Avides et démunies dans leur trou glauque où elles vivent. Où rien ne semble bouger. Ces êtres révoltés et bâillonnés par la fatalité qui se cognent à leur destin comme des papillons de nuit à une lampe à pétrole.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ciryaher, le 10 août 2013

    Ciryaher
    Caligula et le Malentendu sont toutes deux gonflées de l'humanisme désespéré de Camus, qui pénètre furieusement la conscience humaine, fouille pensées et passions avec une justesse crispante et éminemment poétique.
    Mon avis :
    La première pièce présentée dans cette édition, Caligula, est la raison principale de l'achat de ce livre, trouvé d'occasion dans une petite librairie il y a quelques jours. le nom de Camus, imprimé dans les mêmes lettres épaisses que l'empereur romain, dont la légende me trouble autant que celle de Néron, a dépassé ma répugnance à lire du théâtre.
    Je ne privilégie pas, habituellement, la lecture de pièces. Lire Shakespeare ou Molière a souvent été une longue et désagréable expérience -toujours moins désolante que les mauvaises représentations que j'ai pu voir du second-, et je m'ennuie de ces dialogues sans articulations, lâchés dans le vide à la merci d'une imagination que je me permets d'ordinaire d'abandonner au talent d'un écrivain. Lire du théâtre me demande souvent un effort de concentration aussi désagréable que celui que Victor Hugo m'impose à la lecture de sa prose, et je préfère, bêtement, ignorer des chefs d'oeuvres plutôt que de m'infliger une lecture stérile.
    Pour Caligula, l'expérience a été considérablement différente. La lecture est à la fois rapide et profondément hypnotique. J'ai volontairement ralenti mon rythme au fur et à mesure, et suis revenue plusieurs fois sur certains passages, tant la pertinence et la précision des différentes sensibilités y sont remarquablement décrites. J'ai cependant dû faire abstraction de la projection de ces dialogues sur une scène, car l'aspect dramatique, bavard et éloquent des personnages me paraît toujours aussi caricatural au théâtre. Mais la lecture nue de ces dialogues est saisissante.
    Je n'essaierai pas de retranscrire ici la démarche de Camus, qui choisit un personnage dont le nom est parvenu jusqu'à nous comme celui d'un fou cruel, et qui en fait un homme ambigu, d'une intelligence crue et linéaire, et dont l'inhumanité réside au contraire dans une conscience torturée de l'humanité. Il décrit un manipulateur touchant, un travesti ignoble et poétique. Et il en résulte que la lecture de cette pièce offre une description à la fois tortueuse et essentielle d'un glorieux pantin, dont on s'éprend d'un amour laid, mais curieusement sincère.
    Le Malentendu laisse une nouvelle fois à Camus l'étude de personnages tragiquement hideux et bouleversants. de cette pièce au déroulement plus conventionnel, peut-être plus prévisible, on retire surtout la scène finale, qui est, à mon sens, ce qui fait de son théâtre un morceau de véritable littérature. le personnage de Martha, qui rappelle en un sens celui de Caligula, est un modèle de subtilité dans le traitement complexe des mutations de l'esprit humain. En cela, Camus réussit une nouvelle fois à imposer non pas une démonstration achevée des passions, mais l'ébauche d'une réflexion sublime sur la variation des sentiments, une préparation à l'agitation et aux soubresauts de l'âme humaine, qui creuse, arrange ou défigure ses personnages.
    Je conseillerais cette lecture à tous ceux que la tentative d'exploration des esprits fascine, car sans hésiter, Camus est l'un de ceux dont la proposition dans ce domaine est la plus sincère et la plus frappante.

    Lien : http://latheoriedesmasques.com/caligula-suivi-du-malentendu/
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    • Livres 5.00/5
    Par nath45, le 16 mai 2012

    nath45
    Le fils qui veut se faire reconnaître sans dire son nom est tué par sa mère et sa soeur, à la suite d'un malentendu. Comme le rappelle Lucien, ce fait est déjà mentionné dans le roman 'L'Etranger" quand en prison Meursault trompe son ennui en lisant et relisant "l'histoire du tchécoslovaque".
    Une très belle pièce de théâtre, à découvrir.
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    • Livres 1.00/5
    Par isa120268, le 17 février 2015

    isa120268
    Drame en cinq actes consacré à l'Empereur romain pervers et cruel qu'a été Caligula, cette pièce de Camus fait partie du cycle que l'auteur a consacré à l'absurde. Caligula est un jeune homme presque comme les autres jusqu'à ce que sa soeur Drusilla (qui est aussi sa maîtresse) meurt.
    Cette mort sera pour lui la révélation de l'absurdité de la condition humaine. L'empereur s'enfuit, puis revient, mais complètement changé, frappé de folie. Dans son cerveau malade, il ne voit désormais pas d'autre issue que de tuer les hommes...
    Cette oeuvre traite de la folie et de l'absurde. Tout au long de sa lecture, je me suis souvent demandée si l'auteur n'en était pas lui-même atteint ? Mon cerveau peut-être trop cartésien n'a jamais réussi à comprendre le comportement de l'empereur, ni même où Albert Camus voulait nous emmener... Mais c'est peut-être le propre de l'absurde, et dans ce cas-là, l'auteur a parfaitement atteint son but !
    Deuxième livre de Camus que je lis, après L'étranger et définitivement, je ne suis vraiment pas amatrice. Ce qui n'enlève bien évidemment rien à son talent d'écrivain et de philosophe mais j'ai souvent eu l'impression au fil de ma lecture qu'il était lui même atteint de folie. Ou tout au moins que son esprit et ses idées sont tellement absurdes qu'elles restent pour moi à la limite du compréhensible.
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    • Livres 3.00/5
    Par Sly, le 04 juillet 2010

    Sly
    J'ai trouvé cette pièce beaucoup moins intense que Caligula, mais l'on y retrouve des personnages qui tout comme dans l'autre pièce sont attachant malgré là cruauté dont ils font preuve.
    Tout au long de la lecture on se sent tiraillé entre la compréhension et l'aversion envers les actes commis.
    Il y a une chose que je remarque dans les différentes oeuvres que je lis d'Albert Camus, c'est cette répétition dans l'insensibilité des personnages principaux qui vivent leur vie en complet accord avec leurs idées.
    C'est probablement un thème qu'il apprécie beaucoup et je trouve qu'il le maîtrise très bien car je n'ai jamais été déçu par cet auteur.
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Citations et extraits

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  • Par CorinneCo, le 23 février 2014

    Le Malentendu

    Martha :
    Tout ce que la vie peut donner à un homme lui a été donné. Il a quitté ce pays. Il a connu d’autres espaces, la mer, des êtres libres. Moi, je suis restée ici. Je suis restée, petite et sombre, dans l’ennui, enfoncée au cœur du continent et j’ai grandi dans l’épaisseur des terres. Personne n’a embrassé ma bouche et même vous, n’avez vu mon corps sans vêtements. Mère, je vous le jure, cela doit se payer. Et sous le vain prétexte qu’un homme est mort, vous ne pouvez vous dérober au moment où j’allais recevoir ce qui m’est dû. Comprenez donc que, pour un homme qui a vécu, la mort est une petite affaire. Nous pouvons oublier mon frère et votre fils. Ce qui lui est arrivé est sans importance : il n’avait plus rien à connaître. Mais moi, vous me frustrez de tout et vous m’ôtez ce dont il a joui. Faut-il donc qu’il m’enlève l’amour de ma mère et qu’il vous emmène pour toujours dans sa rivière glacée ?
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  • Par gill, le 09 juillet 2012

    "Le Malentendu" - pièce en trois actes -
    Après une absence de vingt ans, Jan revient en Bohême dans l'auberge tenue par sa mère et par Martha, sa soeur, qui ne le reconnaissent pas.
    Par jeu et par curiosité, il décide de cacher jusqu'au lendemain son identité.
    Dans la nuit, les deux femmes l'endorment et, après l'avoir dépouillé, le jettent dans la rivière comme elles avaient coutume de le faire avec tous les riches voyageurs de passage.
    Apprenant au matin, de la bouche m^me de la femme de Jan, l'identité de leur victime, la mère se noie et Martha se pend.
    (extrait de "Récits, pièces et essais" de " Albert Camus" de la collection "Génies et Réalités" parue aux éditions "Hachette" en 1964)
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  • Par Meduzantic, le 14 avril 2012

    Non, les hommes ne savent jamais comment il faut aimer. Rien ne les contente. Tout ce qu'ils savent, c'est rêver, imaginer de nouveaux devoirs, chercher de nouveaux pays et de nouvelles demeures. Tandis que nous, nous savons qu'il faut se dépêcher d'aimer, partager le même lit, se donner la main, craindre l'absence. Quand on aime, on ne rêve à rien. (...) C'est pour cela que l'amour des hommes est un déchirement. Ils ne peuvent se retenir de quitter ce qu'ils préfèrent.
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  • Par CorinneCo, le 15 novembre 2013

    MARTHA
    Tout ce que la vie peut donner à un homme lui a été donné. Il a quitté ce pays. Il a connu d’autres espaces, la mer, des êtres libres. Moi, je suis restée ici. Je suis restée, petite et sombre, dans l’ennui, enfoncée au cœur du continent et j’ai grandi dans l’épaisseur des terres. Personne n’a embrassé ma bouche et même vous, n’avez vu mon corps sans vêtements. Mère, je vous le jure, cela doit se payer. Et sous le vain prétexte qu’un homme est mort, vous ne pouvez vous dérober au moment où j’allais recevoir ce qui m’est dû. Comprenez donc que, pour un homme qui a vécu, la mort est une petite affaire. Nous pouvons oublier mon frère et votre fils. Ce qui lui est arrivé est sans importance : il n’avait plus rien à connaître. Mais moi, vous me frustrez de tout et vous m’ôtez ce dont il a joui. Faut-il donc qu’il m’enlève l’amour de ma mère et qu’il vous emmène pour toujours dans sa rivière glacée ?
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  • Par isa120268, le 17 février 2015

    CALIGULA - Qui te dit que je ne suis pas heureux?
    CAESONIA - Le bonheur est généreux. Il ne vit pas de destructions.
    CALIGULA - Alors, c'est qu'il est deux sortes de bonheurs et j'ai choisi celui des meurtriers. Car je suis heureux. Il y a eu un temps où je croyais avoir atteint l'extrémité de la douleur. Eh bien! non, on peut encore aller plus loin. Au bout de cette contrée, c'est un bonheur stérile et magnifique. Regarde-moi.
    -Elle se tourne vers lui.-
    Je ris, Caesonia, quand je pense que, pendant des années, Rome tout entière a évité de prononcer le nom de Drusilla. Car Rome s'est trompée pendant des années. L'amour ne m'est pas suffisant, c'est cela que j'ai compris alors. C'est cela que je comprends aujourd'hui encore en te regardant. Aimer un être, c'est accepter de vieillir avec lui. Je ne suis pas capable de cet amour. Drusilla vieille, c'était bien pis que Drusilla morte. On croit qu'un homme souffre parce que l'être qu'il aime meurt en un jour. Mais sa vraie souffrance est moins futile : c'est de s'apercevoir que le chagrin non plus ne dure pas. Même la douleur est privée de sens.
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