Rêvant de faire fortune et d'aller vivre au soleil, Martha et sa mère assassinent pour les dépouiller les clients de leur auberge.
Le frère de Martha, parti depuis vingt ans et revenu incognito, sera leur dernière victime : quand elles découvrent qui elles ont tu... > voir plus
Le fils qui veut se faire reconnaître sans dire son nom est tué par sa mère et sa soeur, à la suite d'un malentendu. Comme le rappelle Lucien, ce fait est déjà mentionné dans le roman 'L'Etranger" quand en prison Meursault trompe son ennui en lisant et relisant "l'histoire du tchécoslovaque".
Une très belle pièce de théâtre, à découvrir.
J'ai trouvé cette pièce beaucoup moins intense que Caligula, mais l'on y retrouve des personnages qui tout comme dans l'autre pièce sont attachant malgré là cruauté dont ils font preuve.
Tout au long de la lecture on se sent tiraillé entre la compréhension et l'aversion envers les actes commis.
Il y a une chose que je remarque dans les différentes œuvres que je lis d'Albert Camus, c'est cette répétition dans l'insensibilité des personnages principaux qui vivent leur vie en complet accord avec leurs idées.
C'est probablement un thème qu'il apprécie beaucoup et je trouve qu'il le maîtrise très bien car je n'ai jamais été déçu par cet auteur.
Les sujets traités par Camus sont connus pour être graves (Les Justes, La peste, L'étranger). C'est encore le cas avec cette pièce qui porte sur l'exil (n'oublions pas que Camus se sentait exilé et en avait souffert). le retour du fils qui devait être le retour du fils prodigue se transforme en acte d'horreur qui aura comme conséquence première le jaillissement de la mère pour son fils et le rejet de celui pour sa fille qui, finalement, n'a peut-être jamais existé.
Contrairement à L'auberge rouge de Balzac l'action criminelle est complètement mise en arrière plan pour laisser place aux mois profonds des personnages.
Non, les hommes ne savent jamais comment il faut aimer. Rien ne les contente. Tout ce qu'ils savent, c'est rêver, imaginer de nouveaux devoirs, chercher de nouveaux pays et de nouvelles demeures. Tandis que nous, nous savons qu'il faut se dépêcher d'aimer, partager le même lit, se donner la main, craindre l'absence. Quand on aime, on ne rêve à rien. (...) C'est pour cela que l'amour des hommes est un déchirement. Ils ne peuvent se retenir de quitter ce qu'ils préfèrent.
[...] les hommes ne savent jamais comment il faut aimer. Rien ne les contente. Tout ce qu'ils savent, c'est rêver, imaginer de nouveaux devoirs, chercher de nouveaux pays et de nouvelles demeures. Tandis que nous, nous savons qu'il faut se dépêcher d'aimer, partager le même lit, se donner la main, craindre l'absence. Quand on aime, on ne rêve à rien.