A la base de cette pièce en cinq actes, une histoire vraie. Celle d'un groupe de terroristes ayant fomenté à Moscou, en 1905, un attentat contre le grand-duc Serge.
Mais après des mois de préparation, le jour prévu, les terroristes renoncèrent en découvrant que des enfants se trouvaient dans la calèche du grand-duc, lors de son passage sur l'itinéraire qui aurait dû lui être fatal.
A partir de ces faits réels, Camus a bâti une fiction, imaginant ce qui avait pu se passer entre les différents protagonistes de cet attentat manqué, cloîtrés dans un appartement qui est leur quartier général autant que leur refuge.
Ces hommes et cette femme, unis par une cause qui leur semble juste et qui les dévore, ont toutefois un peu de mal à s'entendre sur la limite à ne pas franchir pour atteindre l'objectif qu'ils se sont fixés. La plupart – et sans doute est-ce là la voix de Camus – pensent que la fin ne justifie pas les moyens. Les innocents ne peuvent payer pour des actes dont ils ne sont en rien responsables.
Un couple émerge de ce quintette, Dora et Kaliayev. Magnifiques et flamboyants, ces deux héros au destin tragique, à l'amour impossible, illuminent cette pièce bouleversante, et on imagine sans peine que leur incarnation physique sur la scène du théâtre Hébertot (la pièce fut créée en 1949) par Maria Casarès et Serge Reggiani, a dû être un grand moment de théâtre. On sait que Maria Casarès et
Albert Camus s'aimaient… et quelle plus belle preuve de cet amour l'auteur pouvait-il lui offrir que ce personnage féminin admirable !
Je ne sais s'il existe un dictionnaire des citations de Camus, ce qui pourrait être le cas tant il a écrit de phrases belles et marquantes, souvent citées ces temps derniers qui l'ont vu revenir sous les feux de l'actualité. Voici celles que j'ai retenues dans ce texte :
«C'est facile, c'est tellement plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre.»
«Mourir pour l'idée, c'est la seule façon d'être à la hauteur de l'idée.»
«Tout le monde ment. Bien mentir voilà ce qu'il faut.»
«La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre.»
Lien : http://tassedethe.unblog.fr